Bilan NHL 2011 (III) : les huit premières équipes

Boston Bruins (1er)Logo Boston_petit

Classement conférence est : 3e (103 points)
Attaque : 5e de la ligue, 2,98 buts marqués par match
Défense : 2e de la ligue, 2,3 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : remportent la coupe Stanley face aux Canucks de Vancouver 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs : Milan Lucic (AG) : 30 buts, 62 points
David Krejci (C) : 13 buts, 62 points
Patrice Bergeron (C) : 22 buts, 57 points
Nathan Horton (AD) : 26 buts, 53 points
Mark Recchi (AD) : 14 buts, 48 points
En 2009/10 : 91 points, 6ème de la conférence, éliminés en demi-finale de conférence par les Flyers de Philadelphie 4 matchs à 3

La ville de Boston a connu ces dix dernières années un champion dans chaque sport majeur nord-américain (basket, baseball et football américain) sauf pour le hockey. En fait, Boston, qui fait partie des 6 équipes originales de la ligue, n’avait pas remporté la coupe Stanley depuis 1972.

L’un des grands artisans de la victoire de Boston a été sans conteste Tim Thomas. Après une saison 2009/10 passée en concurrence avec Tuukka Rask et où il a failli être transféré, Thomas est revenu en force en signant le record de la ligue de pourcentage d’arrêts avec 93,8% puis il a été élu MVP des playoffs avant d’être élu, sans surprise, meilleur gardien de la ligue cette saison. La performance de l'Américain de 37 ans a permis à l’équipe des Bruins de terminer comme deuxième meilleure défense de la ligue malgré 32 tirs cadrés reçus en moyenne par match, l’équipe étant avant-dernière de la ligue dans ce domaine. Si Thomas n’a pas semblé gêné par la porosité de sa défense, cela n’a pas été le cas de Tuukka Rask, moins en réussite. Comme Thomas ne devrait pas marcher sur l’eau éternellement, Rask reste quand même sans doute le gardien de l’avenir.

La défense a été menée par le capitaine Zdeno Chara, l’autre membre indispensable de cette équipe. Si la saison du géant slovaque a comme bémol la charge sur Max Pacioretty face à Montréal en saison régulière, le reste fut impressionnant. Chara termine premier de la ligue avec un différentiel de +33 bien qu’il ait affronté les meilleures lignes adverses et qu’il ait été le défenseur de son équipe le plus aligné lors des mises au jeu en zone défensive. En finale, Chara n'est pas étranger à la disparition quasi-totale des frères Sedin. Lorsque le Slovaque était absent, comme lors du deuxième match de playoffs face à Montréal, les Bruins ont souffert. Dennis Seidenberg a semblé très à l’aise aux côtés de Chara mais nettement plus en difficulté avec un autre partenaire. Le défenseur allemand s’est toutefois illustré comme l’un des défenseurs les plus solides lors des phases d’infériorité numérique.

La deuxième paire était composée du tandem Andrew Ference – Johnny Boychuk. Si le duo n’a pas toujours brillé par sa solidité, le vétéran Ference a apporté du leadership à l’équipe et marqué un but décisif lors du match 3 de la série face à Montréal. Quant au jeune Boychuk, il a été moins à l’aise que lors de sa saison rookie mais sa présence physique était toutefois bienvenue. Arrivé à la deadline pour un investissement considérable (un prospect prometteur, Joe Colborne, et un choix de premier tour de draft) en provenance de Toronto, Tomas Kaberle devait apporter de l’offensive depuis la ligne bleue. Le Tchèque a rapidement pâti du powerplay incroyablement mauvais des Bruins, qu’il était censé améliorer, et sa cote est descendue en flèche auprès des fans.

En attaque, il est de bon ton de remarquer que les Bruins ont remporté le titre sans joueur offensif majeur, puisque Milan Lucic et David Krejci ont obtenu seulement 62 points. Cela peut s’expliquer par la stratégie défensive du coach Claude Julien mais également par l’homogénéité de l’attaque. Aucun joueur de Boston ne figure parmi les trente meilleurs marqueurs de saison régulière mais l’attaque des Bruins a terminé cinquième de la ligue. Après une saison 2009/10 décevante, Milan Lucic s’était fixé pour objectif d’atteindre la barre des 20 buts. Le power forward de Boston a largement dépassé cet objectif avec 30 réalisations tout en maintenant son jeu physique (167 mises en échec). Lucic a ralenti au niveau offensif lors des playoffs (5 buts pour 12 points en 25 matchs) mais il a poursuivi son travail physique.

Sur l’aile droite, Nathan Horton était arrivé en provenance de Floride à l’intersaison avec la réputation d’être un joueur douteux sur le plan de la détermination et de l’éthique de travail. Le changement d’équipe a été profitable pour Horton, qui a semblé atteindre le potentiel entrevu ponctuellement lors de ses saisons avec les Panthers. Il s’est fait remarquer par son implication dans des bagarres et son bon différentiel (+30, troisième de l’équipe), mais c'est surtout lors des playoffs qu’il s'est distingue avec ses buts décisifs au septième match face à Montréal (ce qui a sans doute sauvé la tête de Claude Julien) puis face à Tampa. Mais Horton a été fauché par Aaron Rome dès l’entame du troisième match face à Vancouver et il est resté plusieurs minutes allongé sur la glace. Il n'a pas fini la saison, mais sa commotion cérébrale a remobilisé son équipe et les fans pour la fin des playoffs.

Marc Savard devait occuper le poste de centre numéro un mais la série de commotions qu’il a subi ces deux dernières années ont coupé court à sa saison. Il ne jouera pas en 2011/12, mettant peut-être un terme à sa carrière professionnelle. C’est David Krejci qui était chargé le remplacer aux côtés de Lucic et Horton. Auteur d’une saison régulière passable et d’un premier tour discret face à Montréal (1 point), le Tchèque a ensuite révélé son véritable potentiel lors de la fin des playoffs. Dès le deuxième tour face à Philadelphie, il marque trois buts victorieux qui permettent aux Bruins d’écarter rapidement les Flyers. Il marque alors 22 points en 18 matchs, pour terminer sans faire de bruit meilleur marqueur des playoffs. Krejci signe 12 buts lors de la conquête de la coupe Stanley, soit seulement un de moins que lors de la saison régulière, preuve qu’il sous-estime l’efficacité de son tir.

La deuxième ligne était menée par Patrice Bergeron, dont la stature de centre défensif de premier plan s’affirme avec les années. La production offensive du Québécois de 26 ans a diminué au fil du temps mais il est l’un des joueurs de la ligue les plus dominants au niveau des mises au jeu et du travail défensif, devenant une figure de proue du système de Claude Julien. Bergeron peut aussi se montrer décisif offensivement, comme lors des playoffs où il a inscrit 20 points, signant notamment un doublé lors de l’ultime match face à Vancouver. Sur sa gauche, Brad Marchand a lui aussi signé un doublé lors de ce match. Si Bergeron incarne l’éthique de travail défensive de l’équipe, le remuant Marchand est lui le symbole de la capacité des « Big Bad Bruins » de jouer dans le domaine physique. À 22 ans et pour sa première saison complète avec Boston, il signe 19 points lors des playoffs. Sur leur droite, Mark Recchi a terminé sa carrière de futur « hall of famer » de la meilleure des manières : une troisième coupe Stanley. S’il n’a porté les couleurs des Bruins que deux ans et demi, Recchi a toutefois laissé sa marque sur l’équipe. Sur les 14 buts qu’il a marqué en saison régulière, 6 étaient des buts victorieux, preuves de la capacité du vétéran de 42 ans à être encore décisif. Il finit même meilleur marqueur de la série finale avec 7 points. Sa capacité de leadership a notamment guidé Marchand et fait oublier qu’il a autrefois porté les couleurs de l’ennemi juré, Montréal.


