Strasbourg - Épinal (Coupe de France, 1/16 de finale)

Un grand Hiadlovsky Vladclassique...

Pour leur entrée en lice, Spinaliens et Strasbourgeois avaient de fortes chances de se retrouver avec la répartition géographique du tirage au sort. Et ça n'a pas loupé !

Comme dirait l'autre, "c'est l'jeu ma pôv' Lucette"... mais avouez que ce quatrième affrontement en six ans (à ce stade de la compétition) est un peu redondant. Surtout que les deux équipes se sont déjà rencontrées deux fois en Coupe de la Ligue cette saison ! Un tournoi que les Bas-Rhinois n'ont assurément pas joué sur leur vraie valeur. Mais ce soir, l'enjeu est là. La titularisation de Vladimír Hiadlovský ne trompe pas.

En effet, si Gilles Beck a disputé la Coupe de la Ligue dans son intégralité, Daniel Bourdages lui préfère son aîné pour cette rentrée en Coupe de France. Un "Vlad" qui, en plus d'être un "sacré numéro", est aussi le gardien ayant le plus souvent croisé les Dauphins ces dix dernières années. Lui, l'ancien Tourangeau et Dijonnais, signe ce soir sa trente-troisième apparition face aux Vosgiens, tout auréolé d'un match plein à Rouen. Là où l'Étoile noire n'avait jamais gagné... avant samedi !

Les superlatifs n'ont évidemment pas manqué pour qualifier ce succès, aussi retentissant que celui d'Épinal à l'Ile-Lacroix trois ans auparavant. Un authentique "match référence", loin de l'Iceberg où les Alsaciens n'affichent, pour l'heure, qu'une seule victoire à leur compteur.

L'Iceberg, justement, est le théâtre d'un petit événement. Pour la première fois depuis des lustres, l'ICE est en effet au complet. Pas de blessés, pas de suspendus, pas d'absents. Rien ! Même Guillaume Chassard a pu se libérer pour rejoindre ses coéquipiers. Des Dauphins convaincants vainqueurs de Villard-de-Lans samedi (4-1)... et qui ont à cœur d'aller loin en Coupe de France. Un point commun avec leurs rivaux alsaciens décidés, eux aussi, à rallier Bercy.

Blacks... et d'équerre

Ces derniers ne tardent d'ailleurs pas à se procurer de bonnes occasions, fortifiés par l'incessante activité de Gallagher et Cayer en supériorité numérique (03'37"). Une chance, pour les Lorrains, que leur gardien réponde présent en ces premiers instants. Un Lacasse solide sur les tirs lointains et bien inspiré de repousser, de la jambière, un contre mené par Cayer et terminé par l'insaisissable Gallagher (06'23"). Timothée Franck, lancé dans le dos de la défense par Élie Marcos, vise lui l'entre-bottes... mais n'a pas plus de réussite face au portier canadien, visiblement dans un bon soir (07'50").

CayerDavid2Malmenés par les pressings des Cayer, Kuuluvainen et autres Dufournet, bloqués en zone neutre par un adversaire ayant rapidement tissé sa toile, les visiteurs sont sous l'éteignoir. Ils ont toutes les peines du monde à se déployer et à sortir proprement de leur zone (pas étonnant, vous me direz, avec un Leroy précipitant ses relances). Et quand le premier rideau défensif est franchi (souvent au prix d'un exploit individuel), un Petriläinen, un Česnek ou un Mallette est là pour couper les lignes de passe et "cueillir" le porteur du palet.

Vu la physionomie des débats, il ne faisait aucun doute que l'Étoile noire ouvrirait le score. Tôt ou tard. Et comme par hasard, c'est Timo Kuuluvainen qui touche la cible, bien décalé par David Cayer après une mise au jeu remportée par Blake Gallagher. Le Finlandais, dégaine en périphérie du rond d'engagement pour mieux nettoyer la lucarne de son ex-coéquipier (1-0 à 14'30").

Les vice-champions de France virent logiquement en tête à l'issue d'une première période bien maîtrisée, où Vladimír Hiadlovský ne fut véritablement sollicité qu'en situation d'infériorité numérique. Comme sur cette occasion de Toby Lafrance à bout portant (17'22").

Si les hommes de Santino Pellegrino reviennent des vestiaires animés de meilleures intentions, ils n'en frisent pas moins la correctionnelle sur une reprise de Gallagher tutoyant la transversale (20'31"). Lacasse était battu, comme Hiadlovský aurait pu l'être sur les déviations (non cadrées) de Boisclair (32'30") et Chassard (33'23").

Scarlato Armando

Deux belles occasions rappelant que l'Étoile noire, faute d'avoir su se mettre à l'abri, reste à la merci d'un éventuel retour des Dauphins, qui ont fini par desserrer l'étreinte... mais ont également perdu Slovák et Jortikka en route. Autant de sorties poussant Pellegrino à davantage responsabiliser un Armando Scarlato très décrié, lui confiant notamment un temps de glace important (même en situations spéciales).

