Compiègne - Orléans (Division 2, 2e journée)

Compiègne cale à domicile

Ça sentait bon la rentrée à Compiègne. Après une première victoire à Wasquehal il y a deux semaines (3-7) pour leur retour en Division 2 et une qualification en Coupe de France face à Champigny à domicile (7-6), les Lions n'avaient pour autre objectif que de continuer sur leur lancée pour leur premier match de championnat à domicile. Invaincus aux Mercières depuis le 29 janvier, les Jaunes avancent confiants sur la glace, sûrs de leurs forces.

Il faut dire que l'adversaire du soir semble à la portée de Compiègne. Malmenés chez eux par Toulon (2-8), les Orléanais arrivent en terre picarde avec un capital confiance au plus bas. Les hommes de Jérôme Pourtanel espérant au mieux résister à la force de frappe des Lions.

IMG 36202Les Jaunes annoncent la couleur

Au coup d'envoi, les deux équipes présentent un effectif complet, Compiègne ayant récupéré son défenseur Texeira Leite. Rapidement les hommes de David Dostal prennent le contrôle du palet et assiègent la cage du gardien orléanais Chand Smith. Ondrej Prokop se teste une première fois avant que Jonathan Boucher ne trouve la transversale (2'21''). Orléans s'en sort bien mais Tomas Tomasik doit concéder une première faute et les Lions font le forcing. Le danger vient une fois de plus d'Ondrej Prokop qui vient par deux fois buter sur Chand Smith. Puis Alexis Nicolay voit son tir passer juste à côté (4'40''). Orléans a su contenir les assauts picards avec beaucoup de maîtrise en infériorité numérique.

Cependant les Renards ne s'approchent que trop rarement du but gardé par un Richard Caladi bien tranquille jusque là. Pire encore, face à la pression constante des Picards, les Orléanais sont contraints de commettre des fautes. Ainsi, Alexandre Paul doit laisser ses coéquipiers pour cinglage. Mais là encore les Lions manquent cruellement d'efficacité dans le dernier geste. Et quand ils parviennent à cadrer, Chand Smith répond présent, à l'image de ce bel arrêt sur un slap de Christopher Texeira Leite (9'16'').

Dominateur jusque là, Compiègne se complique la tâche tout seul en concédant coup sur coup deux pénalités. Avec une double supériorité, Orléans se créé sa véritable première possession et fait tourner le palet devant le but picard. Mais Richard Caladi veille au grain et empêche les Renards d'ouvrir le score en écartant magistralement un palet qui traîné par là (11'48''). De nouveau au complet, les Lions insistent pour faire sauter le verrou orléanais. Mais, symbole de l'inefficacité picarde, Anthony Panto perd son face-à-face avec Chand Smith.

Inférieur techniquement, Orléans compense par un gros impact physique. Les joueurs de Jérôme Pourtanel sont alors rattrapés par la patrouille et se retrouvent en double infériorité. Les Lions placent tranquillement leurs pions devant le but, mais étrangement personne n'ose prendre la responsabilité de frapper. Le chrono tourne et les Renards reviennent au complet sur la glace sans que Compiègne ait réussi à placer une frappe dangereuse.

En fin de tiers-temps, le match s'équilibre. Sur une contre-attaque, Michal Plichta manque son face-à-face (18'15''). Puis c'est au tour de l'Orléanais Michel Tomasik de trouver la jambière de Richard Caladi (19'), imité quelques instants plus tard par Andry Buntic qui s'infiltre et vient buter sur le gardien compiégnois. Compiègne a globalement dominé ce premier acte, même si au fil des minutes, Orléans a haussé son niveau de jeu.

HCC -_Orleans_2Rusés ces Renards

De retour sur la glace, Compiègne se met rapidement à la faute et offre une double supériorité aux Orléanais qui n'en demandaient pas tant. Morgan Noale se met rapidement en évidence. Après une première frappe qui trouve le poteau, le défenseur des Renards trompe Richard Caladi après une bonne transmission de Tomas Lesko (21'41'', 0-1).

Toujours en supériorité, Orléans continue de mettre la pression. Tomas Lesko, à l'affût, est sur le point de tromper le gardien de près, puis Thomas Saint-André perd son face-à-face (22'00''). Compiègne est sonné en ce début de tiers-temps et le public donne de la voix pour remettre son équipe dans le match. Efficace semble-t-il puisque Delplanque reprend devant le but orléanais une passe d'Ondrej Prokop, mais Chand Smith stoppe net l'action.

