Boston Bruins - Vancouver Canucks (NHL, finale coupe Stanley, match 3)

Les deux équipes ont traversé le continent américain d’ouest en est depuis la Colombie-Britannique au Massachusetts pour poursuivre la série à Boston. Revenus sur leur glace, les Bruins se devaient de réagir pour éviter d’être menés 3 matchs à 0. Devant leur public, les locaux ont livré un de leurs matchs les plus mémorables de ces playoffs et, loin des premières confrontations de la série serrées au score, les Bruins ont sèchement battu les Canucks 8-1.

Curieusement, malgré l’important écart au score, c’est Vancouver qui a tiré le plus de fois au but, mais Tim Thomas, critiqué après son plongeon manqué face à Alexandre Burrows en prolongation du match 2, a bien rebondi avec 40 arrêts. En face, Roberto Luongo était revenu dans la liste des possibles candidats pour le titre de MVP grâce à une série de 6 buts encaissés sur ses 4 derniers matchs. Sa cote a pris un sérieux coup après les 8 buts qu’il a encaissés. En effet, si Alain Vigneault a proposé à son ancien capitaine de sortir à 5-0 à huit minutes de la fin, Luongo a préféré continuer de jouer à ses risques et périls pour finalement encaisser trois nouveaux buts alors que son équipe avait baissé pavillon.

Le tournant de ce match est la mise en échec de Aaron Rome sur Nathan Horton en première période. Alors que le score est encore vierge et qu’aucune équipe n’a vraiment réussi à prendre un ascendant, Horton effectue une passe à proximité de la ligne bleue de Vancouver et, alors qu’il continue à observer le palet, il est violemment percuté par Rome et se retrouve projeté sur la glace, sa tête heurtant le sol. L’ailier droit de Boston reste alors inconscient sur la glace pendant de longues minutes alors que les soigneurs de son équipe viennent à son chevet, avant de l’évacuer sur la civière. Il est transporté à l’hôpital le plus proche et on apprend au cours du match qu’il a de la sensibilité au niveau de ses extrémités, ce qui permet d’écarter l’hypothèse d’une paralysie. Toutefois, après un examen plus complet, il s’avère que Horton souffre d’une commotion cérébrale importante qui l’empêchera de finir la saison. Horton est remplacé sur l’aile droite de la première ligne alternativement par Michael Ryder et Rich Peverley.

De son côté, Rome a reçu une pénalité de match, laissant l’escouade défensive des Canucks limitée à cinq joueurs. Il est difficile de penser que Rome cherchait intentionnellement à blesser Horton mais sa mise en échec était trop tardive et le fait qu’elle ait provoqué une blessure grave ne pouvait pas laisser la commission de discipline de la ligue indifférente. De fait, elle a entendu Rome mardi matin et l’a suspendu 4 matchs, terminant ainsi la saison du défenseur. Comme Dan Hamhuis est toujours blessé et qu’il ne devrait pas revenir pour le prochain match, Vigneault devrait rappeler le duo Keith Ballard – Chris Tanev, habitué à jouer ensemble, avec Andrew Alberts à nouveau en réserve.

Cet incident arrivé rapidement a donne le ton de la rencontre. Ajoutez à cela le fait que la controverse du doigt mordu par Patrice Bergeron lors du premier match ne s’est pas tout à fait éteinte. Lors du deuxième, l’agitateur des Canucks Maxim Lapierre avait ironiquement proposé sa main à mordre à Bergeron. Bien décidés à ne pas laisser l’affaire se régler entre Québécois, des Bruins ont réagi lors de ce match 3 : Mark Recchi a également proposé son gant à mordre à Lapierre puis Milan Lucic a carrément enlevé son gant pour narguer Burrows, au grand dam de leur entraîneur, Claude Julien, qui avait vivement critiqué l’attitude de Lapierre en conférence de presse et qui a passé un savon à ses deux joueurs. Dans cette ambiance joyeuse et provocatrice qui a également vu quelques bagarres une fois la rencontre pliée, il n’est donc pas étonnant que ce match ait battu le record de pénalités en finale de coupe Stanley depuis 1990 avec 145 minutes.

