Vancouver Canucks - Boston Bruins (NHL, finale coupe Stanley, match 2)

La principale information de ce match aurait du être le retour miraculeux à la compétition de Manny Malhotra. En effet, après avoir reçu le 16 mars un palet dans l’œil qui aurait pu mettre fin à sa carrière, le centre canadien de 31 ans a finalement eu une récupération plus rapide que prévu. Alors que les médecins avaient d’abord pensé qu’il ne reprendrait le jeu que la saison prochaine, il a été autorisé à reprendre l’entraînement peu avant cette finale. L’hypothèse d’un retour de Malhotra trois mois seulement après sa blessure, au moment crucial de la compétition, devenait alors sérieuse. S’il n’a pas pu jouer le premier match, il a finalement pu prendre part à la deuxième rencontre, la tête protégée de tout contact par un casque renforcé et ovationné par le public de la Rogers Arena de Vancouver.

Malgré le retentissement de ce retour, le principal fait du match est venu d’Alexandre Burrows. Après avoir échappé à une suspension car la ligue a estimé qu’il n’y avait pas de preuves concluantes qu’il avait intentionnellement mordu Patrice Bergeron lors du premier match, le remuant ailier n’a pas déçu en marquant deux buts dont celui de la victoire. Cela relance la controverse du premier match car Burrows aurait sans doute été suspendu si le match avait été en saison régulière. Sans doute que les Bruins auraient préféré le voir en tribune de presse...

Si le retour de Malhotra était une bonne nouvelle pour lui, ça l’était également pour son entraîneur Alain Vigneault. Il avait ainsi la possibilité de remettre son meilleur centre défensif sur la troisième ligne mais, l’alchimie Raffi Torres – Maxim Lapierre – Jannik Hansen étant bonne, il a préféré le mettre sur la quatrième ligne. Vigneault avait peu utilisé celle-ci lors du premier match, doutant de sa fiabilité à ce stade de la compétition. Centré par un Malhotra en bonne forme (6 mises au jeu gagnées sur 7) à la place d’Alexandre Bolduc, avec autour de lui Jeff Tambellini et Viktor Oreskovich, le coach de Vancouver a beaucoup plus utilisé ce trio.

La blessure de Dan Hamhuis a obligé Vigneault à rappeler Andrew Alberts mais c’est Aaron Rome qui a joué aux côtés de Kevin Bieksa, partenaire habituel de Hamhuis. Rome restait sur un match 1 plutôt convaincant mais il a été plus en difficulté en commettant deux pénalités. Mais Vigneault peut compter sur la richesse de son escouade défensive et c’est la paire Alexander Edler – Sami Salo qui a été la plus utilisée. Du côté des Bruins, Claude Julien a décidé de reformer la paire Zdeno Chara – Dennis Seidenberg pour tenter de contrer les Sedin et Burrows. Quant à la première ligne de Boston, Lucic – Krejci – Horton, muette lors du premier match, elle a enfin réussi à prendre le dessus sur la ligne de Ryan Kesler.

Si le premier match avait été marqué par l’indiscipline, ce deuxième a été plus discipliné mais tout aussi physique. C’est le type de jeu que l’on attend traditionnellement des « Big Bad Bruins » mais les Canucks ont aussi prouvé qu’ils étaient efficaces dans le domaine. Cela s’est ressenti par exemple dans le fait que Vigneault ait rappelé le physique Andrew Alberts plutôt que Keith Ballard.

Si c’est Boston qui sollicite en premier le gardien adverse, la première occasion franche est au crédit des locaux. Lapierre combine avec Hansen à la bande gauche, mais ils sont pressés par les défenseurs de Boston. L’ailier danois parvient à trouver Sami Salo à la bleue, qui tire sur le but gardé par Tim Thomas. Ce dernier contre la rondelle mais elle s’élève au-dessus de lui. Lapierre tente de reprendre ce rebond mais il finit dans l’enclave et Seidenberg peut dégager en catastrophe sous la pression de Hansen. Le palet revient dans la crosse de Salo qui tire à nouveau, mais Thomas écarte le danger de la jambière (4’40).

