Compiègne - Val Vanoise (Division 2, 7e journée)

Les Lions mordent… la poussière face aux Bouquetins

De retour sur leurs terres après deux journées passées à l'extérieur, pour autant de défaites, les Lions se devaient de se relancer face à Val Vanoise. Preuve de la mauvaise passe actuelle des Picards, le président, Christophe Tagliapietra, est sur le banc. Mais la chose ne s'annonçait guère aisée face une équipe auteur d'un très bon début de saison, les Bouquetins n'enregistrant qu'une défaite (face à Toulon 2-8 avant ce match) pour cinq victoire et pointant au coup d'envoi à la 3e position. De plus, les Savoyards ont dans leurs rangs le deuxième meilleur pointeur de leur poule en la personne de Zdenek Sikl, redoutable depuis le début de la saison. Pourtant les Jaunes avaient de quoi espérer à l'entame de ce match. Si ce n'est pas encore visible sur le plan comptable, le jeu des Lions s'améliore au fil des matchs. Ainsi les hommes de David Dostal pouvaient sortir la tête haute après leur courte défaite à Toulon (5-4) et auraient pu, avec plus de réalisme, rivaliser davantage face à Tours (défaite 6-2).

Dès l'entame du match, Compiègne bénéficie d'un avantage numérique mais ne profite pas de ces deux minutes de supériorité pour créer le danger sur le but de Bastien Bonnefond. La première frayeur va venir de visiteurs. Un tir depuis la droite de Zdenek Sikl fait trembler les filets extérieurs du but gardé ce soir par Antoine Loriot, Richard Caladi se remettant à peine d'une blessure musculaire. Réponse immédiate des Lions en contre-attaque par Michal Plichta qui sur une remise d'Ondrej Prokop tir de façon peu orthodoxe en se retournant mais bute sur le gardien des Bouquetins (5'10").

Les visiteurs sont indisciplinés en ce début de match et offrent à Compiègne une double supériorité. Mais les Lions se montrent une nouvelle fois inefficaces et multiplient les mauvaises passes. Si bien que Bastien Bonnefond n'est inquiété que par une frappe dans un angle fermé de Filip Vychodil (6'50"). Les savoyards sont de nouveau au complet sur la glace et on se dit que les Jaunes ont sûrement laissé passer là l'occasion d'ouvrir la marque. Cet avantage numérique non fructifié semble même donner de la confiance aux Bouquetins qui au fil des minutes accélèrent la cadence. Zdenek Sikl, Tanguy Chardon et Derek Wells testent tour à tour Antoine Loriot.

Le match est très animé depuis le coup d'envoi. Le palet circule et on va vite d'un but à l'autre. Petit avantage cependant à Val Vanoise dont le jeu de passe est bien rodé. Tellement que Compiègne doit se mettre à la faute. Inefficaces en supériorité, les Lions semblent plus à leur aise en infériorité. Le palet est intercepté au milieu de la glace par les picards. Delplanque élimine un puis deux adversaire sur la droite, repique au centre, fait mine de partir derrière la cage et remise à Prokop qui a suivi et marque dans un angle fermé (1-0, 12'28").

Joie de courte durée pour le public de la Mercières puisque sur une action confuse, Anthony Baetz remet dans la foulée les deux équipes à égalité (1-1, 13'36"). Le coup est rude pour les Lions qui, malgré une volonté certaine, encaissent rapidement un second but. Sur la gauche, Derek Wells transmet dans l'axe à Zdenek Sikl, abandonné par la défense compiégnoise, qui propulse le palet dans la lucarne droite d'Antoine Loriot (1-2, 15'17"). Les Jaunes sont sans réaction et manquent de peu de se prendre un troisième but sur un shoot de Derek Wells qui trouve la transversale (18'40").

Dans les dernières secondes du premier tiers, le match s'emballe. Sur une contre-attaque lancée par Alexandre Delplanque, Ondrej Prokop perd son face-à-face avec Bastien Bonnefond. Dans la continuité de l'action, Julien Levasseur se fait chiper le palet, permettant à Anthony Baetz de se présenter à son tour seul face au dernier rempart des Lions. Mais comme son homologue Antoine Loriot joue les sauveurs. Les joueurs regagnent les vestiaires sur ce score de 2-1 en faveur des Bouquetins. Avantage mérité pour les visiteurs qui, dès qu'ils ont le palet, l'utilisent à bon escient contrairement à Compiègne dont le jeu de passe laisse parfois à désirer.

