Épinal - Briançon (Ligue Magnus, 7e journée)

Les Diables l’emportent, malgré toutALCAINEander110924011

Plus concernés par la Coupe de France, les Dauphins n'ont maintenant plus que le championnat à se mettre sous la dent. Peut-être un mal pour un bien, la répétition des efforts n'ayant jamais été le fort des hommes de Santino Pellegrino. Pour qui la venue de Briançon apparaît comme un excellent révélateur de leurs actuelles possibilités.

Et il faudra faire sans Toby Lafrance, leur meilleur attaquant du moment, face à des Diables rouges fortement diminués par les absences de Mickaël Perez et de leurs buteurs vedettes Jean-François Caudron et Marc-André Bernier (qui vient de se faire opérer d'un doigt cassé). Les indisponibilités du Finlandais Jermu Porthen (gravement blessé au genou) et du tout jeune Cédric Di Dio Balsamo n'arrangent en rien le manque de profondeur de banc malgré le retour remarqué de Robin Gaborit.

Pour former trois lignes d'attaque, Luciano Basile doit donc improviser en repositionnant deux arrières à l'avant. En l'occurrence Holmberg et Chakiachvili. L'alignement obtenu ressemble à celui formulé, mardi, à Valence en Coupe de France (4-0), pour le quatrième blanchissage "français" d'Ander Alcaine.

Voilà qui en dit long sur les qualités de ce jeune gardien espagnol encore méconnu, qui a débuté très tôt en Superliga (sous les couleurs blaugrana du Barça) et avait atteint des sommets, en avril dernier, face au favori transalpin lors des Mondiaux de division 1.

Pour sa première dans la Cité des Images, le natif du village pyrénéen de Jaca (un haut lieu du hockey en Espagne) est vite mis à contribution et se voit rapidement sauvé par son montant sur un shoot rasant de Mäntylä (00'30").

Ce Briançon-là s’annonce très difficile à manœuvrer mais les Dauphins sont récompensés de leurs efforts sur leur premier temps fort. Petrák ressortant le palet sur l'excellent Mäntylä, posté en entrée de zone, pour un slap ras de glace dont la trajectoire, peut-être déviée, surprend Alcaine (1-0 à 05'09").

Jeu de puissance... et d'impuissance

Le powerplay briançonnais entre en scène sur un cinglage de Fabien Leroy (10'09"). Un "cinq majeur" (Castonguay, Walls, Terglav, Vanoosten et Lévèque) diablement redoutable sur jeu placé.

HOLMBERGaleksi110924071

Mais le salut vient plutôt de la seconde unité... et d'un dégagement mal assuré par Guillaume Papelier. Le puck est repris par Bourgaut, qui trouve aussitôt Holmberg côté gauche. Le Finlandais y allant d'un centre-tir dévié au second poteau par Sébastien Rohat (1-1 à 11'44"). Armando Scarlato, censé marquer "Speedy" Rohat, était aux premières loges...

Il n’en faut pas plus pour que les Haut-Alpins s’enhardissent et se fassent subitement plus pressants aux abords de la cage défendue par Loïc Lacasse. Mais la mitaine du Canadien ne tremble pas devant Terglav à bout portant (13’04’’). Ni même sur le slap de Steve Vanoosten en supériorité (13'52").

Un avantage numérique consécutif à un faire trébucher de Chad Lacasse ramène aux affaires un jeu de puissance bien rôdé, même privé de Perez, Caudron et Bernier, trois de ses bras armés. Pas de quoi altérer, toutefois, les bonnes dispositions de Briançon à cinq contre quatre. Vite installés en zone offensive, les Diables rouges déroulent un jeu bien léché. Cherchant un décalage venant sur une passe de Vanoosten, à la pointe, libérant Castonguay au rond d’engagement droit. Libre de tout marquage, le Canadien peut alors faire parler ses poignets (1-2 à 15'11").

Ce n'est dès lors plus le même match, surtout que l'ICE perd Peter Slovák sur un contact « genou contre genou » avec Braden Walls (17'51"). Le Slovaque reste à terre, gisant avant d'être évacué sur civière. Walls, lui, écope d’une méconduite de match.

Il s'ensuit une pénalité majeure tellement mal exploitée que la meilleure opportunité sera briançonnaise. Ce diable d'Éric Castonguay récupérant une passe hasardeuse de Maxime Boisclair à destination de Ján Plch pour prendre la poudre d'escampette. Une échappée tournant à l'avantage d'un Lacasse inspiré, qui sauve les meubles face au meilleur compteur briançonnais (18'20"). Épinal, sur cette action, a vraiment frisé la correctionnelle...

Les locaux reviennent des vestiaires avec encore 2'30" à jouer en supériorité. Un slap de Fabien Leroy, bien décalé à la bleue par Ján Plch, heurte le poteau droit d'Ander Alcaine (20'59") et c'est là leur seule occasion notable dans ce secteur du jeu, orphelin de Toby Lafrance.

Un véritable condensé d'énergie remplacé, ce soir, par son compère Maxime Boisclair, replacé au centre comme l'an passé. Ce qui ne l'empêche pas de rafler une bonne mise au jeu en zone offensive. Chad Lacasse profitant d'un écran et de sa dextérité pour s'infiltrer et forcer Alcaine à lâcher un rebond favorable à un Boisclair opportuniste, qui score de près et du revers (2-2 à 24'11").

Castonguay met les gaz...

CASTONGUAYeric110924094

Le Canado-Haïtien, moins fringant ces derniers temps, ôte sur ce coup une belle épine du pied à ses coéquipiers... qui retombent aussitôt dans leurs travers. Laissant Castonguay démarrer du rond central, dans un élan lui permettant d’éliminer ses vis-à-vis côté gauche pour finalement centrer dans la boîte, d'où jaillit Gaborit, au nez et à la barbe de Jortikka (2-3 à 26'58"). De quoi refroidir les travées bondées de Poissompré...

