La Suède balayée par Radulov

RADULOV Alexander-110515-118Le 15 mai 2011 fut un triste jour pour le hockey suédois, le jour de la débâcle face aux rivaux finlandais 1-6 en finale du Championnat du monde avec une dernière période cauchemardesque (0-5). Ce malaise a laissé des traces alors que ce genre de déroute serait inconcevable pour les deux prochains mondiaux organisés à domicile, conjointement avec les voisins finlandais.

Face à la République Tchèque jeudi, on a entraperçu une issue quelque peu similaire. Menés 0-2, la nation Tre Kronor avait réussi à égaliser après deux périodes avant de s'écrouler en troisième. A vrai dire, Gustaf Wesslau, aligné pour la première fois en équipe nationale senior, a montré beaucoup de fébrilité, l'avouant lui-même aux médias. Wesslau devait être mis au repos. Le choix de Viktor Fasth pour jouer la Russie paraissait cohérent entre les déboires de son homologue de Djurgården et des statistiques toujours aussi remarquables sous l'uniforme de l'AIK. Problème : Fasth a passé une nuit blanche et s'est réveillé samedi matin avec une très forte fièvre, il a donc déclaré forfait et a repris le chemin de Stockholm.

Il a fallu alors trouver une solution d'urgence, Johan Gustafsson a été appelé. Deuxième problème : le jeune gardien de Luleå se trouvait avec l'équipe des moins de 20 ans à Vaasa, soit à 420 km d'Helsinki alors que le Suède-Russie devait démarrer à 12h00 ! Un délai beaucoup trop court pour se mobiliser correctement face à l'ogre russe, même avec le taxi le plus rapide de Scandinavie.

C'est contraint et forcé que Pär Mårts a donc titularisé Wesslau, bien obligé de laisser son appréhension au vestiaire, pour la deuxième fois en trois jours tandis que, côté russe et comme prévu, Mikhail Biryukov succède à Konstantin Barulin. Wesslau va être toutefois le premier à s'incliner dans cette partie. Ilya Nikulin adresse un lancer de la ligne bleue qui rebondit sur la bande derrière la cage suédoise. Aleksandr Radulov, déjà bien affûté contre la Finlande, ne manque pas une occasion en or devant la cage grande ouverte (0-1, 6'22").

La Suède ne démérite pas et se crée de bonnes opportunités mais elle va accuser le coup avant la première pause. C'est Jesper Fasth qui est sanctionné et l'arme fatale va une fois de plus tirer dans le mille. Radulov sonne la charge en zone offensive, offre une passe dans le dos à Ilya Zubov qui se déporte côté droit comme une flèche et adresse une passe au centre. Beaucoup de trafic devant l'enclave suédoise mais surtout Radulov, encore lui, la Suède est à terre (0-2, 17'39").

Pour les hommes en jaune, la situation est donc identique par rapport à celle du match contre les Tchèques. Il y a deux jours, les Suédois avaient produit une excellente seconde période. Tandis que les deux équipes viennent quasiment de revenir sur la glace, Klas Dahlbeck adresse un boulet de canon à Biryukov, celui-ci le dévie sur Calle Järnkrok qui offre une leçon de protection de palet avec Vadim Shipachev comme assistant. Le défenseur russe ne peut arrêter la petite étoile de Brynäs qui repique au centre et loge la rondelle au fond des filets (1-2, 21'36").

Les Suédois contiennent bien la Sbornaïa mais ils manquent d'efficacité et ne parviendront pas à créer l'égalité. Ça continue de patiner fort en troisième période côté suédois, ça force de plus en plus et ça finit par se découvrir. Aleksei Tereschenko et Aleksandr Perezhogin s'offrent un contre à quasiment deux minutes de la fin, le premier passe au deuxième qui adresse un lancer au-dessus de la mitaine de Wesslau, la Russie prend définitivement le large (1-3, 57'48").

Le dernier but est anecdotique, quoique. Le cerbère scandinave ayant fuit sa cage pour un nouveau joueur de champ, Radulov débarque en attaque mais, grand seigneur, laisse le privilège à Sergei Shirokov d'envoyer le disque dans les filets déserts plutôt que de s'offrir un tour du chapeau (1-4, 59'49"). La Suède va devoir sauver l'honneur dans ce tournoi Karjala... face à la Finlande, bien placée pour le remporter. La Russie de Bilyaletdinov, déjà bien huilée, aura également son mot à dire.

Commentaires d'après-match :

Pär Mårts (entraîneur de la Suède) : "C'est une équipe russe sacrément intelligente à laquelle nous avons fait face, ils ont beaucoup de joueurs doués individuellement. Nous sommes en progrès et il y a eu de très bonnes choses. Néanmoins, nous ne pouvons pas être satisfaits lorsque nous perdons."

 

Suède - Russie 1-4 (0-2,1-0,0-2)
Samedi 12 novembre 2011 à 12h00 au Hartwall Areena d'Helsinki. 5.578 spectateurs.
Arbitrage de Jari Leppäalho et Jari Levonen (FIN) assistés de Kristian Vikman et Sakari Suominen (FIN).
Pénalités : Suède 10' (6', 0', 4'), Russie 10' (4', 4', 2').
Tirs : Suède 24 (9, 7, 8), Russie 21 (7, 5, 9).

Évolution du score :
0-1 à 06'22" : Radulov assisté de Nikulin et Korneev (sup. num.)
0-2 à 17'39" : Radulov assisté de Zubov (sup. num.)
1-2 à 21'36" : Järnkrok assisté de Dahlbeck et Jämtin
1-3 à 57'48" : Perezhogin assisté de Tereschenko et Nikulin
1-4 à 59'49" : Shirokov assisté de Radulov et Shipachev


Suède

Gardien : Gustaf Wesslau.

Défenseurs : Staffan Kronwall (-1, 2') - David Petrasek ; Mattias Karlsson (-2) - Jonas Brodin (-1) ; Daniel Fernholm (+1) - Klas Dahlbeck (+1).

Attaquants : Jonas Andersson (-1) - Niklas Persson (-1) - Mika Hannula (-1, 2') ; Martin Thörnberg - Fredrik Warg - Patrik Zackrisson ; Andreas Jämtin - Calle Järnkrok - Nicklas Danielsson ; Simon Hjalmarsson (-1) - Andreas Falk (2') - Oscar Sundh ; Jesper Fasth (2') - Johan Harju (2').

Remplaçants : Johan Gustafsson (G), Christian Bäckman.

Russie

Gardien : Mikhaïl Biryukov.

Défenseurs : Konstantin Korneev (+2, 2') - Ilya Nikulin (+2) ; Denis Denisov - Denis Grebeshkov (2') ; Evgeni Medvedev (-1) - Ivan Vishnevski (-1) ; Evgeny Biryukov - Maxim Chudinov.

Attaquants : Sergei Shirokov (+1, 2') - Ilya Zubov - Aleksandr Radulov (+1, 2') ; Igor Makarov (+1) - Vadim Shipachev (+1) - Vladimir Tarasenko ; Kirill Petrov (-1) - Aleksei Tereschenko - Aleksandr Perezhogin ; Denis Kokarev - Evgeny Bodrov (2') - Evgeny Kuznetsov.

Remplaçants : Konstantin Barulin (G), Igor Musarov.