Après avoir courbé l'échine pendant quelques minutes, Orléans remet la pression sur la défense picarde, profitant une fois de plus de l'indiscipline locale. Après une succession de passes devant le but de Richard Caladi, Morgan Noale surpuissant sur le gardien picard (27'30''). Puis c'est au tour de Numa Mineur d'allumer une mèche, cette fois-ci le dernier rempart des Jaunes relâche et il en faut peu pour qu'un Orléanais, en « renard des surfaces », pousse le palet au fond (28'39''). L'orage passé, les Lions profitent d'une supériorité numérique pour enfin ouvrir leur compteur. Mais comme un symbole, Michal Plichta envoie son tir... au-dessus de la cage de Chand Smith (29'40'').

Avec d'un côté des Compiégnois qui s'agacent face à tant d'inefficacité, et de l'autre des Orléanais bien décidés à ne pas céder, la rencontre se durcit et la tension sur la glace est palpable. À ce petit jeu se sont les Renards qui s'y perdent, puisque coup sur coup, deux joueurs orléanais sont envoyés en prison. De nouveau en ballotage favorable, les Lions ne ratent pas (enfin) l'occasion d'envoyer la rondelle au fond. David Dostal transmet à Ondrej Prokop qui trompe le gardien orléanais sur la gauche (1-1, 30'49''). Le public explose.

Revenus au score, les Jaunes redoublent d'efforts pour doubler la mise. Mais c'est sans compter sur l'abnégation des Renards qui ne laissent rien aux Picards. Le jeu est même interrompu quelques minutes suite à un début de bagarre. Une fois tout ce petit monde revenu au calme, le jeu reprend. Depuis le début du second acte, Orléans est un cran au-dessus et prend le jeu à son compte, profitant, il faut le dire, de la quasi inexistence de Compiègne sur la glace. Sur une récupération, Tomas Tomasik envoie sur orbite Tomas Lesko qui s'en va tromper un Richard Caladi abandonné par sa défense sur ce coup là (1-2, 35'04'').

David Dostal, sentant que ses joueurs sont en train de perdre prise, demande un temps mort. Las, sur une nouvelle contre-attaque, Andry Buntic ne se fait pas prier pour crucifier les Lions (1-3, 35'42''). Compiègne est K-O debout face à des Orléanais déchaînés. Guillaume Grandin est ainsi sur le point de corser un peu plus l'addition, mais il ne trouve que le poteau de Richard Caladi. Dépassés dans les débats, les Lions durcissent le jeu. Pour preuve ce tampon énorme entre Julien Levasseur et Damien Bery qui laisse le défenseur orléanais sonné quelques instants.

Cet épisode n'empêche pas les Renards d'accentuer la pression et c'est au tour de Thomas Saint-André de mettre à contribution Richard Caladi (37'45''). Réponse du berger à la bergère, Michal Plichta plein axe allume Chand Smith qui rassure toute sa défense en déviant le palet du bouclier (38'37''). L'arbitre renvoie tout le monde au vestiaire sur ce score de 3-1 en faveur d'Orléans. Les visiteurs, à l'expérience, ont assommé des compiégnois penauds.

HCC -_OrleansDes Lions méconnaissables

Être mené au score à domicile n'est pas chose nouvelle pour Compiègne et pendant la pause, la plupart des supporters s'accordent à dire que tout n'est pas perdu pour les Jaunes. Pourtant les Lions sont jusque là méconnaissables. Totalement inefficaces en attaque, peu rassurant en défense, les Picards sont loin de rassurer. Le début du dernier tiers-temps ne fait que confirmer ce constat. Orléans prive Compiègne du palet et parvient à se créer des situations dangereuses.

Les frères Tomasik se mettent rapidement en action. Tomas d'abord, qui perd son duel avec Richard Caladi (43'30''), puis Michel qui se teste de loin (44'10''), avant que Tomas n'en remette une couche sur un nouveau face-à-face perdu (45'14''). La maison jaune prend feu et heureusement que pompier Caladi a sorti le bleu de chauffe.

Les Lions essayent tant bien que mal de hausser le ton, mais ni Michal Plichta (46'30''), ni David Dostal (47'50'') ne parviennent à concrétiser leurs tentatives. Totalement libérés, les Renards, en infériorité numérique, enfoncent le clou par l'intermédiaire de Michel Tomasik sur une attaque rapidement jouée (1-4, 48'25''). On frôle l'humiliation, Compiègne s'énerve et concède les pénalités.

