Allemagne - Suisse (Deutschland Cup, jour 1)

ROMY Kevin-20100508-239

Le nouveau sélectionneur suisse de l'Allemagne, Köbi Kölliker, affronte en baptême du feu "son" équipe nationale, qu'il connaît parfaitement puisqu'il était encore adjoint de Ralph Krueger il y a dix-huit mois. Après des championnats du monde 2010 réussis à domicile et le quart de finale joué par les hommes d'Uwe Krupp en mai dernier, la pression est sur les épaules du nouvel arrivant.

Côté suisse, l'équipe sort d'un match de gala joué et gagné mardi soir face à une sélection d'étrangers de LNA. Ce match cumulé à la Deutschland Cup est utilisé par le sélectionneur Sean Simpson pour faire une très large revue d'effectif avec une sélection spécifique à chaque évènement. En effet, du contingent utilisé mardi soir il ne reste qu'un défenseur (Gobbi) et cinq attaquants (Brunner, Bykov, Moser, Schnyder et Sprunger), et le cadre élargi pour ce tournoi s'élève à vingt-neuf unités. Ajoutons également que la Suisse n'a plus battu l'Allemagne en tournoi depuis les Mondiaux 2009 à Berne (3-2). Enfin, ce match est aussi placé sous le signe du souvenir. En mémoire de Robert Dietrich, disparu dans le crash de l'avion du Lokomotiv Yaroslavl, une photo du défunt international a été mise en place dans le vestiaire allemand.

Le début de match est doré, comme la couleur des chandails allemands. Le premier tir vers Leonardo Genoni est adressé par Thomas Greilinger. Le forecheck local étouffe les relances suisses et offre donc cette première occasion à l'attaquant d'Ingolstadt (47"). Les hommes de Köbi Kölliker pressent haut et pratiquent un jeu agressif. La première punition sanctionne un surnombre suisse. Les Allemands sont bien installés et cherchent les positions de tir à la ligne bleue. Mais tous les tirs sont bloqués, et lorsque Felix Petermann manque le palet à la bleue, Kevin Romy en profite pour partir dans son dos et aller tromper Dimitri Pätzold entre les jambières (0-1, 5'23"). Réussite totale pour les joueurs à la croix blanche dont c'est le premier tir cadré de la partie.

Petermann, encore lui, est cette fois envoyé sur le banc des pénalités en raison d'un équipement non conforme. Patrick Von Gunten dirige le jeu de puissance depuis la pointe et décale aux cercles Damien Brunner. Le top scorer de Ligue Nationale A voit son tir raser le montant. Mieux encore, les Suisses profitent d'une vingtaine de secondes à deux joueurs de plus lorsque Nikolai Goc charge un adversaire dans le dos. Le palet circule bien, mais Pätzold ne voit aucun lancer en direction de sa cage. Même sous l'impulsion de la ligne « made in Fribourg-Gottéron » emmenée par Andreï Bykov, le jeu de puissance reste stérile.

Au retour sur la glace du substitut de Goc, Patrick Reimer alerte immédiatement Genoni d'un soudain tir du revers (11'). La fin de tiers se résume à des supériorités numériques mal négociées de part et d'autre. Le match était parti avec un bon tempo qui semble disparaître au fil des minutes, probablement en raison de la piètre qualité de glace. La domination s'est également inversée progressivement après des débuts difficiles pour les helvètes, bien aidés par l'indiscipline allemande.

Au retour des vestiaires, on assiste à des premières minutes sous forme de défi physique. Les protagonistes terminent leurs charges sans retenue. Comme en première période, l'Allemagne porte la première banderille avec cette fois Daniel Pietta. Le meilleur buteur de Krefeld s'enferme côté gauche, mais cherche tout de même un lancer coin court bloqué par Genoni (23'). Sur le premier avantage numérique de la période, Michael Wolf s'élance vers le but depuis le cercle gauche et remet à André Rankel démarqué dans l'enclave. Le tir de ce dernier passe toutefois au-dessus (25'). Les Allemands semblent plus à l'aise à égalité numérique dans ce tiers et ne profitent pas du peu de discipline suisse. Pietta est très en vue sur son aile gauche et cherche cette fois à mettre la rondelle devant la cage. Son centre-tir rase le second poteau, Philip Gogulla arrivant trop tard pour envoyer la rondelle au fond.

