Bykov reste digne dans son licenciement

C'est aujourd'hui que le Comité Exécutif de la FHR décidait du sort de Vyacheslav Bykov et Igor Zakharkin, les entraîneurs de l'équipe de Russie. Si leur précédents rapports s'étaient plutôt passés dans une ambiance feutrée, ils ont cette fois subi un feu nourri de questions sur l'absence de jeu collectif et de réussite des unités spéciales. La surprise n'est donc pas venue de l'issue du vote, mais de l'unanimité - 17 voix contre 0 - pour démettre Bykov et Zakharkin.

La seule différence est venue des commentaires. Les soutiens habituels du duo ont souligné les succès (deux titres de champion du monde en quatre ans) tout en appelant de leurs voeux un changement. Les détracteurs, eux, ont entonné le "je vous l'avais bien dit" et "on aurait dû les virer l'an passé". Le plus virulent a été Viktor Tikhonov - l'ex-entraîneur de Bykov dans les années 80 - qui a torturé l'histoire , cité par l'agence RIA Novosti : "L'équipe nationale n'a jamais été dans cette condition dans son histoire. Même lors de l'échec de Yakushev en 2000, il a perdu quatre matches, pas cinq." Si maintenant, Tikhonov essaie de nous dire qu'il vaut mieux perdre 4 fois sur 6 et terminer onzième d'un championnat du monde, au lieu de perdre fois 5 sur 9 pour terminer quatrième, c'est soit de la sénilité, soit de la mauvaise foi.

On peut s'attendre, quand quelqu'un se fait virer, que ce soit lui qui manifeste de la rancoeur. Ce soir, c'est le contraire. Les entraîneurs de "l'Ancien Régime" ont décidé d'envoyer de la boue sur leurs successeurs "lâchés", alors que Bykov se la joue assez classe. Silencieux pendant le verdict, il s'est dit prêt à faire part de son expérience avec l'équipe à son successeur. Il a rendu hommage aux journalistes qui ont été "efficaces et professionnels" selon lui, alors que la presse l'a parfois maltraité. Comme il a répondu un mystérieux "ne jamais dire jamais" (en français !) lorsqu'on lui a demandé s'il reviendrait un jour auprès de l'équipe nationale, le scénario dans lequel Bykov resterait dans le staff comme adjoint a fait corps. Sans Zakharkin, bien sûr, qui a maintenant beaucoup d'ennemis haut placés.

Les propos de Bykov dans Sport Express n'accréditent pas cette thèse : "La trahison - c'est le plus difficile dans la vie. J'en ai fait l'expérience moi-même plus d'une fois. Nous avons marché ensemble avec Igor : nous avons pris des coups pour atteindre la victoire. Je ne suis pas partisan de trahir mon collègue et ami. Surtout maintenant." En fin de contrat avec le Salavat Yulaev Ufa, démis de l'équipe nationale après l'échec olympique puis leur premier Mondial sans médaille, les deux hommes sont désormais ensemble... au chômage.

Le Comité Exécutif, quant à lui, a avancé que le futur sélectionneur ne devrait pas cumuler son poste avec celui d'entraîneur en club. Or, le candidat majeur, Zinetulla Bilyaletdinov, est sous contrat avec Kazan avec lequel il est très lié depuis six années de fidélité. Il a toujours eu la confiance de ses dirigeants dans ses conflits avec les joueurs comme Zinoviev, comme il l'avait eue après l'année du lock-out quand il avait échoué avec une équipe de stars comme Heatley, Lecavalier ou Kovalchuk. Ce dernier, joueur de base dans le système Bykov, s'était d'ailleurs juré de ne jamais rejouer pour Bilyaletdinov. Si celui-ci devient sélectionneur, les relations apaisées avec les joueurs de NHL se maintiendront-elles ?