Épinal - Morzine-Avoriaz (Ligue Magnus, 1re journée)

La douche froide

Maxime Boisclair

Cette grande première a comme prévu généré une effervescence telle que ce match - le tout premier jamais disputé dans la nouvelle patinoire de Poissompré - affichait complet. Avec des travées bondées... et beaucoup de difficultés, à l’entrée, pour gérer l’afflux des spectateurs. Qu’il s'agisse de simples invités ou de "vieux" habitués…

L'effet de surprise préservé par la volonté de n'organiser aucun match amical à domicile, il est difficile de ne pas se focaliser sur le nouvel écrin des Dauphins. Une enceinte livrée sans délais en août dernier. Un petit bijou à près de 8 millions d'euros... qui fait beaucoup d'heureux ! Dépaysement assuré pour tous ceux qui ont un jour fréquenté l'ancien Poissompré, là où s'était éveillée leur passion pour le hockey. Une flamme appelée à se perpétuer, ici, dans un environnement empreint de nouveauté... auquel les joueurs se sont déjà familiarisés.

Reste que cette première soirée de hockey dans le "nouveau" Poissompré laissera un profond goût d'inachevé. Les dirigeants avaient promis le show, conviant notamment quelques "grands anciens" du hockey spinalien. Des souvenirs proches ou plus lointains qui, pour certains, fleurent bon les années 80.

Mais voilà, leurs lointains successeurs, placés sous le feu des projecteurs, ont plutôt soufflé le froid. Dans la continuité d'une pré-saison laborieuse, ils n'ont fait qu'étaler leurs lacunes du moment (notamment cette incapacité à concrétiser leurs temps forts) face à des Pingouins tournant à quatre lignes. Et n'ayant visiblement pas eu à forcer leur talent.

Il va sans dire que le public, venu nombreux, espérait une meilleure entrée en matière de ses protégés qui, avouons-le, n'ont pas été à la hauteur de l'événement. Ils n’ont fait illusion qu’en tout début de partie, plantant même quelques banderilles. Avant qu’une approximation récurrente ne les empêche de malmener une mécanique déjà bien huilée. Des Morzinois forts d’un degré de préparation plus avancé et qui se sont rapidement mis à l'abri. Pour ensuite « tranquillement » gérer leur acquis.

Face Off_Poissompr

 

Il va sans dire que le public, venu nombreux, espérait une meilleure entrée en matière de ses protégés qui, avouons-le, n'ont pas été à la hauteur de l'événement. Ils n’ont fait illusion qu’en tout début de partie, plantant même quelques banderilles. Avant qu’une approximation récurrente ne les empêche de malmener une mécanique déjà bien huilée. Des Morzinois forts d’un degré de préparation plus avancé et qui se sont rapidement mis à l'abri. Pour ensuite « tranquillement » gérer leur acquis.

Oui, ces Pingouins-là sont tout sauf manchots... et ils n'ont mis que huit minutes à le démontrer, tuant le match en deux temps trois mouvements. Douchant par la même l'enthousiasme ambiant. Il suffit en effet d’un surnombre spinalien (06'19") pour que le premier essai soit transformé en powerplay. Brad Smyth, depuis le rond d'engagement gauche, prend un lancer repoussé sur Lauri Kinos. Le Finlandais, qui s’est replacé devant le gardien, parvient à glisser le rebond entre les bottes de Loïc Lacasse (0-1 à 06'19"). Connu pour sa propension au défi physique, le rugueux Lauri Kinos restera, pour la petite histoire, comme le premier buteur de Poissompré II…

Plus anecdotique que symbolique, surtout qu'Épinal réagit promptement, égalisant avec beaucoup de réussite. Les efforts conjugués de Yannick Offret et Stéphane Gervais aboutissant à une situation très confuse devant la cage d'Henri-Corentin Buysse, qui laisse filer dans son dos le revers du Franco-canadien. Dans la précipitation, Kim Virtanen tente de dégager le palet… mais l'expédie malencontreusement dans ses propres filets (1-1 à 07'04").

Joie de courte durée puisque Loïc Gaydon se retrouve lancé, seul en un-contre-un face à Scarlato, qu'il élimine d'un cadrage-débordement suivi d'un tir croisé nettoyant la lucarne opposée (1-2 à 07'46"). Le tournant du match. Déjà…

Plch se démène, en vain

Voilà pour les temps forts d'un premier tiers-temps où les efforts spinaliens apparaissent désordonnés. Le HCMA, bien en place, est certes difficile à manœuvrer, ne laissant que des miettes à ses hôtes, réduits aux prouesses d’un Ján Plch déchaîné. Et bien seul à se décarcasser pour porter le danger, comme lorsqu’il force le passage entre trois défenseurs pour prendre un tir (hélas pour la beauté du geste) trop enlevé (19'23'').

Cet exploit individuel Ján Plch, véritablement seul à surnager, est symptomatique du malaise offensif régnant chez les Dauphins, toujours privés, rappelons-le, de leur centre numéro un (Michal Petrák). Une absence poussant Pellegrino à permuter plusieurs paires d'ailiers aux côtés de ses trois centres attitrés (Agostini, Lafrance et Offret).

Les trios ainsi formés n'ont guère contrarié un ensemble morzinois seulement recroquevillé, dans ce match, en situation d'infériorités numériques. Elle fut donc rarement prise à défaut, pouvant compter sur son carré et ses individualités. L'Américain Weston Tardy notamment, qui n’a pas son pareil pour couper les lignes de passes et bloquer d'éventuels lancers. Avec, comme dernier recours, un Buysse solide au poste.