Les Bouquetins déroulent

L'entame du second tiers-temps est nettement à l'avantage des Bouquetins. La rondelle circule et les joueurs de Pierre Rossat-Mignod s'installent dans la zone de jeu des Lions. Sur le reculoir, les Lions ne tardent pas à craquer. Maxime Mathieu intercepte un renvoi de la défense compiégnoise. Il lance immédiatement Anton Bjorninen sur la droite qui trouve Derek Wells dans l'axe. L'attaquant savoyard ne se fait pas prier pour propulser le palet au fond avec l'aide du poteau (1-3 23'47").

Dans les cordes, Compiègne tente d'accélérer mais manque cruellement de réalisme. Anthony Panto envoie d'abord la rondelle au-dessus alors qu'il n'était qu'à deux mètres du but ! Puis les Lions se montrent de nouveau totalement improductifs en situation de supériorité numérique. Il faut dire que les Bouquetins, d'autant plus quand ils sont en infériorité, mettent un pressing d'enfer sur les Jaunes, les empêchant ainsi de s'installer devant le but de Bastien Bonnefond.

De nouveau au complet, les savoyards acculent Compiègne en défense. Les hommes de David Dostal en sont réduits à jouer en contre. Une option presque payante puisque sur une contre-attaque justement, Michal Plichta trouve la transversale des Bouquetins (34'20") ! Mais rien n'y fait, Val Vanoise ne laisse plus rien à l'adversaire. Sur une remise de Tomas Pokrivcak, César Lefranc s'en va défier Antoine Loriot mais ne parvient pas à pousser au fond (36'35"). Les Lions n'existent qu'en situation de supériorité. Et encore, timidement. A cinq contre trois en leur faveur, les Jaunes font tourner le palet dans la zone savoyarde mais personne ne prend ses responsabilités et Bastien Bonnefond n'est pas inquiété.

Les Bouquetins n'auront inscrit qu'un but au cours de ce tiers-temps, mais auraient pu corser davantage l'addition face à des Compiégnois inexistants qui n'ont pas su faire fructifier leurs nombreuses situations de supériorité.

Bis repetita

Derek Wells n'ayant pas fini de purger sa peine de prison, Compiègne entame le dernier acte avec un avantage numérique. Mais pas d'inquiétude pour Val Vanoise qui neutralise sans trop de difficulté cette infériorité. Dos au mur, les Lions essayent pourtant d'inquiéter les savoyards. Mais, comme un aveu d'impuissance, les Picards se limitent à des tirs lointains. Ainsi Filip Vychodil slap depuis la bleue dans une forêt de jambes et de crosses. Masqué, Bastien Bonnefond réalise un bel arrêt réflexe de la jambière (41'49").

Le temps passe et les Lions, à force de buter sur la défense savoyarde, s'énervent. Christopher Texeira Leite et Michal Plichta doivent laisser leurs partenaires et offrent aux Bouquetins une double supériorité. Les Lions sont alors en souffrance mais tiennent bon. Val Vanoise fait tourner le palet mais n'arrive pas à inscrire le but du chaos. Fidèles à leur philosophie, les savoyards gardent la possession du palet. À trop jouer avec le feu, les visiteurs se font surprendre sur un énième contre-attaque de Compiègne. Des Lions qui, s'ils peinent à placer de bonnes attaques, inscrivent des buts splendides. Jonathan Boucher hérite de la rondelle, lance Christopher Texeira Leite qui marque en détournant le palet entre ses jambes, à la façon d'une « madjer » au football (2-3, 47'41"). Le public applaudit.

Mais comme lors de la première période, les Bouquetins réagissent immédiatement après avoir encaissés un but. Derek Wells trouve Tanguy Chardon, abandonné par la défense, qui transforme l'offrande (2-4, 48'53"). À peine relancés, les Lions doivent de nouveau remonter un écart de deux buts pour encore y croire.

Les joueurs de David Dostal jettent leurs dernières forces dans la bataille, mais les Bouquetins neutralisent avec beaucoup de maîtrise les multiples offensives des Lions. S'y bien que les Jaunes n'ont d'autre choix que d'allumer depuis la bleue et d'espérer un petit coup de pouce du destin pour que ça rentre. Celui-ci n'arrivera jamais...

