Dunkerque - Nice (Division 1, 2e journée)

Les montagnes russes niçoises...

DianMichal-CvejnLukasPrivés de plusieurs éléments, les Corsaires de Dunkerque ont logiquement cédé à Mulhouse pour leur retour en Division 1. Ce soir, ils enregistrent les débuts officiels de leurs deux attaquants québécois, Éric Rousseau et Guillaume Pelletier, ainsi que de Petr Zich. Le retour du défenseur tchèque ne sera pas de trop pour tenter de contenir la puissance de Niçois emmenés par un Michal Dian intenable pour l'ouverture du championnat à Jean Bouin.

Si les Nordistes ont été limités à une seule réussite, par Clément Thomas, dans le sud de l'Alsace, il n'attendent que quarante secondes pour ouvrir la marque, grâce à François Rozenthal, parti sur la gauche pour repiquer vers le centre et ajuster Jimmy Lundberg au ras du poteau (1-0 à 00'40"). Difficile entrée en matière pour le portier suédois, surpris sur le premier lancer du match, et qui voit un temps l'un de ses principaux défenseurs, Lukas Cvejn, séjourner sur le flanc après un choc (02'27"). Auteur d'un dégagement raté sur le dos de son bourreau, le portier niçois se rachète vite devant le jumeau Maurice.

Emmené par le remuant Dian, le premier jeu de puissance azuréen tâtonne jusqu'à un lancer à la bleue de Brejka, mais c'est curieusement en infériorité que les visiteurs se montrent les plus dangereux. La paire finlandaise Koivu-Saari manque toutefois de spontanéité, le premier ratant tout simplement la rondelle dans une position idéale.

Très présent dans la construction du jeu et à l'origine de la deuxième faute des locaux, Michal Dian essaie parfois de se faire oublier aux abords de la ligne bleue maritime. Pour contenir ce danger permanent, Martin Croguennec et la paire Zich-Dubois ne ménagent pas leurs efforts, mais le travail derrière la cage et les passes inspirées se succèdent... Ne manque à Stefan Rusnak que la conclusion, face à un Martel par ailleurs bien en place lorsque Grégory Dubois oublie le danger présenté par l'ancien Brestois et son lancer rageur.

Alors que son adversaire se fait de plus en plus insistant aux abords de sa cage, Dunkerque réagit par une percée de Guillaume Pelletier, qui trompe Lundberg d'un lancer bien placé (2-0 à 16'26"). Une marque difficile à encaisser pour les hommes de Stanislav Sutor, encore malheureux dans la finition en fin de tiers, lorsque Rusnak essaie d'imiter le Québécois en y allant seul ou sur une reprise de Koivu échouée sur l'armature de la cage.

Les Aigles reprennent le contrôle des opérations à la reprise, devant un Martel vite remis en scelle après un rare contrôle raté du bâton et auteur d'un arrêt important sur une reprise à bout portant de Jan Babic. La pression s'accentue à la suite d'une obstruction du grand Tkac sur Rusnak, couplée à un accrocher de N'Guyen quelques secondes plus tard. En double supériorité pendant environ quatre-vingt secondes, les Azuréens ratent le coche, ne proposant qu'un lancer, encore par Babic, la défense regroupée faisant le reste, à l'image du sacrifice de Yann Marez face à Dian.
 
Consécutivement à une percée rageuse de Kim Wikström, les Corsaires bénéficient à leur tour d'une supériorité numérique, qui peut leur permettre de faire le break. Toutefois, Thomas, isolé par Pelletier, ne peut cadrer son tir et le Finlandais manque la cage ouverte suite à un essai initial de François Rozenthal. C'est même Nice qui passe près du but de l'espoir lorsque Aurélien Macon intercepte la passe de Petr Zich et s'en va défier Martel en échappée... pour voir le cadre se dérober à son tour (27'38").

WikstromKim

Alerté par Dian sur le seul lancer d'un jeu de puissance encore provoqué par le numéro 79, Marc-André Martel poursuit sa bonne prestation. De l'autre côté du glaçon, son homologue se retrouve en fâcheuse posture sur un missile de N'Guyen, qu'il paraît dans un premier temps maîtriser, mais le palet glisse dangereusement vers la ligne (33'58"). Ce n'est que partie remise pour les bleus : auteur de la faute sur Dian en pressant comme souvent avec énergie, Maurice Rozenthal remonte sur la glace pour délivrer une passe à Éric Rousseau, qui trouve le haut du filet (3-0 à 35'02").

Dans la difficulté, les Niçois sont désormais incapables de réagir. À la recherche d’une solution en zone offensive, Jan Tomaska adresse même une passe trop appuyée, qui ressemble à un tir, à son partenaire Stefan Majernik, surpris. Le salut viendra peut-être d'un début de troisième période à cinq contre quatre, Guillaume Pelletier ayant envoyé le palet hors des limites en toute fin de deuxième tiers-temps. La tactique utilisée par Lukas Cvejn, à la recherche d’une déviation devant la cage, ne donnant toujours pas de résultat, le défenseur opte pour un lancer plus direct, une fois de plus contrôlé par Martel sans sourciller.

Lundberg seul dans la tourmente

La sérénité du dernier rempart nordiste tranche avec le tourment vécu par Jimmy Lundberg. Épargné par Thomas, qui chipe le palet à Majernik pour l’expédier dans le filet situé derrière la cage, le Scandinave doit à nouveau s’incliner devant Pelletier, posté devant son enclave dos au but pour rediriger en hauteur un tir initial du même Clément Thomas (4-0 à 47'10"). Il se sent ensuite bien seul lorsque Andrej Brejka est dépossédé de la rondelle à la ligne bleue par Wikström, ouvrant la voie à un contre rondement mené par les jumeaux Rozenthal (5-0 à 51'07").

