Bilan NHL 2011 (II) : les équipes éliminées au premier tour des playoffs

Pittsburgh Penguins (9e)Logo_Pittsburgh_petit

Classement conférence est : 4ème (106 points)
Attaque : 13ème de la ligue, 2,78 buts marqués par match
Défense : 7ème de la ligue, 2,39 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés par le Lightning de Tampa Bay en quart de finale de conférence 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs :  Sidney Crosby (C) : 32 buts, 66 points
   Kris Letang (D) : 8 buts, 50 points
   Chris Kunitz (AG) : 23 buts, 48 points
   Tyler Kennedy (C) : 21 buts, 45 points
   Pascal Dupuis (AD) : 17 buts, 37 points
En 2009/10 : 101 points, 4ème de la conférence, éliminés en demi-finale de conférence par les Canadiens de Montréal 4 matchs à 3

Difficile d’espérer jouer le titre quand vos deux meilleurs joueurs offensifs manquent à l’appel. Ainsi, Pittsburgh a réussi à se hisser en haut de la conférence Est malgré l’absence de celui qui est sans doute le meilleur joueur nord-américain de sa génération, Sidney Crosby (41 matchs joués), et le meilleur marqueur de la saison 2008/09 et MVP des playoffs la même année, Evgeni Malkin (43 matchs joués). Le manque d’attaque s’est logiquement ressenti lors des playoffs face à Tampa Bay et le siège infructueux du but gardé par Dwayne Roloson, qui a conduit à une élimination prématurée des Penguins.

Dans les buts, Marc-André Fleury a signé une saison convaincante (91,8% d’arrêts) malgré des débuts très compliqués. Il a ainsi commencé sa saison avec 7 défaites en 8 matchs en octobre, culminant au début novembre à Phoenix où il est remplacé au bout de sept minutes de jeu et 2 buts encaissés en 5 tirs. L’entraîneur Dan Bylsma choisit alors de titulariser le remplaçant vétéran Brent Johnson, à ce moment-là en grande forme. Même si une frange des fans des Penguins a largement critiqué le portier québécois, Bylsma n’a pas modifié sa hiérarchie de gardiens et il en a été récompensé. Revenu en meilleure forme à la mi-novembre, Fleury a aligné 14 victoires en 16 matchs jusqu’à la fin décembre, se relançant ainsi complètement et a été décisif en remportant 8 des 10 séances de tirs au but auxquelles il a participé.

En défense, le duo Brooks Orpik – Kris Letang a constitué une première ligne efficace. Orpik est toujours un roc tandis que Letang s’affirme en prenant de plus en plus de temps de jeu. Ray Shero, le manager général, était allé chercher Zbynek Michalek et Paul Martin sur le marché des agents libres pour remplacer Sergei Gonchar. La doublette à 9 millions de dollars par an s’est révélée efficace et leur bonne complémentarité dans le jeu (physique pour Michalek et offensif pour Martin) a permis leur bonne alchimie. Ce solide top-4 a évincé l’offensif Alex Goligoski, qui est parti rejoindre Dallas en cours de saison.

En attaque, les yeux de tous les observateurs étaient rivés une fois de plus sur Sidney Crosby, tout du moins pendant la moitié de la saison. En effet, le prodige canadien a connu une blessure grave qui l’a écarté de la glace pendant la deuxième partie de la saison. Il avait déjà été à l’infirmerie pendant plusieurs matchs en 2008 à cause de sa cheville mais cette fois, le Canadien de 23 ans a subi une commotion cérébrale à la suite d’un choc avec David Steckel lors du Winter Classic face à Washington le 1er janvier, aggravé par un autre choc le match suivant face à Tampa Bay sur une charge contre la bande de Victor Hedman le 5 janvier. Crosby était alors un des joueurs qui monopolisaient l’attention car il signait une des meilleures saisons de sa carrière avec 32 buts pour 66 points en 41 matchs, une moyenne qui l’aurait amené à une saison à 132 points et il était au moment de sa blessure au sommet de sa production. Ainsi, il venait d’inscrire 50 de ses points sur les 25 derniers matchs, marquant au moins un point lors de ces matchs, entre le 5 novembre et le 29 décembre. Même en ne jouant plus par la suite, il est resté trois semaines supplémentaires premier au classement des marqueurs de la ligue. Après le match contre Tampa, le staff des Penguins a annoncé que Crosby serait absent une semaine. Finalement, au vu du manque de progrès et du risque de nouvelle commotion cérébrale, son retour a été indéfiniment repoussé et il n’est jamais revenu dans cette saison 2010/11. Si l’on a pu croire pendant un moment que la carrière de Crosby pouvait être terminée, il a été annoncé qu’il avait repris l’entraînement cet été chez lui, à Nova Scotia.

Si Pittsburgh possède avec Sidney Crosby et Evgeni Malkin l’un des meilleurs duos de centres de la ligue, Malkin semble toujours en deçà de son potentiel depuis la saison 2008/09 où il avait grandement contribué au titre de Pittsburgh avec un titre personnel de meilleur marqueur de la ligue (avec 113 points en 82 matchs) et celui de MVP des playoffs. Après un total de 77 points en 67 matchs en 2010, il a cette fois été limité à 37 points en 43 matchs la saison passée, à cause d’une blessure au genou droit. Si Malkin a continué cette saison à empiler les points à un rythme proche du point par match, il n’a pas semblé aussi dominant que les précédentes années et parfois en proie à un manque de constance et de concentration. La prochaine saison devrait être déterminante pour lui et il s’entraîne actuellement en Russie en compagnie de Sergei Gonchar pour être en forme en octobre.

Les stars de l’effectif n’ont pas été les seules à souffrir des blessures. Mike Comrie avait été signé par Ray Shero à l’été 2010 pour renforcer l’aile de attaque des Penguins. Il avait été signé à peu de frais à cause de ses antécédents de blessures et il a rapidement rejoint l’infirmerie avec toujours des problèmes avec sa hanche, après 21 matchs et 6 points. L’offensive a donc été assurée par d’autres joueurs comme l’ailier gauche Chris Kunitz. Bien qu’il ait lui aussi manqué plusieurs matchs à cause d’une blessure, il a été moins absent que ces dernières saisons et termine avec 48 points en 66 matchs.

Le vide au centre de l’attaque a été comblé par Jordan Staal en fin de saison. Le benjamin des Staal a été absent au début de la saison à cause d’une blessure au pied datant de mai 2010 puis d’une fracture à la main mais son retour au début janvier a été important pour l’équipe. Propulsé en première ligne, le centre défensif a cumulé 30 points en 42 matchs. A contrario de nombre de ses coéquipiers, Tyler Kennedy a pour une fois connu une saison complète en signant son meilleur total de points de sa carrière et en travaillant efficacement dans le domaine défensif. Cela lui a permis de négocier son nouveau contrat avec le club au mieux et son salaire a plus que doublé. Autre joueur défensif à avoir échappé aux blessures, Pascal Dupuis a terminé la saison avec son rendement habituel d’une trentaine de points.

Quant à Matt Cooke, il avait été relativement discret en 2009/10 mais sa réputation controversée l’a rapidement rattrapé. Bien qu’il ait eu une production offensive correcte par rapport aux attentes (30 points en 67 matchs), il a manqué des matchs non à cause des blessures mais des suspensions. Outre une charge sur Marc Savard qui a conclu prématurément la saison du centre canadien à la fin janvier, il s’est également faire remarquer et punir pour des charges sur Fedor Tyutin (Columbus) et Ryan McDonaugh (Rangers), sans oublier une tendance à prendre des pénalités inutiles. Recadré par Ray Shero, Cooke devrait revenir en octobre en essayant de se faire remarquer le moins possible. Pour renforcer son attaque à la deadline, Shero a fait venir James Neal de Dallas mais ce transfert n’a pas les effets escomptés. En 27 matchs avec les Penguins, Neal n’a signé que 2 buts et il a manqué quelques occasions nettes en playoffs. A sa décharge, il n’a pas encore eu l’occasion de jouer avec Crosby ou Malkin, qui auraient sans doute épaulé le buteur de 23 ans et il a fourni un travail défensif satisfaisant.


Anaheim Ducks (10e)Logo_Anaheim_petit

Classement conférence ouest : 4ème (99 points)
Attaque : 11ème de la ligue, 2,87 buts marqués par match
Défense : 20ème de la ligue, 2,84 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Predators de Nashville 4 matchs à 2
Meilleurs pointeurs : Corey Perry (AD) : 50 buts, 98 points
   Teemu Selanne (AD) : 31 buts, 80 points
   Ryan Getzlaf (C) : 19 buts, 76 points
   Bobby Ryan (AD) : 34 buts, 71 points
   Lubomir Visnovsky (D) : 18 buts, 68 points
En 2009/10 : 89 points, 11ème de la conférence, 19ème de la ligue

Après avoir manqué les playoffs en 2009/10, Anaheim espérait rebondir cette saison. Le vétéran Teemu Selanne avait d’ailleurs prévenu à l’été 2010 qu’il n’accepterait de resigner avec les Ducks que s’ils visaient les playoffs. La présence de l’ailier droit finlandais a donc été perçue comme une preuve de l’ambition du club mais le début de saison est plutôt poussif avec 17 victoires en 34 matchs à la mi-décembre, avant d’enchaîner sur une série de déplacements catastrophiques avec 4 défaites en 5 matchs. La situation a poussé l’entraîneur Randy Carlyle à s’entretenir en face à face avec chaque joueur de l’effectif pour déterminer ce qui pourrait être amélioré et prévenir que des changements pourraient avoir lieu. La mise au point a marché puisque les Ducks ont terminé en trombe avec 29 victoires lors des 43 derniers matchs. Toutefois, lors des playoffs, la solide formation des Predators de Nashville s’est révélée trop coriace pour Anaheim et la série a tourné à l’avantage des joueurs du Tennessee.

