Épinal - Chamonix (Ligue Magnus, 9e journée)

Les Lacasse font des dégâts

Chad Lacasse

C'est en leader que "Cham" débarque à Poissompré. Des Chamois que l’on n’attendait pas à pareille fête mais qui tiennent bon la barre en tête, forts d'une homogénéité bonifiée par d'excellentes individualités. Encore invaincus à l'extérieur en championnat - mais pas invincibles comme en témoigne leur élimination prématurée des coupes nationales - les hommes de Stéphane Gros ont su tirer profit d'un collectif éprouvé qui s'articule autour d'un gardien performant et régulier.

Un Florian Hardy à son meilleur depuis le début de la saison et sans qui Chamonix ne pourrait peut-être pas se targuer de posséder la meilleure défense du circuit. Seulement seize buts encaissés... soit deux fois moins que ses hôtes d'un soir. 

Des Dauphins revenus victorieux de Neuilly avant la trêve (8-3). Un succès sûrement pas étranger au retour de Toby Lafrance, dont l'influence sur le rendement offensif spinalien est aussi flagrante que la pertinence de son association avec Maxime Boisclair et Chad Lacasse.

En l'absence de Ján Šimko, toujours en délicatesse avec ses adducteurs, ces trois-là sont à nouveau réunis. Une grande première à domicile, où Guillaume Chassard (qui est, rappelons-le, "dispensé" de déplacements cette saison) était jusqu'alors systématiquement préféré à Chad Lacasse. Et au vu de la prestation de cette ligne québécoise, ce soir, il paraît inimaginable de la voir dissociée au retour de Santino Pellegrino, toujours retenu au Canada.

Son adjoint "Féfé" Marciano, qui assure l'intérim, a encore pu constater le bien fondé d'associer les trois Québécois. Trois "poilus" arborant la moustache en signe de ralliement au mouvement "Movember". Participe également à cette campagne de sensibilisation aux risques de cancers masculins (qui s'étale durant tout ce mois de novembre) un Loïc Lacasse devant rapidement s'employer pour repousser les premiers assauts chamoniards.

Le gardien canadien répond présent face à des Chamois plus pressants dans ces tous premiers instants. Ses coéquipiers, vite apparus un cran au-dessus physiquement, tentent d'inverser la tendance.

Ohberg KaiC'est qu'il y a des espaces, ce dont les locaux ne manquent pas de profiter. Mais Florian Hardy fait bonne garde, retardant l'échéance devant Plch puis Mäntylä à bout portant (7e). Et lorsqu'il est battu, comme sur ce centre-tir de Petrák en supériorité (07'23"), le référé intervient en sa faveur. L'arbitre dénonçant une gêne occasionnée par un Maxime Boisclair luttant pour un éventuel rebond...

Ce n'est que partie remise pour les Spinaliens, qui peuvent eux-aussi s’avérer de redoutables contre-attaquants. Tout part cette fois d'un mauvais contrôle d'Arnaud Hascoët en zone offensive. Une passe en retrait d'Aimonetto mal réceptionnée par l'attaquant "petit format" des Chamois et aussitôt récupérée par une troisième ligne se projetant rapidement vers l'avant.

Erwan Agostini se retrouve lancé côté droit, avec Yannick Offret qui suit à l'opposé… et Michal Korenko, au milieu, qui fait opposition. La ligne de passe est donc coupée et Agostini choisit de tirer. Bien lui en prend car Florian Hardy, bien sur ses appuis, couvrait mal son côté gauche (1-0 à 08'40"). Dans la foulée, sur la remise en jeu, Guillaume Chassard manque même d'en remettre un deuxième illico...

C'est Loïc "La classe" !

La riposte ne se fait pas attendre mais Loïc Lacasse se veut intraitable. Notamment devant ce diable de Clément Masson (11e) ou encore devant Laurent Gras, à bout portant sur un bon service de Francis Charland (11'50").

Pour construire ses offensives "Cham" peut compter sur eux, mais aussi sur la qualité de passe de Kai Öhberg. Sans oublier l'explosivité de Simon Lambert, que certains de ses coéquipiers considèrent comme le joueur le plus rapide avec lequel ils aient évolué. C'est le cas de Brent Patry, qui l'a côtoyé à l'université et porte, au menton, les stigmates d'un palet reçu durant l'échauffement.

