Du rêve olympique à la réalité des Mondiaux ?

Quelles conséquences aura la désignation de Pyongchang comme ville-hôte des Jeux d'hiver 2018 pour le hockey sur glace ? On ne dira pas que le désastre annoncé de la candidature d'Annecy bouleverse la donne, puisque seuls les utopistes croyaient encore qu'elle réussirait et déboucherait sur des infrastructures fédératrices pour le hockey en Haute-Savoie.

Par contre, Munich avait sérieusement envisagé battre la candidature sud-coréenne dont "c'était le tour". En l'absence de concurrence olympique, l'organisation d'un championnat du monde en Allemagne autour de ces années-là paraît d'autant plus évidente. Si la fédération allemande de hockey annonçait vouloir organiser le Mondial en "2017 ou 2019", c'est évidemment parce que l'hypothèse 2018 aurait été synonyme de défaitisme. Et maintenant ? Le couple franco-allemand pourrait-il s'unir pour cette date symbolique, centenaire de l'Armistice ?

Pour l'instant, c'est encore un rêve. La France a plus besoin de l'Allemagne que l'inverse. Nos voisins sont courtisés par plusieurs pays qui nourrissent les mêmes ambitions de candidature commune avec eux, parmi lesquels le Danemark, déjà officiellement candidat (seul) pour 2017. Si ces deux pays s'alliaient, ils seraient presque sûrs de l'emporter : la tradition et la nouveauté, la puissance économique et populaire allemande, combinée à la qualité de la formation à la danoise.

La France serait aussi un axe de développement non négligeable pour l'IIHF, mais le Danemark est déjà prêt à organiser seul et est donc mieux placé pour négocier. Il pourrait proposer un attelage gagnant dans lequel l'Allemagne serait certaine d'accueillir les Mondiaux à seulement sept ans d'intervalle, un privilège qu'on ne lui accorderait pas seule. Si tel était le cas, les espoirs d'organisation française seraient reportés aux calendes grecques.