Grenoble - Dijon (Ligue Magnus, 9e journée)

Grenoble encore trop juste

2011-11-19-Grenoble-Dijon2C'est la reprise pour les Brûleurs de Loups qui jouent leur premier match après la trêve internationale. Graham Avenel a fêté sa première sélection, Nicolas Arrossamena a retrouvé l'équipe de France et Ronan Quemener a montré aux sélectionneurs qu'ils avaient fait le bon choix en lui renouvelant leur confiance. Mais la grande majorité de l'effectif n'a pas joué pendant cette trêve et la dynamique entrevue avant la pause, malgré une dernière défaite à Rouen, pourrait bien être difficile à retrouver.

Bonne nouvelle en revanche du côté de l'infirmerie avec le retour très attendu de Francis Desrosiers même si Dufour prend quelques précautions en l'alignant seulement en quatrième ligne au coup d'envoi. Si l'on ajoute les retours de Sébastien Raibon et Suzzarini, cela signifie que seul Anthony Aquino manque désormais à l'appel dans les rangs grenoblois.

Les Dijonnais ont déjà pu se remettre dans le rythme en jouant leur quart de finale retour de la coupe de la ligue mercredi contre Rouen. Un match qui leur a laissé un goût amer puisqu'ils ont remonté leur handicap de deux buts du match aller mais ont finalement cédé la qualification pour les demi-finales au bout de la prolongation. Il reste donc à voir dans quel état de fraîcheur seront les Ducs après ce gros match de près de soixante-dix minutes dans les jambes.

2011-11-19-Grenoble-Dijon3Après une première alerte de Guttig, Loup Benoît fait trébucher Jarvis qui met le feu dans la zone offensive. En infériorité numérique, Grenoble se découvre sur une contre-attaque avortée et Dijon est tout près de marquer de l'autre côté de la patinoire. Les Ducs installent le jeu de puissance de face un peu plus conventionnelle et font bien circuler la rondelle. Au moment où Loup Benoît rentre sur la glace, Fredrik Borjesson trouve le décalage parfait pour Amar Kevorkian esseulé devant le slot. L'attaquant dijonnais reprend sans contrôle et fusille Ronan Quemener (0-1, 04'18"). Grenoble essaie de réagir avec notamment un tir non cadré d'Avenel qui se présentait en bonne position. Après une obstruction de Kyle Hardy sur Joris Bedin. Le power-play grenoblois est lent à se mettre en place mais finit par mettre la pression sur Sopko qui ferme bien son angle.

Les attaques dijonnaises sont plus tranchantes et la défense grenobloise se fait souvent surprendre par la vitesse des visiteurs. Les Brûleurs de Loups parviennent malgré tout à porter le palet en zone offensive et Le Blond obtient ainsi une pénalité en se faisait retenir par Kevorkian. Mais encore une fois, le power-play grenoblois manque de percussion et de précision avec un absence de tirs réellement dangereux. Loup Benoît retourne en prison après avoir fait trébucher Erwan Pain et il est très vite rejoint par Alexandre Rouleau qui fait grossièrement le ménage devant la cage de Quemener en chargeant Rob Jarvis dans le dos. À 5 contre 3 pendant 1'30", les Dijonnais ont l'occasion rêvée de prendre les devants au score. Mais les Grenoblois, héroïques en défense, s'accrochent et parviennent à perturber le jeu de puissance dijonnais avec une boîte bien compacte. Les Ducs se contentent de tirs lointains et ne parviennent pas à créer de décalage. Grenoble s'en sort bien en rentrant au vestiaire avec seulement un but de retard à la pause.

2011-11-19-Grenoble-Dijon4Dijon démarre fort la deuxième période en semant la panique autour de la cage de Quemener mais François Ouimet part en contre-attaque et il est stoppé irrégulièrement par Anthony Guttig. À cinq contre quatre, les Brûleurs de Loups ont toutes les peines du monde à sortir de leur zone défensive. Une fois le jeu de puissance finalement installé, Ramon Sopko fait le boulot et s'oppose avec autorité aux tirs grenoblois. De retour à cinq contre cinq, les Ducs reprennent leur domination et les ripostes locales sont bien désordonnées. Pas d'action structurée donc et un match tout fou qui peut basculer d'un côté comme de l'autre. Sur une attaque tranchante, Riendeau est tout bien près de marquer mais il est neutralisé irrégulièrement par Kévin Dusseau. Encore une fois le jeu en infériorité numérique grenoblois gêne les Dijonnais qui n'arrivent pas à trouver de position de tir vraiment dangereuse.