Dans les buts, Jonas Hiller a joué sa première saison complète comme titulaire après le départ de Jean-Sébastien Giguere en 2010. Le début de saison fut difficile pour le Suisse à cause d’une défense assez désorganisée devant lui mais il a rapidement repris le dessus pour être nommé au « all-star game » en janvier. Ses ennuis commencent en février et, après un match face à San José où il est sorti avec trois buts encaissés en onze minutes, il reconnaît qu’il ne se sentait pas bien lors du match. Souffrant de vertiges, le gardien suisse de 29 ans ne jouera plus avant le 24 mars. Son retour n’est pas probant car il encaisse 3 buts en 12 minutes face à Nashville. S’il a ensuite continué à s’entraîner, il n’a pas joué avec les Ducks la fin de saison. L’incertitude est grande pour savoir si Hiller sera rétabli pour le début de la saison 2011/12 mais il a fait savoir cet été au manager général, Bob Murray, qu’il ne ressentait plus de symptômes de vertige. Confronté à l’incapacité de son gardien numéro 1, Murray a préféré ne pas compter sur le remplaçant Curtis McElhinney, alors en difficulté, et il a signé le revenant Ray Emery puis transféré Dan Ellis.

Si Emery a été signé avant l’arrivée de Ellis de Tampa, c’est ce dernier qui a démarré en premier dans les buts d’Anaheim car Emery a d’abord retrouvé des sensations en jouant avec le Crunch de Syracuse en AHL. Ellis, signé à l’intersaison 2010 au Lightning, n’a pas convaincu en Floride mais il apporté de la stabilité au poste de gardien à Anaheim. Il a également amélioré ses statistiques, passant d’un pourcentage d’arrêts de 88,9% en 31 matchs avec Tampa à 91,7% en 13 matchs avec les Ducks. S’il a permis à l’équipe d’accrocher la quatrième place de la conférence sur le fil grâce à une belle prestation lors du dernier match de la saison régulière (43 arrêts face à Los Angeles), les playoffs vont s’arrêter prématurément pour lui à cause d’un mauvais premier match (4 buts encaissés en 24 tirs). Le fantasque Emery a connu une carrière mouvementée depuis son passage à Ottawa, passant par la Russie puis Philadelphie. Pour une fois, ce n’est pas son caractère orageux qui a remis en cause son retour en Amérique du Nord en 2009/10 mais une blessure avec une nécrose grave au niveau de la hanche. Signé par Anaheim en février, il retrouve rapidement un bon niveau en AHL et démarre bien avec les Ducks en mars avec une série de 6 victoires d’affilée. Les playoffs seront plus compliqués avec au moins 3 buts encaissés à chaque match. Finalement, Emery n’a pas été resigné par Anaheim à cause des inquiétudes sur sa santé et c’est Dan Ellis qui devrait officier comme remplaçant de Jonas Hiller l’an prochain.

Au niveau de l’escouade défensive, les nombreux changements à l’intersaison ont donné un caractère parfois improbable aux lignes mais avec finalement de bonnes surprises. C’est le cas de Toni Lydman, signé comme agent libre à l’été 2010. La signature est passée quelque peu inaperçue mais elle s’annonçait cruciale pour une ligne bleue des Ducks en manque d’expérience. La saison débute pourtant mal pour le Finlandais, qui a contracté pendant le camp d’entraînement de septembre un cas aigu de double vision, ce qui a poussé Murray à réfléchir à une solution de repli en envisageant de signer un autre agent libre. Mais si le défenseur de 33 ans n’a pas disputé de match de préparation et qu’il a manqué la première semaine de la saison, il a apporté dès son retour une bonne capacité de positionnement associée à une habileté à jouer justement même sous la pression, en tandem avec Lubomir Visnovsky. Lydman a souvent joué plus de 25 minutes avant que l’amélioration des autres lignes permette à Carlyle de le ménager avec un peu moins de 22 minutes par match à la fin de la saison. Le Finlandais termine également avec le deuxième meilleur différentiel de la ligue (+32), juste derrière Zdeno Chara. Ce bon résultat provient de l’appui offensif de Visnovsky. Arrivé à la deadline de la saison 2009/10 en provenance d’Edmonton contre Ryan Whitney, il a réussi la meilleure saison offensive de sa carrière avec 50 assistances pour 68 points en 81 matchs, terminant meilleur marqueur de la ligue chez les défenseurs. Le vétéran slovaque de 34 ans a ainsi signé le 4 mars le premier triplé de l’histoire d’Anaheim par un défenseur.

La bonne surprise chez les défenseurs est venue de Cam Fowler. Le rookie de 19 ans a dû attendre plus longtemps que prévu lors de la draft 2010 pour être choisi mais il s’est rapidement mis en avant dans la ligue avant que d’autres joueurs draftés avant lui ne jouent chez les pros. Le manque de profondeur de la ligne bleue des Ducks a ainsi contraint Carlyle à faire confiance à Fowler pour mener une des unités de powerplay et jouer plus de 20 minutes de jeu par match. Si l’offensif défenseur a commis les erreurs que font tous les rookies qui découvrent le haut niveau, qu’il doit encore se renforcer physiquement et travailler son jeu de défense à la crosse, Fowler a signé une saison prometteuse avec 40 points en 76 matchs. Il a joué le plus souvent sur la deuxième ligne mais les exigences de la longue saison a incité Carlyle à le remplacer par Luca Sbisa, lui aussi auteur d’une saison pleine de promesses. Fowler n’a toutefois pas sombré en fin de saison, signant 3 buts pour 11 points lors des 14 derniers matchs de la saison régulière et en étant sans doute le meilleur défenseur de son équipe face à Nashville en playoffs.

Cherchant à renforcer sa défense à l’approche des playoffs avec un élément physique d’expérience, Bob Murray a fait venir de Toronto à la deadline François Beauchemin. Murray a dû se séparer de Joffrey Lupul, un ailier droit buteur, et de Jake Gardiner, un des meilleurs prospects défensifs des Ducks pour faire revenir celui qui a joué avec Anaheim entre 2005 et 2009, remportant avec les Ducks la coupe Stanley en 2007. Beauchemin n’a pas été aussi convaincant lors de ce deuxième tour de piste avec Anaheim. Il a d’abord dû essayer plusieurs partenaires avant de sa fixer avec Luca Sbisa mais Carlyle s’est plaint à plusieurs reprises que Beauchemin cherchait trop à jouer à l’arrêt et qu’il devait patiner plus avec le palet. De plus, le Québécois de 31 ans n’a pas beaucoup utilisé son tir qui est pourtant puissant et qu’il avait beaucoup utilisé lors de son premier passage avec les Ducks, mais il termine néanmoins avec 3 buts pour 5 points en 27 matchs. Les fans n’ont donc pas retrouvé le Beauchemin qui avait passé plus de trois saisons aux côtés de Scott Niedermayer sur la ligne bleue d’Anaheim.

En attaque, les nouvelles de l’intersaison concernaient principalement Bobby Ryan, pour la reconduction marathon de son contrat, et Ryan Getzlaf, pour sa nomination comme capitaine, mais c’est finalement le troisième larron de la première ligne, Corey Perry, qui a fait le plus de bruit lors de cette saison 2010/11. Avec une saison où il a été le seul de la ligue à atteindre les 50 buts, Perry a été élu MVP de la saison régulière. Si cela a pu faire grincer quelques dents car le bouillant ailier droit n’est pas vraiment apprécié parmi les adversaires des Ducks, cette distinction est méritée car Daniel Sedin, son principal concurrent pour le titre de MVP, n’a sans doute pas été aussi décisif pour son équipe que Perry. Sans lui et ses 98 points, Anaheim n’aurait sans doute pas réussi à accrocher les playoffs.

L’impact de Perry a notamment permis à l’équipe de survivre à l’absence du capitaine Ryan Getzlaf en janvier, victime d’un tir dans le visage qui lui a fait manquer 14 matchs à cause d’une fracture du sinus. S’il a commencé la saison aussi timidement que ses coéquipiers lors de la première semaine de déplacement, il a montré la voie à ses camarades dès le retour au Honda Center avec 2 buts pour 8 points en trois matchs, dont 4 points dès le premier match à domicile face à Vancouver. Sa blessure l’a frappé alors qu’il était en passe de réussir la meilleure saison de sa carrière. Toutefois, son retour a été positif pour son équipe, alors qu’elle se battait pour atteindre les playoffs. Il signe ainsi 6 buts et 33 assistances lors des 27 derniers matchs et les 39 points marqués après son retour le 9 février constituent le deuxième meilleur total de la ligue. Getzlaf, qui s’affirme comme un des meilleurs passeurs de la ligue (quatrième de la ligue dans le domaine des passes décisives malgré les matchs qu’il a manqué), profite des deux snipers sur ses ailes, Perry et Bobby Ryan. Ce dernier a entretenu le suspense sur sa resignature à l’été 2010 car il semble qu’il ne souhaitait pas vouloir s’engager sur le long terme avec le club californien. Finalement, l’ailier de 24 ans a signé pour 5 ans et 5,1 millions par an et il n’a pas déçu avec 34 buts.

