Amiens - Épinal (Coupe de la Ligue, groupe B, 1re journée)

Poussif

amiens-epinal ligue couverture

Ouverture de la saison officielle au Coliseum d'Amiens ce mardi 13 septembre. Avant les premiers matchs de championnat le week-end suivant, Gothiques et Dauphins se retrouvent pour la première journée de la Coupe de Ligue. Si du côté d'Amiens le bilan est bon avec 7 victoires sur les 8 matchs de préparation, celle des Spinaliens est, en comparaison, plutôt catastrophique : 5 matchs, 5 défaites.

Les hommes de Santino Pellegrino viennent donc ici achever leur préparation, sans Michel Petrak suspendu, avec l'aveu de ne pas vouloir s'investir à fond dans cette compétition. Pour Amiens, qui est pour la première fois de la saison au complet sur la glace, il faut garder la bonne dynamique des matchs amicaux sans pour autant se livrer trop. Là encore et à l'image de nombreuses équipes de Magnus, cette Coupe de la Ligue n'est pas au premier plan.

Après une présentation des joueurs un par un devant des tribunes clairsemées – mais bien remplies pour un mardi soir en début de saison – et une minute de silence en hommage à l'équipe du Lokomotiv Yaroslavl, le match débute et met du temps à prendre du rythme. À vrai dire, il n'y en aura pas trop, et l'on sent que les joueurs ne sont pas au mieux de leur forme. Le schéma du match ressemble à ça : Amiens domine et tire, mais manque de réalisme. Épinal tente le surnombre en contre-attaque mais ne parvient pas à réaliser le dernier geste.

Il faut attendre huit minutes pour avoir enfin une véritable action, mais il s'agit d'une pénalité à l'encontre d'Armando Scarlato. On notera un geste de l'Italien parfaitement exécuté : un petit retard sur l'action vite rattrapé par une crosse qui ramène le porteur du palet puis quelques mots – sans aucun doute diplomates – échangés lors du coup de sifflet suivant. Et quitte à être en unité spéciale, Maxime Boisclair y va de la sienne, montrant au goon international que c'était bien lui le Roi de la pénalité chez les Dauphins l'an dernier. Alors à 5 contre 3, on se dit que les Picards seraient bien mal inspirés de ne pas en profiter... Et bien ils furent bien mal inspirés sur ce jeu-là. Loïc Lacasse bien en place, quelques mouvements qui ne vont pas dans le même sens, et un jeu brouillon qui ne peut gagner suffisamment en vitesse pour aboutir à du concret.

amiens-epinal ligue 1C'est au complet que l'on voit Amiens plus tranchant : Grégory Béron tire deux fois de suite, mais trouve toujours le portier. Au passage, les sorties de zones amiénoises sont désastreuses. Cette mauvaise cohésion en premier tiers laisse une ou deux fois des situations chaudes à gérer. On oublie cependant tout cela avec un but ! Mais il n'est pas vraiment du côté où on l'attendait : ce sont les Dauphins qui ouvrent la marque en contre. Un joli trois contre deux où Jan Simko peut finir tranquillement le travail au deuxième poteau en trompant Billy Thompson à contrepied (15'34, 0-1).

12 tirs à 1 pour Amiens, mais 1-0 pour Épinal, l'équation a le mérite de réveiller les locaux ! Les noirs partent à l'assaut de la cage adverse, déterminés comme jamais, et l'on sent alors que l'équipe a de l'orgueil. Lacasse laisse le palet filer derrière lui, mais pas dans son but, puis entend son poteau résonner. Le Canadien est proche de laisser les Amiénois aphones en ce premier tiers. Mais sur un changement de ligne spinalien, Jake Morissette reçoit le puck dans l'axe. Lacasse repousse le palet sur le 14 local qui n'en demandait pas tant (18'41, 1-1). On pense qu'Amiens va finir sur cette bonne note, c'était sans compte une mauvaise transmission défensive dans la zone neutre qui laisse à Simko un break annihilé par la faute de Mortas.

Les Spinaliens reprennent donc le deuxième tiers en supériorité numérique, ce qui permet surtout à Amiens de montrer ne bonne mise au point dans ce type d'unité spéciale. À la 25e minute, après un jeu plus lent et sans rythme que celui du premier tiers, Pellegrino prend un temps mort pour booster son équipe. Paradoxalement, c'est suite à ce temps mort qu'Amiens se réveille et passe la seconde ! Un contre en surnombre, une mitaine imparable de Lacasse, Mortas qui loupe l'immanquable devant le but, Thompson qui repousse un tir vicieux en angle mort, Morissette en deux contre zéro qui choisit le tir... On voit en cinq minutes pratiquement autant d'occasions qu'au premier tiers. Et puis dans ce lot, il y a deux buts pour les Gothiques. Le premier est amené par Morissette (qui sera sur tous les buts ce soir, donc autant s'habituer tout de suite !). Le Canadien longe à droite, feinte un premier tiers en entrée de zone puis prolonge son action jusque la ligne de fond. De là, il transmet à Martin Tomasek, arrivé dans l'axe comme une fusée, qui reprend le palet victorieusement (30'28, 2-1). Un Canadien en cache parfois un autre : Bergin prend ce même côté droit, à la différence qu'il résiste aux multiples tentatives physiques de ces adversaires plutôt que de les prendre de vitesse. Derrière le but, il passe à... Morissette qui à son tour transmet à Béron. Le jeune Amiénois lance alors et Lacasse dévie en hauteur. Mais arrive là un défenseur bien malheureux qui ramène la palet dans le but (32'53, 3-1). Ça va mieux pour Amiens, beaucoup moins pour Épinal. Boisclair se montre sous un meilleur jour en slapant depuis la bleue. Sur l'arrêt de Thompson, on retrouve les deux inséparables – Scarlato et Boisclair – face à Roussel et Béron pour des explications à en perdre son casque.