Si Grenoble est efficace en défense, on ne peut pas en dire autant de l'attaque toujours aussi brouillonne et qui manque vraiment de créativité. Une charge dans le dos de Quessandier le long de la bande permet à Grenoble d'évoluer pour la quatrième fois en supériorité numérique. Les Isérois ne parviennent toujours pas à construire un power-play convaincant, avec Tartari, Baylacq, Arrossamena ou Avenel régulièrement alignés sur la première unité spéciale. Pire même, alors que Nicolas Ritz rentre sur la glace après avoir effectué la substitution de Quessandier (qui a pris 2'+10'), Kevorkian part en contre puis s'appuie sur Rob Jarvis qui bénéficie d'un contre manqué de Crossman. Le tir du défenseur canadien est repoussé sur... Nicolas Ritz qui marque au rebond pour sa première présence sur la glace (0-2, 36'37") ! Grenoble continue de vendanger en attaque avec Le Blond qui rate une cage grande ouverte puis une contre-attaque à trois contre un qui se termine incroyablement par un hors-jeu. Les deux équipes rentrent donc au vestiaire avec une avance de deux buts pour Dijon.

Le troisième tiers débute mal pour Grenoble car Julien Baylacq se fait sanctionner pour avoir fait trébucher Erwan Pain après un engagement. Riendeau se retrouve dans la même position que Kevorkian au premier tiers mais voit son tir contré in extremis par Rouleau. Dijon parvient à maintenir le palet dans la zone défensive grenobloise et fait passer quelques sueurs froides à Quemener. Grenoble s'en sort malgré tout et Baylacq peut revenir sur la glace. Sur une action anodine en zone offensive, Alexandre Rouleau récupère le palet le long de la bande et son tir sans grande conviction surprend Sopko, pas très inspiré sur le coup (1-2, 44'11"). Ce but redonne des espoirs aux Grenoblois qui commençaient à désespérer de trouver le fond des filets adverses. À l'inverse, Sopko n'est pas totalement revenu dans la partie, ce dont profite Nicolas Arrossamena pour tromper le portier dijonnais au-dessus de l'épaule sur un tir excentré côté gauche (2-2, 44'38"). Ces deux buts en trente secondes donnent des ailes aux Brûleurs de Loups qui font voler en éclat la défense dijonnaise. Les brèches se multiplient et Grenoble rate encore quelques grosses occasions de prendre les devants au score pour la première fois du match.

2011-11-19-Grenoble-Dijon5La pression retombe comme un soufflé lorsque Nicolas Arrossamena stoppe irrégulièrement Riendeau et qu'Avenel se fait pénaliser à son tour alors que M. Bergamelli avait laissé le jeu se poursuivre, Dijon étant en possession du palet. Pour la deuxième fois du match, Reims se retrouve en double supériorité numérique. Cette fois, les Ducs ne laissent pas passer l'occasion et Guttig, en embuscade devant le slot, marque dans un trou de souris (2-3, 47'58"). Dijon reprend les commandes du match.

Ce troisième tiers tout fou est loin d'être terminé car Francis Desrosiers, repositionné sur la troisième ligne, récupère le palet à l'entrée de la zone défensive dijonnaise et tire instantanément sur le côté gauche de la cage. Il profite de la fébrilité affichée par Sopko sur ce côté pour égaliser d'un tir entre les jambes (3-3, 51'20"). Une belle façon de fêter son retour de blessure pour l'attaquant québecois ! Ouimet met ensuite au supplice la défense dijonnaise et provoque une faute de Kyle Hardy. Le jeu de puissance aurait pu permette à Grenoble de passer devant mais les Grenoblois se montrent décidément bien inefficaces dans ce domaine. À peine de retour sur la glace, Hardy retourne en prison. Grenoble réclame une deuxième pénalité pour une faute sur Tartari mais M.Bergamelli ne donne qu'un simple avantage numérique à Grenoble. Cela ne sera pas suffisant pour forcer la décision. Les Brûleurs de Loups poussent dans les dernières secondes, sans succès.

