Épinal - Dijon (Coupe de la Ligue, groupe B, 2e journée)

Des hauts, des bas et des buts !

Fabien LeroyLes ouailles de Santino Pellegrino ont beaucoup à se faire pardonner après leur accroc morzinois (1-6). Une déconvenue d'autant plus malvenue que l'attrait du neuf avait joué à plein... pour faire le plein face aux Pingouins !

Match en semaine oblige, l'assistance est plus clairsemée. Plus réservée, aussi, quant aux actuelles possibilités des Dauphins, encore apparus sans génie (si ce n'est l'éternel Ján Plch), physiquement et collectivement perfectibles. Bref, mal préparés lors de leurs deux premières sorties officielles. Deux nettes défaites qui, pour beaucoup, en appellent une troisième, ce soir, face à des Dijonnais les ayant surclassés dix jours auparavant, sur leur petite glace de Trimolet (1-6).

Alors invaincus, les Ducs ont depuis goûté à la défaite, samedi face à Chamonix (4-6). Mais les nouveaux coéquipiers de Benoît Quessandier n'entendent pas ressasser éternellement. Après tout - et comme l'a fait remarquer Martin Gascon dans la presse - ne mesure t-on le caractère d'un homme à sa capacité à se relever ?

L'occasion ne fait pas le larron

Cette formule universelle peut également s'appliquer aux Dauphins, sans autre ambition, dans cette Coupe de la Ligue, que de poursuivre une préparation inaboutie. Toujours privés de Petrák et Mäntylä, les Vosgiens se retrouvent rapidement confrontés au powerplay dijonnais. Des Ducs qui ne parviendront pas à faire la différence, même pourvus de cinquante-neuf secondes de double avantage numérique. Assiégeant leurs hôtes et faisant bien circuler le palet, les hommes de Jarmo Tolvanen sollicitent plus d'une fois Loïc Lacasse, impérial sur les tirs lointains de Quessandier et Riendeau (02'28").

Si les accélérations dijonnaises prévalent dans ces premiers instants, le jeu réactif des Spinaliens est pourvoyeur des meilleures occasions en ce premier tiers-temps. Un shoot rasant d'Armando Scarlato est redirigé par Ján Plch. Une déviation très subtile, mais pas cadrée (05'02"). Sur ce coup, Ramón Sopko était battu, comme il l'aurait vraisemblablement été sans le retour salvateur d'Anthony Guttig, présent au repli sur un centre de Maxime Boisclair destiné à Guillaume Chassard (13'). Et que dire de cette incroyable bourde du gardien slovaque, surpris par le dégagement de Ján Šimko qui n'avait d'autre ambition que de permettre un changement de ligne. Le palet, flippé par l'ailier vosgien, s'arrête pile devant la ligne fatidique, entre sa jambière et son poteau (15'40") !

Cdric CustosseOn a connu Sopko plus rassurant, avec Briançon ou Rouen, mais celui qui apparaît comme le grand gardien manquant aux Ducs depuis plusieurs années se reprend d'une mitaine ferme sur un tir bas de Jortikka (18'). Loïc Lacasse, lui, répond présent devant Arnaud et compagnie, faisant notamment étalage des qualités qu'on lui connaît crosse en main. Le Québécois a le compas dans l’œil sur cette longue ouverture "droit au but", vers un Boisclair oublié à la bleue dijonnaise. Le Canado-Haïtien, sitôt servi, s'avance et tente sa chance. Le lancer est repoussé par Sopko et Boisclair, le premier au rebond, voir revenir Quessandier pour le gêner (19'30").

À la relance après deux saisons difficiles dans la Cité des Images, Benoît Quessandier fait preuve d'application dans ses interventions aux-côtés de Kyle Hardy. Un petit gabarit très en verve, à l'image d'un Mathias Arnaud jouant finement son deux-contre-un... avant que Yanick Riendeau ne tergiverse au second poteau (22'). Cette spontanéité qui fait défaut aux Bourguignons va permettre aux Spinaliens d'arriver à leurs fins, sur jeu placé en powerplay. Chad Lacasse, depuis la gauche du gardien, décalant Fabien Leroy à la pointe pour un tir rasant aussi précis que puissant (1-0 à 25'29").

À toi...

Ce n'est pas totalement immérité pour les Dauphins, bien plus convaincants que samedi mais... subitement moins impliqués à la mi-match. Loïc Lacasse a beau veiller au grain, il ne peut éternellement se substituer aux manquements défensifs de ses coéquipiers, surpris par une longue relance de Gascon envoyant Ritz (tout juste sorti de prison) vers un duel singulier qu'il ne va pas manquer de remporter (1-1 à 31'56").

C'est le début d'une période noire pour l'ICE, assommée voire presque démobilisée. Et offrant ainsi deux buts "faciles" aux Dijonnais. Servi dans le slot par Guttig, Riendeau ne se fait cette fois pas prier pour expédier le palet dans le haut du filet, avant que Ritz ne vienne terminer le travail initié par Dugas (1-3 à 32'55"). Voilà les bonnes dispositions spinaliennes réduites à néant en une minute seulement, par la faute d'une défense aux abonnés absents...

Voilà alors que le buteur qui sommeillait en Chad Lacasse va subitement se réveiller. L'ailier canadien, repositionné au centre, est bien inspiré de suivre la montée d'Erwan Agostini côté gauche, qui le sert à l'intérieur. L'intervalle est prise par Chad Lacasse qui, du revers, ne laisse pas filer l'opportunité d'inscrire son premier filet "français" (2-3 à 35'12").

Mais voilà, l'embellie est de courte durée. Le naturel revenant au galop à grand coup de courants d'airs dans l'arrière-garde lorraine. Forcé de limiter les dégâts, Loïc Lacasse retarde l'échéance jusqu'à céder devant Erwan Pain, bien aise de profiter d'un palet traînant dangereusement dans la zone de vérité (2-4 à 38'01").

