Épinal - Amiens (Coupe de la Ligue, groupe B, 5e journée)

Deux buts marqués, trois buts "donnés"

TobyLafrance

D'un côté Amiens, où la crise qui couvait est effective depuis samedi et la déconvenue des Gothiques à domicile (2-3 face à Caen). De l'autre Épinal, où blessures et indisponibilités jouent toujours les éléments perturbateurs. Suffisamment, en tout cas, pour empêcher l'équipe de jouer au complet. C'est d'ailleurs loin de sa configuration optimale qu'Épinal s'est rendu à Rouen. Ramenant des bords de Seine un score fleuve (1-8) gonflé par les doublés de Carl Mallette, François-Pierre Guénette et Ilpo Salmivirta...

Dix jours après s'être rencontrés en championnat, Gothiques et Dauphins se retrouvent. En Coupe de la Ligue cette fois. Une compétition où les Vosgiens ont vu leurs intérêts relancés par une double confrontation victorieuse avec Strasbourg. Deux succès pas anodins puisqu'ils les ramènent à seulement un point de Dijon et Amiens. À deux journées de la fin, tout est donc relancé dans cette poule B... où seule l'Étoile noire n'a maintenant plus rien à espérer.

Les Gothiques, bien que privés de Baazzi et Trabichet, devaient impérativement gagner. Ne serait-ce que pour stopper l'hémorragie (ils restent sur trois défaites de rang toutes compétitions confondues) et s'éviter des lendemains difficiles. Selon France Bleu Picardie, le président Henno menaçait de "tailler dans le vif en cas de nouvel échec"... et d'ainsi sonner le glas de certains "néo-Amiénois" ! 

Qu'il se rassure, il n'aura pas en arriver à de telles extremités : ses troupes ayant ramené d'Épinal la victoire qu'il fallait, bien aidés il est vrai par des Dauphins conciliants, qui au travers de grosses erreurs individuelles, leur ont proprement donné le match.

Tout avait pourtant bien commencé pour les Vosgiens, qui ouvrent le score dès leur première supériorité numérique (Michal Petrák ayant été accroché pour ne pas bénéficier d'une cage grande ouverte). Un lourd slap de Fabien Leroy générant un rebond cafouillé, mais finalement exploité par l'inévitable Toby Lafrance (1-0 à 01'34"). De quoi mettre l'ICE sur de bons rails, elle qui est toujours privée de Chad Lacasse, ménagé, mais qui récupère pour l'occasion un certain Armando Scarlato, qui vient de purger ses cinq matchs de suspension...

Scarlato ArmandoOn s'était presque habitué à le voir déambuler, en civil (et bien accompagné), dans les travées de Poissompré. Mais, pour la venue d'Amiens, c'est patins aux pieds et crosse en main que l'on retrouve "Scarla-Cop". Un Scarlato lourdaud, maladroit dans ses interventions comme dans ses transmissions.

Une "nullité" telle que Santino Pellegrino le clouera sur le banc dès la fin du premier tiers-temps (!), lui préférant par la suite un Guillaume Papelier pas forcément plus rassurant, il faut bien l'avouer. Sans parler d'un Fabien Leroy s'obstinant à toujours trop en faire avec le palet. Le capitaine spinalien multipliant approximations, mauvais choix... et aidant involontairement ses anciennes couleurs à refaire surface dans ce match.

Sous la pression de Claireaux, Leroy s'embrouille une énième fois à la ligne bleue offensive et voit la rondelle filer à l'opposé, vers Kyle Sibley. L'Américain jouant à merveille cette rupture, créant le surnombre et le décalage nécessaire à Kevin Bergin, qui reprend au second poteau (1-1 à 14'28"). Un but que le déplacement latéral de Loïc Lacasse n'a pu empêcher...

Amiens n'en demandait pas tant...

Auparavant, les hommes d'Antoine Richer (qui peinent à se trouver ; affichant les symptômes classiques d'une équipe en mal de confiance) s'étaient enfoncés dans leur incapacité à développer un powerplay digne de ce nom. Un seul lancer est ainsi recensé lors de leur première supériorité. Guère plus à leur deuxième opportunité, où les Claireaux, Morissette, Sibley, Bergin et autres Nikolov s'évertuent à faire tourner le palet sans jamais trouver de solutions. Se faisant ainsi plus d'une fois contrer et intercepter par des Spinaliens pas forcément plus inspirés, mais rendus plus entreprenants par leur duo Lafrance-Boisclair, toujours aussi remuant.