Boston se montre présent sur les contre-attaques : alors que Vancouver est installé dans la zone adverse, le tir de Christian Ehrhoff de la bleue est contré et le palet revient en zone neutre. Alberts met en échec Chris Kelly contre la bande tandis que Hansen reprend le palet. Mais le pressing de Michael Ryder sur le danois est payant et il prend possession de la rondelle. Ehroff revient pour le couvrir tandis que Hansen marque dans le slot Tyler Seguin. Finalement, Ryder choisit de tirer directement sur Roberto Luongo mais le palet termine dans son masque (9’39).

Une interférence de Chara offre aux locaux la première supériorité numérique du match : la première entrée en zone dangereuse vient de Ryan Kesler. Il passe à Daniel Sedin qui recherche Henrik et les jumeaux combinent avec Ehrhoff à la bleue. Finalement, c’est Daniel qui hérite de la rondelle dans le cercle gauche et il décoche un slap qui ne surprend pas Thomas (11’18). La deuxième équipe spéciale entre ensuite en jeu : Burrows entre en zone, bloqué par Johnny Boychuk, et Andrew Ference récupère le palet. Il ne parvient toutefois pas à dégager et le palet arrive sur Salo à la bleue. Le défenseur finlandais trouve Christopher Higgins dans le cercle gauche. Alors que l’ailier des Canucks contrôle le palet, Burrows en profite pour tirer et trompe Tim Thomas, qui pensait avoir bloqué ce côté plutôt fermé (1-0, 12’12).

Les Bruins sont plus déterminés en deuxième période et sont aidés par l'indiscipline locale. Bieksa part sur le banc des pénalité pour un palet envoyé au dessus de la glace de protection et Boston se retrouve à 5 contre 4. Même si ce n’est pas la spécialité des Bruins, Ryder contourne Ehrhoff qui se jette près du but pour centrer dans l’enclave de Luongo. Mark Recchi tente alors de marquer mais le portier de Vancouver parvient à couvrir le palet (22’45).

C’est ensuite la première ligne de Boston qui parvient à se montrer dangereuse : Krejci entre en zone de manière puissante entre Salo et Hansen. Il combine avec Horton dans le slot, qui lui renvoie le palet, et le centre tchèque tire depuis le cercle gauche mais Luongo contre le tir avec son bouclier (25’27). Plus tard, Krejci est toujours à la manœuvre, cette fois derrière le but, et il trouve Boychuk à la bleue pour un lancer. Lucic prend alors le dessus sur Ehrhoff au rebond. Luongo a beau se coucher et couvrir le côté ouvert avec sa jambière, le palet se faufile sous sa botte (1-1, 29’00).

Les Bruins se retrouvent à nouveau à 5 contre 4 après qu’Aaron Rome a retenu Brad Marchand. Changement d’importance par rapport au premier match, Chara ne fait plus écran face au gardien mais il reste à la bleue. Le changement est payant : sur un tir du poignet puissant du capitaine slovaque, Recchi détourne le palet juste devant Luongo pour le propulser dans la lucarne de ce dernier (1-2, 31’35). Avec ce but, Mark Recchi devient à 43 ans le plus vieux joueur de l’histoire à avoir marqué un but en finale de coupe Stanley, effaçant des tablettes le grand Igor Larionov.

Menés, les Canucks réagissent : pressé par Lapierre, le dégagement de Horton dans le slot termine dans la crosse de Hansen dans le cercle gauche. Le Danois tire sur un Thomas avancé et Lapierre est proche de reprendre le rebond dans le but vide mais Ference parvient à dégager (33’20). Le pressing des Canucks se révèle assez efficace et une mise en échec de Higgins sur Tomas Kaberle permet à Kesler de reprendre le palet alors que Hansen traîne près de l’enclave de Thomas. Kesler évite Adam McQuaid pour centrer. Hansen reprend de volée mais le bon déplacement de Thomas lui permet de détourner de la jambière la reprise (33’52).