Tout reste donc possible à l'aube du troisième acte, même si les bonnes dispositions d'un Pasi Petriläinen "taille patron" ne se démentent pas. Rarement pris à défaut, le taulier finlandais fait forte impression en contenant les assauts d'attaquants vosgiens manquant cruellement d'inspiration. Maxime Boisclair notamment, que l'on a connu plus impliqué...

L'enjeu ayant tué le jeu, le match est fermé. Mais les paris restent ouverts dans ce dernier tiers, relancés par un palet perdu en zone offensive strasbourgeoise. Le "crime" profite à Ján Šimko qui offre, à Ján Plch, une cage vide au second poteau (1-1 à 47'27").

On la sentait venir cette égalisation spinalienne, qui pendait au nez d'Alsaciens toujours aussi inefficaces en supériorité numérique (malgré le retour de Young) et maladroits dans la finition. Marcos, mis sur orbite par le virevoltant Correia, se présentait pourtant seul devant Lacasse, qui repousse cet essai à bout portant du bout de sa mitaine (50').

Les prolongations se profilent à l'horizon, laissant aux deux formations dix minutes pour forcer la décision. Un temps additionnel que les hommes de Daniel Bourdages manquent plus d'une fois d'abréger, profitant notamment d'une sévère pénalité (62'32") infligée à Toby Lafrance (au duel avec un certain Timo Kuuluvainen). Mais là encore, Loïc Lacasse assure. Et rassure.

Offret YannickPhysiquement éprouvées, les deux équipes jettent leurs dernières forces dans la bataille. Une sanction envoyant Maxime Mallette au cachot (68'58") ne changera rien à l'affaire, malgré un dernier siège infructueux de l'ICE. Après tout, Strasbourg n'est-elle pas la meilleure équipe de Ligue Magnus en désavantage numérique ?

En tout cas, puisque les dieux du hockey l'ont décidé, c'est en fusillade que se terminera cette soirée. Une fin appropriée pour un derby devenu très indécis... et qui va se jouer à pile ou face. À quitte ou double...

Vainqueurs de Dijon (dix jours plus tôt) à la "loterie des penaltys", les Spinaliens vont, ce soir, tomber sur meilleurs qu'eux. Julien Correia donne le ton, s'élançant le premier et dribblant avec succès l'ultime rempart spinalien. Chad Lacasse cherche pour sa part la lucarne... mais enlève trop son tir. Blake Gallagher n'est lui pas verni de faire tinter le montant gauche de Loïc Lacasse. Quant à Vladimír Hiadlovský, il ne tremble pas devant Maxime Boisclair.

La qualif' est à portée de crosse pour Strasbourg et c'est Kevin Young qui s'y colle. Le grand blueliner canadien (qui arbore une visière intégrale, petit "souvenir" d'Épinal...) glissant, à son tour, le caoutchouc dans le dos du gardien. Un Lacasse filant aussitôt vers son banc pour y jeter sa crosse. De rage, de frustration. De déception...

Caramba, encore raté !

Ce n'est pas encore cette année qu'Épinal reverra Bercy, cinq ans après sa finale perdue contre Angers. Pourtant, les Vosgiens sont passés tout près de briser le signe indien voulant, en pareille confrontation, que l'équipe receveuse se qualifie systématiquement (Épinal en 2006 et 2008, Strasbourg en 2007 et 2009). Au lieu de ça, c'est l'Étoile noire qui continue son chemin. Mais la route menant au "Graal" parisien est longue, semée d'embûches et la réalité du championnat reprend ses droits, dès samedi face à Dijon.

 

Strasbourg - Épinal 2-1 t.a.b. (1-0, 0-0, 0-1, 0-0, 1-0)
Mardi 25 octobre à 20h00 à l'Iceberg. 1 325 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Mathieu Loos et Laurent Rouèche.
Pénalités : Strasbourg 14 ' (4', 4', 4', 2') ; Épinal 8' (2', 4', 0', 2').
Tirs : Strasbourg 32 (11, 8, 5, 8) ; Épinal 25 (6, 5, 8, 6).

Évolution du score :
1-0 à 14'30" : Kuuluvainen assisté de Cayer et Gallagher
1-1 à 47'27" : Plch assisté de Šimko

Tirs aux buts
Strasbourg : Correia (réussi), Gallagher (raté), Young (réussi).
Épinal : C. Lacasse (raté), Boisclair (raté)


Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : Maxime Mallette - Pasi Petriläinen ; Michal Česnek - Kevin Young ; Hugues Cruchandeau - David Stříž.

Attaquants : Timo Kuuluvainen - Blake Gallagher - David Cayer ; Lionel Tarantino - Édouard Dufournet - Ján Cibuľa (A) ; Julien Correia - Élie Marcos (C) - Timothée Franck.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé. Absents : Pierre-Antoine Devin (tendons du poignet sectionnés), Julien Burgert (élongation).

Épinal 

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka [puis Scarlato] - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier ; Armando Scarlato.

Attaquants : Maxime Boisclair (A) - Toby Lafrance - Guillaume Chassard ; Ján Šimko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Chad Lacasse - Yannick Offret - Erwan Agostini [puis Nathan Ganz].

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Kévin Benchabane.