Retardée par un éclairage capricieux, la reprise du deuxième tiers-temps s'ouvre sur un avantage numérique gaspillé par Chamonix. Un CHC poussant pour égaliser. Mais qui, à trop se découvrir, s'expose aux contres. Aussi Florian Hardy, qui s'était imposé en deux temps devant Chad Lacasse et Toby Lafrance (25e), ne peut rien sur une reprise foudroyante du dernier nommé (2-0 à 25'04"). La passe en retrait, côté droit, provenant évidemment de son compère Maxime Boisclair...

"Cham", en dépit de ses efforts et de sa bonne volonté, n'y arrive toujours pas en dépit de plusieurs temps forts. Et la frustration ne tarde pas à faire son effet aux abords d'une cage brillamment défendue par Loïc Lacasse. IBoisclair Maxl suffit d'un palet gelé pour que le duel Slovák-Kara (pour le contrôle du palet) tourne à la bagarre de chiffonniers (26'30").

Dans la mêlée figure forcément l'inévitable Armando Scarlato, qui sera logiquement sanctionné comme tous les autres belligérants. Mais pas de quoi jeter l'opprobre sur la prestation du défenseur canado-italien, utile dans une rencontre où le physique des Spinaliens aura souvent prévalu dans les contacts et les duels.

Mais si certains se plaisent à distribuer marrons et châtaignes, d'autres préfèrent la jouer en finesse. C'est le cas de Clément Masson, un centre de poche à surveiller comme le lait sur le feu. Idem pour Carl Lauzon, qui parvient à lancer Richard Aimonetto entre deux défenseurs spinaliens. En l'occurrence Fabien Leroy et Niko Mäntylä, qui réagissent trop tard pour empêcher la tenue d'un duel singulier, que le vétéran va finalement remporter. Même s'il lui a fallu s'y reprendre à deux fois devant un Lacasse ayant fait le premier arrêt (2-1 à 27'57").

Ce but tant attendu transcende les Haut-Savoyards. Déterminés comme jamais, ils font le forcing en jouant sur leur vitesse d'exécution et de patinage pour mettre au supplice des Spinaliens éreintés.

Proprement assiégés, ceux-ci sont forcés de s'en remettre tout entier à leur gardien. Un Lacasse tenant ses couleurs à bout de bras, au plus fort de l'adversité, en frustrant notamment par deux fois Laurent Gras. Même à bout portant (31e) et bien décalé par Cocar (31'30"), le plus capé des internationaux français en activité ne peut déjouer un grand Loïc Lacasse. Sans qui l’ICE ne s’en serait sûrement pas tirée à si bon compte, dans cette deuxième période, après avoir essuyé la bagatelle de dix-huit lancers...

Un Lacasse, ça va... Deux, bonjour les dégâts !

Mais un Lacasse peut en cacher un autre. Si "Lolo" sort tout un match devant le filet, son frère Chad n'est pas en reste. On le retrouve d'ailleurs à la conclusion d'une action initiée par Fabien Leroy. Un long dégagement du capitaine vers Chad Lacasse, qui trouve le relais de Toby Lafrance en entrée de zone. Un échange de politesse permettant à l'aîné des Lacasse d'expédier le palet entre les jambières du gardien (3-1 à 39'14").

À cet instant de la partie, on ne donne plus cher de la peau des Chamois surtout que Chad Lacasse, encore lui, remet ça au retour des vestiaires. Réceptionnaire d'un palet gratté par Boisclair aux dépends de Veydarier, le Canadien s'essaye une première fois et reprend son propre rebond, d'un revers finissant par lober Florian Hardy (4-1 à 40'25").

chassard 1Tout semble réussir aux Dauphins. Mais qu'en serait-il advenu sans un Loïc Lacasse des grands soirs, encore magistral sur ce centre de Lauzon bien coupé par Aimonetto (44e) ? Reste qu'à force d'essayer, "Cham" finit par y arriver. En supériorité numérique, d'un tir des poignets de Francis Charland à la pointe (4-2 à 42'43"). Lacasse était visiblement masqué au départ du lancer, qui finit dans son petit filet.

Mais il était écrit, ce soir, que tout allait réussir aux Dauphins. Une glissade malvenue de Damien Torfou, qui se dressait devant Guillaume Chassard, ouvre un boulevard à l'ex-Mulhousien. Qui ne tremble évidemment pas au moment d'ajuster l'entre-jambe d'Hardy (5-2 à 45'09")...