Sur la deuxième ligne, Teemu Selanne a prouvé qu’il était encore un joueur dangereux, même s’il a passé 40 ans. Ses 31 buts pour 41 points ont forgé sa meilleure saison depuis le titre de 2007. Comme tous les étés, le « Finnish Flash » songe à se retirer et, s’il a fait savoir que l’offre de contrat que lui a fait Anaheim était intéressante, il a également déclaré qu’il attendrait septembre pour donner sa réponse, le temps de voir s’il récupère parfaitement d’une opération au genou gauche. Au centre de sa ligne, son compatriote Saku Koivu a connu une saison mi-figue mi-raisin. Comme d’habitude, le centre de 36 ans n’a pas connu une saison complète à cause d’une blessure, cette fois à l’aine, mais ses 45 points en 75 matchs marquent une baisse dans sa production offensive. Toutefois, le vétéran a été présent lors des moments décisifs avec 12 points lors des 16 derniers matchs de saison régulière ainsi qu’avec son habileté dans les mises au jeu ou lors des infériorités numériques. A l’aile gauche, Jason Blake était arrivé de Toronto en échange de Giguere et il a trouvé sa place sur la deuxième ligne grâce à sa vitesse et sa ténacité dans les entrées de zone pour épauler ses deux coéquipiers finlandais. Ses 32 points en 76 matchs sont pourtant assez décevants et il est devenu un des joueurs les plus critiqués par les fans, notamment pour une tendance supposée à tirer continuellement dans le plastron du gardien.


Phoenix Coyotes (11e)Logo_Phoenix_petit

Classement conférence ouest : 6ème (99 points)
Attaque : 14ème de la ligue, 2,76 buts marqués par match
Défense : 13ème de la ligue, 2,68 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Red Wings de Detroit 4 matchs à 0
Meilleurs pointeurs :  Shane Doan (AD) : 20 buts, 60 points
   Keith Yandle (D) : 11 buts, 59 points
   Ray Whitney (AG) : 17 buts, 57 points
   Radim Vrbata (AD) : 19 buts, 48 points
   Lauri Korpikoski (AG) : 19 buts, 40 points
En 2009/10 : 107 points, 4ème de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par Detroit 4 matchs à 3

La rumeur voulait que la franchise des Coyotes vive sa dernière saison en Arizona en 2010/11 du fait du retrait du seul repreneur qui semblait crédible. Néanmoins, la ville de Glendale a voté une enveloppe de 25 millions de dollars pour couvrir les pertes de l’équipe l’an prochain. Si les Coyotes joueront bien à Phoenix en 2011/12 et que ce sont finalement les Thrashers qui sont partis à Winnipeg, ce n’est qu’une solution de court terme et les rumeurs de relocalisation ne devraient pas tarder à reprendre. Sportivement, le bilan des Coyotes est bon même si le manque d’argent commence à se faire sentir dans l’ambition de l’équipe. Cette fois, l’équipe de l’Arizona n’a pas fait le poids contre les Red Wings de Detroit en playoffs, rapidement écartés en 4 matchs.

Dans les buts, Ilya Bryzgalov a été un des principaux artisans de la bonne saison de Phoenix, comme il y a deux ans, terminant à nouveau avec un pourcentage d’arrêts de 92,1%. Le Russe a été moins impressionnant lors des playoffs mais son départ du club reste une grande perte pour la franchise. Ainsi, le gardien de 30 ans, en fin de contrat avec les Coyotes, a vu ses droits transférés à Philadelphie, qui l’a rapidement signé pour un contrat à long terme. Etant donné que Jason LaBarbera, le remplaçant de Bryzgalov cette année, ne serait sans doute pas une solution pour le poste de titulaire, Don Maloney, le manager général de l’équipe, est allé un agent libre, Mike Smith. Une solution à moindre coût puisque Smith reste sur une expérience de plusieurs saisons peu probantes à Tampa.

En défense, Maloney a réussi un bon coup en resignant Keith Yandle pour 5 ans. En constante progression, le défenseur de 24 a réussi une brillante saison à 59 points. Ses efforts, notamment sur le powerplay, lui ont ainsi permis de finir comme troisième meilleur marqueur de la ligue chez les défenseurs. D’autres jeunes joueurs composent cette escouade défensive : Oliver Ekman-Larsson, 20 ans, n’a pas disputé toute la saison avec Phoenix mais il a déjà montré qu’il avait le potentiel pour bien figurer dans cette ligue. Quant à David Schlemko, 24 ans, il a essayé de suivre l’exemple de Yandle pour se joindre au jeu offensif mais il a parfois été pris hors de position et il a souffert d’une commotion cérébrale pendant quelques matchs à cause d’un choc. Au niveau des vétérans, Derek Morris a connu une saison difficile avec quelques erreurs défensives tandis que Michal Rozsival, Adrian Aucoin et Rostislav Klesla, arrivé en cours de saison, ont été plutôt solides.

En attaque, pas vraiment de grand nom, restriction budgétaire oblige. La star offensive de l’équipe est le vétéran Shane Doan, présent depuis l’arrivée de la franchise dans le désert de l’Arizona. A 34 ans, il est à nouveau en haut du tableau des marqueurs de Phoenix même si son rendement a baissé ces deux dernières années, où il a connu de longues périodes sans marquer. Toutefois, contrairement à l’an passé, il a réussi à accrocher la barre des 20 buts malgré plusieurs matchs manqués à cause d’une suspension puis d’une blessure. Arrivé opportunément d’une équipe de Caroline également en restriction budgétaire, Ray Whitney a démarré la saison lentement mais il termine avec un total probant de 40 assistances.

Lee Stempniak avait connu une fin de saison 2009/10 avec Phoenix excellente, marquant 14 buts en 18 matchs après son transfert de Toronto. Il a cette fois été plus discret avec 19 buts pour 38 points sur toute la saison et il a de nouveau disparu en playoffs face à Detroit. Radim Vrbata et Lauri Korpikoski ont été parmi les principaux contributeurs offensifs de l’équipe et ont donc été resignés cette intersaison. Le poste de centre a été un des points faible de l’équipe suite au départ de Matthew Lombardi : Eric Belanger n’a pas réussi à convaincre, le style de jeu défensif de Martin Hanzal le destine plus à la deuxième ligne qu’à la première et Kyle Turris, 21 ans, sans doute destiné à jouer un jour sur la première ligne, a surtout évolué sur la quatrième ligne.


Los Angeles Kings (12e)Logo_LosAngeles_petit

Classement conférence ouest : 7ème (98 points)
Attaque : 25ème de la ligue, 2,55 buts marqués par match
Défense : 6ème de la ligue, 2,39 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Sharks de San José 4 matchs à 2
Meilleurs pointeurs :  Anze Kopitar (C) : 25 buts, 73 points
   Dustin Brown (AD) : 28 buts, 57 points
   Justin Williams (AD): 22 buts, 57 points
   Ryan Smyth (AG) : 23 buts, 47 points
   Jarret Stoll (C) : 20 buts, 43 points
En 2009/10 : 101 points, 6ème de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par Vancouver 4 matchs à 2

Le jeune effectif de Los Angeles est parvenu aux playoffs pour la deuxième année consécutive mais avec le même résultat : une élimination prématurée, cette fois face à un des rivaux locaux, San José. Cet échec n’a pas surpris du fait de la relative inexpérience des playoffs de la plupart des cadres de l’équipe et de la grave blessure de l’indispensable Anze Kopitar à quelques jours du début de la série. C’est sans doute pour cela que le manager général, Dean Lombardi, a transféré dans cette intersaison Mike Richards et signé Simon Gagné. Les deux hommes étaient parvenus avec Philadelphie en finale de coupe Stanley en 2010 et apportent donc expérience et leadership. Les Kings avaient parfaitement commencé la saison avec une série de 12 victoires en 15 matchs. Ce capital va être érodé par une série plus compliquée de 10 défaites en 12 matchs en janvier mais l’équipe parviendra toutefois à assurer sa place parmi les qualifiés avec une meilleure série en février.

Chez les gardiens, beaucoup d’observateurs prédisaient que Jonathan Bernier prendrait la place de titulaire de Jonathan Quick, bien que ce dernier avait signé plusieurs records de franchise en 2009/10 (nombre de matchs joués avec 72 et nombre de victoires avec 39). Cette concurrence a poussé à Quick, 25 ans, à se présenter au camp d’entraînement de septembre en grande forme. Il a été un élément important du bon début de saison des Kings, ce qui a rapidement fait taire les spéculations sur l’identité du titulaire. Il a toutefois eu quelques moments de creux, comme pendant la mauvaise série de janvier ou lors de la série face à San José où il a encaissé 20 buts en 6 matchs, même si cela est dû en partie à la piètre performance des défenseurs devant lui. Après avoir été élu meilleur gardien d’AHL avec les Monarchs de Manchester en 2009/10, Jonathan Bernier, 22 ans, a fait le grand saut dans l’équipe première. Néanmoins, de même qu’il lui avait fallu une saison d’adaptation à Manchester, la première saison de Bernier avec les Kings est mitigée. Le départ a été difficile (89,3% d’arrêts sur ses 14 premiers matchs) mais, après la coupure du match des All-Star en janvier, Bernier a montré ce dont il était capable avec 93,9% d’arrêts en 11 matchs et aucune défaite dans le temps réglementaire. Après l’élimination des Kings, Il a rejoint l’équipe du Canada au championnat du monde, en remplaçant James Reimer au poste de titulaire.

L’escouade défensive des Kings s’est articulée autour du quatuor Rob Scuderi, Jack Johnson, Willie Mitchell et Drew Doughty. Depuis son arrivée de Pittsburgh il y a deux ans, Scuderi a apporté du leadership et une présence physique. Il travaille toujours dur pour contrer les tirs ou tuer les pénalités mais sa lenteur au patinage le met parfois en danger sur des pertes de palet. Bien qu’il ait parfois été aligné avec Doughty, Scuderi a passé la majorité de la saison avec Jack Johnson. Ce dernier a signé une bonne saison offensive avec un record personnel de 42 points, principalement grâce au jeu de puissance où il a amassé 3 buts et 25 assistances. Le bilan est moins brillant au niveau du différentiel où son -21 (de loin le plus mauvais des six défenseurs régulièrement alignés) est sans doute dû à quelques erreurs dans sa zone ou au niveau de la bleue. Toutefois, Johnson n’a que 24 ans et, étant signé jusqu’en 2018, il a de l’avenir parmi les Kings.