Les Ducs n'ont pas encore fini d'exploiter les largesses spinaliennes. Ritz fait tinter le montant (42'11") et Börjesson punit une relace ratée de Chassard en lançant Gascon vers un break-away favorable au nouveau capitaine dijonnais (2-5 à 43'18").

C'en est trop pour Loïc Lacasse, qui n'a pu maintenir à flot ses coéquipiers et se voit aussitôt remplacé par Mathieu Perrin pour un dernier tiers ne tardant pas à virer à l'explication musclée (44'44"). La frustration faisant son effet, quelques coups sont échangés dans un regroupement d'où émerge l'inévitable Armando Scarlato. Ján Šimko, pas non plus le dernier dès qu'il s'agit de tomber les gants, est lui aussi dans le coup. De longues minutes sont nécJan Simkoessaires au corps arbitral pour savoir quelles suites donner à cette altercation... et par la même remplir les cachots. Quentin Mahier, Stephen Dugas, Cédric Custosse, Ján Plch et Ján Šimko en sont les protagonistes principaux. Armando Scarlato, lui, écope d'un méconduite de match pour s'être frotté d'un peu trop près à l'un des arbitres...

 ... à moi !

L'Italo-Canadien, recruté par Pellegrino pour "frapper sans prendre de pénalités", n'est pas spécialement le "bourrin" annoncé, mais il sera, à n'en pas douter, plus d'une fois sanctionné dans les mois et semaines à venir. Son expulsion (sa deuxième en trois confrontations avec Dijon cette saison !) s'accompagne d'une pénalité majeure mais la sentence débute par un 4 contre 4, le temps que Mahier expie ses "péchés". Un équilibre numérique permettant à Toby Lafrance de réduire l'écart d'un lancer frappé dégainé entre les deux cercles d'engagement (3-5 à 45'54").

Il n'en faut pas plus pour redonner un peu d'allant aux locaux, qui reviennent à portée de fusil sur une reprise dont Guillaume Chassard a le secret (4-5 à 50'52"). De quoi faire oublier la sortie prématurée de Ján Šimko (dont l'épaule est ressortie meurtrie d'une projection d'Andy Mrena contre la balustrade). Surtout que Chad Lacasse, dans la foulée, y va de son rebond gagnant (5-5 à 51'08").

Les Dauphins ont sorti la tête de l'eau, retrouvant un peu de cette "folie" qui leur fit renverser tant de montagnes l'an passé. Un esprit de révolte leur ayant permis, ce soir, d'arracher la prolongation, faute d'avoir forcé la décision (Lafrance ratant une cage ouverte dans les derniers instants). Un "extra-time" de courte durée : Erwan Pain, pas inquiété dans son approche de Mathieu Perrin, s'y reprend à deux fois pour sceller le succès des siens (5-6 à 61'27").

Malgré quelques errements défensifs coupables, l'ICE a peut-être lancé sa saison ce soir. Cela demandera confirmation, dès samedi à Marseille, où il lui faudra tenir une forme "olympique" pour titiller ces Gapençais délocalisés...

 

Épinal - Dijon 5-6 après prolongation (0-0, 2-4, 3-1, 0-1)
Mardi 20 septembre à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 550 spectateurs.
Arbitrage de Benjamin Gremion assisté de Sébastien Geoffroy et Laurent Rouèche.
Pénalités : Épinal 37' (6', 0', 31', 0') ; Dijon 18' (2', 6', 10', 0').
Tirs : Épinal 24 (4, 13, 7, 0) ; Dijon 39 (12, 17, 8, 2).

Évolution du score :
1-0 à 25'29" : Leroy assisté de C. Lacasse et Offret (sup. num.)
1-1 à 31'56" : Ritz assisté de Börjesson et Gascon
1-2 à 32'34" : Riendeau assisté de Guttig et Arnaud
1-3 à 32'55" : Ritz assisté de Dugas et Kevorkian
2-3 à 35'12" : C. Lacasse assisté d'Agostini et Leroy
2-4 à 38'01" : Pain assisté de Decock et Gascon
2-5 à 43'18" : Gascon assisté de Börjesson
3-5 à 45'54" : Lafrance assisté de Gervais
4-5 à 50'52" : Chassard assisté de Boisclair et Lafrance (sup. num.)
5-5 à 51'08" : C. Lacasse assisté de Leroy
5-6 à 61'27" : Pain assisté de Guttig

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse puis Mathieu Perrin à 43'18".

Défenseurs : Mikko Jortikka - Fabien Leroy (C) ; Peter Slovák - Stéphane Gervais ; Armando Scarlato - Guillaume Papelier.

Attaquants : combinaison de centres [Toby Lafrance, Yannick Offret, Chad Lacasse] et d’ailiers [Maxime Boisclair (A) - Guillaume Chassard ; Ján Šimko - Ján Plch (A) ; Erwan Agostini - Nathan Ganz] ; Kévin Benchabane.

Absents : Michal Petrák (suspendu), Niko Mäntylä (cuisse).

Dijon

Gardien : Ramón Sopko.

Défenseurs : Andrej Mrena - Fredrik Börjesson ; Kyle Hardy - Benoît Quessandier ; Cédric Custosse - Quentin Mahier.

Attaquants : Thomas Decock (A) - Martin Gascon (C) - Erwan Pain ; Anthony Guttig (A) - Yanick Riendeau - Mathias Arnaud ; Aram Kevorkian - Stephen Dugas - Nicolas Ritz.

Remplaçants : Joffrey Pingrit (G), Loïc Sadoun, Gabriel Da Costa. Absent : Rob Jarvis (pas qualifié).