Bilan de la KHL (partie 2) : équipes classées de 9 à 16

KHLLe nouveau défenseur de l'équipe de Russie déniché dans une boîte de nuit où il officiait comme videur...

Un hockeyeur dépouillé de la moitié de son salaire par un système de corruption... ou simplement de redistribution ?

Un entraîneur mis à la porte à cause de l'opposition interne de Dominik Hasek mais regretté par tous les supporters...

Un hymne officiel de club chanté par des musiciens interdits par le régime...

Difficile, de dépasser, en terme de curiosité(s), les originalités de la KHL, comme le prouve cette seconde partie de bilan !

 

Dynamo Moscou (9e) : profil bas... et tête basse

KudashovEn absorbant le MVD, le Dynamo Moscou avait décidé d'absorber aussi sa politique anti-vedettariat. Les dirigeants n'avaient pas voulu le moindre millionnaire en dollars cette fois. Même le leader qui avait conduit le MVD jusqu'en finale, le trop gourmand Aleksei Tsvetkov, était parti ailleurs (au Severstal) pour chercher une meilleure rémunération. Mais quand on découvre en son sein un joueur important, il coûte parfois encore plus cher de ne pas le retenir... Le centre Tsvetkov a manqué à ses anciens ailiers Denis Kokarev et Aleksei Ugarov, moins performants cette saison avec d'autres compagnons.

En fait de stars, le Dynamo a eu comme meilleurs joueurs et meilleurs marqueurs le centre Konstantin Gorovikov et le provocateur finlandais Leo Komarov. L'un comme l'autre ont pourtant des profils défensifs, très utiles mais théoriquement pas censés mener une première ligne.

Cette absence de vrai meneur, le Dynamo a commencé à la ressentir autour du Nouvel An quand, chassé comme chaque année pendant trois semaines de sa patinoire de Loujniki pour laisser la glace aux enfants en vacances, il n'a pas gagné une seule fois dans sa tournée de huit matches à l'extérieur.

Le recordman slovaque des sélections Martin Strbak a alors été chargé de passer un coup de fil à Miroslav Satan, avec qui il a remporté trois médailles mondiales dont le titre 2002. Le Dynamo a en effet renié ses principes et passé un pacte avec Satan. La voilà, la star, la figure reconnaissable entre toutes ! Elle n'a cependant pas empêché la série de défaites d'affilée de passer à 11. Quand les Moscovites se sont remis à gagner, Satan s'est fracturé le poignet moins de deux semaines après son arrivée. Il ne fera sa rentrée qu'au milieu des play-offs... en envoyant l'entremetteur Strbak comme étranger surnuméraire !

Satan et Strbak, opéré de la cheville en début de saison, n'ont été que des visiteurs parmi d'autres dans une infirmerie bien remplie. Les Moscovites ont eu une moyenne de six joueurs blessés en permanence au cours de la saison. Ils ont ainsi perdu deux renforts étrangers au bout de quelques semaines : leur attaquant Juraj Kolnik et leur leader de la défense Filip Novak.

Mais hormis ces forfaits définitifs, qui ont été remplacés par des jokers, le Dynamo avait récupéré la plupart de ses forces vives pour les play-offs. Malheureusement, il est tombé sur sa bête noire, le Dinamo Riga, contre qui il a dominé en possession de palet, mais sans trouver de bonnes positions de tir. Il est donc devenu la seule tête de série éliminée au premier tour. Adopter un profil bas en refusant les excès n'aura donc pas suffi à éviter les déconvenues.

 

Severstal Cherepovets (10e) : racket organisé

23 février 2011. Début des play-offs de KHL... et scandale immédiat. Le Severstal marque un but en prolongation contre l'Atlant, le juge de but allume aussitôt la sirène, les vainqueurs présumés du soir se congratulent, et ils sont déjà rentrés aux vestiaires lorsque l'arbitre indique que le but est refusé car aucun ralenti ne prouve que le palet a franchi la ligne. Les joueurs de Cherepovets, sous le choc, encaissent le but gagnant huit minutes plus tard, mais se révoltent en remportant les deux manches suivantes. Cependant, ils explosent alors 1-8 devant leur public et sont finalement éliminés. Le coach Dmitri Kvartalnov met ça sur le compte de l'inexpérience en play-offs, la sienne comme celle de ses jeunes joueurs, et donne rendez-vous pour l'an prochain.