Cette réussite, l'ICE a su la provoquer, bien aidée il est vrai par un dernier rempart de qualité. Un Loïc Lacasse ne laissant décidément rien passer. L'intrépide Carl Lauzon se procure pourtant de bonnes occasions mais c'est plutôt Richard Aimonetto, sur jeu placé, qui parvient à contourner la cage pour marquer dans un trou de souris (5-3 à 54'07").

Une réalisation rendue encore plus anecdotique par l'ultime but spinalien, œuvre d'un Ján Plch à l'affût d'un double rebond concédé par Florian Hardy (6-3 à 56'58"). Un Hardy qui avait sorti le grand jeu, quelques instants auparavant, en brandissant sa mitaine devant un Boisclair mis en bonne position par une prouesse de Chad Lacasse (54'44").

Sur la lancée de sa victoire ramenée de Neuilly, une ICE combative à souhait a fait voler en éclat la meilleure défense du championnat. Et sait tout ce qu'elle doit à son quatuor québécois, emmené par un "super" Loïc Lacasse. Difficile, sur ce match, de minimiser l'importance de l'homme masqué, qui a fait des miracles... et à peu près tout stoppé.

Sa fiche mentionne en effet quarante et un arrêts… dont quelques-uns diablement importants face à des attaquants pleins de vivacité et constamment menaçants. Mais peut-être pas autant que ce trio Lacasse - Lafrance - Boisclair aussi complémentaire qu'efficace. On le sait, Chad Lacasse, avec ses bonnes mains et son sens du but, a toujours paru le plus à même d'efficacement compléter la paire Lafrance-Boisclair.

Ce soir, c'est donc bien la fratrie Lacasse a fait la différence. Et régalé l'assistance. Un public toujours aussi nombreux et qui devrait encore affluer samedi prochain, espérant une nouvelle victoire de ses protégés. À "Caen" la prochaine ?

Commentaires d'après-match (sur le site officiel de Chamonix) :

Stéphane Gros (entraîneur de Chamonix) : "Je suis frustré ! On doit finir le premier tiers avec un 3 à 0 en notre faveur. Mais on n’arrive pas à marquer des buts ! Et c’est même l’inverse qui se produit et Épinal qui prend les devants. C’est une équipe bien en place qui a bien exploité notre manque de réussite avec des contres décisifs. Leur gardien a sorti un énorme match !"

 

Épinal - Chamonix 6-3 (1-0, 2-1, 3-2).
Samedi 19 novembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 500 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Thomas Caillot et Yann Furet.
Pénalités : Épinal 16' (2', 8', 6') ; Chamonix 12' (2', 6', 4').
Tirs : Épinal 37 (10, 11, 16) ; Chamonix 44 (14, 18, 12).

Évolution du score :
1-0 à 08'40" : Agostini assisté de Scarlato et Offret
2-0 à 25'04" : Lafrance assisté de Boisclair et C. Lacasse
2-1 à 27'57" : Aimonetto assisté de Lauzon et Öhberg
3-1 à 39'14" : C. Lacasse assisté de Lafrance et Leroy
4-1 à 40'25" : C. Lacasse assisté de Boisclair
4-2 à 42'43" : Charland assisté de Lambert et Gras (sup. num.)
5-2 à 45'07" : Chassard assisté de Gervais
5-3 à 54'07" : Aimonetto assisté de Lauzon et Hascoët
6-3 à 56'58" : Plch assisté de Gervais et Jortikka

 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Armando Scarlato.

Attaquants : Chad Lacasse - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Ján Plch (A) - Michal Petrák - Guillaume Chassard ; Erwan Agostini - Yannick Offret -  Kévin Benchabane [ou Nathan Ganz].

Remplaçant : Mathieu Perrin (G). Absents : Ján Šimko et Guillaume Papelier (adducteurs).

Chamonix

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Fabien Veydarier - Kai Öhberg ; Brent Patry - Damien Torfou ; Arthur Cocar - Michal Korenko.

Attaquants : Arnaud Hascoët - Richard Aimonetto (C) - Carl Lauzon (A) ; Francis Charland - Laurent Gras (A) - Simon Lambert ; Mathias Terrier - Clément Masson - Vincent Kara ; Matthieu Séguy et Alexandre Audibert [en infériorité numérique].

Remplaçants : Tom Charton (G), Laurent Deldicque, Clément Colombin.