Orléans : la paix des braves

Orléans avait été déchiré il y a 12 ans par "un genre de guerre qui ne fait pas de vainqueur", comme le décrivait Gilbert Ledigarcher dans ses mémoires. Les principaux protagonistes de chacun des deux camps vont pourtant enterrer la hache de guerre et retravailler ensemble pour l'USO, repêché cet été en D2 après été relégué. Comme quoi aucun conflit n'est jamais irrémédiable !

Gilbert Ledigarcher détaille cette improbable réconciliation : "Jérôme Pourtanel a assisté à beaucoup de matches la saison dernière puisqu'il était à la 'retraite'. Je le croisais, je lui disais bonjour, mais on en restait là. Cet été, je ne souhaitais plus entraîner l'équipe de division 2 car j'avais trop souffert la saison dernière. Un article de presse a annoncé qu'Orléans aurait un nouvel entraîneur. J'ai alors reçu un coup de téléphone de Jérôme qui souhaitait me rencontrer. On a eu un tête-à-tête entre deux passionnés de hockey. Il en est ressorti qu'il était intéressé pour coacher."

Pour cela, il a fallu tirer une croix sur les antagonismes d'antan. "Comme le passé existe pour encore mal de gens dans le club, il a d'abord fallu les convaincre, et ce ne fut pas facile. Nous avons un objectif commun, réussir à mettre nos compétences dans le hockey à fond dans le club. Il s'occupe des entraînements et coache. Son expérience à Neuilly-sur-Marne, où il est passé de la D3 à la Magnus, peut être bénéfique pour mûrir. Il est sur la glace depuis mardi, et ça change l'état d'esprit. Je connais les gars depuis si longtemps qu'à un moment, le message ne passe plus. On est plus dans l'affectif que dans le sportif. De mon côté, j'amènerai ce que j'aurais aimé qu'on m'apporte pendant les longues années où j'ai coaché : je m'occupe de l'organisation, de la logistique. Le recrutement, on en discute ensemble."

Jérôme Pourtanel explique ainsi ces étonanntes retrouvailles : "C'était une opportunité des deux côtés. Orléans cherchait un entraîneur, je n'habitais pas loin. On a eu une animosité dans le passé, on a discuté deux heures ensemble et on a vu nos intérêts communs. Je veux aider le club, par le biais de l'USO senior, à regonfler le hockey mineur dont s'occupera désormais Gilbert."

Quand on lui demande s'il souhaite réitérer le parcours de Neuilly-sur-Marne, le nouvel entraîneur appelle à la prudence : "Aujourd'hui, on a 14 joueurs, on est peut-être l'équipe la plus faible de D2. Ce sera déjà bien si on arrive à se maintenir, à équilibrer les comptes et à ramener du monde dans la patinoire. C'est plus compliqué de recruter qu'à Neuilly car la région parisienne est plus accessible. Je vais essayer de rapporter deux ou trois joueurs quand même."

En tout cas, depuis la relégation de Neuilly-sur-Marne et la séparation qui a suivi, Jérôme Pourtanel ne regrette pas du tout d'avoir passé une saison sans travailler : "C'était un vrai bonheur, un repos phénoménal, et une bonne récupération de points au niveau du permis de conduire ! J'ai pu voir les enfants le soir, aller au ski, toutes ces choses que l'on ne peut pas faire quand on entraîne au hockey."