Idem pour Drew Doughty. Le jeune défenseur de 21 ans avait fait tourner les têtes en 2009/10 grâce à une prestation probante lors des Jeux Olympiques et une saison NHL brillante qui lui avait permis d’être nominé pour le trophée Norris de meilleur défenseur de la ligue. Fatalement, la saison 2010/11 a été plus difficile : les problèmes ont commencé dès le camp d’entraînement où le staff s’est plaint de son état de forme puis une commotion cérébrale lui a fait manquer 6 matchs en début de saison. A cela s’ajoute une baisse dans la production offensive (un but lors des 23 premiers matchs) et quelques erreurs avec le palet qui l’ont vite écarté des pronostics pour le trophée Norris. Néanmoins, il s’est souvent bien acquitté de son travail défensif et il termine avec un total correct de 40 points (19 de moins qu’il y a un an). Sans doute que l’effet de surprise n’a plus joué cette année en faveur de Doughty, marqué de près par ses adversaires et pressé dans le jeu de puissance. Il lui faudra donc s’adapter l’an prochain. Quand Dean Lombardi a signé Willie Mitchell pour deux ans à l’été 2010, beaucoup de questions se posaient sur l’état de forme du défenseur physique de 34 ans. En effet, il restait sur une saison 2009/10 de seulement 48 matchs à cause d’une commotion cérébrale. S’il a manqué cette saison 25 matchs à cause de blessures, il s’est révélé un soutien important pour les deux jeunes défenseurs avec qui il a été aligné (Johnson et Doughty), un pilier en infériorité numérique et son jeu avec la crosse lui a permis de contrer de nombreuses offensives adverses.

Pour la troisième ligne, Terry Murray s’est appuyé sur le duo Alec Martinez – Matt Greene. Martinez est l’invité surprise de l’escouade défensive : alors qu’il n’avait pas été spécialement remarqué dans le camp d’entraînement où de nombreux prospects défensifs se sont retrouvés, le défenseur de 23 ans a saisi sa chance quand il a été appelé à la fin novembre en remplacement de Jake Muzzin. Il avait alors signé un début de saison solide à Manchester et a tout de suite paru très à l’aise dans un rôle de renfort offensif de troisième ligne et est resté jusqu’à la fin de la saison. Comme tous les rookies défensifs il a parfois eu quelques difficultés défensives mais il termine avec 5 buts pour 16 points. De son côté, Greene a mis en avant son impact physique et a constitué une des voix les plus importantes dans le vestiaire. Compétent pour un rôle de troisième ligne, les blessures dans l’effectif ont parfois contraint Terry Murray à l’employer dans le top 4, où il a été en difficulté.

A l’avant, le joueur principal a été Anze Kopitar, comme souvent lors de ces dernières saisons. Si le Slovène de 23 ans est devenu le meilleur attaquant défensif de son équipe, il a gardé son impact offensif avec un point par match en moyenne. Cette versatilité a permis à Murray d’aligner Kopitar dans toutes les situations, en supériorité comme en infériorité numérique. Néanmoins, alors que le discret centre commençait à se faire remarquer parmi les meilleurs à ce poste dans la conférence ouest, vers la fin décembre, il a justement traversé une période de creux qui a duré 20 matchs et où il n’a marqué qu’un but. Le tournant de sa saison a évidemment été sa blessure à la cheville à la fin de la saison régulière. Ironiquement, Kopitar avait justement battu cette saison le record du club de matchs consécutifs joués. Cette absence inhabituelle a beaucoup compté dans l’élimination rapide en playoffs de l’équipe. Sur la première ligne, Kopitar a souvent été aligné avec Justin Williams à sa droite. Souvent blessé, l’ailier n’avait plus joué de saison complète depuis 2006/07. Cette année, il a réussi à accrocher la barre des 20 buts avec ses 22 réalisations et il a beaucoup travaillé en zone offensive. Malheureusement pour lui, il n’a pas réalisé une saison complète à cause d’une épaule disloquée au 73ème match qui lui a fait rater la fin de la saison.

Trouver un ailier gauche pour cette ligne n’a pas été simple. Lombardi ayant échoué à signer Ilya Kovalchuk à l’été 2010 pour remplacer Alexander Frolov, il s’était rabattu sur Alexei Ponikarovsky pour compléter son top 6. En fait, plusieurs blessures en début de saison ont empêché l’ailier russe de montrer son meilleur niveau et il a terminé sur la troisième ligne avec Michal Handzus, où sa grande taille a été utile, mais ses 5 buts pour 15 points sont loin des 20 buts que le staff espérait de lui. Ryan Smyth a souvent été aligné sur la première ligne et s’il n’a plus à 35 ans son rendement d’il y a quelques années, il a signé une nouvelle saison à plus de 20 buts. Son manque de vitesse a parfois été problématique mais il s’est beaucoup employé devant et derrière le filet grâce à sa volonté. Malgré une saison plutôt probante même s’il n’a plus la production pour être sur une première ligne, « Captain Canada » a choisi de retourner à son club d’origine, Edmonton, et a sollicité pendant la draft un transfert.

Afin de booster son équipe pour les playoffs et enfin trouver un ailier gauche pour la première ligne, Lombardi a fait venir à la deadline Dustin Penner d’Edmonton, envoyant Smyth sur le deuxième trio. Le prix fut élevé (un prospect défensif et un choix de premier tour) mais la perspective de l’aligner avec Kopitar et Williams était intéressante. De fait, les débuts du trio sont bons et Penner signe 6 points dans ses 7 premiers matchs avec les Kings. Et puis plus rien : aucun point lors des 12 derniers matchs de la saison régulière et un réalignement sur le quatrième trio lors des playoffs. A la décharge de Penner, il a dû composer avec les blessures conjuguées de Kopitar et Williams mais il est surtout apparu trop apathique et hésitant pour convaincre les fans. Lombardi et Murray ont noté que Penner aurait besoin d’être en meilleure forme pour la reprise en octobre et, de fait, ce début de saison sera crucial pour lui.

Outre Smyth, la deuxième ligne a pu compter sur Jarret Stoll et le capitaine Dustin Brown. Murray attendait que Stoll élève sa production offensive par rapport à l’année précédente et le centre de 29 ans a répondu aux attentes avec une saison à 43 points, grâce à une utilisation plus importante de son tir puissant. Ce poste devrait être occupé par Mike Richards l’an prochain mais Stoll peut se révéler un bon centre de troisième ligne, notamment grâce à son habilité lors des mises au jeu. Brown n’a pas progressé au niveau des points par rapport à l’an passé mais il a montré une capacité à porter son équipe sur ses épaules rarement vue les autres saisons, même si l’énergique capitaine a toujours mené par l’exemple. A la fin de la saison régulière, alors que Williams et Kopitar étaient blessés et que la concurrence faisait rage pour les dernières places pour les playoffs, il a inscrit 9 points lors des 9 derniers matchs. Une des déceptions au niveau de l’attaque a été Wayne Simmonds : après deux saisons de travail intensif au pressing offensif, les fans espéraient qu’il atteigne la barre des 20 buts. Au contraire, Simmonds ne s’est pas mis en évidence lors de nombreux matchs et a semblé moins efficace au forecheck et son efficace tir du poignet ne lui a permis d’amasser que 14 buts. Son transfert à Philadelphie pourrait relancer la carrière de cet ailier de 22 ans.


Chicago Blackhawks (13e)Logo_Chicago_petit

Classement conférence est : 8ème (97 points)
Attaque : 4ème de la ligue, 3,07 buts marqués par matchs
Défense : 12ème de la ligue, 2,68 buts encaissés par matchs
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs :  Jonathan Toews (C) : 32 buts, 76 points
   Patrick Kane (AD) : 27 buts, 73 points
   Patrick Sharp (AG) : 34 buts, 71 points
   Marian Hossa (AD) : 25 buts, 57 points
   Brent Seabrook (D) : 9 buts, 48 points
En 2009/10 : 112 points, 2ème de la conférence, remportent la coupe Stanley face aux Flyers de Philadelphie 4 matchs à 2

Le champion sortant a connu une année difficile, faite de hauts et de bas, parfaitement symbolisée par la série face à Vancouver en playoffs. Après que Chicago ait concédé les trois premières rencontres, les Blackhawks se sont rappelés au bon souvenir de leur bête noire en recollant au score, pour ne s’incliner qu’en prolongations du septième match face aux futurs finalistes. On pourrait mettre cette saison mi-figue mi-raisin sur le compte des départs forcés pour cause de gestion de la masse salariale. Pourtant, le manager général de l’équipe, Stan Bowman, avait réussi à garder les principaux cadres de son équipe. La principale raison des difficultés de l’équipe semble avoir été un manque de motivation quasi général, renforcé par un manque de présence physique.

L’été 2010 a vu un changement du duo de gardiens, avec le départ de Antti Niemi pour San José et celui de Cristobal Huet pour la Suisse. Bowman a signé le vétéran Marty Turco, qui restait sur une saison plutôt difficile avec Dallas mais qui avait l’avantage de se contenter d’un salaire d’1,3 million pour un an. L’entraîneur, Joel Quenneville, espérait que son jeu à la crosse dynamiserait la relance du palet mais cela n’a pas été le cas. Les performances de Turco n’ont pas non plus été flamboyantes avec un pourcentage d’arrêts de 89,7% pour ses 29 matchs. A sa décharge, la défense devant lui était largement inexistante en début de saison, ce qui a précipité son déclin et son remplacement par Corey Crawford. Turco ne s’est ensuite mis en valeur que lorsqu’il a participé à un pari avec un fan des Canadiens pendant un match contre Montréal et en démarrant sa reconversion comme analyste sur les antennes du site de la ligue. Crawford, considéré depuis sa sélection dans la draft 2003 comme le gardien du futur de la franchise, était sensé avoir une première saison complète comme remplaçant avant de devenir titulaire l’an prochain, mais il a finalement dû assumer cette fonction dès le mois de novembre. Il a été plutôt convainquant et il est une des principales raisons pour lesquelles Chicago a accroché les playoffs. Il a montré qu’il pouvait assurer la charge de travail d’un titulaire, même s’il a semblé fatigué en février et mars car il était beaucoup utilisé par Quenneville.