Vancouver Canucks (2e)Logo Vancouver_petit

Classement conférence ouest : 1er (117 points)
Attaque : 1er de la ligue, 3,15 buts marqués par match
Défense : 1er de la ligue, 2,20 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en finale de coupe Stanley par les Bruins de Boston 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs : Daniel Sedin (AG) : 41 buts, 104 points
Henrik Sedin (C) : 19 buts, 94 points
Ryan Kesler (C) : 41 buts, 73 points
Mikael Samuelsson (AD) : 18 buts, 50 points
Christian Ehrhoff (D) : 14 buts, 50 points
En 2009/10 : 103 points, 3ème de la conférence, éliminés en demi-finale de conférence par Chicago 4 matchs à 2

Après plusieurs décennies de hauts et de bas dans la ligue, Vancouver semblait cette année être prêt à endosser le rôle du favori de la compétition. Les Canucks ont ainsi effectué une saison régulière parfaite avec le meilleur total de points, la meilleure attaque et la meilleure défense de la ligue. De plus, les transferts effectués par Mike Gillis tout au long de la saison semblaient combler les besoins de son équipe en vue de la coupe Stanley. Ainsi, la signature de Dan Hamhuis en juillet 2010 a apporté à l’effectif un solide défenseur de première paire et l’arrivée de Maxim Lapierre et de Christopher Higgins a donné une solide et remuante troisième ligne pour les playoffs, les deux anciens Canadiens étant associés à Raffi Torres, lui aussi signé à l’été 2010.

Les playoffs n’eurent toutefois pas le résultat espéré par les fans des Canucks. Opposés dès le premier tour à leur bête noire de ces dernières années, les Blackhawks de Chicago, Vancouver a fait preuve de fébrilité pour clore la série, ne se qualifiant que lors des prolongations du septième match alors qu’ils avaient mené la série trois matchs à zéro. Les séries face à Nashville puis San José ont été moins agitées mais la finale face à Boston a tourné à l’avantage des Bruins. Plus physiques et déterminés, Boston a mieux maîtrisé le hockey rugueux typique des playoffs NHL pour coiffer Vancouver au match 7.

Parmi les joueurs qui ont souffert dans cette finale, il y a le gardien Roberto Luongo. Objet de critiques venant des fans des Canucks eux-mêmes depuis plusieurs saisons, celui qui est l’un des portiers les mieux rémunérés de la ligue était attendu au tournant dans cette finale pour justifier son statut. Si Luongo a signé des playoffs corrects (91,4% d’arrêts, 4 blanchissages), la finale a été très pénible pour lui, face à un Tim Thomas en état de grâce. Ses déclarations parfois malaroites lors de cette finale risquent de coller à la peau du Québécois pour un bon moment. En remplaçant, Cory Schneidera parfaitement tenu son rôle même si le portier de 25 ans espère sans doute jouer les premiers rôles un jour, à Vancouver ou ailleurs. L’entraîneur Alain Vigneault avait choisi de le faire démarrer lors du sixième match de la série face à Chicago lors d’un passage à vide de Luongo mais Schneider n’a pas pu profiter de l’occasion pour s’imposer. Auteur de 17 arrêts sur 20 tirs, il s'est finalement blessé lors d’un tir de pénalité de Michael Frolik. Schneider ne reviendra ensuite plus que remplacer Luongo lors des matchs face à Boston où il était en grande difficulté.

L’escouade défensive a dû une nouvelle fois se passer de Sami Salo pendant une grande partie de la saison à cause des blessures mais le Finlandais de 37 ans a pu participer aux playoffs. En son absence, c’est Kevin Bieksa qui a tenu la boutique avec Dan Hamhuis à ses côtés. Bieksa avait été il y a deux ans une des têtes de turc du public, qui espérait pour une partie son départ. Sa solide saison a contribué à son retour en grâce car il a formé avec Hamhuis une paire efficace. La discrète contribution d’Hamhuis a pu se voir après sa blessure lors du premier match face à Boston, lors d’une mise en échec sur Milan Lucic. Privé d’un des meilleurs arrières de l’équipe, l’escouade défensive a ensuite largement souffert.

La deuxième ligne se composait d’Alexander Edler et Christian Ehrhoff. Le duo a été prolifique offensivement, Edler terminant avec 33 points en 51 matchs et Ehrhoff 50 points en 79 matchs. À 25 ans, Edler s’impose peu à peu comme un futur défenseur numéro 1 et Ehrhoff a confirmé ses dispositions offensives en playoffs avec 12 points… et un différentiel de -13. Arrivé de Floride à l’intersaison 2010 pour occuper un rôle de top-4 sur la ligne bleue, Keith Ballard n’a pas convaincu et a alterné entre la troisième paire défensive et la tribune de presse.

En attaque, le titre de meilleur de marqueur de la ligue a été cette année une affaire de famille. Le centre Henrik Sedin avait été sacré en 2010 avec 112 points, son frère jumeau Daniel a remporté cette distinction cette année avec 104 points. Les deux Suédois ont donc été une nouvelle fois la principale force offensive des Canucks, même si leur moyenne dépassant le point par match n’a pas résisté lors des playoffs : 20 points pour Daniel et 22 pour Henrik en 25 matchs, preuve de la difficulté pour les jumeaux de jouer à leur meilleur niveau au moment crucial de la saison. À leurs côtés, Alexandre Burrows a apporté son agitation habituelle et a dépassé la barre des 20 buts pour la troisième saison consécutive. Bien qu’il ait toujours une tendance à prendre des pénalités inutiles, Burrows a significativement baissé son temps de prison cette année.

Sur la deuxième ligne, Ryan Kesler a été consacré comme le meilleur attaquant défensif de la ligue en recevant le trophée Selke. Il a également signé une très bonne saison offensivement avec 41 buts inscrits, lui dont le meilleur total de buts de sa carrière était précédemment 26 réalisations en 2008/09. Kesler a lui aussi souffert lors de la finale (un point en 7 matchs) mais il a été décisif lors de la série face à Nashville (11 points en 6 matchs). Mason Raymond a lui apporté de la vitesse à la ligne mais il n’a pas retrouvé sa production de 2009/10, où il avait passé la barre des 20 buts et des 50 points, il termine cette année avec 15 buts pour 39 points. Sur l’aile droite, Mikael Samuelsson n’a pas pu apporter en playoffs son expérience des deux finales disputées avec Detroit en 2008 et 2009 à cause d’une blessure à la jambe gauche face à Nashville.


San José Sharks (3e)Logo SanJose_petit

Classement conférence ouest : 2e (105 points)
Attaque : 6e de la ligue, 2,96 buts marqués par match
Défense : 10e de la ligue, 2,54 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 1
Meilleurs pointeurs : Patrick Marleau (AG) : 37 buts, 73 points
Joe Thornton (C) : 21 buts, 70 points
Joe Pavelski (C) : 20 buts, 66 points
Dany Heatley (AG) : 26 buts, 64 points
Ryane Clowe (AG) : 24 buts, 62 points
En 2009/10 : 113 points, 1er de la conférence, éliminés en finale de conférence par Chicago 4 matchs à 0

Si la réputation de losers en playoffs de San José commence peu à peu à s’effacer grâce à cette deuxième finale de conférence d’affilée, la tendance n’est pas forcément favorable pour les Sharks. Ainsi, les cadres de l’équipe sont maintenant résolument entrés dans la trentaine (35 ans pour Dan Boyle, 32 pour Patrick Marleau et Joe Thornton) et le fenêtre de tir pour remporter la coupe Stanley commence à se refermer pour l’équipe. C’est la raison pour laquelle le manager Doug Wilson a procédé à plusieurs transactions cet été, principalement avec le Minnesota : Dany Heatley et Devin Setoguchi ont ainsi rejoint le Wild contre Martin Havlat et Brent Burns. Malgré une fin de saison plutôt bonne, les Sharks ont connu quelques difficultés cette saison. Ils étaient par exemple, à la mi-janvier, à la douzième place de la conférence, une position plutôt inhabituelle. Le réveil a toutefois été énergique avec les meilleures performances de la ligue pour le reste de la saison (26 victoires en 36 matchs).