Comment pourrait-il en être autrement pour l'ancien gardien du Mont-Blanc, entouré d'une pléiade d'éléments référencés. Car Morzine compte notamment dans ses rangs l'un des tous meilleurs attaquants britanniques du moment (l’Écossais Colin Shields) et les deux seuls ex-NHLers en activité dans nos contrées : la "tour de contrôle" Yan Golubovsky et le buteur Brad Smyth.

Ce dernArmando Scarlato_1ier s'affiche aux côtés d'un autre vétéran (Toni Koivunen) sur la ligne la plus expérimentée du championnat. Une triplette complétée par l’impressionnant Marko Mäkinen, qui frise le double-mètre et le quintal. Un gabarit idéal pour protéger le palet, comme sur ce tour de cage conclu par une passe destinée à Smyth, toutefois trop excentré pour déjouer Lacasse (27').

Brad Smyth, une ancienne star de DEL qui, dans ses jeunes années, terrorisait les gardiens d'AHL, y va peu après d'un centre-tir coupé par Mäkinen au second poteau. Loïc Lacasse s'interpose une première fois mais le géant finlandais se montre le plus prompt à exploiter le rebond, prenant au passage le meilleur sur Fabien Leroy, promu capitaine cette semaine (1-3 à 33'52").

Ces replis défaillants sont une aubaine pour les Chablaisiens, qui laissent venir pour mieux placer des contres meurtriers. Les espaces se libèrent et les occasions s'enchaînent pour les Pingouins, tellement seuls au monde, sur certaines actions, qu'ils en tombent dans la facilité. Même un finisseur de la trempe de Brad Smyth se permet de louper des buts tout cuits à bout portant. Ce n’est pas le cas de Loïc Gaydon, qui s’offre un étonnant doublé en expédiant le palet dans le haut du filet, suite à un deux-contre-un initié par Mickaël Brodin (1-4 à 36'26").

À l’entame du troisième tiers, la cause paraît entendue et ce diable de Brodin va même profiter d’une passe axiale très mal assurée pour s’offrir un break gagnant. S’engouffrant entre Papelier et Leroy pour déjouer Lacasse, côté mitaine (1-5 à 46'38").

Le score est implacable, même pas adouci par les shoots de Fabien Leroy et Stéphane Gervais, qui s’écrasent respectivement sur la barre (50’) et le montant droit (52’). L’étreinte s’est maintenant desserrée mais le réalisme a depuis longtemps choisi son camp, à l’image de ce coup de billard favorable à Tuomisto (1-6 à 52'57").

Une dure réalité

Cela s'est encore vérifié : l’ICE n'est pas prête. Elle qui n’attend rien de la Coupe de la Ligue doit impérativement profiter de ces "matchs de préparation" supplémentaires pour rattraper son énorme retard. Et ainsi poursuivre son rodage en évitant, si possible, blessures et suspensions. Les Spinaliens partent en effet de très loin, forcés d’improviser et de s’en remettre à une poignée d’individualités là où leurs adversaires possèdent, déjà, un minimum de cohésion et un fond de jeu digne de ce nom. Inquiétant ? Oui, forcément !

Nouvelle patinoire

Épinal - Morzine-Avoriaz 1-6 (1-2, 0-2, 0-2)
Samedi 17 septembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de David Courgeon et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 20' (8', 6', 6') ; Morzine-Avoriaz 43' (6', 8', 4'+5'+20').
Tirs : Épinal 29 (10, 11, 8) ; Morzine-Avoriaz 32 (11, 11, 10).

Évolution du score :
0-1 à 06'19" : Kinos assisté de Smyth et Koivunen (sup. num.)
1-1 à 07'04" : Gervais assisté d'Offret et C. Lacasse
1-2 à 07'46" : Gaydon assisté de C. Papa et Brodin
1-3 à 33'52" : Mäkinen assisté de Smyth
1-4 à 36'26" : Gaydon assisté de Brodin et Jestin
1-5 à 46'38" : Brodin
1-6 à 52'57" : Tuomisto assisté de Doucet et Lust (sup. num.)

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Peter Slovák ; Armando Scarlato ; Stéphane Gervais ; Mikko Jortikka ; Fabien Leroy (C) ; Guillaume Papelier (à partir de 20').

Attaquants : combinaison de centres [Toby Lafrance, Yannick Offret, Erwan Agostini] et d’ailiers [Maxime Boisclair (A) - Guillaume Chassard ; Ján Šimko - Ján Plch (A) ; Chad Lacasse - Nathan Ganz ; Guillaume Papelier - Kévin Benchabane].

Remplaçant : Mathieu Perrin (G). Absents : Michal Petrák (suspendu), Niko Mäntylä (cuisse).

Morzine-Avoriaz

Gardien : Henri-Corentin Buysse.

Défenseurs : Lauri Kinos - Yan Golubovsky ; Weston Tardy - Christian Elian (A) ; Kim Virtanen - Mathieu Jestin ; Jonatan Arildsson.

Attaquants : Marko Mäkinen - Toni Koivunen (A) - Brad Smyth ; Guillaume Doucet - Colin Shields - Shane Lust ; Mickaël Brodin (C) - Cyril Papa - Loïc Gaydon ; Raphaël Papa - Juha-Pekka Tuomisto - Josselin Besson.

Remplaçants : Evgeni Kochetov (G), Théophile Mourin.