Dino Wieser tente de réagir et dans la même position que Rankel auparavant son tir est dévié par la plaque de Pätzold. Lorsque les Allemands vont à la cage en entrée de zone, ils portent souvent le danger. André Rankel perpétue cette approche. Il entre en zone, évite de peu la collision avec Kaï Hospelt et tire dans une forêt de jambes pour tromper Genoni à mi-hauteur (1-1, 30'27"). L'égalisation est logique tant la Suisse n'a pas voix au chapitre dans ce tiers médian. La pression ne change pas de côté et Gogulla trouve une passe oblique pour Reimer oublié au deuxième poteau, mais Genoni fait face.

Pour sa première apparition sous le maillot frappé de la croix blanche, Alessando Chiesa ne fait pas preuve de timidité et n'hésite pas à protéger son gardien lorsqu'il est chahuté par les attaquants adverses. Après quelques échanges d'amabilité le jeu reprend et revient en zone défensive suisse. Reimer, décidément très en vue, tire sur réception à la ligne bleue mais sa crosse se brise. Qu'à cela ne tienne, son lancer se transforme en passe pour Philip Gogulla devant la cage. Ce dernier se retourne et perce le dernier rempart helvète (2-1, 38'05").

BRUNNER Damien-20100508-203

Et le break est tout proche lorsque Goc tire du poignet du cercle gauche. Heureusement Genoni avait bien lu la trajectoire et met son bouclier en opposition. Ainsi se termine une période intermédiaire à sens unique. Les Allemands n'ont pas su profiter de trois jeux de puissance mais sont tout de même parvenus à renverser la vapeur.

Le break est finalement fait à la reprise. Nikolaï Goc récupère à la ligne bleue une rondelle libre et, d'un lancer frappé croisé surpuissant, trouve la lucarne de Genoni (3-1, 40'12"). Thibaut Monnet réagit deux minutes plus tard, mais son tir depuis le slot est repoussé et le rebond inexploité. L'action suivante débute sur le but suisse avec Greilinger qui traverse l'enclave et dont le lancer ne trouve que l'extérieur du filet. Le palet poursuit son chemin jusqu'au but local, Bykov derrière la cage trouve Julien Sprunger qui reprend la passe et envoie le disque dans la lucarne opposée (3-2, 45'36").

Bykov et Sprunger continuent leur travail à la cage et lors du cinquième avantage numérique suisse, ils mettent Pätzold à dure épreuve mais ce dernier tient bon. (52'). Deux minutes plus tard, Gogulla se jette face à Tim Ramholt qui armait son tir. Sur la contre-attaque Pietta est à la conclusion d'un deux contre un bloqué finalement par Genoni. De même, Hospelt et Rankel obtiennent une telle situation mais ce dernier rate la cible, gêné par le bon retour d'un défenseur.

Avec une dernière situation spéciale à trois minutes du terme, la Suisse a une occasion en or d'égaliser. Sean Simpson prend logiquement son temps mort et sort immédiatement son gardien. à la conclusion d'une bonne circulation du palet, Sprunger pense même offrir l'égalisation à Brunner mais le but est refusé : un attaquant suisse était dans la zone du gardien. Au retour du joueur pénalisé, Gogulla s'échappe pour offrir le quatrième but dans le filet désert. Brunner le fauche sur son repli et l'arbitre accorde donc sans la moindre hésitation un but en guise de pénalité (4-2, 59'39").

L'Allemagne garde son invincibilité face à la Suisse. C'est également une première victoire symbolique pour le nouveau sélectionneur qui attaque de la meilleure des manières la défense de cette Deutschland Cup. Le résultat est logique au regard du nombre d'occasions obtenues de part et d'autre, mais à nuancer également à la vue des effectifs expérimentaux proposés par les deux sélectionneurs.

Désignés hommes du match : Kai Hospelt (Allemagne) et Leonardo Genoni (Suisse).