Ce réveil est dû en partie grâce à Antti Niemi, dans les buts des Sharks. Le portier finlandais avait remporté le titre avec Chicago il y a deux ans mais il a été victime de la purge de l’été 2010. Niemi avait alors été signé par San José, même si l’équipe disposait déjà d’un duo de gardiens avec Antero Niittymäki et Thomas Greiss. Après un départ difficile, Niemi a fini par définitivement prendre le rôle de titulaire après la blessure de Niittymäki à la mi-saison et il termine avec un bon pourcentage d’arrêts en saison régulière (92%). Niittymäki, son compatriote, avait été signé comme agent libre dès le premier juillet et il a signé de moins bonnes performances (89,6% d’arrêts). Toutefois, il a été un des rares joueurs à tenir son rang en début de saison, avec un pourcentage d’arrêts de 93% en moyenne sur ses 11 premiers matchs, alors que l’équipe peinait à bien figurer.

La défense de San José a souffert en fin de saison d’un manque de vitesse, la plupart des défenseurs étant dépassés par l’agilité des attaquants de Vancouver, comme il y a deux ans face à Chicago. Cela n’a pas été le cas de Dan Boyle qui, à 35 ans, a joué en moyenne 26 minutes (deuxième de la ligue dans le domaine), ce qui lui a permis d’accrocher une nouvelle fois la barre des 50 points avec Douglas Murray à ses côtés. Alignés ensemble, Marc-Edouard Vlasic, 24 ans, et Jason Demers, 23 ans, incarnent la relève dans cette escouade défensive, qui s’est renforcée cette été avec l’arrivée de Brent Burns.

Il y a deux ans, la première ligne des Sharks dominait l’offensive de l’équipe mais, cette année, elle a été un peu plus en retrait. Marleau, Thornton et Heatley ont ainsi marqué moins de points, mais cela n’a pas empêché l’équipe d'avoir la sixième attaque de la ligue. Même si Patrick Marleau a été critiqué par son ancien coéquipier reconverti comme commentateur télé Jeremy Roenick lors des playoffs pour un manque d’engagement, ses 7 buts et 6 assists en 18 matchs de playoffs ont été décisifs pour l’équipe. Joe Thornton est lui passé sous la barre du point par match pour la première fois depuis bien longtemps. L’âge du capitaine est sans doute un facteur dans cette baisse mais il y a également le fait que Thornton joue de plus en plus dans un registre défensif, terminant premier de la ligue pour les interceptions de palet. Il a retrouvé lors des playoffs son habituel rôle de passeur décisif avec pas moins de 14 assistances. De son côté, Dany Heatley a déçu, ce qui a ouvert la porte à son transfert au Minnesota. Le sniper canadien termine avec son plus faible nombre du buts depuis sa saison rookie (26) et sa réputation de disparaître lors des playoffs n’a pas été démentie par ses 3 petits buts. S’il s’est ensuite avéré que Heatley a joué une partie de la fin de saison avec la main gauche cassée, le total reste décevant et il a vu ses minutes sur les supériorités numériques baisser.

Si les Sharks sont restés dangereux offensivement, ils le doivent en partie au jeune Logan Couture. À 22 ans, le centre jouait sa première saison complète avec le grand club après une saison 2009/10 probante, principalement avec Worcester en AHL mais également avec San José en fin de saison. Couture a parfaitement saisi sa chance avec pas moins de 32 buts en saison régulière et 7 buts en playoffs, ce qui lui a permis d’être nominé pour le titre de rookie de l’année. Il a été aligné le plus souvent avec le vétéran Ryane Clowe, dont les 62 points constituent le meilleur résultat de sa carrière. Joe Pavelski a lui confirmé ses bons playoffs 2010 au cours de la saison régulière, même s’il a été moins décisifs lors de ces nouveaux playoffs. Quant à Devin Setoguchi, il a été resigné pour plusieurs saisons après une saison à 22 buts un peu en deçà des attentes… avant d’être transféré le lendemain au Minnesota.


Tampa Bay Lightning (4e)Logo TampaBay_petit

Classement conférence est : 5e (103 points)
Attaque : 7e de la ligue, 2,94 buts marqués par match
Défense : 22e de la ligue, 2,85 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs : Martin St. Louis (AD) : 31 buts, 99 points
Steven Stamkos (C) : 45 buts, 91 points
Vincent Lecavalier (C) : 25 buts, 54 points
Teddy Purcell (AD) : 17 buts, 51 points
Simon Gagné (AG) : 17 buts, 40 points
En 2009/10 : 80 points, 12ème de la conférence, 25ème de la ligue

Le bilan de la première année du légendaire Steve Yzerman comme manager général du Lightning de Tampa et de Guy Boucher comme entraîneur est sans surprise positif. L’équipe de Tampa est ainsi passée des tréfonds du classement de la conférence Est en 2008 et 2009 à la finale de la conférence cette année pour leur première participation aux playoffs depuis 2007. La conjonction d’une bonne attaque et d’une défense parfois insuffisante a donné aux fans de Tampa quelques matchs épiques, comme un rencontre à 15 buts face à Philadelphie en novembre. Le Lightning avait alors été mené trois fois par deux buts d’avance par les Flyers, mais l’équipe était à chaque fois revenue au score, notamment grâce à un coup du chapeau de Steven Stamkos, pour égaliser à sept partout au début de la troisième période. Un but de Nate Thompson avait alors offert la victoire à Tampa.

L’équipe aurait même pu finir en tête de la conférence mais, en mars, une série de 2 victoires en 12 matchs a douché les espoirs de Tampa et ouvert la porte à Washington pour s’adjuger la division Sud-Est. Pour autant, le Lightning a terminé la saison régulière en trombe avec une bonne série de 7 victoires en 8 matchs pour enchaîner sur les playoffs. Après avoir écarté des Penguins de Pittsburgh privés d’une grande partie de leur force offensive, le Lightning a sèchement éliminé son rival de division, Washington, en quatre matchs. Face aux Bruins, en finale de conférence, Tampa a tenu la dragée haute aux futurs vainqueurs mais c’est bien l’équipe la plus complète qui a remporté la série.

La précarité défensive est en partie venue des gardiens. Le duo Dan Ellis – Mike Smith a rapidement montré ses limites en début de saison. Ellis a finalement été échangé à Anaheim en février tandis que Smith est parti cet été à Phoenix comme agent libre. Arrivé de Dallas en 2008 pour être le gardien numéro 1 de Tampa, Smith n’a jamais vraiment récupéré d’une commotion cérébrale peu après son arrivée en Floride. Yzerman a alors transféré le vétéran Dwayne Roloson des Islanders de New York pour terminer la saison. Le gardien de 41 ans a parfaitement assumé la charge de travail en démarrant 34 des 42 derniers matchs de saison régulière tout en étant plus fiable que le duo Ellis – Smith. Mais c’est lors des playoffs que Roloson a vraiment impressionné les fans avec sa solidité (92,4% d’arrêts) pour devenir l’un des joueurs les plus appréciés. Il a également convaincu Yzerman, qui l’a resigné pour un an.

En défense, l’arrivée d’Eric Brewer en cours de saison a permis de renforcer une escouade défensive qui manquait de physique et d’expérience. La présence de l’ancien capitaine de St. Louis s’est notamment ressentie lors des playoffs, où il a formé avec Mattias Öhlund une première ligne défensive solide et expérimentée. Lorsqu’on parle d’un jeune joueur de talent à Tampa, on parle souvent de l’inévitable Steven Stamkos, mais Victor Hedman, 20 ans, poursuit son apprentissage de la NHL sur la ligne bleue du Lightning. Pour sa deuxième saison, Hedman a été utilisé plus de 21 minutes par match en moyenne avec 26 points marqués. Brett Clark a lui autant apporté sur le plan offensif (9 buts pour 31 points) que sur le plan défensif avec de nombreuses mises en échec et beaucoup de tirs contrés.

En attaque, le duo Martin St. Louis – Steven Stamkos a fait des ravages, comme l’année précédente. St. Louis reste le meilleur joueur de l’équipe année après année, autant sur le plan offensif que défensif. Le petit ailier de 36 ans termine avec un total de 99 points, bon pour la deuxième place des marqueurs de la ligue. Il s’est également montré à son avantage lors des playoffs avec 10 buts pour 20 points. À ses côtés, Steven Stamkos a également réalisé une bonne saison. Certes, les fans ont espéré qu’il atteigne la barre des 50 buts en 50 matchs en début de saison après 19 réalisations en autant de matchs mais le centre de 21 ans a ralenti la cadence en deuxième partie de saison.