En fin de match, Val Vanoise reprend le jeu à son compte et tente de donner plus de relief au score. Mais ni Anthony Baetz (57'30"), ni Zdenek Sikl (57'55") ne parviennent à tromper la vigilance d'Antoine Loriot. A une minute de la fin, David Dostal demande un temps mort et fait sortir son gardien. Mais Val Vanoise tient bon. La rencontre se conclut sur ce score de 4-2 en faveur des Bouquetins. Dominateurs dans le jeu, les savoyards sortent logiquement vainqueurs de ce match. Après leur défaite à domicile face à Toulon, les hommes de Pierre Rossat-Mignod se relancent en championnat en remontant à la seconde place derrière les Remparts de Tours. Pour Compiègne il s'agit de la troisième défaite de rang. Circonstance atténuante, les Lions viennent de rencontrer successivement les « gros » de la poule (Toulon, Tours et Val Vanoise). Leur folle série ne s'arrête d'ailleurs pas là, puisqu'en fin de semaine les Lions vont à Nantes (3'). S'il y a des améliorations dans le jeu, les Picards doivent désormais convertir ces progrès sur le plan comptable. Le temps presse...

Charles Thelliez

Commentaires d'après-match :

David Dostal (entraîneur-joueur de Compiègne) : « On perd le match tout seul. Ils ont su profiter de nos erreurs. Nous, on ne profite pas de nos supériorités, c'est frustrant. Après c'est dans la tête… On joue mieux, mais on ne finalise pas. Deux fois on marque et on s'en prend un juste derrière ! C'est dur psychologiquement. Il faut franchir un cap, ne pas donner autant d'occasions à nos adversaires ».

Pierre Rossat-Mignod (entraîneur de Val Vanoise) : « Je suis bien content qu'on gagne ici. Les joueurs ont bien réagi après notre défaite face à Toulon. D'ailleurs cette défaite nous peut-être fait du bien. Je suis très satisfait de mes joueurs ce soir, tout particulièrement de ma défense. Je n'ai rien à leur reprocher. En plus Bastien (Bonnefond, ndlr) jouait son premier match complet ce soir et il a fait une bonne performance. Compiègne a une belle équipe. J'ai simplement l'impression qu'il leur manque de la profondeur de banc. Un défenseur et un attaquant supplémentaires seraient bien pour eux. Mais c'est une équipe qui a les moyens de bien figurer dans cette poule qui est très serrée. Pour eux la différence c'est faite sur les powerplay. S'ils nous mettent plus de pressing, on aurait sûrement eu plus de mal ».

 

Compiègne – Val Vanoise 2-4 (1-2, 0-1, 1-1)
Samedi 12 novembre 2011 à 20h30 à la patinoire des Mercières. 300 spectateurs.
Arbitrage de M. Le Berre assisté de MM. Gardiol et Lebegue.
Pénalités : Compiègne 18' (4' +10', 0', 4') ; Val Vanoise 18' (6', 10', 2')

Évolution du score :
1-0 à 12'28" : Prokop assisté Delplanque (inf. num.)
1-1 à 13'36" : Baetz assisté de Chardon et Mathieu (sup. num.)
1-2 à 15'17" : Sikl assisté de Wells
1-3 à 23'47" : Wells assisté de Mathieu et Bjorninen
2-3 à 47'41" : Texeira Leite assisté de Panto et Boucher
2-4 à 48'53" : Chardon assisté de Wells et Sikl

 

Compiègne

Gardien : Antoine Loriot [sorti de sa cage à 59'05].

Défenseurs : Christopher Texeira Leite – Julien Levasseur ; Alexis Nicolay – Pierre Brochard ; Tanguy Skelding – Filip Vychodil.

Attaquants : David Dostal – Ondrej Prokop – Alexandre Delplanque ; Anthony Panto – Michal Plichta – Jonathan Boucher ; Luc Polverelli.

Remplaçants : Richard Caladi (G). Absents : Thibault Varin, Rémy Feuillet, Jérémy Lebreton.

Val Vanoise

Gardien : Bastien Bonnefond.

Défenseurs : Jérôme Roumeau – Vlastimil Kalafut ; Anton Bjorninen – César Lefranc ; Alexandre Champlong – Quentin Chevassus.

Attaquants : Derek Wells – Zdenek Sikl – Tomas Pokrivcak ; Tanguy Chardon – Anthony Baetz – Maxime Mathieu ; Thibault Fillion Nicollet ; Donatien Rech.

Remplaçant : Yann Chamel (G).