Cette fausse joie est une péripétie mineure par rapport au scandale qui a secoué la KHL. Le 29 décembre, Dmitri Popov, le manager du Severstal, est arrêté par la police, qui l'a pris la main dans le sac avec de l'argent remis par Dmitri Gromov, jeune joueur que les forces de l'ordre avaient invité à coopérer pour le munir d'une caméra et confondre son dirigeant indélicat, soupçonné de corruption pour accorder une place dans l'équipe.

L'enquête se poursuit au sein du club, et le 5 janvier, l'entraîneur Dmitri Kvartalnov et le directeur général Anatoli Tenitsky sont suspendus dix jours le temps de tirer l'affaire au clair. Passé ce délai, Kvartalnov est réintégré et blanchi. On ne peut guère le soupçonner de favoritisme envers ce Gromov, jeune joueur parfois inclus sur la feuille de match pour occuper une des deux places "réservées aux juniors" : en une saison et demi, il l'a fait jouer quatre minutes en tout et pour tout ! Il n'en va pas de même pour Anatoli Tenitsky, renvoyé même s'il a pris soin de faire disparaître les preuves avant l'audit interne. Gromov, quant à lui, n'apparaît plus sur le banc senior... mais poursuit sa saison en junior où il côtoie les fils de Popov et Kvartalnov !

C'est lors du procès début juin que l'on comprendra que, derrière ce qui semblait être une affaire de corruption ou de chantage, se cachait un système pernicieux. Il trouve son origine dans la "draft" instituée par la KHL pour copier la NHL. Les joueurs choisis au premier tour comme Dmitri Gromov (n°6) et l'Ukrainien d'origine Ignat Zemchenko (n°10) en 2009 ont droit à un salaire minimum garanti de 100 000 roubles mensuels selon les règles de la ligue. Le Severstal se retrouve alors avec une équipe junior où deux joueurs extérieurs sont payés dix fois plus que tous leurs coéquipiers locaux. Pour éviter les dissensions, on leur demande alors de... reverser "volontairement" la moitié de leur salaire pour que les sommes soient ensuite réparties entre les joueurs restants. Gromov s'entend promettre que ce fonds de "solidarité interne" ne durera qu'un an, mais c'était un mensonge. D'où sa collaboration avec la police lorsque la réquisition a recommencé la seconde année.

Cette année, aux deux premiers tours de la draft KHL, le Severstal a sélectionné... un Finlandais et un Suédois ! Une stratégie partagée par d'autres équipes : comme ils ne viendront probablement pas en Russie, il n'y a ni dédommagement à verser à leur club formateur, ni risque de jalousies et de conflits de vestiaire. Le Severstal peut de toute manière se débrouiller tout seul sans cette "draft" inutile. Maksim Chudinov, défenseur de 21 ans, et Vadim Shipachev, attaquant de 24 ans invité pour la première fois en équipe nationale, ont été ses meilleurs joueurs cette saison... et ils sont tous deux nés à Cherepovets !

 

 

Yugra Khanty-Mansiysk (11e) : un triumvirat pour diriger un promu

YugraLe nouveau venu en KHL a déjà créé la surprise avec une qualification tranquille en play-offs. Ceux-ci auraient pu tourner court face au Metallurg Magnitogorsk, qui l'avait battu quatre fois en saison régulière. Mais Khanty-Mansiysk a réussi à mener 2 victoires à 1, en s'appuyant sur le gardien letton Edgars Masalskis qui a soudain pris la place de numéro 1 à Mikhaïl Biryukov, et a encore plus impressionné en faisant ainsi trembler un favori.

Cet impact cométaire est d'autant plus incompréhensible que l'équipe n'avait pas été bouleversée. Le défenseur de 26 ans Aleksei Pepelyaev, au club depuis trois ans, a marqué autant de buts (12) en une saison de KHL que durant toute sa carrière précédente. Le meilleur marqueur était le même que l'an dernier en division inférieure : Ivan Khlyntsev, un joueur de 29 ans qui n'avait joué que 24 matches en élite.

La clé du succès, c'est donc le "triumvirat" d'entraîneurs. Plutôt que des joueurs bien cotés, le Yugra a préféré recruter trois spécialistes éprouvés sur le banc (Shepelev, Solovyov, Kotov). La réussite a été totale, tant dans le jeu que dans les résultats, et la première décision de l'intersaison a consisté à prolonger le trio.