Les fans ont toutefois été nettement plus crispés en fin de saison car Stamkos renégociait son contrat avec Yzerman. Comme le jeune centre était un agent libre restreint, le seul moyen qu’il quitte le club était qu’il signe une « offer sheet » avec une autre équipe. Même si les deux parties en présence ont fait part de leur optimisme quant à la resignature de la jeune star, la rumeur courait que Philadelphie et Toronto courtisaient le Canadien. La tension était telle que certains fans ont pris pour argent comptant une photo grossièrement retouchée par Photoshop montrant Stamkos serrant la main de Brian Burke, un maillot des Maple Leafs dans l’autre main. Finalement, l’attente fut longue mais Stamkos a resigné pour 5 ans.

Steve Downie avait complété le trio il y a deux ans en apportant de l’agitation et du physique mais également un bon apport offensif avec 22 buts pour 46 points. Cette saison, plusieurs blessures et une suspension ont limité le rugueux ailier à 57 matchs de saison régulière mais il termine néanmoins avec 32 points. Finalement, Downie a trouvé une autre place lors des playoffs, sur la troisième ligne avec Sean Bergenheim et Dominik Moore. Cette ligne opportuniste a été très efficace pour Tampa, Bergenheim terminant avec 9 buts en 16 matchs, aidé par Downie (12 assistances) et Moore (8 assistances).

Sur la deuxième ligne, Simon Gagné avait été signé pour apporter un soutien à Vincent Lecavalier mais, comme avec Alex Tanguay il y a deux ans, la greffe « French Connection » n’a pas prise. À la décharge de Gagné, la saison a très mal commencée avec une blessure au cou dès le premier match. Après avoir manqué 18 matchs, l’ailier québécois revient, mais sans vraiment convaincre. Pourtant, à la mi-saison, il annonce qu’il va rebondir. Gagné ne se trompe pas et, s’il termine avec 40 points en 63 matchs de saison régulière, ses 12 points en 15 matchs de playoffs ont aidé Tampa pour parvenir en finale de conférence. Lecavalier a lui aussi quelque peu déçu les fans avec ses 54 points en 65 matchs, mais Guy Boucher a souligné tout au long de la saison l’apport du capitaine pour le leadership dans l’équipe.


Washington Capitals (5e)Logo Washington_petit

Classement conférence est : 1er (107 points)
Attaque : 19e de la ligue, 2,67 buts marqués par match
Défense : 4e de la ligue, 2,33 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par le Lightning de Tampa Bay 4 matchs à 0
Meilleurs pointeurs : Alexander Ovechkin (AG) : 32 buts, 85 points
Nicklas Bäckström (C) : 18 buts, 65 points
Alexander Semin (AG) : 28 buts, 54 points
Brooks Laich (C) : 16 buts, 48 points
Mike Knuble (AD) : 24 buts, 40 points
En 2009/10 : 121 points, 1er de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par le Canadien de Montréal 4 matchs à 3

Cela commence à devenir une mauvaise habitude pour Washington : faire une saison régulière solide avant d’être rapidement éliminé en playoffs. La saison régulière n’a pourtant pas été une sinécure pour les hommes de Bruce Boudreau, qui ont connu une grosse baisse de régime à l’approche du Winter Classic face à Pittsburgh, alors qu’ils étaient filmés par HBO. Le programme de télé a alors pu capter l’embarras de tout l’effectif après la défaite 7-0 face aux Rangers de New York le 12 décembre. Cette déconvenue a poussé Boudreau à abandonner sa philosophie offensive pour mettre en avant le travail défensif. Les Capitals ont ainsi cessé de se baser principalement sur la vitesse de leur jeu offensif pour se concentrer sur le dégagement du puck en zone neutre.

Après quelques semaines de mise en route, la tactique s’est avérée payante et les Caps ont remporté 16 de leurs 20 derniers matchs pour emporter la conférence, comme l’an passé. Comme le dicton veut que ce soit les défenses qui remportent les titres (on ne peut pas dire que Boston déroge à la règle), beaucoup voyaient Washington enfin prêt pour briguer la coupe Stanley, d’autant plus que le manager général, George McPhee, a apporté plusieurs vétérans à la deadline pour compléter l’effectif. En vain même si, à la décharge des Caps, après un premier tour sans problème face aux Rangers, Tampa a remporté les deux premiers matchs de la série contre le cours du jeu. Cela a complètement déstabilisé l’équipe de Washington qui a ensuite perdu les deux derniers matchs.

N’ayant pas resigné José Théodore à l’intersaison 2010, McPhee a fait confiance dans les buts aux deux jeunes gardiens Varlamov et Neuvirth, âgés tous les deux de 23 ans. Semion Varlamov apparaissait comme le titulaire désigné en début de saison mais il s’est vu limité à peu de matchs à cause de plusieurs blessures, principalement à l’aine, comme cela a été le cas pour les deux précédentes saisons passées en Amérique du Nord. Mais, s’il n’a joué que 27 fois, le Russe a été plutôt convaincant, terminant au niveau du pourcentage d’arrêts quatrième de la ligue derrière les trois portiers nominés pour le titre de meilleur gardien. Comme Varlamov était absent, c’est Michal Neuvirth qui a été chargé de démarrer la saison. Le Tchèque a rapidement fait ses preuves en étant élu meilleur rookie du mois d’octobre. Il a fini par devenir le gardien numéro 1 et a disputé les playoffs. Neuvirth a pourtant connu une période difficile en milieu de saison, comme le reste de l’équipe, mais il s’est également bien rattrapé sur la fin. L’inconstance du Tchèque a persisté lors des playoffs, la solidité face aux Rangers (94,6% d’arrêts) n’a pas été confirmée face au Lightning (86,7%). Les blessures de Varlamov ont ouvert la porte à Braden Holtby, 21 ans, dont les 14 apparitions probantes avec les Capitals ont permis au gardien de l’équipe AHL de prétendre à un avenir en NHL. Le départ de Varlamov vers le Colorado aurait pu ouvrir le poste de remplaçant pour Holtby l’an prochain, mais la signature de Tomas Vokoun devrait le laisser une saison de plus en AHL, avec plus de temps de jeu.

En défense, Mike Green a été plus discret que les deux dernières saisons où il était un véritable quatrième attaquant (73 points en 2009, 76 en 2010) du fait du changement de stratégie et d’une blessure à la tête qui l’a fait manquer beaucoup de matchs. Il n’a donc pas été nominé pour le trophée de meilleur défenseur de la ligue et n’a amassé que 24 points mais son travail défensif a été remarqué et il a été nominé au all-star game pour la première fois de sa carrière. Revenu pour les playoffs, Green a été plus offensif avec 6 points en 8 matchs. Son camarade de ligne, Jeff Schultz a lui eu une saison plus difficile, même s’il a été efficace en infériorité numérique et peu pénalisé. Mais face à Tampa, Schultz n’a pas brillé et était sur la glace lors de six buts adverses en quatre matchs.

La paire la plus utilisée par Boudreau a été le jeune duo Karl Azner – John Carlson face aux meilleures lignes adverses. Après un premier essai en NHL en 2009 puis 21 matchs pas assez probants en 2010, Azner, 23 ans, s’est cette fois établi comme le défenseur physique numéro 1 de l’équipe. S’il n’a pas brillé dans le domaine offensif (12 points) malgré un bon potentiel, il s’est illustré sur les tirs bloqués et le temps de jeu. Toutefois, Alzner n’a pas toujours été efficace en infériorité numérique même s’il a été beaucoup sollicité dans ce domaine, mais le jeune arrière a encore une marge de progression dans ce secteur du jeu. À ses côtés, John Carlson avait signé des playoffs 2010 intéressants et inattendus, créant une attente. L’offensif défenseur de 21 ans n’a pas déçu pour sa première saison complète avec ses 37 points (record de la franchise pour un défenseur rookie). Il a été moins efficace lors des playoffs, après une blessure lors du premier match face à Tampa.