La première action franche du match est pourtant pour les visiteurs : sur une contre-attaque, Christopher Higgins lance parfaitement depuis la zone neutre Mason Raymond, qui prend de vitesse Johnny Boychuk. Arrivé au cercle gauche, il tire du poignet mais Thomas est bien avancé et il détourne de la jambière (4’42). La pénalité d'Aaron Rome offre ensuite cinq minutes de supériorité numérique aux locaux mais ils peinent à se montrer dangereux. Seul Dennis Seidenberg se procure une action intéressante quand, démarqué dans le cercle droit, il reçoit une passe de Milan Lucic. Il hésite à tirer alors que Michael Ryder écarte Andrew Alberts devant le but, mais il finit par le faire devant le retour de Higgins et Luongo repousse ce tir (9’03).

À 5 contre 5, ce sont les visiteurs mettent la pression sur le but de Thomas. D’abord sur un tir de la bleue en reprise de volée d’Alexander Edler (17’00), puis sur une tentative manquée de dégagement des Bruins, Mason Raymond obtient le palet dans le slot et dribble Seidenberg. Toutefois, Thomas veille et bloque les deux tirs à bout portant de l’ailier des Canucks (18’50).

Le début de la deuxième période est loin d’être favorable pour Vancouver : sur le coup d’envoi, Raymond gagne sa mise au jeu face à Rich Peverley et laisse le palet à Edler. Malheureusement pour le Suédois, quand il cherche à dégager, sa crosse se brise et le palet arrive sur David Krejci. Le Tchèque tire au but mais manque le cadre et le palet revient sur la bleue. Andrew Ference tente alors sa chance de loin et profite de l’écran de Kevin Bieksa devant le but pour tromper Luongo (1-0, 20’11). Les locaux profitent ensuite d’un accrocher de Jeff Tambellini pour doubler la mise : Ryder, dans le cercle gauche, adresse une transversale vers Recchi dans l’autre cercle. Le vétéran centre alors pour Peverley mais Ryan Kesler tente d’intervenir et le palet est dévié par sa crosse entre les jambières de Luongo (2-0, 24’22).

Le powerplay de Boston retrouve donc quelques couleurs mais on ne peut pas en dire autant de celui de Vancouver. Présenté au début de la série comme une arme importante pour les Canucks, il se révèle impuissant jusqu’à présent. Un faire trébucher de Ference permet seulement à Burrows et Higgins de batailler pour un rebond face à la défensive de Boston, sur un tir de Raymond, mais en vain (27’27). C’est ensuite le revenant Manny Malhotra qui se met en avant : une bonne passe de Tambellini en entrée de zone lui permet de se présenter seul face à Thomas, mais il est gêné par le manque d’espace pour dribbler et le retour plongeant de Adam McQuaid (29’35).

Si le jeu de puissance des Canucks est globalement inefficace, il peut aussi être contre-productif : alors que Lucic est sur le banc des pénalités pour un cinglage, Daniel Sedin tente d’entrer en zone mais il est contré par Ference et Brad Marchand peut récupérer le palet. Ce dernier prend à revers les joueurs de Vancouver qui remontaient, effectue un grand pont sur Edler pour entrer en zone. Kesler revient au niveau de Marchand mais il ne peut pas intervenir et l’ailier et passe devant Luongo. Il attend alors que le portier se couche pour tirer dans le but vide (3-0, 31’30). La passivité de Vancouver dans cette fin de période coûte cher : Ryder entre en zone et tire du poignet sur Luongo, qui laisse un rebond. Bieksa manque le palet qui arrive dans la crosse de Krejci, dans le cercle gauche, dont la reprise dans la lucarne trompe le portier (4-0, 35’47).

