Le nouveau style de l'Allemagne

KINK Marcus-110511-521Victorieuse deux ans de suite, l'Allemagne ne gagnera pas la Deutschland Cup cette année, et elle l'a su avant même la dernière journée. Pour autant le bilan du nouveau sélectionneur Köbi Kölliker est dans l'ensemble positif. À sa nomination, on ne voyait en lui qu'un entraîneur de transition, un choix par défaut qui aurait du mal à se faire une place. Cette semaine aura permis au Suisse de se faire un nom, de démontrer ses compétences, et de commencer à séduire les Allemands.

Kölliker n'a pas joué à la rupture en tentant une sélection surprenante. Il a au contraire repris la majorité des titulaires habituels, y compris les plus controversés (le Canadien naturalisé Kevin Lavallée à qui l'on reproche sa lenteur), tout en sachant tenir compte des progrès de nouveaux éléments, comme dans ce match en donnant sa première chance internationale au gardien Danny aus den Birken.

La rupture, Kölliker l'a mise en place dans le style, sans grande annonce préalable et en cherchant d'abord à vérifier sur pièce si ses options de jeu étaient transférables en équipe d'Allemagne. En ce qui concerne la défense homme à homme à la place de la défense de zone, il a été satisfait du constat. En ce qui concerne le forechecking à deux, ce hockey inhabituel pour l'Allemagne a plu aux spectateurs, mais les excès offensifs ont été punis par les contre-attaques slovaques. Des ajustements sont donc encore à faire.

Si un système se traduit souvent dans des détails, le changement le plus net a eu lieu en infériorité numérique, où la boîte allemande est beaucoup plus agressive qu'avant. Elle le démontre pendant toute la première période du dernier match contre les Américains est tue trois pénalités en ne concédant quasiment aucun lancer. C'est d'ailleurs peu après une phase d'infériorité qu'elle finit par ouvrir la marque grâce à Kai Hospelt, le meilleur joueur allemand tout au lond du week-end.

La nouvelle Allemagne ne lésine pas sur les tirs et les gardiens américains ont du boulot même avec une moitié de match chacun. John Curry a affronté 22 lancers en trente minutes, son successeur Chris Holt en verra 26 et fera à son tour du bon travail. L'efficacité n'est donc pas au rendez-vous : ce point-là n'a donc pas changé pour la Nationalmannschaft.

Et quand on ne concrétise pas sa domination, on le paye : au début du troisième tiers-temps, Ryan Lasch égalise en supériorité numérique par un lancer balayé côté mitaine. Les Américains espèrent ainsi éviter la dernière place qu'ils n'avaient jamais connue. Mais la malchance les rattrape quand une passe transversale de Philip Gogulla ricoche sur le patin de leur défenseur Kyle Klubertanz. Et quand ils sortent leur gardien, leur erreur de relance permet à Markus Kink de clore le score à 3-1.

Désignés joueurs du match : Freddy Meyer pour les États-Unis et Danny aus den Birken pour l'Allemagne.

Commentaires d'après-match

Danny aus den Birken (gardien de l'Allemagne) : "Premier match, première victoire, c'est beau bien sûr. Nous étions la meilleure équipe aujourd'hui et nous avons sans aucun doute mérité la victoire. L'équipe m'a bien aidé, elle a bloqué beaucoup de tirs et n'a pas laissé beaucoup de rebonds."

Marcus Kink (attaquant de l'Allemagne) : "Hier, nous avons fait cadeau de trop de contres aux Slovaques. Köbi Kölliker nous a parlé de nos erreurs, et c'était bien mieux aujourd'hui. Les attaquants ont eu la même liberté qu'hier, mais les défenseurs ne sont plus allés aussi loin dans la zone adverse."

Don Waddell (entraîneur des États-Unis): "C'était un très bon match de l'Allemagne, mais nous aussi avons bien travaillé. C'était un match frustrant parce que nos joueurs se sont créé des occasions incroyables. Nous n'abandonnons jamais. Nous étions là jusqu'à la fin."

 

Allemagne - États-Unis 3-1 (1-0, 0-0, 2-1)
Dimanche 13 novembre 2011 à 17h15 à l'Olympiahalle de Munich. 7300 spectateurs.
Arbitrage de Roland Aumüller (ALL) et Didier Massy (SUI) assistés de Robert Hauber et Pascal Kretschmer (ALL).
Pénalités : Allemagne 12' (6', 4', 2'), États-Unis 8' (2', 2', 4').
Tirs : Allemagne 49 (15, 15, 19), États-Unis 30 (4, 15, 11).

Évolution du score :
0-1 à 18'33" : Hospelt assisté de Rankel
1-1 à 42'17" : Lasch assisté de Wozniewski et Holt (sup. num.)
2-1 à 52'07" : Gogulla assisté de Hospelt et Wolf (sup. num.)
3-1 à 58'56" : Kink assisté de Kohl (cage vide)


Allemagne

Gardien : Danny Aus den Birken.

Défenseurs : Christopher Fischer - Denis Reul ; Frank Hördler (+1) - Benedikt Kohl (+1) ; Nikolai Goc (+1) - Kevin Lavallee (2') ; Felix Petermann (-1) - Christoph Schubert (A).

Attaquants : Andre Rankel (+1) – Kai Hospelt (A, +1) – Michael Wolf (C, +1, 4') ; Jerome Flaake - Marcus Kink (+1, 2') – Simon Danner ; Thomas Greilinger – Patrick Hager (+1, 2') – Frank Mauer ; Philip Gogulla (+1) – Daniel Pietta (+1) – Patrick Reimer.

Remplaçant : Jochen Reimer (G). En tribunes : Dimitri Pätzold (G), Benedikt Schopper, Tobias Wörle.

États-Unis

Gardien : John Curry puis à 29'24" Chris Holt [sorti de 58'40" à 58'56"].

Défenseurs : Steve Wagner - Kyle Klubertanz (2') ; Freddy Meyer (C, -1, 4') - Andrew Hutchinson (A, -1, 2') ; Jeremy Dehner (-1) - Andy Woznieski (-1) ; Brian Salcido.

Attaquants : Noah Clarke - Yan Stastny (A, -1) - Barry Tallackson ; Broc Little - Robbie Schremp (-1) - Chris Collins ; Corey Elkins - Stephen Werner (-1) - Jared Ross (-1) ; Marty Sertich (-1) - Sergio Somma (-1) - Ryan Lasch (-1).