amiens-epinal ligue 2Le troisième tiers reprend avec une occasion de l'ex-Amiénois Yannick Offret qui bute sur Billy Thompson (42'). Les minutes s'écoulent, le match est retombé en intensité. Morissette poursuit cependant sa quête de points en reprenant au second poteau un rebond laissé par Lacasse (47'13, 4-1). On pense le match alors plié, d'autant plus lorsque les Dauphins ont toujours autant de mal à finir leurs actions. Et même quand les Picards cafouillent devant leur but, Erwan Agostini ne peut reprendre le palet.

Les Vosgiens poussent tout de même dans les dix dernières minutes et Thompson doit s'employer à deux fois pour stopper un break de Jan Plch sur sa ligne. Juste derrière, le face-off tourne à l'avantage des visiteurs et Scarlato trouve le chemin des filets quand le portier gothique est complètement masqué (50'31, 4-2). Et oui, l'Italo-Canadien sait aussi mettre des points quand il ne met pas de poings... Mais juste derrière, il oublie bêtement le palet et laisse à Béron un break. Heureusement, Lacasse veille. En supériorité, les blancs ne trouvent toujours pas la faille. Puis Fabien Leroy monte au pressing et glisse de façon acrobatique pour faire un grand écart sur la glace. À terre, le Spinalien fait trébucher un Amiénois à la relance (56'). Une occasion en or en ce fin de match qu'Amiens convertit : la combinaison à trois débouche sur une position de tir plein axe de Morissette qui préfère remettre sur Béron. Le décalage est fait, la pénalité est transformée (58'12, 5-2). Bon, ce coup-ci, c'est fini ? Et bien non ! Juste derrière, sur l'engagement, Amiens se laisse complètement aller. La défense est un gruyère, et Thompson laisse un rebond cadeau à Toby Lafrance (58'22, 5-3). On en reste sur cette action qui calme les ardeurs.

Disons que l'essentiel côté picard est d'avoir pris les points ce soir. Sans forcer, mais en même temps poussifs, les locaux ont fait la différence. Sans quelques moments de flottements et un meilleur réalisme, l'addition aurait pu être plus lourde. Pour Épinal, malheureusement le pronostic vital est engagé pour la rencontre de championnat face à Morzine samedi. À moins d'un électrochoc, on voit mal comment les Spinaliens vont survivre face à une équipe alpine qui promet d'être redoutable.

Adrien Lhermitte / Photos : Émilie Enault

 

Amiens – Épinal 5-3 (1-1, 2-0, 2-2)
Mardi 13 septembre 2011 à 20h au Coliseum. 1990 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Jérémy Métais et Maxime Durand.
Pénalités : Amiens 8' (2', 2', 4') ; Épinal 8' (4', 2', 2').
Tirs cadrés : Amiens 44 (17, 14, 13) ; Épinal 26 (4, 12, 10).
Mises au jeu : Amiens 31 (7, 15, 9) ; Épinal 24 (6, 5, 13).

Évolution du score :
0-1 à 15'34" : Simko assisté de C. Lacasse et Lafrance
1-1 à 18'31" : Morissette assisté de Serer et Bergin
2-1 à 30'28" : Tomasek assisté de Morissette et Sibley
3-1 à 32'53" : Béron assisté de Morissette et Bergin
4-1 à 47'13" : Morissette assisté de Tomasek et Béron
4-2 à 50'31" : Scarlato assisté de Boisclair
5-2 à 58'12" : Béron assisté de Morissette et Tomasek (sup. num.)
5-3 à 58'22" : Lafrance assisté de Chassard et Boisclair

 

Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Kyle Sibley – Angel Nikolov ; Vincent Bachet – Aziz Baazzi ; Teddy Trabichet – Thomas Roussel ; Romain Bault.

Attaquants : Martin Tomasek – Jake Morissette – Grégory Béron ; Jaroslaw Rzeszutko – Anthony Mortas – Luka Basic – Marius Serer – Valentin Claireaux – Kevin Bergin ; Mickaël Bardet – Antoine Vanwormhoudt – Aïna Rambelo

Remplaçant : Léo Bertein (G). 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Mikko Jortikka – Fabien Leroy ; Stéphane Gervais – Peter Sloan ; Armando Scarlato – Guillaume Papelier.

Attaquants : Maxime Boisclair – Toby Lafrance – Nathan Ganz ; Guillaume Chassard – Yannick Offret – Jan Plch ; Chad Lacasse – Erwan Agostini – Jan Simko ; Kevin Benchabane.

Remplaçant : Nicolas Ravel (G). Absent : Michel Petrak (suspendu).