Arrivés à la deadline pour apporter de l’expérience, Scott Hannan et Dennis Wideman ont finalement peu pesé sur l’équipe. Hannan est en fait arrivé dès la fin novembre en l’échange de Tomas Fleischmann, parti au Colorado. Le vétéran de 31 ans a été plutôt solide en saison régulière, notamment en infériorité numérique mais la série face à Tampa a été compliquée. Hannan a ainsi souffert face à la vitesse des attaquants de l’équipe floridienne, autant par sa lenteur que par le fait qu’il a beaucoup été utilisé. Il a toutefois apporté du leadership à une équipe en avait alors besoin. Wideman était arrivé pour remplacer Green, blessé, sur le powerplay moribond des Caps mais il s’est lui aussi rapidement blessé après 14 matchs solides. Il aura plus d’occasions de se mettre en avant l’an prochain car il lui reste encore un an de contrat.

L’orientation plus défensive de l’équipe a vu fondre les statistiques offensives de beaucoup de joueurs des Capitals. On a ainsi beaucoup glosé sur les performances en baisse d’Alexander Ovechkin, mais même si ses 32 buts peuvent sembler loin de son total habituel (65 buts en 2008, 56 en 2009 et 50 en 2010), il termine néanmoins avec 85 points (7e de la ligue). Ovechkin a également été critiqué pour les performances en playoffs de son équipe et son leadership. Après les deux défaites à domicile lors du deuxième tour, le capitaine s’est avancé en annonçant que Washington gagnerait les deux rencontres à Tampa. Peine perdue. Malgré un total correct de 4 points en 4 matchs, Ovechkin et son équipe ont rejoint les courts de golf plus tôt que prévu. Niklas Bäckström, au centre de la première ligne, a lui terminé deuxième marqueur de l’équipe, mais très loin derrière Ovechkin. C’est une déception pour celui qui avait dépassé les 100 points l’an passé, d’autant plus qu’il avait commencé la saison avec 30 points sur les 26 premiers matchs. Bäckström a ensuite enchaîné avec 35 points en 51 matchs et une blessure au pouce en janvier. Si le centre suédois est rapidement revenu au jeu, il s’est blessé à nouveau au pouce lors du premier tour des playoffs et son rendement s’en ressenti, autant au niveau offensif (2 points en 9 matchs) que sur le plan des mises au jeu. Sur l’aile droite, Mike Knuble a encore été chargé de faire des écrans devant le gardien, même s’il est limité au niveau du registre de jeu.

Outre Ovechkin et Knuble, l’autre joueur à dépasser les 20 buts cette saison a été Alexander Semin, mais l’ailier gauche russe n’a toujours pas réussi à dissiper les doutes sur son cas, qui concernent principalement son éthique de travail et sa motivation. Si Semin reste un des meilleurs de la ligue dans le domaine de la possession de la rondelle et s’il possède un tir du poignet dévastateur, il peut parfois complètement disparaître d’un match et ne réapparaître que pour commettre une erreur défensive. Ainsi, après avoir démarré la saison en trombe avec 25 points lors des 19 premiers matchs, il n’inscrit ensuite que 29 points en 46 matchs. L’orientation défensive de l’équipe ne l’a pas aidé, pas plus que la succession de centres sur la deuxième ligne, mais il faut remarquer que les défenseurs adverses savent parfaitement à quoi s’attendre avec l’ailier russe. Peu physique, Semin devient moins efficace quand il est repoussé loin du but car il peine à prendre le dessus sur ses adverses dans un espace restreint. Cette tendance a été notamment perceptible face à Tampa, alors que Semin avait bien commencé les playoffs face aux Rangers.

Au centre de cette deuxième ligne, Mathieu Perrault et Marcus Johansson se sont partagé la tâche au cours de la saison. Comme Perrault n’a pas été très constant, ayant une tendance à rapidement baisser de régime après avoir été rappelé d’AHL, il a souvent fait l’aller retour entre Washington et Hershey. De son côté, Johansson, 20 ans, a démarré lentement la saison (5 points en 23 matchs) mais il a fini par trouver ses marques et termine avec 27. Arrivé aux playoffs, Johansson a été un des meilleurs joueurs de l’équipe avec ses 6 points en 9 matchs. Le jeune Suédois a toutefois quelques lacunes en matière de jeu défensif et de mises en jeu qui font qu’il n’est pas encore prêt à assumer pleinement le rôle de centre de deuxième ligne.

Afin d’assurer ce rôle pour ces playoffs, McPhee est allé chercher Jason Arnott au New Jersey, chargé également d’apporter du leadership et l’expérience de la victoire en coupe Stanley. Le centre de 36 ans a rapidement fait entendre sa voix dans les vestiaires et a parfaitement tenu son rôle sur la glace (13 points en 20 matchs) mais cela n’a pas été suffisant. Sur l’aile gauche de la ligne, Brooks Laich a fait preuve de sa ténacité habituelle en jouant tous les matchs de la saison bien qu’il ait contré beaucoup de tirs adverses et effectué beaucoup de mises en échec. Il s’est également mis en valeur en infériorité numérique mais, sur le plan offensif, Laich signe sa première saison en dessous de la barre des 20 buts même s’il se classe pour la première fois de sa carrière parmi les quatre meilleurs marqueurs des Capitals.


Philadelphia Flyers (6e)Logo Philadelphia_petit

Classement conférence est : 2e (106 points)
Attaque : 3e de la ligue, 3,12 buts marqués par match
Défense : 11e de la ligue, 2,63 buts encaissés par match
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Bruins de Boston 4 matchs à 0
Meilleurs pointeurs : Claude Giroux (AD) : 25 buts, 76 points
Daniel Brière (C) : 34 buts, 68 points
Jeff Carter (C) : 36 buts, 66 points
Michael Richards (C) : 23 buts, 66 points
Ville Leino (AG) : 19 buts, 53 points
En 2009/10 : 88 points, 7ème de la conférence, éliminés en finale de coupe Stanley par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 2

Pour faire le bilan de la saison de Philadelphie, il valait mieux ne pas s’y prendre trop tôt car l’équipe a connu un grand changement avec les échanges du 23 juin, qui ont vu le départ de Jeff Carter et Mike Richards. Cette manoeuvre du manager général Paul Holmgren était motivée par le besoin de dégager de la place dans la masse salariale pour s’adjoindre les services d’un nouveau gardien mais elle vient surtout conclure une saison marquée par des tensions. Pourtant, la saison régulière avait parfaitement commencé pour les Flyers et, au début février, ils menaient le classement de la ligue avec une série en cours de 13 victoires en 16 matchs. La question des gardiens avait été au centre des craintes des fans après les playoffs 2010 mais elle semblait alors réglée puisque Sergei Bobrovsky avait remporté 8 de ces 13 matchs et Brian Boucher les cinq autres.

La roue a tourné après le 26 février et une défaite poussive 4-1 face à Ottawa, alors déjà loin au classement. Holmgren a critiqué la performance des joueurs et l’entraîneur Peter Laviolette a alors choisi de renforcer l’entraînement de l’équipe lors de trois jours d’affilée. Cette décision n’a pas eu l’effet attendu et les Flyers se sont inclinés lors des trois matchs suivant, avec notamment un 7-0 face aux Rangers de New York au début mars. Philadelphie ne parviendra plus à retrouver son efficacité de début de saison en remportant seulement 7 des 21 derniers matchs. En playoffs, les Flyers dominent Buffalo mais ne parviennent pas à inquiéter les Bruins de Boston, qui prennent leur revanche de leur élimination sèche de 2009.

