Interview de Xavier Martineau, plus jeune président de club de France

MartineauXavier- Quel a été votre parcours pour arriver à la présidence des Français Volants de Paris ?

J'ai commencé le hockey à Limoges, mon club formateur. J'ai aussi fait beaucoup de stages au Canada. Je suis arrivé aux Français Volants en 2003, quand ils ont reformé une équipe pour monter en division 2. C'est le club où j'ai toujours voulu jouer dans ma jeunesse, le club mythique par excellence que je suivais sur papier glacé à l'époque. Nous avons été vice-champions de D3 avant de jouer plus ou moins bien en D2 pendant deux saisons.

En 2006, Stéphan Clout s'est présenté à la présidence du club et m'a demandé si je voulais faire partie de sa liste, j'ai accepté. Depuis 2008, je ne suis plus du tout joueur, mon activité professionnelle me prenant pas mal de temps.

Aux élections suivantes en 2010, il m'a redemandé d'être sur sa liste, et une fois élu, il m'a proposé d'être le président de la section hockey sur glace, pendant que lui s'occupait de la présidence du club omnisports. Je suis, je crois, le plus jeune président de France dans le hockey sur glace aujourd'hui.

- Votre première saison à la tête du club a été plutôt compliquée.

C'est vrai, parce que nous avions des dettes à rembourser, et que la CNSCG nous avait imposé une contrainte de non-recrutement et un retour à l’équilibre dans l’année. Nous n'avions pas la meilleure équipe de division 2, mais notre force et notre combativité ont permis de nous surpasser dans les moments difficiles.

Ce fut notamment le cas en cours de saison quand nous avons pris la décision avec Stéphan Clout de replacer Frédérick Brodin en tant qu'entraîneur et non plus entraîneur-joueur. Cela a relancé l'équipe dès le match suivant (à Cholet) et la seconde partie de championnat où nous sommes la seule équipe à avoir battu les deux favoris Lyon et Cholet en phase de poule.

- Convaincre Frédérick Brodin de raccrocher les patins n'a-t-il pas été difficile ?

Ça l'était d'autant plus compte tenu des circonstances, puisque l'on enquillait les défaites. Mais il s'avère que Frédérick Brodin est un très bon entraîneur qui sait inculquer les valeurs du club, de son club formateur. Son message passe très bien, y compris dans les petites catégories. Il a un grand avenir, en France voire à l'étranger. Mais pour le moment il reste avec nous pour notre plus grand plaisir.

- Comment avez-vous persuadé vos nouvelles recrues de vous rejoindre ?

Avec les trois anciens joueurs de Neuilly-sur-Marne, on a tenu un discours honnête et simple. On leur a dit qu'on avait envie de remonter un grand club à Paris, et qu'on avait besoin de joueurs d'expérience sans prétentions financières excessives. On a dû batailler, mais ce sont les négociations, et on a trouvé un accord avec eux. Jérôme Wagner avait déjà joué aux Français Volants, Sébastien Dermigny et Benjamin Galmiche connaissaient plusieurs joueurs dans l'équipe.

Quant à Quentin Pépy, il avait beaucoup de propositions, notamment de Toulouse je crois, mais il préférait rester en région parisienne. Il a choisi les Volants. Et quand nous avons la chance d'avoir un président du club qui s'appelle Stéphan Clout, quelqu'un de respecté dans le monde du hockey, cela aide.

- Comment s'organise la prise de décisions avec Stéphan Clout ?

Je monte l'équipe avec Frédérick Brodin, puis j'en parle avec Stéphan Clout qui valide les recrutements ou pas. J'ai beaucoup autonomie, pour l’ensemble de la section, mais j'ai des impératifs financiers à respecter et des comptes à rendre à Stephan et à l'ensemble du Bureau, c’est normal. Je lui demande conseil dans des situations dans lesquelles je ne suis pas habitué à être confronté.

Je suis content de l'équipe que nous avons formée pour 2011/12.

- La reconstruction du hockey mineur progresse-t-elle ?

Nous avons maintenant 330 licenciés, et deux équipes dans les petites catégories. L'encadrement technique sera renforcé avec Sébastien Dermigny, qui finit son BE2 tout comme Frédérick Brodin. On retrouve donc un peu de fraîcheur et de vie aux Français Volants, et on poursuit le travail commencé par Françoise Brodin avant moi.

Notre philosophie est de faire monter les jeunes du club en équipe senior. On perpétue l'esprit-club puisque tous les joueurs seniors seront les parrains de chaque catégorie à partir de la saison prochaine.

- Combien d'heures de glace avez-vous pu obtenir ?

On travaille de concert avec la Mairie de Paris sur le calendrier d'utilisation de la glace, que nous partageons avec les séances publiques et avec le patinage artistique, qui est une grosse section avec plusieurs champions de France. nous essayons de donner à chaque catégorie 2h45 à 3h de glace par semaine.

- La rénovation du Palais omnisports de Paris-Bercy inclura-t-elle aussi la patinoire Sonja-Henie ?

Nous n'avons pas les plans, mais nous espérons être capables d'y accueillir plus de spectateurs. Nous travaillons à une réfection complète de la patinoire (réceptif partenaire, vestiaire, accueil, etc..,) pas de la glace qui est très bonne mais des balustrades, des vestiaires et des gradins.

- Existe-t-il un projet de de nouvelle patinoire ?

Pas pour le moment, mais à terme ce serait idéal d'avoir une infrastructure pour le hockey. On voit que le hockey a une place à Paris puisque la finale de la Coupe de France rassemble chaque année 13000 spectateurs à Bercy, et qu'il y en a eu plus de 12000 le week-end de Pâques pour un match de gala (France-Canada).

Lyon rassemble 2000 personnes. Je crois que Bordeaux a eu 3500 spectateurs en demi-finale de division 1. Peut-être que dans 2 à 4 ans, ces grandes villes seront au plus haut niveau. Sans mauvaise pensée à l'égard des autres clubs qui font du très bon travail, peut-être que l'écho médiatique serait plus important pour un Bordeaux-Paris qu'une autre affiche de ligue Magnus opposant des villes moins attractives ? C'est comme ça que les médias fonctionnent.

- Suivez-vous toujours votre ancien club de Limoges ?

Bien sûr. L'homme qui m'a donné la passion du hockey, c'est [l'ancien président] Raymond Paredes. C'était un peu comme un deuxième père pour moi, malheureusement il est parti trop vite.
 
Cela m'a brisé le coeur de les voir rétrogradés en D3. Je crois qu'ils recréent un club assez bien maintenant avec une nouvelle présidente.

 

Crédit photo : Patricia Quentin