Épinal - Strasbourg (Coupe de la Ligue, groupe B, 3e journée)

Remobilisation générale à Épinal

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L'adversité présentée (Strasbourg) laisse présager une cinquième défaite de rang pour les hommes de Santino Pellegrino. Qui serait, en fait, leur neuvième d'affilée, pré-saison comprise (ils n'ont en effet plus gagné depuis le 23 août dernier)...

Sans ces nombreux invités dépêchés par un fidèle sponsor, il n'y aurait pas eu foule, ce soir, pour l'opération rachat d'une ICE plus souvent capable du pire que du meilleur en ce début de saison. Tellement d'ailleurs que ces contre-performances répétitives commencent à irriter en haut lieu. Le manager Anthony Maurice n'a pas manqué de le signaler, appelant joueurs et entraîneur à prendre leurs responsabilités pour redresser la barre et retrouver ces valeurs qui ont fait la force du groupe l'an passé.

Une réaction n'était donc pas seulement espérée, mais fortement attendue face à une Étoile noire requinquée par son succès grenoblois (5-1). Des Strasbourgeois plus préoccupés par le choc à venir face à Morzine-Avoriaz (le capitaine Élie Marcos est d'ailleurs ménagé dans cette optique) et qui n'ont, de toute évidence, pas tout tenté pour contester une victoire si importante pour le moral de leurs hôtes...

Si le match de samedi, contre Amiens, sera celui à ne pas perdre, ce derby était l'occasion rêvée de renouer avec la victoire. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. Les Spinaliens, dans leurs petits souliers et vite dépassés quand le jeu tend à s'accélérer, enchaînant les fausses notes à l'image d'un Fabien Leroy peu inspiré. Bref, le genre d'approximations à éviter... et dont les Alsaciens ne sauront profiter.

Contrairement à Strasbourg, où l'alternance coupe-championnat profite à Gilles Beck, l'incertitude était de mise côté spinalien. Très déçu des dernières prestations de Loïc Lacasse, Santino Pellegrino avait envisagé l'éventualité de titulariser Mathieu Perrin. Finalement, c'est bien le Canadien qui officie devant le filet et s'impose, une première fois, devant Cibuľa, lancé dans le dos de la défense par Petriläinen (04'44").

Bien en place, l'Étoile noire s'en remet, en ces premiers instants, aux pressings d'Édouard Dufournet et à la vivacité de Julien Correia. Proprement insaisissable, l'ex-Gapençais aura donné bien du fil à retordre à ses contradicteurs. Rien à voir avec le "revenant" Timo Kuuluvainen, étonnement nerveux et remonté envers ses ex-coéquipiers, lui qui est "passé à l'ennemi" après l'avoir si farouchement combattu l'an passé. D'autres retrouvailles ont également lieu avec le come-back de Michal Petrák, qui en a fini de son interminable suspension et fait un retour remarqué aux-côtés de Ján Plch et Ján Šimko, ses compères habituels.

KuuluvainenTimoDe la casse à Strasbourg

Ce retour rapproche un peu plus l'ICE de sa configuration optimale... tandis que Strasbourg s'en éloigne avec la sortie de Kevin Young. C'est le visage ensanglanté, stigmate d'un coup de crosse mal placé, que le Canadien, considéré comme le tout meilleur défenseur officiant dans le championnat néerlandais l'an passé, est évacué (07'44"). Bilan : mâchoire supérieure fracturée...

Coup dur pour Strasbourg qui, malgré la vigilance d'un Maxime Mallette impeccable dans les duels, va progressivement baisser sa garde. Non sans ouvrir le score dès sa première supériorité numérique, sur un tir de Stříž non cadré mais récupéré, derrière la cage, par Kuuluvainen. Le Finlandais servant ensuite Blake Gallagher, au premier poteau, pour une habile conclusion de ce lutin canadien très brièvement passé, l'été dernier, par le Jokerit Helsinki (0-1 à 10'52").

L'affaire paraît mal engagée surtout que la charge dans le dos de Ján Šimko sur Timo Kuuluvainen (09'40") a valu un 2+10 au Slovaque. Mais voilà, l'ICE, forte de ses nouvelles bonnes résolutions, se rebiffe aussi sec avec, dans le rôle du catalyseur, un Maxime Boisclair déchaîné. Épatant de leadership et d'intensité tout au long de la soirée, le Canadien d'origine haïtienne s'en va asséner une solide mise en échec dans l'arrondi pour compléter son forechecking. Et ainsi libérer la rondelle, d'une passe en retrait récupérée par Mikko Jortikka, monté au soutien et seul face au gardien, qu'il ajuste d'un lancer précis dans le petit filet (1-1 à 13'01").

À l'image d'un impressionnant Niko Mäntylä, combatif à souhait et jamais pris à défaut, les Vosgiens reprennent doucement du poil de la bête. Bien aidés, il est vrai, par un Lacasse signant un double arrêt décisif devant Dufournet (15'17"). Mais le gardien québécois des Dauphins, coupable sur quelques buts gapençais samedi, va encore apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs, qui ne lui reprochent pas tant ses "mauvais buts" que son incapacité à tenir un match entier. Et cela ne va pas manquer de se vérifier.

Un contre mené côté gauche par Timothée Franck offre un deux-contre-un que le jeune talent alsacien mène à bien, servant parfaitement Julien Correia au second poteau. Ce dernier, en bout de course et malgré l'angle fermé, parvient à placer son palet dans le haut du filet. Et donc hors de portée d'un Loïc Lacasse assurément trop faible côté mitaine (1-2 à 23'25"). Notons qu'à l'origine de cette action figure Pierre-Antoine Devin, qui ne sortira pas indemne d'un spectaculaire télescopage avec Fabien Leroy. À son tour, "Pitch" est évacué, les tendons du poignet sectionnés...