Un des meilleurs joueurs de l’équipe championne de 2010 était sans aucun doute Duncan Keith, qui a connu une saison complète enchaînant une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Vancouver, la coupe Stanley et le trophée de meilleur défenseur de la ligue, ce qui l’a conduit à être resigné jusqu’en 2023. Il ne pouvait aller plus haut mais les fans ne s’attendaient sans doute pas à une chute aussi brutale. Si Keith a connu une inévitable baisse dans sa production offensive (passant de 69 points à 55), il a surtout tenté trop de tirs, finissant parmi les joueurs les plus contrés de la ligue et ses passes parfois forcées vers la zone offensive ont souvent été interceptées. Une partie de cette difficulté provient sans doute de ses longues présences (26 minutes en moyenne par match) qui ont érodé ses capacités physiques et mentales. Si Keith a ouvertement critiqué ses coéquipiers après un match à Calgary en pointant du doigt l’inefficacité des attaquants, il a fini par confier à la presse lors des playoffs qu’il a eu des difficultés de concentration pendant la saison. Il ne fait aucun doute que Keith connaîtra de bien meilleures saisons sous le maillot des Hawks. Son camarade de ligne, Brent Seabrook, a lui aussi connu un début de saison difficile mais il a réussi à remonter la pente, notamment après avoir signé une extension de 5 ans. Alors qu’on l’attendait surtout dans un rôle physique, Seabrook s’est mis en valeur sur le plan offensif avec ses 48 points, ses 39 assistances lui permettant d’être onzième de la ligue dans ce domaine dans la ligue. Toutefois, il a subi une commotion cérébrale après une charge de Raffi Torres qui lui a fait manquer plusieurs matchs. Cela pourrait devenir inquiétant pour le défenseur de 26 ans, car c’est la troisième commotion importante en trois ans.

Sur la deuxième ligne, Brian Campbell et son mirifique contrat de 7 millions de dollars par an ont fini par être envoyé en Floride par Bowman cet été. Si cela a ravi de nombreux fans qui estiment que Campbell était surpayé, c’est une perte importante pour l’escouade défensive de Chicago. Ainsi, Campbell a été un des seuls joueurs de l’effectif, avec Jonathan Toews, à rapidement penser que Chicago pouvait manquer les playoffs sans un rapide coup de collier. Il a démarré la saison blessé, ce qui a posé problème à son camarade de ligne, Niklas Hjalmarsson. Son retour en forme a toutefois été bénéfique pour le duo et, si Campbell n’a inscrit que 27 points, c’est largement dû au fait qu’il était plus concentré sur le travail défensif que offensif, étant même rétrogradé sur la deuxième escouade en supériorité numérique. Cette motivation l’a conduit a être le joueur le plus utilisé en infériorité numérique et à terminer les matchs serrés sur la glace en compagnie de Seabrook. Hjalmarsson est une déception chez les Hawks cette année : après une bonne saison l’an passé dans un rôle défensif avec Campbell, Bowman avait dû casser sa tirelire pour conserver le défenseur suédois à cause d’une lucrative offre de San José. Cela semblait alors logique pour Bowman de conserver un de ses meilleurs défenseurs bien que son augmentation de salaire ait sans doute poussé vers la sortie Antti Niemi et Andrew Ladd. Un an après, le bilan est mitigé, car le défenseur a semblé perdu sans Campbell en début de saison. S’il s’est ensuite repris, il n’a pas fait preuve pendant cette saison de la même patience que l’an passé, pour les dégagements notamment. Ainsi, ses renvois expéditifs ont souvent été anticipés par l’adversaire qui a pu les intercepter.

La difficulté en défense a été exacerbée par le manque de profondeur en réserve sur ce poste. Ainsi, Quenneville et Bowman avaient signé John Scott pour assurer le rôle d’enforcer mais également pour jouer sur la troisième ligne de défense. Or, il est rapidement apparu que Scott se battait nettement mieux qu’il ne jouait en défense. Quant à Jordan Hendry, il s’est rapidement blessé et n’a été employé le plus souvent que comme attaquant d’appoint sur la quatrième ligne d’attaque. Nick Boynton et Nick Leddy n’ont pas donné des gages de sûreté, ce qui a conduit Bowman à aller chercher Chris Campoli à Ottawa. Il a parfaitement assuré son rôle même si il a malheureusement précipité la fin des Hawks en playoffs à cause d’un mauvais dégagement en prolongations du match 7 face à Vancouver, qui a terminé dans la crosse d’Alexandre Burrows pour le but décisif.

En attaque, Jonathan Toews n’a pas semblé concerné par la gueule de bois de l’après coupe Stanley. Là où beaucoup de ses coéquipiers ont vu une baisse de leurs points ou de leur performance, le capitaine de Chicago termine la saison avec un record personnel de points. Il a notamment répondu présent quand la course aux playoffs devenait serrée dans la conférence ouest en marquant 38 points en 27 matchs, du début janvier à la fin mars. S’il n’a pas démérité dans le leadership par l’exemple, Toews n’a peut-être pas assez tapé du poing sur la table pour réveiller ses camarades. Par exemple, Il a allumé ses coéquipiers dans le vestiaire après une première période poussive des Hawks à St. Louis en février où ils étaient menés par deux buts. Le message est passé cinq sur cinq et Chicago a marqué quatre fois lors de la deuxième période, ouvrant la voie à une série de huit victoires d’affilée. La saison de Toews peut être symbolisée par son but lors du match 7 face à Vancouver : alors que les Hawks étaient menés dans les dernières secondes du match, leur capitaine de 23 ans s’est arraché pour reprendre de volée un rebond alors qu’il était allongé sur la glace. Son tir a trompé Luongo et offert un sursis à son équipe. Peut-on dire d’un joueur qui a atteint la barre des 70 points pour la quatrième saison consécutive qu’il a eu une mauvaise saison ? Difficile. Pourtant, Patrick Kane a eu une saison mouvementée, même si le fait d’être parfois en délicatesse avec sa cheville ne l’a pas empêché d’avoir une moyenne d’un point par match. Aux difficultés dans le travail défensif s’est ajouté une étonnante réserve dans l’utilisation de son tir, pourtant dévastateur. Il termine ainsi avec son plus faible total (et de loin) de tirs cadrés de ses trois dernières années et, conséquence directe, ses 5 buts en avantage numérique sont le plus mauvais résultat de sa carrière. A 22 ans, Kane va sûrement rebondir l’an prochain, lui qui a sans doute le plus gros potentiel offensif de la franchise.

Outre Hjalmarsson, Stan Bowman a réussi à conserver dans l’effectif Patrick Sharp. Le choix de ne pas le transférer s’est révélé payant en début de saison où Sharp était la principale menace offensive du club, avec Marian Hossa, marquant par exemple 10 buts lors du seul mois d’octobre. La présence de Sharp avec le duo Toews – Kane a donné à Chicago une des lignes les plus efficaces de la ligue, ce qui lui a permis d’accumuler le meilleur total de points de sa carrière et de connaître sa première sélection au « all-star game ». Il s’est également montré versatile, jouant aussi bien au centre de la deuxième ligne que sur l’aile gauche. Si Sharp a amélioré sa production offensive, cela a été au détriment de son travail défensif, moins important que lors des précédentes saisons et qui ne lui a pas évité un passage à vide offensif lors du sprint pour les playoffs (un seul but marqué après la fin février). Marian Hossa a été l’autre joueur des Hawks à bien démarrer la saison avec ses 7 buts pour 11 points en 7 matchs. Toutefois, après cette brillante série, il a aligné 4 matchs sans marquer de point avant de se blesser et de manquer plusieurs matchs, ce qui résume plutôt bien sa saison. Tantôt une force offensive impressionnante, tantôt invisible, le Slovaque n’a pas toujours convaincu les fans même si il a connu une nouvelle bonne série lors du mois de mars (20 points en 16 matchs) et lors des playoffs (6 points en 7 matchs). De plus, il n’a pas été épargné par les blessures depuis sa signature avec les Hawks à l’été 2009, ce qui fait qu’il n’a joué en moyenne que 61 matchs par an en deux saisons.

Quenneville a procédé à de nombreuses variations de personnel autour de ces quatre principaux joueurs pour compléter son top 6. Tomas Kopecky a terminé la saison avec le meilleur total de points de sa carrière en profitant de son accointance avec son compatriote Hossa et du fait qu’il était un des seuls de l’effectif à pouvoir jouer posté devant le but adverse. Son manque de niveau de jeu l’a empêché de se stabiliser sans le top 6 et il n’a pas non plus trouvé de place dans le bottom 6, ne défendant pas très bien et se révélant médiocre aux mises au jeu les rares fois où il était aligné comme centre. Finalement, il termine sur la quatrième ligne avec Viktor Stalberg et Ryan Johnson et il a signé cet été en Floride. Troy Brouwer a lui apporté au top 6 une dimension physique qui a largement manqué à l’effectif, terminant premier de l’équipe et cinquième de la ligue au niveau des mises en échec. Au niveau offensif, il n’a pas réussi à vraiment s’affirmer comme un power forward pouvant passer la barre des 20 buts, comme il l’avait fait en 2009/10. Brouwer a terminé la saison avec seulement trois assistances en 29 matchs (en comptant les playoffs), à cause notamment d’une blessure à l’épaule. Sa valeur d’échange semblait limitée à cause de cette saison pas vraiment convaincante mais Bowman l’a tout de même envoyé à Washington contre un choix de premier tour. A la deadline, Bowman a fait venir Michael Frolik de Floride pour renforcer le top 6. Cette arrivée a surpris les fans qui pensaient que Bowman chercherait plutôt un centre de deuxième ligne car Sharp, qui avait officié à ce poste une partie de la saison était alors sur l’aile gauche de Toews. Curieusement présenté comme pouvant jouer au centre, l’ailier droit tchèque a été ballotté dans les lignes un moment avant de trouver sa place aux côtés de Dave Bolland, même si cette nouvelle alchimie n’a pas eu beaucoup de temps pour se développer. Bolland, généralement le centre de la troisième ligne, a commencé l’année difficilement en marquant peu (5 points en deux mois) et en semblant invisible. La tendance s’est toutefois inversée et il a réussi à marquer 33 points lors des 39 derniers matchs, tout en continuant d’affronter les meilleures lignes adverses.