Pour s'établir durablement, il faut aussi créer une structure de formation. La KHL obligera à l'inscription d'une équipe dans sa ligue junior (la MHL) l'an prochain, mais elle devra être composée de joueurs extérieurs. Il n'y a aucun joueur d'âge concerné à Khanty-Mansiysk, uniquement des petites catégories (la première génération a 13 ans), et pour cause puisque la patinoire et le club, bâtis sur les revenus du pétrole, n'ont que quatre ans d'existence.

 

 


Sibir Novosibirsk (12e) : retour en Sibérie

NieminenLa résurrection du Sibir a coïncidé avec celle d'Igor Mirnov. C'est un Sibérien de naissance, il est né à Tchita, à proximité de la frontière de la Mongolie et de la Chine. Comme il n'y a pas de hockey dans cette ville, ce fils d'un footballeur professionnel ne paraissait pas destiné à faire carrière dans ce sport, même s'il patinait durant l'hiver glacial et sec. Mais ses parents ont déménagé à Moscou pour l'inscrire à l'école du Dynamo où il a fait toutes ses classes.

Ses années au Dynamo avaient été marquées par sa relation orageuse avec l'entraîneur Vladimir Krikunov. Celui-ci le considère comme un grand talent gâché qui avait arrêté de travailler dès lors que son agent lui avait obtenu un salaire garanti, sans part variable à la merci du coach. Après une errance de quelques années, Mirnov s'est relancé à 26 ans en arrivant à Novosibirsk en fin de saison dernière. Il n'a pas hésité à y déménager pour de bon avec sa femme et sa fille tout juste née.

Les tribunes pleines de 8000 spectateurs lui ont permis de retrouver sa motivation : Mirnov est devenu le meilleur marqueur du club, devant le vétéran finlandais Ville Nieminen. Pourtant, ici aussi, il a subi des mesures de "redressement". Le coach Vladimir Tarasenko senior lui a fait passer un match en tribune et a réduit son temps de jeu en fin de saison régulière.

En play-offs, Tarasenko a de nouveau tenté la manière forte. Le capitaine Aleksandr Boïkov, qui n'arrivait plus physiquement à suivre le rythme à 35 ans, a été retiré deux fois de l'effectif. Le gardien suédois Stefan Liv, lui aussi fatigué, a été sorti au troisième match et a assisté au suivant  depuis le banc. La saison s'est terminée par une défaite 0-5 contre le futur champion Ufa. Les supporters n'en ont pas voulu à leur équipe pour ce score et ont réservé une standing ovation à leurs joueurs.

 


Spartak Moscou (13e) : l'idole regrettée

Le Spartak tenait peut-être en Milos Riha un entraîneur qui lui convenait idéalement : un homme passionné, dont les émotions se lisent sur les expressions, rendant son visage presque "rouge et blanc", aux couleurs du club. C'est pourquoi les supporters ont très mal pris le licenciement du coach tchèque après seulement un mois de championnat, alors qu'il les avait conquis depuis deux ans et demi.

HasekCurieusement, c'est son seul compatriote dans l'équipe qui a sans doute provoqué la perte de Riha : le gardien Dominik Hasek avait une autre idée de la tactique à adopter en défense et proposait ses propres exercices à l'entraînement. Certains joueurs étaient forcément sensibles au prestige du héros de Nagano. L'autorité de Riha ayant été contestée en interne, son renvoi en fut la conséquence brutale. Ses adjoints sont partis en même temps que lui, emportant leurs chemises et cravates marquées du logo du Spartak. Le manager Andrei Yakovenko, assurant l'intérim sur le banc, a dû porter une chemise "débraillée" - sans cravate - le lendemain, s'exposant aux amendes de la KHL pour tenue incorrecte.

Ce ne fut pas la première mésaventure. Le candidat préféré à la succession, Sergei Mikhalev, posait des conditions trop élevées. Le Spartak s'est donc rabattu sur Igor Pavlov, l'ex-entraîneur de Cologne, pour son premier poste comme entraîneur-chef en Russie. Pavlov a tenté de mettre en place ses principes, préparation intensive et discipline de fer, mais le changement prend du temps dans une équipe constituée avec l'avis de Riha et habituée à jouer sur ses émotions. Pavlov envoyait ainsi "réfléchir en tribune" Igor Musatov, au moment où il était sélectionné dans l'équipe de Russie B tout juste reformée. Musatov était finalement envoyé à l'Atlant, le repaire des ex-Spartakistes.