Laviolette avait eu lors de la saison 2009/10 une gestion des gardiens plutôt réussie, parvenant à surmonter l’absence de numéro 1 et la blessure de Ray Emery en faisant venir Michael Leighton. Resigné à l’intersaison, Leighton était présenté comme le titulaire du poste, ce qui était une première pour un joueur qui n’avait jusqu’alors jamais réussi à percer en NHL. Sans surprise, cette saison a été nettement plus difficile pour lui avec plusieurs blessures et un seul match joué, peu probant, avant d’être envoyé en AHL. Il fera une nouvelle apparition dans les buts des Flyers lors du grand carrousel de gardiens en playoffs où il est clairement apparu comme le maillon faible de la triplette qu’il formait avec Brian Boucher et Sergei Bobrovsky. Le gardien russe est la bonne surprise de la saison car le rookie de 22 ans s’est rapidement imposé comme le titulaire et il termine avec un pourcentage d’arrêts de 91,5%. Toutefois, le jeune joueur n’a pas été habitué à de longues saisons avec la KHL et il a souffert de fatigue en fin de saison. Bobrovsky a alors vu ses performances décliner et Laviolette l’a fait démarrer les playoffs sans grande confiance et le carrousel a rapidement commencé. Si le gardien russe semblait alors une hypothèse intéressante dans les buts l’an prochain, l’arrivée de son compatriote Ilya Bryzgalov lui promet sans doute un rôle de remplaçant.

Chris Pronger, leader dans le vestiaire et qui a logiquement hérité du grade de capitaine avec le départ de Mike Richards, devait mener l’escouade défensive. Mais le joueur de 36 ans a subi plusieurs blessures qui ne lui ont permis de disputer que 50 matchs. Cette absence a obligé le duo Kimmo Timonen – Braydon Coburn à prendre la charge de premier duo défensif. Sans Pronger, Carle a parfois semblé un peu perdu, positionné le plus souvent aux côtés d’Andrej Meszaros, mais il termine finalement avec une bonne saison défensivement, même s’il a souffert lors des playoffs, et un bon total de 39 assistances.

Si Holmgren a choisi de transférer Carter et Richards, cela tient sans doute en partie à l’émergence rapide de Giroux et Van Riemsdyk. Après une bonne prestation lors des playoffs 2010, Claude Giroux, 23 ans, termine premier marqueur de son équipe et a été sélectionné pour le « all-star game ». Il a confirmé sa bonne saison lors des playoffs avec 12 points en 11 matchs. Jusqu’à présent, James Van Riemsdyk, 22 ans, avait fait les frais de l’effectif bien fourni en attaque, et s’il a fini par être appelé par le club, c’était principalement pour jouer sur la troisième ligne avec Mike Richards et Nödl ou Versteeg. Mais il a vu sa cote monter, non pas en saison régulière (40 points) mais lors des playoffs. Aligné avec Claude Giroux, Van Riemsdyk inscrit 7 buts en 11 matchs et montre le potentiel qui l’avait conduit à être drafté en deuxième position en 2007.

La ligne Scott Hartnell – Daniel Brière – Ville Leino, formée l’an passé, a constituée une des forces principales de l’attaque des Flyers, les trois hommes continuant toujours aussi bien à s’entendre. Ville Leino a réussi une bonne saison régulière à 53 points, lui qui restait sur 55 matchs joués il y a deux ans entre Detroit et Philadelphie pour 11 points. À 33 ans, Brière a réalisé le meilleur total de buts de toute sa carrière avec ses 34 réalisations. Scott Hartnell a lui aussi rejoint le club des Flyers ayant dépassé la barre des 20 buts (ils sont en tout sept) mais il reste toujours assez critiqué pour son patinage et sa capacité à prendre des pénalités (142 minutes, dépassant assez largement des habitués comme l’enforcer Jody Shelley et l’agitateur Daniel Carcillo). Cette ligne a toutefois été démantelée lors de cette intersaison à cause du départ de Leino vers Buffalo, avec une forte augmentation de salaire à la clé.

Les autres lignes ont subi beaucoup de changement mais Peter Laviolette a pu compter sur son centre numéro un, Jeff Carter. Il a une nouvelle fois été un des fers de lance de l’attaque avec ses 36 buts (septième de la ligue dans ce domaine) mais il a également été beaucoup sollicité en défense. Laviolette l’a ainsi souvent aligné lors des actions en zone défensive du fait notamment de ses bonnes performances lors des mises au jeu. Comme il y a deux ans les playoffs ont été plus compliqués à cause des blessures et c’est un choc sur le genou face à Buffalo qui l’a écarté de la compétition au bout de six matchs où il n’a pas vraiment brillé (2 points).

La troisième ligne d’attaque des Flyers s’est composée en début de saison de James Van Riemsdyk et Andreas Nödl autour de Mike Richards avant la promotion du premier vers le top-6. La paire Nödl – Richards a affronté les meilleures lignes adverses avec une bonne efficacité défensive mais l’ailier autrichien de 24 ans a un peu déçu au niveau de la production offensive avec ses 22 points en 67 matchs, alors que Richards a profité de sa participation au jeu de puissance pour terminer avec 66 points. Pour renforcer cette troisième ligne à la deadline, Holmgren a fait venir Kris Versteeg de Toronto au prix fort (un choix de premier et de troisième tour de draft). Outre un joueur qui allait atteindre la barre des 20 buts, Holmgren a voulu apporter la dernière pierre à une équipe qui aurait pu prétendre au titre car Versteeg s’était beaucoup mis en avant avec Chicago quand il avait remporté la coupe avec les Blackhawks en 2010, notamment face à ces mêmes Flyers en finale. Si les fans de Philadelphie avaient alors gardé en mémoire un Versteeg virevoltant, toujours prêt à se bagarrer pour aller gratter un palet ou marquer un but décisif, ils ont été largement déçus par sa prestation dans ces playoffs 2011. En effet, il s’est surtout fait remarquer en perdant beaucoup de palets et en étant peu impliqué physiquement, quand il n’était pas tout simplement invisible. C'est sans doute en partie dû à une blessure abdominale soignée après les playoffs et qui le handicapait peut-être depuis un moment. Versteeg a été transféré cette intersaison en Floride où il tentera de se relancer.

Autre déception, l’énigmatique Nikolai Zherdev avait été signé à l’intersaison 2010 pour un an après un exil en KHL de plusieurs saisons. Zherdev n’a pas convaincu Laviolette malgré ses 16 buts et il a envoyé le rapide ailier sur la quatrième ligne. Même Jody Shelley était alors plus utilisé que lui et il a fini par être mis sur les waivers, même si personne ne l’a récupéré. Non resigné cet été, Zherdev est reparti vers la KHL et l’Atlant Mytichtchi, où il avait joué en 2009/10.


Detroit Red Wings (7e)Logo Detroit_petit

Classement conférence ouest : 3e (104 points)
Attaque : 2e de la ligue, 3,13 buts marqués par matchs
Défense : 23e de la ligue, 2,89 buts encaissés par matchs
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Sharks de San José 4 matchs à 3
Meilleurs pointeurs : Henrik Zetterberg (AG) : 24 buts, 80 points
Nicklas Lidstrom (D) : 16 buts, 62 points
Pavel Datsyuk (C) : 23 buts, 59 points
Johan Franzen (AD) : 28 buts, 55 points
Brian Rafalski (D) : 4 buts, 48 points
En 2009/10 : 102 points, 5e de la conférence, éliminés en demi-finale de conférence par les Sharks de San José 4 matchs à 1

Avec un début de saison en grande forme et 17 victoires lors des 23 premiers matchs, les Wings ont rapidement balayé les habituelles réserves quant à l’âge de l’effectif. En comparaison, la saison mi-figue mi-raisin de Chicago a permis à leurs rivaux historiques de Detroit de remporter le 14e titre de division lors des 19 dernières saisons, parvenant aux playoffs pour la 20ème saison d’affilée. Detroit a malgré tout piétiné en fin de saison, ne gagnant que 5 de leurs 14 matchs de mars. Les Red Wings ont ensuite rapidement disposé des faibles Coyotes en playoffs avant de perdre face aux Sharks de San José, comme il y a deux ans. L’effectif n’allant pas en se rajeunissant, Detroit a vu cet été le départ à la retraite de trois de ses anciens cadres : Brian Rafalski, Chris Osgood et Kris Draper. Nicklas Lidstrom a choisi lui de resigner pour un an, pour la plus grande joie des fans des Wings.