À l’origine d’une action conclue par Zich sur le cadre du but, les deux anciens internationaux laisseront par la suite le soin à leur partenaire Kim Wikström de guider l’attaque massive. Le Finlandais sert ainsi Martin Croguennec, appliqué dans son labeur défensif tout au long de la rencontre, et son lancer lointain (6-0 à 54'42"), avant de conclure le récital nordiste en repiquant de la gauche pour ajuster Lundberg de près (7-0 à 58'57").

Malgré plusieurs changements par Stan Sutor, se traduisant notamment par l’alignement de Majernik aux côtés des deux jeunes Finlandais, les Niçois ne parviendront pas à trouver la solution de l’ancien portier mulhousien, sauvé par son poteau sur un lancer puissant de Roope Rautanen (46’19"). Avare de rebonds, Martel n’est pas plus désarçonné par l’écran de Dian sur un essai de Brejka. Encore défié de près par Dicharry, Slaninak et Majernik dans le dos d‘une défense quelque peu relâchée, il mettra un point d’honneur à signer son premier blanchissage de la saison.

La soirée est réussie pour Dunkerque, devant un public conquis par la réussite offensive de ses protégés, dont la moyenne en préparation tournait à environ trois buts par match. Martel aura réussi à dégoûter ses assaillants, parmi lesquels Michal Dian s‘est peu à peu éteint. Une semaine après la gifle infligée aux Angloys, la réussite a totalement fui le NHCA, au cours d’un déplacement à oublier au plus vite.

2011-09-17-Dunkerque-Nice

Commentaires d'après-match

Sylvain Roy (défenseur de Nice) : "Sur l’ensemble du match, Dunkerque est plus efficace, notamment en supériorité numérique. On s’agace, on prend des pénalités et la tournure des événements n’est pas à notre avantage. Le manque de préparation (trois semaines seulement) se traduit par des difficultés physiques et un jeu de puissance défaillant, même s‘il faut aussi féliciter Martel. On savait que cela serait difficile ici. Il n'y avait pas d'excès de confiance, simplement la semaine dernière face à Anglet tout nous réussissait... Le championnat sera intense, il n’y a pas encore de conclusions à tirer après deux matchs."

Marc Leroux (entraîneur de Dunkerque) : "Le résultat très ample nous satisfait car l’équipe a prouvé qu’elle savait marquer, faire preuve d’efficacité dans le dernier geste et garder sa cage inviolée. Face à des joueurs talentueux, tout part de la défense, qui a su imposer son physique face à la technique adverse. S’il l’avait fallu, les joueurs auraient pu arrêter le palet avec les dents. On ne peut qu’être satisfait de ce match plein, mais il  faudra se remettre en question dès samedi prochain avec la venue d’un gros client qui descend de Ligue Magnus. Un joueur comme Michal Dian doit être surveillé de près mais il ne faut pas oublier qu’il n’est pas seul. Lorsque notre meilleur bloc a pris le dessus la confiance est venue et, couplée à la fraîcheur physique, a permis de faire la différence. La pluralité des buteurs est aussi à retenir. Martin Croguennec est une grande satisfaction du début de saison, nous avons tiré le bon numéro en défense. En Division 1 la saison est longue et il faudra vite se remobiliser et se remettre en question."


Dunkerque - Nice 7-0 (2-0, 1-0, 4-0)
Samedi 17 septembre 2011 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 1 023 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Peronnin assisté de Sueva Torribio et Maxime Durand.
Pénalités : Dunkerque 14' (4', 8', 2'), Nice 22' (4', 2', 6'+10').
Tirs : Dunkerque 31 (6, 11, 14), Nice 37 (14, 12, 11).

Évolution du score :
1-0 à 00'40" : F. Rozenthal
2-0 à 16'26" : Pelletier assisté de Rousseau et Tkac
3-0 à 35'02" : Rousseau assisté de M. Rozenthal
4-0 à 47'10" : Pelletier assisté de Thomas
5-0 à 51'07" : M. Rozenthal assisté de F. Rozenthal et Wikström
6-0 à 54'42" : Croguennec assisté de Wikström (sup. num.)
7-0 à 58'57" : Wikström assisté de M. Rozenthal et F. Rozenthal (sup. num.)

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Petr Zich ; Martin Tkac - Martin Croguennec ; Yann Marez - Clément Derepper.

Attaquants : Maurice Rozenthal  -  Kim Wikström - François Rozenthal (C) ; Clément Thomas (A) - Éric Rousseau - Guillaume Pelletier ; Matthieu Becuwe (puis Aurélien Zajac de 47‘10" à 49‘30") - Benjamin N’Guyen - Antoine Houque.

Remplaçants : Grégory Renaux (G), Benjamin Denis, Arnaud Péan. Absents : Ghislain Folcke (genou), Pierrick Boudot et Loïc Destoop (suspendus), François Moretti.

Nice

Gardien : Jimmy Lundberg.

Défenseurs : Lukas Cvejn - Jan Tomaska ; Roope Rautanen - Andrej Brejka ; Sylvain Roy (A) - Tomas Banas (C).

Attaquants : Stefan Majernik [Dicharry à 40'00"] - Jan Babic puis Franck Fulop à 40'00" - Aurélien Macon ; Michal Dian - Jozef Slaninak - Stefan Rusnak ; Joonas Saari - Alexis Dicharry [Majernik à 40'00"] - Karri Koivu ; Nathan Bernier à 54’42".

Remplaçants : Kévin Fouassier (G), Pierre Balbiano.