Pendant ce temps, les rebondissements se poursuivaient chez les Moscovites. Le 31 novembre, Igor Pavlov était démis de son poste en raison d'une sévère bronchite. Yakovenko reprenait place sur le banc, définitivement cette fois-ci. À sa sortie de l'hôpital, Pavlov, toujours sous contrat, était nommé "scout" chargé d'explorer les patinoires européennes et nord-américaines à la recherche de renforts étrangers potentiels. Un placard lointain...

Trois entraîneurs dans la saison, donc, mais aussi trois capitaines. Juste avant de partir, Riha avait retiré le "K" à Branko Radivojevic pour "lui permettre de se concentrer seulement sur le hockey", et l'avait donné à Aleksandr Buturlin... qui a été échangé à la trêve suivante ! Le troisième capitaine Andrei Sidyakin a quant à lui été renvoyé à la maison avec Suglobov et Shkotov avant même que ne s'achève une prestation catastrophique en Coupe Spengler. Les deux premiers ont été échangés dans les jours qui suivent. Radivojevic a finalement repris le capitanat, comme un retour à la case départ.

Après tant de péripéties, les play-offs ont tourné court dès le premier tour. Les supporters ont alors reporté leur soutien sur Milos Riha. Leur ancienne idole a en effet emmené jusqu'en finale du championnat une équipe de l'Atlant composée en bonne partie d'anciens Spartakistes recrutés à l'intersaison (Lewandowski, Upper) ou en cours de saison (Obsut, Musatov). Ce que les fans ne savaient pas, c'est que ce parcours de Riha qu'ils soutenaient leur ôtait toute chance de revoir. Certains au club avaient caressé l'idée de rappeler le Tchèque, mais chaque tour passé renforçait sa valeur et le rendait hors de prix pour le Spartak, qui devra aligner un entraîneur débutant l'an prochain.

 


Barys Astana (14e) : un paradis pour attaquants

BarysCapitale perdue dans les steppes, Astana est pourtant devenue un paradis pour une petite poignée d'étrangers, à savoir les hockeyeurs du Barys. Les renforts débarqués au Kazakhstan s'y voient offrir à la fois beaucoup de temps de jeu et de liberté offensive.

L'attaquant tchèque Lukas Kaspar a accumulé les buts dès les premières semaines et en a paru tout retourné dans Sport Express : "La dernière fois que j'ai autant marqué, c'était chez les jeunes avec mon club formateur Litvinov. Au Barys, mon succès est largement dû au travail du coach. Je ne sais pas ce que les gardiens et défenseurs peuvent dire de ses connaissances, mais je suis extasié par Andrei Khomutov ! C'est un ancien attaquant-vedette, versé dans les spécificités des buteurs. Il fait toujours des commentaires corrects pour que les lignes et unités spéciales travaillent non seulement avec les mains et les patins, mais aussi avec la tête."

Le meilleur ambassadeur de la ville est quand même Kevin Dallman, le défenseur canadien qui a toujours un temps de jeu sans égal : plus de 27 minutes par match quand personne d'autre en KHL n'atteint 24 minutes. Il a convaincu son ex-coéquipier chez les Los Angeles Kings, Kyle Calder, de le rejoindre pour la fin de saison. Le Barys voulait ainsi renforcer son homogénéité offensive, parce que le cinq majeur (Kaspar-Novotny-Bochenski avec les arrières Dallman et Novopashin) marquait la moitié de ses buts.

L'objectif était d'être enfin plus performant en play-offs, mais ils ont encore une fois tourné court. Les joueurs du Kazakhstan ont attendu le neuvième tiers-temps pour réussir enfin à marquer un but à Petri Vehanen, le gardien finlandais de Kazan. Les champions du monde sortants Kaspar et Novotny ont ainsi buté sur le futur champion du monde.

 


Neftekhimik Nijnekamsk (15e) : le videur devenu international

NeftekhimikL'ex-sélectionneur Vladimir Krikunov n'a pas fait que casser du sucre sur le dos de son successeur Bykov. Il a encore emmené le Neftekhimik Nijnekamsk en play-offs. Le Torpedo Nijni Novgorod lui a proposé un contrat très avantageux de deux ans, mais il a choisi de ne pas quitter le Kazakhstan. Pourquoi un tel intérêt pour ce dinosaure du coaching, surtout de la part d'un club qui n'a terminé que deux points derrière ?