Un tir de Mäntylä repoussé sur Petrák ramène aussitôt l'égalité (2-2 à 24'21") et Strasbourg, qui tournait initialement à quatre lignes (avec un Gallagher doublant ses présences), voit ses rotations chamboulées. Julien Burgert s'associant à Pasi Petriläinen derrière, laissant Pierre Bougé compléter un duo Franck-Correia toujours très remuant. Mais pas autant que David Cayer, qui se voit lancé vers un break-away avorté par le retour musclé de Peter Slovák. Le trublion québécois vient s'empaler sur le gardien et voit une pénalité différée signalée à son encontre. Lacasse file alors vers son banc, laissant entrer un nouveau joueur de champ. Enfin pas pour longtemps, Cayer se chargeant de stopper le chrono d'un faire trébucher lui valant une sanction additionnelle (35'16").

Voilà donc l'ICE pourvue de quatre minutes de supériorité numérique. Plus de temps qu'il n'en faut pour corser l'addition. Sauvé par son montant gauche, sur une reprise limpide de Toby Lafrance (31e), Gilles Beck va concéder unLafrance nouveau rebond favorable, cette fois, à Maxime Boisclair (3-2 à 35'37").

Le powerplay strasbourgeois, en lice quelques minutes auparavant, n'est pas parvenu à ses fins malgré la vista d'un Ján Cibuľa cherchant, vainement, à décaler ses artilleurs. Un problème étranger au jeu de puissance spinalien ce soir. Ján Plch, repositionné à la pointe aux-côtés de Fabien Leroy (qui remplace désormais Stéphane Gervais sur la première phalange), faisant mouche dans la foulée. L'étonnante trajectoire de son tir flottant laissant à penser qu'il a été dévié (4-2 à 36'18").

Cette victoire qui se profile, les Dauphins ne vont pas la laisser filer. Les hommes de Daniel Bourdages, en gaspillant deux avantages numériques successifs, ne feront il est vrai pas grand chose pour les contrarier, réagissant seulement sur une accélération de l'inévitable Correia, qui se fait la malle côté gauche pour faire admirer la précision de son tir des poignets, fixant avec succès la lucarne opposée (4-3 à 50'12"). À vrai dire, ce but paraissait hautement "évitable" pour Loïc Lacasse.

La victoire qu'il fallait

Un frisson gagne alors Poissompré. Et si l'Étoile noire recollait ? Elle n'en passe pas loin, sur un shoot rasant que Timo Kuuluvainen voyait dedans (50'45"). Mais le cœur n'y est plus. Les Plch, Boisclair et autres Šimko, qui ont eu plus d'une fois l'occasion de tuer le match, finiront par avoir raison de Beck. Le fidèle back-up alsacien ne pourra rien devant Toby Lafrance, imparablement décalé au second poteau par Maxime Boisclair (5-3 à 57'20"). Un Boisclair préalablement lancé par Mäntylä côté gauche et délivrant son caviar... à genou ! La conclusion appropriée pour une bonne soirée de hockey…

Éclaircie durable ou embellie de courte durée ? Avec les Spinaliens, on est jamais sûr de rien ! Seule certitude, Armando Scarlato purgera, samedi contre Amiens, le troisième des cinq matchs de suspension qu'il s'est vu infliger par la commission de discipline, chargée de statuer sur son sort après son expulsion face à Dijon.

Épinal - Strasbourg 5-3 (1-1, 3-1, 1-1)
Mardi 27 septembre 2011 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 679 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Sueva Torribio et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 26' (14', 8', 4') ; Strasbourg 12 ' (2', 8', 2').
Tirs : Épinal 30 (8, 10,1 2) ; Strasbourg 30 (9, 13, 8).

Évolution du score :
0-1 à 10'52" : Gallagher assisté de Kuuluvainen et Stříž (sup. num.)
1-1 à 13'01" : Jortikka assisté de Boisclair et Lafrance
1-2 à 23'25" : Correia assisté de Franck et Devin
2-2 à 24'21" : Petrák assisté de Mäntylä
3-2 à 35'37" : Boisclair assisté de Leroy (sup. num.)
4-2 à 36'18" : Plch assisté de Chassard (sup. num.)
4-3 à 50'12" : Correia
5-3 à 57'20" : Lafrance assisté de Boisclair et Mäntylä

 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Maxime Boisclair (A) - Toby Lafrance - Guillaume Chassard ; Ján Šimko (puis Nathan Ganz de 9'40" à 19'40") - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Chad Lacasse - Yannick Offret - Erwan Agostini.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Kévin Benchabane. Absent : Armando Scarlato (suspendu).

Strasbourg

Gardien : Gilles Beck.

Défenseurs : Pasi Petriläinen - Kevin Young puis Julien Burgert à 7'44" ; David Stříž - Hugues Cruchandeau (A) ; Michal Česnek (A) - Maxime Mallette.

Attaquants : Timo Kuuluvainen - Blake Gallagher - David Cayer ; Lionel Tarantino - Édouard Dufournet - Ján Cibuľa (C) ; Julien Correia - Timothée Franck - Pierre-Antoine Devin puis Pierre Bougé à 24'.

Remplaçant : Vladimír Hiadlovský (G). Absent : Élie Marcos (reprise).