La troisième période vire au pugilat et à la distribution généreuse de pénalités. Les Canucks tentent tout de même de revenir : alors que Ryder est en prison, Bieksa alerte Thomas avec un tir de la bleue mais le gardien américain n’est pas surpris (43’40). Henrik Sedin réussit grâce à son pressing à prendre le palet à Boychuk mais il est surpris par une rugueuse mise en échec de Thomas qui permet au défenseur d’écarter le danger (46’39). Puis c’est Higgins qui intercepte une passe de McQuaid dans la zone de Boston, mais il ne parvient pas à adresser un tir dangereux (47’58). L’avance au score permet aux Bruins de se découvrir sans trop de risques et Higgins peut ainsi aller défier Thomas. L’ailier des Canucks tente de glisser le palet entre les jambières du portier, sans succès (50’00).

Les Canucks semblent ensuite de moins en moins concernés par le match : la circulation passive du palet dans une supériorité numérique pour les visiteurs permet une interception de Boychuk. Il lance Paille dans la zone de Vancouver, qui prend le meilleur sur Tambellini et tire au but. Luongo parvient à toucher le palet mais c’est insuffisant pour empêcher le but (5-0, 51’38). Vancouver a néanmoins un sursaut d’orgueil et gâche le blanchissage de Thomas, sur un jeu en triangle efficace mené par Lapierre et Torres puis conclu par Hansen (5-1, 53’53). Les trois derniers buts des locaux sont ensuite anecdotiques.


Boston Bruins – Vancouver Canucks : 8-1
Vancouver mène la série 2 matchs à 1

Tirs cadrés : Boston 38 (7, 14, 17) ; Vancouver 41 (12, 16, 13)

Evolution du score
1-0 à 20’11 : Ference assisté de Peverley et Krejci
2-0 à 24’22 : Recchi assisté de Ryder et Ference en sup. numérique
3-0 à 31’30 : Marchand en inf. numérique
4-0 à 35’47 : Krejci assisté de Ryder et Chara
5-0 à 51’38 : Paille assisté de Boychuk en inf. numérique
5-1 à 53’53 : Hansen assisté de Torres et Lapierre
6-1 à 57’39 : Recchi assisté de Marchand et Bergeron
7-1 à 58’06 : Kelly assisté de Paille et Chara
8-1 à 59’29 : Ryder assisté de Kaberle en sup. numérique


Boston Bruins

Gardien : Tim Thomas

Défenseurs : Zdeno Chara (C) – Dennis Seidenberg ; Tomas Kaberle – Adam McQuaid ; Andrew Ference –Johnny Boychuk

Attaquants : Milan Lucic – David Krejci – Nathan Horton ; Brad Marchand – Patrice Bergeron (A) – Mark Recchi (A) ; Michael Ryder – Chris Kelly – Rich Peverley ; Daniel Paille – Gregory Campbell – Shawn Thornton

Remplaçant : Tuukka Rask (G)
En réserve : Tyler Seguin, Jordan Caron, Steve Kampfer, Shane Hnidy, Matt Hunwick et Trent Whitfield
Blessé : Marc Savard (commotion cérébrale)

Vancouver Canucks

Gardien : Roberto Luongo

Défenseurs : Aaron Rome – Kevin Bieksa ; Alexander Edler – Sami Salo ; Andrew Alberts – Christian Ehrhoff

Attaquants : Daniel Sedin (A) – Henrik Sedin (C) – Alexandre Burrows ; Christopher Higgins – Ryan Kesler (A) – Mason Raymond ; Raffi Torres – Maxim Lapierre – Jannik Hansen ; Jeff Tambellini – Manny Malhotra – Viktor Oreskovich

Remplaçant : Cory Schneider (G)
En réserve : Keith Ballard, Alexandre Bolduc, Cody Hodgson, Chris Tanev et Tanner Glass
Blessés : Mikael Samuelsson et Dan Hamhuis


3 étoiles du match : Tim Thomas (Boston), Brad Marchand (Boston) et Mark Recchi (Boston)