Commentaires d'après-match

Sean Simpson (entraîneur de la Suisse) : "Félicitations à Köbi pour sa victoire à son premier match. La glace était mauvaise et irrégulière. Cela ne doit pas être une excuse, mais ça ne convient pas à un tournoi international. Au deuxième tiers, les Allemands étaient clairement meilleurs et ont fait la différence. Ils étaient physiquement plus forts."

Jakob Kölliker (entraîneur de l'Allemagne) : "Je suis fier de mon équipe qui a trouvé les leviers contre la vitesse suisse. Il a fallu travailler pour rivaliser face à une offensive forte qui comptait les trois meilleurs marqueurs de LNA (NB : Brunner, Sprunger, Bykov). Nous avons joué une défense homme à homme, je considère que c'est plus efficace contre les équipes qui patinent fort et varient le jeu. [...] Oui, je connais les deux hymnes et ce n'est pas la première fois que je les entends ensemble. J'étais trop concentré sur le match pour prêter attention à mes sentiments. [...] Mon père s'occupait de la glace à Bienne, je sais ce que c'est. Des gens ont travaillé tout le jour et toute la nuit pour essayer de la rendre la meilleure possible. Il faut faire avec la qualité de glace, elle était la même pour tous et la passe manquée sur le 0-1 peut aussi lui être imputée."

 

Allemagne - Suisse 4-1 (0-1, 2-0, 2-1)
Vendredi 11 novembre 2011 à 20h00 à l'Olympiahalle de Munich. 4500 spectateurs.
Arbitrage de Roland Aumüller (ALL) et Didier Massy (SUI) assistés de Robert Hauber et Marc Iwert (ALL).
Pénalités : Allemagne 24' (8'+10', 0', 6'), Suisse 14' (4', 6', 4').
Tirs : Allemagne 33 (3, 17, 13), Suisse 26 (7, 8, 11).

Évolution du score :
0-1 à 05'23" : Romy (inf. num.)
1-1 à 30'27" : Rankel assisté de Hospelt
2-1 à 38'05" : Gogulla assisté de P. Reimer et Kohl
3-1 à 40'12" : N. Goc
3-2 à 45'36" : Sprunger assisté de Bykov et B. Plüss
4-2 à 59'39" : Gogulla (cage vide)


Allemagne

Gardien : Dimitri Pätzold.

Défenseurs : Benedikt Kohl – Frank Hördler (-2, 2') ; Kevin Lavallee (+1) – Nikolai Goc (+1, 6'+10') ; Christophe Schubert (A, -1, 2') – Felix Petermann (A, 2') ; Dennis Reul (+2) – Christopher Fischer (+2).

Attaquants : Frank Mauer (-1) – Thomas Greilinger (-1) – Patrick Hager (-1) ; Michael Wolf (C, +2) – Kai Hospelt (A, +2) – André Rankel (+2) ; Jerome Flaake – Marcus Kink (+1) – Tobias Wörle (+1, 2') ; Patrick Reimer (+1) – Daniel Pietta – Philip Gogulla (+1).

Remplaçant : Jochen Reimer (G). En tribunes : Danny Aus den Birken (G), Benedikt Schopper, Simon Danner.

Suisse

Gardien : Leonardo Genoni.

Défenseurs : Alessandro Chiesa (+1) – Patrick Von Gunten (C, -1) ; Romain Loeffel (4') – Eric Blum (-1) ; Tim Ramholt (-1) – Robin Grossmann ; John Gobbi (-1) – Thomas Wellinger (-1).

Attaquants : Thibaut Monnet (A, -2) – Fabian Schnyder (-1) – Damien Brunner ; Benjamin Plüss (-1, 2') – Andreï Bykov (-1) – Julien Sprunger (-1) ; Simon Bodenmann (+1) – Simon Moser (A) – Kevin Romy ; Daniel Rubin (-1, 2') – Morris Trachsler (-1, 2') – Dino Wieser (-1).

Remplaçant : Daniel Manzato (G). En tribunes : Reto Berra (G), Simon Lüthi, Inti Pestoni, Reto Suri, Julien Walker, Janick Steinmann, Pascal Berger.