Dans les buts, Jimmy Howard a prouvé qu’il méritait son statut de titulaire même si son pourcentage d’arrêts a nettement descendu (de 92,4% en 2009/10 à 90,8%). Lors des playoffs, il a encaissé près de trois buts par match en moyenne mais cela est dû en grande partie aux difficultés défensives en face de lui car il a joué avec beaucoup de détermination face à San José. Chris Osgood espérait jouer plus, il a joué encore moins en étant limité à 11 matchs, ce qui lui a quand même permis d’accrocher la 400e victoire de sa carrière en NHL, avant de prendre sa retraite cet été. C’est finalement Joey MacDonald, prévu pour être le titulaire de l’équipe AHL des Wings, les Griffins de Grand Rapids, qui a donc assumé le rôle de remplaçant d’Howard. Il s’est plutôt bien acquitté de sa tâche malgré 7 buts encaissés lors d’un match face à St. Louis.

En défense, Nicklas Lidström reste à 41 ans le mètre étalon des arrières de NHL et a remporté le trophée du meilleur défenseur de la NHL pour la sixième fois de sa carrière. La blessure de Brian Rafalski a rapidement obligé l’entraîneur Mike Babcock à revoir ses lignes, même si l’offensif arrière est vite revenu et a signé une saison probante à 48 points en 63 matchs. Si le tandem physique Nicklas Kronwall – Brad Stuart avait donné satisfaction il y a deux ans, Stuart a été aligné avec Lidström tandis que Kronwall a souvent joué aux côtés du regretté Ruslan Salei, disparu cet été dans la tragédie du Lokomotiv.

Le physique Biélorusse a permis à Kronwall de montrer une facette plus offensive de son jeu, récoltant 37 points. Quant à Salei, il a réussi à éviter les blessures qui ont souvent émaillé sa carrière et termine juste derrière Brad Stuart pour les mises en échec et les tirs bloqués. Il a toutefois baissé de régime en fin de saison, finissant par se retrouver en difficulté lors de la série face à San José. Jonathan Ericsson et Jakub Kindl ont complété l’escouade défensive. Si les fans n’ont pas été convaincus par Ericsson, lui reprochant notamment de ne pas assez utiliser sa grande taille alors qu’il est le plus grand parmi les défenseurs, mais le manager général Ken Holland a choisi de le resigner pour un salaire sans doute supérieur à celui qu’il aurait trouvé sur le marché. Quant à Kindl, il a déçu sur le plan offensif avec seulement 4 points en 48 matchs mais le jeune défenseur tchèque de 24 ans est toujours en période d’apprentissage et il a failli évincer Salei en fin de saison tant il a progressé dans le travail défensif.

Au niveau offensif, le duo Pavel Datsyuk – Henrik Zetterberg a une nouvelle fois affolé les défenses adverses, toujours accompagné à l’aile droite par le colosse Tomas Holmström. Datsyuk, sans surprise, s’est mis en valeur dans tous les secteurs du jeu, étant à la fois l’un des joueurs de la ligue les plus habiles avec le palet et un des meilleurs attaquants défensifs. Toutefois, le centre russe a été limité à 56 matchs à cause de plusieurs blessures dont une fracture de la main droite. Malgré le grand nombre de matchs manqué, cela ne l’a pas empêché de terminer dans les dix meilleurs intercepteurs de la ligue et avec plus d’un point par match (59 points). De plus, son retour lors des playoffs a été bénéfique pour l’équipe car il a été le meilleur joueur de l’effectif avec ses 15 points. Henrik Zetterberg n’a pas souffert de l’absence de Datsyuk, marquant en moyenne un point par match autant avec lui que sans lui, le plus souvent face aux meilleures lignes adverses et en assumant sa part du travail défensif. S’il a manqué le premier tour des playoffs, il est ensuite revenu fort avec 8 points en 7 matchs face à San José. Tomas Holmström a comme d’habitude servi d’écran face aux gardiens adverses, à cinq contre cinq comme en supériorité numérique. Pour une fois, il n’a pas été blessé à cause des cinglages des défenseurs ou des gardiens mais il a manqué 9 matchs à cause d’un slap reçu sur le poignet. Holmström a toutefois toujours une tendance à prendre des mauvaises pénalités et il termine avec 62 minutes en prison, le troisième total de son équipe.

Sur le deuxième trio, Johan Franzen espérait faire une saison complète après une saison quasi-blanche. Bien qu’il termine premier de l’équipe dans le registre des buts avec ses 28 réalisations, il est resté en deçà des espoirs des fans qui le voyaient passer cette année la barre des 40 buts. Franzen a été souvent inconstant, parvenant à inscrire 5 buts en un match face à Ottawa (devenant le premier Red Wing à le faire depuis 15 ans) puis à ne plus trouver le fond des filets lors des 14 matchs suivants. Il a également déçu par un apparent manque d’implication, peut-être dû aux effets d’une commotion cérébrale subie face à Dallas. Franzen a aussi été blessé à la cheville lors des playoffs face à Phoenix et, lors du deuxième tour, il n’a pas pu jouer à 100%. Au centre de la ligne, si Valtteri Filppula a terminé avec un point de moins que son meilleur résultat de carrière (39 points), il a renforcé sa position au sein du top-6 grâce à une bonne implication défensive. De plus, s’il n’a inscrit que 16 buts, 5 ont été synonyme de victoire pour Detroit. De même, lors des playoffs, il termine avec 8 points en 11 matchs dont deux buts victorieux. Après avoir profité des passes de Datsyuk il y a deux ans, Todd Bertuzzi a été replacé dans un rôle de passeur pour Franzen, ce qui a fait qu’il a nettement moins tiré et qu’il ne termine qu’avec 16 buts.

Sur la troisième ligne, Mike Modano a manqué la moitié de la saison à cause d’une blessure au poignet droit. De plus, le vétéran de 40 ans n’a pas vraiment convaincu avec ses 14 points et il a laissé entendre dans une interview qu’il pourrait prendre sa retraite. Modano n’a pas réussi à trouver à trouver une alchimie avec ses camarades de ligne, Danny Cleary et Jiri Hudler. Cela n’a pas empêché Cleary de marquer 26 buts grâce à sa présence face aux portiers adverses. Quant à Jiri Hudler, il revenait à Detroit après un passage de deux en KHL. L’ailier tchèque restait sur un total de 57 points en 2008/09 mais il a déçu avec ses 37 points. Hudler a le mieux marché lorsqu’il a été aligné avec Pavel Datsyuk lors du mois de février avec 4 buts pour 14 points mais, le reste du temps, il a été quasiment invisible.


Nashville Predators (8e)Logo Nashville_petit

Classement conférence ouest : 5e (99 points)
Attaque : 21e de la ligue, 2,6 buts marqués par matchs
Défense : 3e de la ligue, 2,32 buts encaissés par matchs
Parcours en playoffs : éliminés en demi-finale de conférence par les Canucks de Vancouver 4 matchs à 2
Meilleurs pointeurs : Sergei Kostitsyn (AG) : 23 buts, 50 points
Martin Erat (AD) : 17 buts, 50 points
Patric Hornqvist (AD) : 21 buts, 48 points
Shea Weber (D) : 16 buts, 48 points
David Legwand (C) : 17 buts, 41 points
En 2009/10 : 100 points, 7e de la conférence, éliminés en quart de finale de conférence par les Blackhawks de Chicago 4 matchs à 2

Nashville parvient au deuxième tour des playoffs pour la première fois de son histoire mais cela n’annonce pas forcément des lendemains qui chantent. Ainsi, après une saison solide et l’élimination face à Vancouver, les yeux des fans se sont tournés vers la resignature du capitaine, Shea Weber. En tant qu’agent libre restreint (RFA), il apparaissait peu probable que Weber ne resigne pas mais il fallait encore s’entendre sur les termes. Le manager David Poile cherchait à éviter un contrat à court terme en prévision des négociations l’été prochain pour d’autres cadres de l’équipe, dont Pekka Rinne et Ryan Suter. En l’absence d’accord entre l’équipe et le joueur, l’affaire s’est réglée devant un arbitre qui a accordé à Weber un contrat d’un an et 7,5 millions de dollars, faisant du joueur de 26 ans le défenseur le mieux payé de la ligue en terme de poids sur le « salary cap ». Derrière les tractations d’usage entre manager et joueurs, il y a à Nashville un problème au niveau de l’ambition. Une des raisons pour lesquelles Weber n’a pas signé sur le long terme est qu’il souhaite remporter la coupe Stanley, ce qui semble difficile pour une équipe limitée en budget comme les Predators. Poile aura donc beaucoup de travail l’été prochain pour s’assurer que son trio défensif Rinne-Weber-Suter restera ces prochaines années à Nashville.