Montréal Canadiens (14e)Logo_Montral_petit

Classement conférence est : 6ème (96 points)
Attaque : 22ème de la ligue, 2,6 buts marqués par match
Défense : 8ème de la ligue, 2,51 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs :  Tomas Plekanec (C) : 22 buts, 57 points
   Michael Cammalleri (AG) : 19 buts, 47 points
   Brian Gionta (AD) : 29 buts, 46 points
   Andrei Kostitsyn (AG) : 20 buts, 45 points
   P.K. Subban (D) : 14 buts, 38 points
En 2009/10 : 88 points, 8ème de la conférence, éliminés en finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 1

Montréal restait sur une finale de conférence inespérée en 2009/10 mais l’aventure s’est cette fois arrêtée dès le premier tour face aux rivaux historiques de Boston. Si les Canadiens peuvent mettre en avant le fait qu’ils ont poussé les Bruins jusqu’à un septième match, il n’en reste pas moins que Montréal était en dessous des futurs vainqueurs.

Pierre Gauthier, le manager de l’équipe, avait fait un coup de poker important à son arrivée en transférant le héros des playoffs Jaroslav Halak. Le mouvement avait été très mal accueilli par les fans mais il manifestait un soutien important à Carey Price, vu alors par l’organisation de Montréal comme le gardien de la franchise pour les prochaines années mais dont la saison avait été difficile. Ainsi, non seulement Halak avait supplanté Price en 2009/10 comme titulaire dans les buts des Canadiens mais ce dernier a eu l’occasion de revenir dans les playoffs lors d’un coup de moins bien du Slovaque mais sans succès, laissant à nouveau la place à Halak. C’était un coup risqué car Price n’avait jusqu’alors jamais semblé pouvoir supporter la pression mais finalement il a payé. Halak, moins protégé par sa défense à St. Louis qu’à Montréal, a été moins dominant que l’an passé et surtout moins que Price. Le gardien de Montréal termine avec un des meilleurs pourcentages d’arrêts de la ligue (92,3%) alors qu’il est le deuxième de la ligue au niveau des matchs joués, ne laissant que 12 matchs à son remplaçant Alex Auld. Price a donc été l’un des principaux artisans de l’accession de Montréal aux playoffs.

En défense, Andrei Markov a une nouvelle fois connu une saison émaillée de blessures. Limité à 45 matchs en 2009/10, il n’a cette fois disputé que 7 rencontres à cause d’une blessure au genou droit en novembre. Afin de le remplacer à la manœuvre du powerplay, Gauthier est allé chercher James Wisniewski des Islanders. Pas toujours fiable défensivement et moins en verve que sur Long Island, le défenseur de 27 ans a tout de même apporté un impact offensif qui lui a permis de terminer cinquième marqueur chez les défenseurs de la ligue avec 51 points en 75 matchs. Cette performance lui a permis de signer un énorme contrat de 5,5 millions par an pendant 6 ans avec Columbus. En l’absence de Markov, c’est Roman Hamrlik qui a pris en main l’escouade défensive. Si l’ancien premier choix de draft d’il y a presque vingt ans n’a plus l’impact offensif et la vitesse d’autrefois, il lui reste une présence physique sur la glace et une dimension de tutorat pour les jeunes joueurs, tout comme Hal Gill, l’autre pilier physique de cette escouade défensive.

Parmi ces espoirs défensifs, il y a évidemment P.K. Subban. Révélé lors des playoffs 2010, le fougueux défenseur de 22 ans n’a pas déçu avec ses 38 points et en étant sans doute le meilleur de l’escouade défensive. Son caractère bien trempé a fait de lui un des joueurs préférés des fans et il sera sans doute la colonne vertébrale de l’équipe avec Price pour les prochaines années chez les Habs. Le bilan est moins positif pour Jaroslav Spacek. Le vétéran devait apporter un appui offensif mais, outre qu’il a manqué plusieurs matchs à cause des blessures, ses 16 points sont un total assez faible. A sa décharge, le gaucher a souvent dû jouer sur le côté droit, ce qui ne l’a pas aidé pour les relances. Ainsi, Montréal a également été obligé de se passer longtemps de Josh Gorges à cause d’une blessure au genou droit le limitant à 36 rencontres.

Sans surprise, comme les lignes offensives n’ont pas beaucoup évolué depuis les playoffs 2010 et que l’entraîneur Jacques Martin compte toujours sur une stratégie défensive, les Habs n’ont pas brillé par leur attaque, 22ème de la ligue. Le bilan n’est pas pour autant mauvais pour tout le monde. Sur la première ligne, Tomas Plekanec a vu son total de points baisser de 13 unités (de 70 à 57) mais il a eu à jouer un rôle défensif important en affrontant les meilleures lignes adverses et en étant aligné dans les situations cruciales. De son côté, si Michael Cammalleri a déçu, c’est principalement car il n’a pas réitéré ses exploits des playoffs 2010. Il manque toutefois la barre des 20 buts et des 50 points. Idem pour Andrei Kostitsyn, même s’il est parvenu à atteindre les 20 buts.

Sur la deuxième ligne, le duo Scott Gomez – Brian Gionta a eu des difficultés à trouver une alchimie avec un troisième coéquipier. Ils ont démarré la saison avec Benoit Pouliot mais sans retrouver l’alchimie de 2009/10. Martin leur a ensuite adjoint Andrei Kostisyn puis Travis Moen, sans plus de résultat. Finalement c’est Max Pacioretty, rappelé d’Hamilton, qui s’est le mieux entendu avec l’ancien duo du New Jersey. Malheureusement, la saison de l’ailier de 22 ans s’est brutalement arrêtée après une charge dangereuse de Zdeno Chara lors d’un match face aux Bruins, alors qu’il avait inscrit 14 buts pour 24 points en 37 matchs. Ces changements n’ont pas aidé un Gomez en difficulté cette saison. Si l’âge est sans doute un facteur de la baisse de régime du centre vétéran, il semblerait également qu’il n’ait jamais vraiment récupéré d’une blessure importante à la jambe en novembre 2008, alors qu’il jouait avec les Rangers de New York. Alors que la vitesse était un des atouts majeurs de Gomez, il n’a depuis plus fait preuve de cette capacité à accélérer le jeu qui le rendait dangereux. Cela l’a forcé à changer son style de jeu, ce qui fait qu’il provoque moins les défenseurs adverses et qu’il utilise moins son tir du poignet. Ses 38 points semblent bien peu pour justifier son salaire, l’un des plus élevés de la ligue.

Cette mauvaise saison de Gomez a affecté son compère Brian Gionta, qui étrennait cette année son capitanat. Ainsi, Gionta a connu une baisse dans ses statistiques car s’il a inscrit 46 points, comme en 2009/10, il a joué 21 matchs de plus la saison passée. Cela n’est pas dû à un manque d’engagement car il a souvent bataillé avec les défenseurs pour récupérer les palets à la bande et n’a pas hésité à se poster devant le filet malgré son petit gabarit. De plus, il termine meilleur de l’équipe avec ses 29 réalisations. La méforme de Gomez ne l’a pas aidé car Gionta a réalisé ses meilleures performances quand Martin l’a aligné avec Plekanec et Kostitsyn. Arrivé du Minnesota l’an passé, Benoit Pouliot avait eu une fin de saison intéressante avec 15 buts pour 24 points en 39 matchs. Malgré de bonnes aptitudes pour le jeu, il n’a pas réussi à convaincre cette année avec seulement 30 points en 79 matchs. Finalement relégué sur la troisième ligne où il n’a pas non plus brillé par son travail défensif, il n’a pas été resigné par les Habs et va tenter de se relancer avec un contrat d’un an avec Boston.


Buffalo Sabres (15e)Logo_Buffalo2_petit

Classement conférence est : 7ème (96 points)
Attaque : 9ème de la ligue, 2,93 buts marqués par match
Défense : 18ème de la ligue, 2,78 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en quart de finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs :  Thomas Vanek (AG) : 32 buts, 73 points
   Drew Stafford (AD) : 31 buts, 52 points
   Jason Pominville (AD) : 22 buts, 52 points
   Tyler Ennis (AG) : 20 buts, 49 points
   Tim Connolly (C) : 13 buts, 42 points
En 2009/10 : 100 points, 3ème de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 2

Buffalo a connu ces dernières années des saisons parfois difficiles, mais la roue est en train de tourner. Les Sabres avaient du se séparer de leurs cadres en 2007 à cause du manque de moyens financiers mais l’arrivée du milliardaire Terry Pegula cette année devrait changer la philosophie de l’équipe. Avant même d’avoir un effet sur le recrutement, Pegula a eu un impact psychologique sur l’équipe. La rumeur de son arrivée a couru alors que les Sabres stagnaient dans le classement et, après son introduction à la presse en février, l’équipe a connu une embellie de 16 victoires sur les 24 derniers matchs. Cette série leur a permis d’accrocher les playoffs mais ils ont été éliminés par une équipe de Philadelphie qui leur était supérieure.