La réponse ne réside pas dans une saison régulière moins réussie que la précédente. Krikunov a rejeté la faute d'un mois de novembre raté sur les étrangers Daniel Fernholm, Roger Melin et Peter Mikus, tous trois renvoyés. Au lieu d'une quatrième place, le Neftekhimik n'a donc pris que la huitième place de sa conférence... mais il a affronté le même adversaire, l'Avangard Omsk.

Balayé l'an passé, l'Avangard a cette fois sué sang et eau pour s'en sortir au septième match. Et là, le mérite en revient au système très défensif mis en place par Krikunov, qui a mis chacun de ses blocs en configuration de ne pas encaisser de buts. Il a notamment réservé une tactique particulière contre Jaromir Jagr, en tournant à trois arrières droits mais quatre arrières gauches, pour que Nikolaï Belov se retrouve systématiquement aligné face au Tchèque.

Krikunov a dit de Belov, recruté alors qu'il jouait en division inférieure, que c'est son fils qui l'avait repéré... alors qu'il travaillait comme videur dans un night-club ! Est-ce le cursus rêvé pour appliquer l'interdiction d'entrer dans sa zone défensive ? Nikolaï Belov (191 cm, 81 kg) prend en tout cas du volume chaque année : il était inconnu il y a deux ans, mais Bykov l'a convié en première ligne de l'équipe nationale aux championnats du monde. Conservera-t-il cette place avec les modifications qui s'annoncent ?

 

Dinamo Minsk (16e) : un Canadien adopté... et naturalisé ?

Pour sa troisième année en KHL, le Dinamo Minsk a enfin gardé un entraîneur (Marek Sykora) pendant toute la saison, et il a enfin atteint les play-offs. Il y a même poussé le vainqueur de la conférence ouest - le Lokomotiv Yaroslavl - jusqu'au septième match, avec l'enthousiasme remarqué de la quatrième ligne Kulakov-Drozd-Stefanovich sur son maigre temps de jeu.

OksaLa confiance limitée donnée aux joueurs locaux a cependant continué de faire débat. Le Dinamo, financé à hauteur de douze millions d'euros par des fonds publics alors que le Bélarus est en pleine crise monétaire, contribue-t-il vraiment aux intérêts du pays ? Les attaquants internationaux continuent d'y occuper des rôles secondaires. Même le vrai buteur Sergei Demagin est confiné en troisième ligne. Au lieu de faire progresser les joueurs, le Dinamo en fait décliner certains, comme l'ex-international Jaroslav Chuprys qui a perdu sa place dans l'équipe. La présence du Bélarus en poule de relégation lors du championnat du monde a montré qu'avoir un club en KHL n'avait pas aidé l'équipe nationale.

Il ne sera cependant plus possible de revenir en arrière, car les spectateurs ont fait leur choix. Ils ont adopté le Dinamo. L'Arena Minsk a la meilleure affluence de la KHL (11639 spectateurs de moyenne et un pic à 16039 en play-offs). Le spectacle y est splendide pendant et avant le match, avec un show bien rodé. L'hymne composé par le groupe folk "Palats" est entré dans les coeurs du public, et il devrait rester la chanson officielle... même si ces musiciens ont figuré depuis sur une liste noire officieuse du régime qui leur interdit les représentations publiques.

Le public s'est donc pris de passion pour les stars étrangères de l'équipe, et notamment pour Geoff Platt. Même si son entraîneur regrette ses défauts défensifs, Platt a un jeu rapide et spectaculaire qui en fait une figure charismatique. En janvier, il a reçu un compatriote à ses côtés, Daniel Corso, le joker québécois qui a choisi de rester deux ans de plus malgré une proposition de contrat triennal dans un pays francophone (la Suisse). Les deux Canadiens ont demandé à avoir le capitaine Andrei Mikhalev à leurs côtés en play-offs, et la première ligne a vraiment mené l'offensive.

Geoff Platt s'était installé cette saison dans l'appartement de Mikhaïl Grabovski, la star biélorusse exilée en NHL à Toronto... qui est justement la ville natale de Platt ! Dans cet échange, c'est le Canadien qui est la star à Minsk. Il a signé jusqu'en 2014 avec un salaire à la hausse et déclare maintenant vouloir prendre la nationalité biélorusse. Si les Russes naturalisés sont communs en équipe nationale, il pourrait devenir le premier Canadien à porter le maillot du Bélarus ! Le principal apport de la KHL aux résultats de la sélection viendra-t-il d'une naturalisation ?