En infériorité, les Lions tentent de produire du jeu mais s'exposent aux contres. Sur une interception, Orléans se rue sur le but de Richard Caladi. Abandonné par la défense, Tomas Tomasik se présente seul face au gardien compiégnois et marque (1-5, 49'58'').

Le gardien habituel des Jaunes cède alors sa place à son homologue Thibault Varin. Il lui faut peu de temps pour s'illustrer sur un tir de Thomas Saint André (52'30''). Dans le money time, les Lions essayent de sauver la face et sortent les griffes. Tanguy Skelding remonte le palet, fait le tour de la cage orléanaise avant de transmettre à Anthony Panto qui bute par deux fois sur Chand Smith (53'10''). David Dostal s'infiltre ensuite au cœur de la défense des Renards, mais là encore le gardien des visiteurs reste attentif (55'00''). À force d'insister, les Picards sont récompensés de leurs efforts. Alexandre Delplanque accélère et donne à Pierre Brochard, monté aux avant-postes, qui place le palet entre Chand Smith et son poteau (2-5, 55'19'').

Le sursaut intervient malheureusement bien trop tard pour Compiègne. Orléans se permet même d'apporter le danger une nouvelle fois sur le but de Thibault Varin, sans conséquence toutefois. La fin du match est hachée par plusieurs fautes et le score n'évoluera plus.

Contre toute attente, Orléans parvient à s'imposer sur les terres compiégnoises. Après une défaite initiale face à Toulon ce résultat donne de l'air aux hommes de Jérôme Pourtanel. Pour les Lions le coup est rude. La victoire convaincante à Wasquehal n'est pas confirmée et les Jaunes manquent l'occasion de coller au wagon de tête. Il faudra que David Dostal et ses joueurs réagissent à Cholet le week-end prochain, sous peine de se rendre la tâche compliquée pour la suite de la saison.

Charles Thelliez / Photos : Hervé Reynaud

Réactions d'après match :

David Dostal (entraîneur-joueur de Compiègne) : « On n'est pas capable de marquer dans le premier tiers temps, pourtant il y avait la place. Il est clair que l'on a sous-estimé cette équipe. Sur ce match on voit qu'on manque d'expérience. Mais on n'a aucune excuse. Orléans mérité sa victoire. Ils en voulaient plus que nous. Il y a de la frustration ce soir. »

Jérôme Pourtanel (entraîneur d'Orléans) : « En un mot : exceptionnel ! Les joueurs ont tout donné. Ça fait du bien moralement. Oui c'est un match quasi parfait pour nous. Mes joueurs ont fait un gros match ce soir. Je ne m'attendais pas à un match comme ça. Pour tout vous dire j'ai envoyé un message à mon père avant le match en lui disant : 'j'espère que je ne vais pas m'en prendre 10 ce soir'. »

 

 

Compiègne – Orléans 2-5 (0-0, 1-3, 1-2)
Samedi 8 octobre 2011 à 20h30 à la patinoire de Mercières. Environ 300 spectateurs.
Arbitrage de Christophe Picard assisté de Julia Cruchandeau et Thomas Caillot.
Pénalités : Compiègne 38' (6', 8' + 10', 14') ; Orléans 30' (10', 6', 14').

 

Évolution du score :
0-1 à 21'41" : Noale assisté de Lesko et Tomasik (double sup. num.)
1-1 à 30'49" : Prokop assisté de Dostal (double sup. num.)
1-2 à 35'04" : Lesko assisté de Tomasik et Noale
1-3 à 35'42" : Buntic assisté de Dehu et Noale
1-4 à 48'25" : Tomasik assisté de Dehu et Tomasik (inf. num.)
1-5 à 49'58" : Tomasik assisté de Lesko et Buntic (double sup. num.)
2-5 à 55'19" : Brochard assisté de Delplanque et Levasseur (sup.num.)

 


Compiègne

Gardien : Richard Caladi puis Thibault Varin (49'58'')

Défenseurs : Tanguy Skelding – Christopher Texeira Leite ; Pierre Brohard (C) - Julien Levasseur.

Attaquants : Alexis Nicolay - David Dostal - Michal Plichta ; Alexandre Delplanque - Anthony Panto - Ondrej Prokop (A) ; Jonathan Boucher (A) - Rémy Feuillet - Jérémy Lebreton

Remplaçant : Luc Polverelli.