Dans les buts de Buffalo, on retrouve l’inoxydable Ryan Miller. Moins en vue que l’an passé où il avait porté son équipe au sommet et remporté le titre de meilleur gardien de la ligue, il a toutefois été un des moteurs de son équipe pour la deuxième partie de la saison. Ses statistiques ayant chuté, certains fans ont pu trouver qu’il était un peu en deçà des performances que l’on peut attendre de son salaire mais il reste le solide titulaire du poste. Derrière lui, le jeune Jhonas Enroth, 23 ans, a joué sa première vraie saison en NHL après avoir assuré le poste à Portland en AHL pendant deux ans et ses débuts sont plutôt prometteurs (9 victoires en 14 matchs).

Tyler Myers avait été la révélation défensive de la saison 2009/10, empochant le titre de rookie de l’année. Sans surprise, le défenseur géant a connu une année plus difficile, sans toutefois être catastrophique. Son partenaire de ligne, Henrik Tallinder, étant parti au New Jersey, Myers a été aligné en début de saison avec Shaone Morrisonn. Les deux joueurs n’ont donné des gages de sécurité mais Myers a fini par remonter la pente et ses 37 points en 80 matchs sont loin d’être négligeables, surtout quand 5 de ses 10 buts ont offert la victoire à son équipe. Enfin, il a été convaincant lors de la série face à Philadelphie, où le jeune joueur de 21 ans ne s’est pas laissé impressionner par les Flyers en distribuant les mises en échec, tout en jouant plus de 24 minutes par matchs et il termine en plus comme deuxième meilleur marqueur de son équipe. Morrisonn a lui été rétrogradé sur le troisième trio, laissant la place à de jeunes défenseurs comme Andrej Sekera, Mike Weber et Chris Butler. Finalement, c’est ce dernier qui va le mieux s’accorder avec Myers pour la fin de saison. Autre bonne surprise de la fin de saison : Marc-André Gragnani. Appelé de dernière minute des Pirates de Portland en AHL (où il a brillé avec 60 points en 63 matchs et le prix de meilleur défenseur de la ligue) pour les playoffs, il n’a pas déçu Ruff en étant l’un des défenseurs jouant le plus de minutes grâce à son impact offensif. En effet, s’il a parfois pris des risques en défense, il termine meilleur marqueur de la série pour son équipe avec 7 points en autant de matchs.

L’autre ligne de défense principalement utilisée par Lindy Ruff a été la solide paire d’expérience Steve Montador – Jordan Leopold. Montador s’est beaucoup mis en valeur sur les deux premiers mois de la saison et il termine avec un différentiel intéressant de +16 tout en apportant du caractère à l’escouade. Néanmoins, au fur et à mesure de la saison, il a pu retrouver quelques mauvais réflexes comme une imprécision dans les passes ou un trop grand nombre de tirs tentés. Toutefois, les 26 points qu’il a inscrit sont le meilleur total de sa carrière tandis qu’il a terminé premier de l’équipe dans le domaine des tirs contrés (138). Si Leopold a plus tiré au but que Montador, il a également été nettement plus précis et termine avec 13 buts pour 35 points. Pour sa première année avec les Sabres, Leopold a donc apporté un soutien offensif intéressant. Il aurait sans doute atteint le plateau des 40 points si une fracture de la main de l’avait pas éloigné de la glace pour une dizaine de matchs. Il a toutefois été parfois un peu emprunté dans sa propre zone, ce qui fait qu’il termine avec beaucoup de pertes de palet et un différentiel de -11. Si Montador a quitté l’effectif en étant envoyé à Chicago juste avant le terme de son contrat, Leopold pourrait logiquement être aligné l’an prochain avec Robyn Regehr, transféré à la draft en provenance de Calgary. En effet, les deux hommes ont joué ensemble à Calgary entre 2002 et 2006, participant notamment au parcours des Flames en finale de la coupe Stanley de 2004.

L’attaque n’est pas forcément considérée comme le point fort de l’équipe de Lindy Ruff mais les Sabres ont réussi à terminer dans le top 10 des meilleures attaques de la ligue. L’un des attaquants les plus en vue de l’équipe a sans doute été Derek Roy, en tout cas au début de la saison. En effet, alors que son équipe était en difficulté, Roy empilait les points avec 10 buts pour 35 points en 35 matchs, confirmant ses ambitions de s’affirmer comme un centre numéro un. Malheureusement pour lui, il a déchiré ses quadriceps à la fin décembre et il a été absent jusqu’à la fin de la saison. Ironiquement, Roy est revenu après 4 mois d’absence juste à temps pour le dernier match face à Philadelphie. Il a été remplacé au pied levé par Tim Connolly qui, pour une fois, n’a pas manqué beaucoup de matchs à cause des blessures. Toutefois, sa production offensive n’a pas été au rendez-vous et ses 42 points sont loin des 65 de l’an passé ou de son rythme d’un point par match en 2008/09. A 30 ans, Connolly n’est pas suffisamment vieux pour parler d’un déclin offensif mais les blessures à répétitions ont sans doute pesé.

La principale arme offensive des Sabres cette saison a été Thomas Vanek, qui a une nouvelle fois dépassé le plafond des 30 buts et dépassant le deuxième marqueur de l’équipe, Drew Stafford, de 20 points. L’Autrichien est donc resté la principale figure de proue de l’attaque après la blessure de Roy, étant le buteur le plus constant de la franchise depuis ses débuts après le lockout de 2005. Outre son titre de meilleur buteur du club en saison régulière, il a également été l’attaquant le plus en vue de Buffalo lors des playoffs avec 5 buts en 7 matchs. Au contraire, Drew Stafford a déçu lors de la série face à Philadelphie avec un but et 2 assistances en 7 matchs. Ainsi, l’ailier droit a souvent été critiqué lors de ses cinq saisons avec Buffalo pour son manque de constance qui pouvait le conduire à enchaîner des matchs où il était invisible avec d’autres où il signait un coup du chapeau. Cette fois, dans la dernière saison de son contrat, il a montré l’étendue de son potentiel offensif avec pas moins de 31 buts en 62 matchs. Sa saison a été limitée par plusieurs blessures, le plus souvent à l’épaule. Il a été un des facteurs importants du retour en force des Sabres à partir de janvier, en signant un de ses 4 coups du chapeau de l’année le premier janvier pour marquer 21 de ses 31 buts jusqu’à avril. Malgré une chute de production dans les playoffs à cause d’un pourcentage de tir anémique, il a été resigné pour quatre ans.

La bonne prestation offensive des Sabres est également à mettre au crédit de deux jeunes joueurs au petit gabarit mais au rendement intéressant : Tyler Ennis (1m75) et Nathan Gerbe (1m63, le plus petit joueur de la ligue). Ennis, 21 ans, aurait pu être nominé pour le trophée Calder du meilleur rookie sur la foi de sa saison à 20 buts pour 49 points. Il signe le meilleur total de points pour un rookie de la franchise depuis Derek Plante en 1994, après avoir déjà montré son potentiel en amassant alors 9 points lors des dix matchs où il a été appelé en 2009/10. Il a parfaitement utilisé sa vitesse pour mettre en difficulté les défenseurs adverses ou faciliter l’entrée de zone lors du powerplay. Sa capacité à trouver facilement une alchimie avec de nouveaux coéquipiers a de plus été appréciée du fait des nombreux changements dans les lignes. Outre son impact offensif, il s’est également mis en avant dans le travail défensif cher à Lindy Ruff, terminant premier de son équipe au niveau des interceptions. Ennis a continué pied au plancher lors des playoffs, signant un doublé lors du match 5. S’il semble parvenir à éviter les mauvais coups (il n’a jamais manqué le moindre match de sa carrière, autant chez les juniors que chez les pros), il lui faudra sans doute se muscler un peu pour éviter d’être mis en échec trop facilement quand il n’est pas en mouvement. Si Gerbe, 23 ans, n’avait été choisi qu’au 5ème tour de la draft 2005, c’est sans nul doute à cause de sa petite taille. Pourtant, après deux saisons intéressantes avec Portland en AHL et plusieurs piges avec les Sabres, il a montré qu’il avait sa place en NHL avec 16 buts pour 31 points en 64 matchs. Sa versatilité lui permet de jouer ailier aussi bien à droite qu’à gauche en utilisant sa grande vitesse pour se tirer des situations périlleuses. Mais il n’hésite pas pour autant à jouer le palet dans les coins, avec une ténacité qui a rapidement fait de lui un des joueurs préférés des fans. Evidemment, sa taille le met en danger d’être blessé par une charge adverse et il a encore des efforts à faire sur le plan défensif, mais le potentiel offensif est là.