Les Canucks sont généralement performants en troisième période et ils dominent des Bruins visiblement fatigués. Un dégagement de Krejci est contré par Burrows et atterrit dans la crosse de Henrik Sedin, seul à côté du but, mais Thomas intervient de la mitaine sur le tir du centre suédois (49’06). La pression finit par payer : sur un tir de la bleue de Edler, le palet est contré devant le but de Thomas mais il est récupéré par Burrows, dos au but. Il passe immédiatement à Daniel Sedin, sur le côté gauche. Comme Thomas s’était avancé, le Suédois n’a plus qu’à ajuster le but ouvert (2-2, 49’37).

Le match se dirige alors vers les prolongations mais les spectateurs étaient bien inspirés de regagner rapidement leur siège s'ils étaient allés se chercher une bière car la décision va être rapide. Au coup d’envoi, Julien a mis une paire défensive inédite Chara – Ference pour s’adapter au choix de Vigneault. En effet, l’entraîneur de l’équipe à domicile ayant le privilège de choisir en dernier ses lignes, si le coach de Vancouver lançait les frères Sedin, Ference serait rapidement de la glace pour laisser sa place à Seidenberg. Dans le cas contraire, si Vigneault avait lancé le trio de Kesler, on peut penser que Boychuk aurait remplacé Chara.

La mise au jeu est remportée par Bergeron face à Henrik Sedin et le palet arrive dans la crosse de Ference. Le défenseur manque son dégagement qui termine sur Edler. Le Suédois passe à son compatriote qui trouve Burrows dans la profondeur. Chara tente de le couvrir et Thomas sort pour boucher l’angle car l’ailier des Canucks semble prêt à tirer. En fait, ce n’était qu’une feinte et il contourne le filet de Thomas, qui se jette en vain sur lui. Chara tente de rattraper Burrows mais il ne parvient pas à intervenir et le Québécois marque dans le but vide après 11 secondes de jeu (3-2, 60’11). Burrows termine le match avec la statistique de deux tirs cadrés pour deux buts. Boston est maintenant mené deux matchs à rien mais la série part maintenant sur sa glace dès lundi.


Vancouver Canucks – Boston Bruins 3-2 après prolongations
Vancouver mène la série 2 matchs à 0

Tirs cadrés : Vancouver 33 (11, 10, 11, 1) ; Boston 30 (11, 14, 5, 0)

Evolution du score
1-0 à 12’12 : Burrows assisté par Higgins et Salo (sup. numérique)
1-1 à 29’00 : Lucic assisté par Boychuk et Krejci
1-2 à 31’35 : Recchi assisté par Chara et Bergeron (sup. numérique)
2-2 à 49’37 : D. Sedin assisté par Burrows et Edler
3-2 à 60’11 : Burrows assisté par D. Sedin et Edler


Vancouver Canucks

Gardien : Roberto Luongo

Défenseurs : Aaron Rome – Kevin Bieksa ; Alexander Edler – Sami Salo ; Andrew Alberts – Christian Ehrhoff

Attaquants : Daniel Sedin (A) – Henrik Sedin (C) – Alexandre Burrows ; Christopher Higgins – Ryan Kesler (A) – Mason Raymond ; Raffi Torres – Maxim Lapierre – Jannik Hansen ; Jeff Tambellini – Manny Malhotra – Viktor Oreskovich

Remplaçant : Cory Schneider (G)
En réserve : Keith Ballard, Alexandre Bolduc, Cody Hodgson, Chris Tanev et Tanner Glass
Blessés : Mikael Samuelsson et Dan Hamhuis

Boston Bruins

Gardien : Tim Thomas

Défenseurs : Zdeno Chara (C) – Dennis Seidenberg ; Tomas Kaberle – Adam McQuaid ; Andrew Ference –Johnny Boychuk

Attaquants : Milan Lucic – David Krejci – Nathan Horton ; Brad Marchand – Patrice Bergeron (A) – Mark Recchi (A) ; Michael Ryder – Chris Kelly – Tyler Seguin ; Daniel Paille – Gregory Campbell – Rich Peverley

Remplaçant : Tuukka Rask (G)
En réserve : Shawn Thornton, Jordan Caron, Steve Kampfer, Shane Hnidy, Matt Hunwick et Trent Whitfield
Blessé : Marc Savard (commotion cérébrale)


3 étoiles du match : Alexandre Burrows (Vancouver), Roberto Luongo (Vancouver) et Tim Thomas (Boston)