Car les efforts spinaliens pour recoller apparaissent désordonnés malgré les assauts d'un Chad Lacasse très entreprenant pour son retour sur la deuxième ligne. D'ordinaire affecté aux basses besognes du troisième trio, le Québécois profite de cette exposition pour se montrer. Se trouvant notamment au point de chute d'une longue ouverture de Boisclair, qu'il réceptionne trop près du gardien pour réellement l'exploiter (30e).

Florian Chakiachvili, lui, goûte à la médecine d'un Fabien Leroy le chargeant brutalement contre la bande (38'27"). Une pénalité mineure ne profitant ni aux Alpins, ni aux Vosgiens, pourtant dangereux en désavantage numérique comme en attestent leurs cinq buts marqués (toutes compétitions confondues) dans cette configuration depuis le début de la saison.

La pénurie d'attaquants est telle dans les rangs briançonnais (depuis la sortie de Braden Walls) que Luciano Basile a encore dû réduire ses rotations défensives et faire "monter" le Hongrois Bence Szirányi avec Florian Chakiachvili et Lucas Bini. L'effet domino ayant propulsé Robin Gaborit en première ligne, aux-côtés d'un Peter Bourgaut qu'il met en bonne position pour un face-à-face remporté par un Loïc Lacasse (43e) signant, par la suite, plusieurs parades salvatrices.

Michal Petrák (45e) et Guillaume Chassard (47e), pour leur part, arrivent lancé vers un duel remporté, à bout portant, par Ander Alcaine. Un solide portier ibérique, bien aidé par une défensive rarement prise de vitesse par les incursions spinaliennes.

Parole à la défense

SZELIGviktor110924061Bien regroupée, la "bande à Basile" laisse venir, s'appuyant sur le métier des Szélig, Lévèque et autres Vanoosten, qui s'évertuent à écarter le danger. Une défense tous les instants pour une équipe jouant le contre mais faisant avant tout corps devant son gardien.

Un Alcaine tout près d'être surpris par la déviation de Boisclair (57'36"), tellement chaude qu'elle en provoque l'interaction de Szélig. Et la pénalité du vétéran magyar, appelé à rejoindre Aleksi Holmberg au banc d'infamie pour une double sentence encore très mal négociée par les Dauphins. Le temps s'égrenant en leur défaveur, les tirs et les passes sont précipitées mais Ander Alcaine reste sous pression. Et tient bon, jusqu'au bout, pesant lourd dans cette victoire ô combien méritoire.

Luciano Basile peut sauter sur la glace et féliciter un à un ses joueurs, vainqueurs aux tripes d'"un match de référence" selon ses dires. Un coach ayant su trouver la tactique adaptée pour venir à bout de Spinaliens combatifs mais incapables de concrétiser. Qui ne manqueront pas de regretter ces points perdus, leurs premiers en championnat depuis quinze jours.

L'absence de Toby Lafrance a certes pesé dans la balance mais l'impression laissée en situation d'avantage numérique ne saurait s'expliquer par le seul forfait du Canadien. En tout cas, cet énième zéro pointé en supériorité rabaisse l'ICE, dans ce secteur-clé du jeu (sur ses dernières sorties), au niveau de Caen et Villard-de-Lans. Deux cancres avérés en powerplay…

 

Épinal - Briançon 2-3 (1-2, 1-1, 0-0)

Samedi 29 octobre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 233 spectateurs.

Arbitrage de Damien Velay assisté de Nicolas Crégut et Sébastien Geoffroy.

Pénalités : Épinal 8' (4', 4', 0') ; Briançon 33' (27', 0', 6').

Tirs : Épinal 25 (7, 8, 10) ; Briançon 27 (12, 8, 7).

 

Évolution du score :

1-0 à 05'09" : Plch assisté de Mäntylä et Petrák

1-1 à 11'44" : Rohat assisté d'Holmberg et Bourgaut (sup. num.)

1-2 à 15'11" : Castonguay assisté de Vanoosten et Terglav (sup. num.)

2-2 à 24'11" : Boisclair assisté de C. Lacasse

2-3 à 26'58" : Gaborit assisté de Lévèque et Castonguay

 

 

Épinal

 

Gardien : Loïc Lacasse (sorti de sa cage de 58'46" à 59'15" et de 59'15" à 60'00").

 

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Peter Slovák [jusqu'à 17'51"] - Guillaume Papelier ; Armando Scarlato.


Attaquants : Chad Lacasse - Maxime Boisclair (A) - Guillaume Chassard ; Ján Šimko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Nathan Ganz - Yannick Offret - Erwan Agostini.

 

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Kévin Benchabane. Absent : Toby Lafrance (épaule).

 

Briançon

 

Gardien : Ander Alcaine.

 

Défenseurs : Gary Lévèque (A) - Steve Vanoosten ; Viktor Szélig - Maks Selan ; Bence Szirányi.

 

Attaquants : Peter Bourgaut - Éric Castonguay - Braden Walls [puis Gaborit à 17'51"] ; Aleksi Holmberg - Edo Terglav (C) - Sébastien Rohat ; Robin Gaborit [puis Szirányi à 17'51"] - Lucas Bini - Florian Chakiachvili.

 

Remplaçant : Aurélien Bertrand (G). Absents : Jean-François Caudron (nerf sciatique), Marc-André Bernier (doigt cassé), Mickaël Perez (gastro-entérite), Jermu Porthen (rupture des ligaments croisés du genou, saison terminée), Cédric Di Dio Balsamo (adducteurs).