Inutile d'y aller par quatre chemins. Ces deux-là, qui assurent désormais l'essentiel du pointage côté spinalien, sont les immenses satisfactions de ce début de saison... où les déceptions sont en revanche légion. À commencer par un Loïc Lacasse trop irrégulier... et toujours exposé aux "boulettes" de ses coéquipiers. Comme sur cette bourde dans le slot de Yannick Offret, récupérée par Antoine Vanwormhoudt. Le neveu de François Rozenthal, issu du mouvement junior genevois, lançant aussitôt Jarosław Rzeszutko vers un duel singulier remporté par l'international polonais (1-2 à 22'28").

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Passons ensuite sur les pénalités qui s'enchaînent et la médiocrité ambiante pour n'en garder que le meilleur. En l'occurrence ce contre spinalien en désavantage numérique, mené de main de maître par un Maxime Boisclair filant sans demander son reste. Une accélération qui le met hors de portée du repli adverse et lui permet d'ajuster la lucarne opposée d'un tir croisé du plus bel effet (2-2 à 29'06").

Et dire qu'il y a un an seulement, Boisclair était fustigé pour son inefficacité et son manque d'explosivité ! Quelle métamorphose pour l'ailier canadien d'origine haïtienne, qui fait aujourd'hui l'unanimité aux-côtés de Toby Lafrance et fait preuve d'un abatage remarqué, mais que les statistiques ne mentionnent pas.

En revanche, celles-ci diront que Loïc Lacasse et Billy Thompson auront tous deux réalisé vingt-et-un arrêts ce soir. Seule différence, Thompson parut beaucoup plus sécurisant, à bout portant ou sur des slaps puissants, qu'un Lacasse prenant encore un "mauvais but"... au plus mauvais des moments.

Jake Morissette, échappé côté gauche, ne paraissait pourtant guère menaçant, surtout que son lancer est pris en angle fermé. Seulement voilà, le disque rebondit sur le bras de Lacasse et revient sur Morissette. Qui retente aussitôt sa chance, dans un angle carrément impossible ... et voit cette fois la rondelle rentrer après avoir heurté le haut du dos du gardien (2-3 à 42'56"). Un Lacasse qui couvrait évidemment mal son premier poteau et complique sérieusement la tâche de ses coéquipiers. Surtout que Billy Thompson, très solide, ne laisse rien passer, sortant sa plus belle mitaine devant Chassard (49'48") et voyant son montant l'assister sur un essai de Ján Plch.

Les Gothiques, qui ont perdu Kyle Sibley (blessé dans un contact lui ayant d'ailleurs valu une pénalité), ont intensifié leur pressing au fil de ce troisième tiers temps, sans parvenir à montrer de quelconques progrès en powerplay. Mais qu'importe si les Picards n'ont pas convaincu. Ils ont ce soir obtenu l'essentiel : leur qualification et un sursis avant d'aller défier Strasbourg à l'Iceberg... pour un match à ne surtout pas perdre.

Éliminés de la course aux quarts, les hommes de Santino Pellegrino n'en feront pas une maladie. Ils regretteront toutefois d'avoir "bêtement" perdu un match à leur portée...

 

Épinal - Amiens 2-3 (1-1, 1-1, 0-1).
Mardi 11 octobre 2011 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 501 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Mathieu Loos et Sueva Torribio.
Pénalités : Épinal 8' (4', 2', 2') ; Amiens 10' (2', 6', 2').
Tirs : Épinal 23 (8, 7, 8) ; Amiens 24 (7, 9, 8).

Évolution du score :
1-0 à 01'34" : Lafrance assisté de Boisclair et Petrák (sup. num.)
1-1 à 14'28" : Bergin assisté de Claireaux et Sibley
1-2 à 22'28" : Rzeszutko assisté de Bašič et Vanwormhoudt
2-2 à 29'06" : Boisclair assisté de Lafrance et Slovák (inf. num.)
2-3 à 42'56" : Morissette assisté de Nikolov et Bault

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse (sorti de sa cage à 59'43").

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Armando Scarlato [puis Papelier à 20'].

Attaquants : Maxime Boisclair (A) - Toby Lafrance - Guillaume Chassard ; Ján Šimko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Guillaume Papelier puis Nathan Ganz à 20' - Yannick Offret - Erwan Agostini ; Kévin Benchabane.

Remplaçant : Mathieu Perrin (G). Absent : Chad Lacasse (adducteurs).

Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Angel Nikolov - Kyle Sibley ; Vincent Bachet (C) - Thomas Roussel ; Romain Bault.

Attaquants : Kevin Bergin (A) - Jake Morissette - Valentin Claireaux ; Martin Tomášek (A) - Anthony Mortas - Grégory Béron ; Antoine Vanwormhoudt - Jarosław Rzeszutko - Luka Bašič ; Aïna Rambelo.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Mickaël Bardet, Marius Serer. Absents : Aziz Baazzi (main), Teddy Trabichet.