Jason Pominville a lui encore vu sa production chuter, les 52 points qu’il a inscrit étant assez loin des 80 qu’il avait accumulé il y a trois ans, notamment à cause d’un manque de précision dans le tir. Ainsi, il est deuxième de l’équipe pour les tirs tentés mais il a souvent manqué le cadre. Pominville a également souffert d’une commotion cérébrale en début de saison qui lui a fait manquer neuf matchs. Il reste toutefois un des travailleurs de l’équipe, officiant lors des supériorités et infériorités numériques et il termine avec seulement 15 minutes de pénalités. Jochen Hecht, son camarade de ligne, a lui aussi beaucoup travaillé en défense et les deux ont bien combiné en attaque. Néanmoins, l’Allemand n’a pas réussi à atteindre la barre des 20 buts, à cause d’un début de saison difficile (aucun but sur les 14 premiers matchs) puis quelques blessures. Il a ensuite été plus décisif avec 22 de ses 29 points lors des 33 derniers matchs avant de se blesser avant les playoffs. Afin de renforcer le secteur offensif à la deadline, le manager général Darcy Regier a choisi de faire venir Brad Boyes de St. Louis. Ces dernières années, les Sabres n’ont jamais eu de bons résultats avec les joueurs arrivés à la deadline, que ce soit Dainius Zubrus, Dominic Moore ou Raffi Torres, ces joueurs ayant du mal à s’intégrer à la stratégie d’équipe déjà bien rôdée. Boyes avait signé deux premières saisons convaincantes à 43 puis 33 buts avec les Blues avant de faire nettement moins bien (31 buts en deux saisons). Son arrivée à Buffalo est plutôt intéressante avec 5 buts pour 14 points en 21 matchs avec notamment un bon impact sur le powerplay, même s’il semble loin du joueur qui avait marqué 43 buts il y a quelques années. Finalement, il n’a pas réussi à tenir la longueur et son manque d’impact offensif couplé à une capacité défensive limitée a conduit Lindy Ruff à le faire évoluer sur la quatrième ligne avec Mike Grier et Cody McCormick. Sans grand impact également lors des playoffs avec un but en 7 matchs, il reste à Boyes un an de contrat pour se montrer sous son meilleur jour.


New York Rangers (16e)Logo_NewYorkRangers_petit

Classement conférence est : 8ème (93 points)
Attaque : 16ème de la ligue, 2,73 buts marqués par match
Défense : 5ème de la ligue, 2,38 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés par les Capitals de Washington en quart de finale de conférence 4 matchs à 1
Meilleurs pointeurs :  Brandon Dubinsky (C) : 24 buts, 54 points
   Ryan Callahan (AD) : 23 buts, 48 points
   Marian Gaborik (AD) : 22 buts, 48 points
   Derek Stepan (C) : 21 buts, 45 points
   Artem Anisimov (C) : 18 buts, 44 points
En 2009/10 : 87 points, 9ème de la conférence, 21ème de la ligue

Si les Rangers avaient manqué les playoffs 2010 à cause d’une défaite aux tirs aux buts face à Philadelphie lors du dernier match, ils ont cette fois réussi à accrocher la huitième place. Ils se trouvaient pourtant dans une position similaire mais une victoire 5-2 face au New Jersey couplée à la victoire de Tampa Bay sur la Caroline a suffit pour envoyer l’équipe de New York en playoffs. Ils ont été éliminé dès le premier tour par Washington, comme il y a deux ans, mais la série fut plus serrée que ce que le score final suggère, avec deux des quatre défaites concédées en prolongations.

Dans les buts des Rangers, le patron a été une nouvelle fois Henrik Lunqvist. Si certains gardiens peuvent parfois décevoir d’une année à l’autre, « King Henrik » a été d’une impressionnante constance depuis le lockout de 2005 où il est devenu le titulaire du poste. Il termine avec le meilleur pourcentage d’arrêts de sa carrière (92,3%) et ses 11 blanchissages sont également un record personnel. Si les Rangers ont été écartés au premier tour des playoffs, ce n’est pas à mettre sur le compte de Lundqvist, qui a terminé la série avec un bon pourcentage d’arrêts (91,7%). Martin Biron, signé à l’été, semblait parfait pour le rôle du remplaçant appelé à jouer entre 15 et 20 matchs mais une fracture de la clavicule l’a écarté de la glace pour la fin de la saison. Toutefois, les 17 matchs qu’il a joués ont été plutôt convaincant.

La ligne bleue de New York a été dominée par le duo Marc Staal – Dan Girardi, confronté aux meilleurs joueurs adverses chaque soir. Le seul des quatre frères Staal à ne pas être attaquant a été, comme l’an passé, un roc défensif avec de nombreux tirs contrés et beaucoup de mises en échec (140). L’entraîneur John Tortorella espérait au début de la saison que Staal prenne plus d’importance dans le registre de l’attaque, l’enjoignant à monter pour aider ses attaquants et à tirer plus. Si ses 7 buts et 22 assistances ne marquent pas une grande augmentation par rapport à l’an passé (8 buts et 19 assistances en 2009/10), il a toutefois été aligné en supériorité numérique ce qui était assez rare lors de ses 3 premières saisons chez les Blueshirts. Il n’a pas déçu dans ce domaine car 4 de ses 7 buts ont été inscrit en powerplay. Staal a connu une fin de saison un peu plus difficile mais c’est principalement car il a été aligné en moyenne 27 minutes lors de chaque match et la fatigue a fini par peser. Dan Girardi avait connu une année 2009/10 compliquée et il arrivait à la fin de son contrat mais Glen Sather, le manager général des Rangers, avait choisi de lui faire confiance en le resignant 4 ans. Confiance récompensée car il a parfaitement rebondi cette année, dépassant les 30 points et baissant son total de minutes de pénalités (bien qu’il ait plus joué). Girardi ne serait sans doute pas sur la première ligne si l’effectif était plus fourni, ayant plus le profil d’un défenseur de deuxième ligne, et il a parfois forcé des passes qui ont abouti à des interceptions. Toutefois, il a fait preuve de volonté et d’abnégation, avec en point d’orgue les 26 tirs qu’il a contrés lors des 5 matchs de la série contre Washington.

Si cette première paire ne brille pas outre mesure par son impact offensif, les fans espéraient que ce domaine aurait été exploité par Michael Del Zotto. Après avoir été drafté en 2008, il a rapidement trouvé sa place dans l’effectif et, à 19 ans, il avait réussi une brillante saison 2009/10 avec 37 points, qui compensait un travail défensif parfois insuffisant. Il avait notamment brillé en avantage numérique, où il a amassé 22 de ses points. Un retour de bâton était attendu pour sa deuxième saison, mais la confiance de Sather était notamment perceptible dans le fait que, dans la draft 2010, le manager des Blueshirts aurait pu prendre l’offensif Cam Fowler avec son dixième choix et il a préféré choisir le physique Dylan McIlrath. Le « sophomore slump » a bien eu lieu mais il a dépassé toutes les attentes : Del Zotto a traversé une saison cauchemardesque, où il n’a pas réussir à produire offensivement ce que Tortorella attendait de lui (11 points en 47 matchs) et il semblait parfois perdu sur la glace. Le jeune défenseur en mal de confiance a alors été rapidement envoyé en AHL, début janvier et a fini par faire des allers-retours entre les deux équipes avant de finalement se blesser en mai. Del Zotto aura l’occasion de revenir dans le grand club lors du camp d’entraînement de septembre.

La deuxième ligne de défense a été la paire inattendue Michael Sauer – Ryan McDonaugh, les deux joueurs profitant de la méforme de Del Zotto et du transfert de Michal Rozsival à Phoenix. Sauer, 23 ans, n’entrait pas forcément dans les plans de Tortorella en début de saison mais il a rapidement apporté du caractère (il n’a pas hésité à se battre) et, en fin de saison, une contribution offensive bienvenue (9 points sur les 30 derniers matchs). McDonaugh, 22 ans, a rejoint les Rangers lors du transfert de Scott Gomez mais il n’a pas été gardé dans l’équipe première à l’issue du camp d’entraînement. Après avoir commencé la saison en AHL, il est finalement appelé en janvier et il a suffisamment progressé pour rester avec les Rangers. Il développe alors une bonne alchimie avec Sauer pour former une deuxième ligne défensive efficace. Parmi les autres défenseurs, Steve Eminger s’est révélé solide alors que Matt Gilroy n’a pas réussi à convaincre et n’a pas été resigné cet été. Bryan McCabe est venu épauler le powerplay de l’équipe à la deadline et s’est plutôt bien acquitté de sa tâche même si cela a été insuffisant en playoffs pour remporter la série.

Au niveau offensif, la déception est venue de Marian Gaborik. Après avoir signé une première saison fulgurante sous leurs couleurs des Rangers avec 42 buts en 76 matchs, le sniper slovaque a manqué 20 matchs à cause d’une blessure à l’épaule et il termine avec 22 buts pour 48 points. Si 22 buts sont toujours les bienvenus, il en a inscrit la moitié en seulement 4 matchs, ce qui fait qu’il a souvent été absent du tableau de marque. Il a sans doute manqué d’un centre créateur de jeu pour l’épauler. Erik Christensen avait trouvé une bonne alchimie avec le slovaque l’an passé mais il est également passé à côté de sa saison. L’arrivée de Brad Richards devrait aider Gaborik dans ce domaine mais le problème vient également du style de jeu prôné par Tortorella. L’énergique entraîneur des Blueshirts cherche depuis son arrivée à faire jouer à ses joueurs un jeu physique et mettre la pression sur les bandes et l’arrière du filet. Philosophie assez loin d’un Gaborik plus à l’aise avec la possession du palet dans le slot, qui lui permet d’utiliser au mieux la rapidité de son tir.

Le reste de l’escouade offensive s’est mieux débrouillée que le Slovaque, menée par le duo Brandon Dubinsky – Ryan Callahan. Les deux joueurs terminent en haut du classement des marqueurs de l’équipe et leur travail sur la glace est devenu le symbole du système Tortorella à New York. Ils ont trouvé une bonne alchimie avec Artem Anisimov, qui est passé de 28 points lors de sa saison de rookie à 44 points. Le jeune Derek Stepan a lui aussi apporté satisfaction en démarrant sa carrière NHL avec un coup du chapeau lors du premier match de la saison. Il termine la saison avec 45 points comme cinquième meilleur marqueur de la ligue chez les rookies. Brian Boyle, sur la troisième ligne, a également dépassé les attentes. Après son arrivée de Los Angeles en 2009, le centre géant a travaillé sur de nombreux aspects pendant l’été 2010, notamment son patinage. Cela a payé avec 21 buts et 14 assistances mais surtout avec un travail de pressing sur les meilleures lignes adverses avec Brandon Prust.