Dans les buts, Pekka Rinne a justifié la confiance que Poile a placé en lui à l’été 2010, quand il l’avait resigné pour deux ans et laissé partir Dan Ellis, avec une saison très solide. Ainsi, son pourcentage d’arrêts de 93% n’est devancé que par Tim Thomas, ce qui lui a valu une nomination pour le trophée du meilleur gardien de la ligue. Il a été un des artisans de la bonne saison de Nashville, remportant 8 de ses 11 derniers matchs de saison régulière pour assurer aux Predators une place en playoffs et en étant décisif face à deux équipes très offensives lors des playoffs. Pour soutenir le Finlandais de 28 ans lors des rares matchs où il ne jouerait pas, l’entraîneur Barry Trotz comptait sur Anders Lindbäck. Si Rinne est connu pour son gabarit impressionnant (1m96), il a en la personne du Suédois de 23 ans un remplaçant qui occupe lui aussi bien le filet avec son 1m98. Si Lindbäck était peu connu des fans car il n’est pas passé par l’équipe AHL des Admirals de Milwaukee mais il avait déjà évolué deux ans en Elitserien, dans son pays natal. Toutefois, du fait d’une blessure de Rinne dès le premier match, le Suédois a rapidement pu se mettre en valeur. Il n’aura joué en tout que 22 matchs mais il termine avec un pourcentage d’arrêts convaincant de 91,5%.

Avant de faire trembler les fans avec les inquiétudes sur son avenir avec l’équipe, Shea Weber a signé une saison probante, utilisant au maximum son impact physique et son tir à la bleue létal. Il a de plus fait preuve d’un leadership important dans les vestiaires et en étant le joueur le plus utilisé par Barry Trotz et il est devenu au fil des saisons le visage de la franchise depuis son arrivée dans la ligue en 2006. Weber a parfois été mis en difficulté lors l’absence de son partenaire de ligne, Ryan Suter. La blessure au genou du défenseur américain de 26 ans a pesé car s’il est plus discret que Weber, il est tout aussi efficace défensivement. De fait, il a joué 25 minutes de moyenne par match face aux meilleures lignes en terminant avec un différentiel de +20 et surtout avec seulement 54 minutes de pénalités, ce qui est une preuve de son positionnement défensif sûr. Il a également été plus actif que l’an passé sur le registre des mises en échec, même si elles sont moins spectaculaires que celles de Weber, et Trotz a régulièrement fait appel à lui lors des infériorités numériques.

Sur le deuxième duo, Kevin Klein était associé à Francis Bouillon. Klein est parfois une des têtes de turc du public de Nashville mais il assume néanmoins ses responsabilités défensives à 5 contre 5 et en infériorité numérique, aidant l’équipe spéciale à être une des meilleures de la ligue. Offensivement, il n’a inscrit que 2 buts pour 18 points malgré de nombreux tirs tentés. Bouillon restait sur une saison solide aux côtés de Dan Hamhuis mais il a connu quelques difficultés en étant aligné avec Klein. Il a ainsi eu plus de responsabilités à tenir et quelques problèmes de coordination avec Klein ont conduit le duo à quelques mésaventures. À la mi-saison, Bouillon s’est blessé et Trotz a dû faire appel à un des prospects les plus prometteurs de l’organisation, Jonathon Blum. Le défenseur de 22 ans n’était pas sensé être appelé par le grand club aussi vite et il semblait avoir quelques difficultés avec l’équipe de Milwaukee en AHL face à des attaquants plus physiques et rapides que lui. Pourtant, Blum n’a pas déçu pour ce premier test : il a trouvé une bonne alchimie avec Klein et s’est retrouvé sur la deuxième escouade de supériorité numérique.

Sur la troisième ligne, Trotz a aligné Cody Franson avec Shane O’Brien. Chargé d’apporter de l’offensive même s’il n’a joué que 15 minutes par match en moyenne, Franson termine avec un total intéressant de 29 points en saison régulière mais surtout 6 points en 12 matchs de playoffs. Le défenseur de 23 ans, en constante amélioration, a toutefois été transféré à Toronto cette intersaison. Chargé du secteur physique de la défense, O’Brien a été l’invité surprise du début de saison. Alors qu’il semblait que la place sur le troisième trio était dévolue à Ryan Parent, tout juste revenu de Philadelphie, Poile l’a envoyé à Vancouver contre O’Brien, en rupture de ban avec Alain Vigneault et le staff des Canucks. Le risque a été payant puisque il a signé une bonne saison même s’il a parfois lutté face à de vieux démons comme les pénalités inutiles, comme lors du premier tour face à Anaheim (7 pénalités). Du fait du budget serré des Predators, O’Brien n’a pas été resigné et il est parti au Colorado.

En attaque, le meilleur marqueur de l’équipe a été de manière inattendue Sergei Kostitsyn. Arrivé de Montréal à l’intersaison en échange de quasiment rien, l’ailier biélorusse était un des points d’interrogation de l’équipe. Malgré son talent, Kostitsyn n’a laissé à Montréal qu’une image de joueur ne travaillant pas assez, ce qui avait conduit à sa mise à l’écart par Jacques Martin. Il s’est finalement bien adapté au style défensif de l’équipe de Barry Trotz et il a apporté une contribution offensive bienvenue, d’abord sur une ligne 100% européenne avec Martin Erat et Marcel Goc puis, en fin de saison, avec Mike Fisher et Patric Hornqvist. Kostitsyn devrait toutefois avoir des difficultés à réitérer ce type de performances car il n’est pas un vrai attaquant de premier trio, ce qui s’est vérifié lors des playoffs où il a peiné pour avoir un impact. Son total de buts a ainsi été gonflé par un pourcentage de tirs très flatteur (24,7%, loin des 10% de moyenne) mais il peut sans doute trouver sa place sur la deuxième ligne dans l’avenir. Après une saison où il avait accroché la barre des 30 buts, Patric Hornqvist a lui plutôt déçu les fans en n’inscrivant que 21 buts. La baisse n’est pas forcément très forte (surtout en terme de points) mais les fans et le staff espéraient que l’ailier droit suédois franchisse un palier à la hauteur de son nouveau salaire et il a de plus passé de longues périodes sans marquer le moindre but. Au centre, la moisson de blessures a obligé David Poile à faire venir Mike Fisher d’Ottawa contre un premier tour de draft. Le joueur de 31 ans a commencé fort avec 3 points lors des ses 4 premiers matchs avec les Predators mais le mois de février fut plus compliqué avec seulement un but et une assistance. Fisher a néanmoins été précieux lors des playoffs face à Anaheim, inscrivant 2 buts et 1 assistance dès le premier match et terminant la série avec 3 points mais il a été plus discret face à Vancouver.

Martin Erat a évolué sur la première ligne pendant une partie de la saison mais plusieurs blessures l’ont finalement contraint à jouer sur un trio plus défensif avec Legwand et Joel Ward. Il termine néanmoins avec le même nombre de points que Kostitsyn tout en ayant joué seulement 64 matchs. David Legwand s’est mis en avant avec son travail défensif mais ses 17 buts pour 41 points en 64 matchs ont également été importants. Après avoir terminé meilleur marqueur de son équipe lors de la série face à Chicago en 2010 (7 points en 6 matchs), Legwand a réitéré cette performance avec 13 points en 12 matchs cette saison. Seul Joel Ward a réussi à faire aussi bien lors des playoffs, ce qui a rattrapé sa plus mauvaise saison régulière sous les couleurs de Nashville avec 10 buts pour 29 points. Au niveau des déceptions, Steve Sullivan a démarré la saison en trombe mais s’est vite blessé et termine avec 22 points en 44 matchs. Quant à J.P. Dumont, il a signé une saison décevante où il a rapidement été écarté par Trotz avant de voir son coûteux contrat racheté par l’équipe cet été.