Place à la prolongation. Les deux équipes sont d'abord prudentes même si Dijon est plus entreprenant avec un tir de Hardy et une déviation d'Arnaud à bout portant alors que Grenoble se content d'un raid de Sivic. Mais deux énormes occasions vont venir pour les Brûleurs de Loups : tout d'abord Tartari rate le KO devant une cage vide sur une erreur de relance de la défense dijonnaise. Le palet va d'une cage à l'autre et les occasions de tuer le match se multiplient : sur un 2 contre 1, Sivic oublie Ouimet sur sa gauche et bute sur Sopko. Kyle Hardy met fin au suspense avec un tir lointain en lucarne que ne peut capter Quemener, masqué par le trafic devant lui (3-4, 66'19").

2011-11-19-Grenoble-Dijon1Les Brûleurs de Loups concèdent donc leur quatrième défaite en cinq matchs de Ligue Magnus à domicile, forcément une contre-performance même si le point pris à la fin du temps réglementaire peut atténuer la déception. Les deux premiers tiers ont été bien trop brouillons pour espérer autre chose qu'un score de 0-2 après quarante minutes. Dominés alors par la vitesse d'exécution des Dijonnais, les Grenoblois ont rendu une copie brouillonne. Puis au début du troisième tiers, le compteur s'est débloqué. Même si ce fut avec la complicité de Ramon Sopko, pas vraiment dans le coup sur les trois buts grenoblois, ce regain d'efficacité a transcendé les joueurs de Jean-François Dufour qui ont pu croire de nouveau en leur chance. Ils auraient même pu l'emporter avant la fin du temps réglementaire sans cette double infériorité numérique qui relance Dijon dans la partie. Ce n'est pas la première fois que l'indiscipline en fin de match coûte des points aux Grenoblois.

Le power-play fut en dessous de tout ce soir avec un 0/6 catastrophique. Les Brûleurs de Loups manquent à l'évidence de talent pour organiser le jeu de puissance et trouver le décalage comme Broz savait le faire en son temps. Les talents offensifs ne sont pas légion dans cette équipe et seuls François Ouimet, à l'origine de la plupart des actions dangereuses, et Francis Desrosiers, dont le temps de glace a augmenté au fil de la rencontre, semblent vraiment capables de débloquer une situation. À l'inverse, le jeu défensif est plutôt bien rodé, notamment en infériorité numérique. Mais là est vraiment la seule satisfaction qui ressort de ce match révélateur des insuffisances de l'effectif grenoblois cette saison. Scotchés à la onzième place, les Brûleurs de Loups ont vraiment du mal à décoller... Inquiétant avant un derby de tous les dangers samedi prochain à Villard.

Dijon pour sa part repart avec les deux points de la victoire ce qui leur permet d'accrocher la sixième place, bien calé derrière les cinq équipes de tête. Une victoire méritée sur l'ensemble du match pour les Ducs qui ont été plus constants dans leur jeu, plus précis aussi dans leurs gestes que leurs adversaires. Même si Riendeau et Gascon n'ont pas marqué, ils ont effectué un gros travail de sape en attaque. Seule ombre au tableau, le trou d'air de Sopko avec trois buts évitables encaissés au troisième tiers-temps. Une défaillance qui a relancé les Grenoblois alors que les Ducs semblaient se diriger tranquillement vers un succès sans histoire. La défense a ensuite paniqué en montrant quelques signes de fébrilité. Mais le tir précis de Hardy a finalement permis à Dijon de s'en sortir sans dommage...

Désignés meilleurs joueurs du match : Alexandre Rouleau (Grenoble) et Aram Kevorkian (Dijon)

(photos www.hockey-passion.com)

Commentaire d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Alexandre Rouleau (défenseur de Grenoble) : "Une nouvelle défaite à Pôle Sud, c'est décevant. On peut retenir le point qu'on ramène mais c'est rageant parce qu'on avait les occasions de chercher la victoire. On a réagi dans le troisième tiers quand on était au pied du mur."

 

Grenoble - Dijon 3-4 après prolongation (0-1, 0-1, 3-1, 0-1)

Samedi 19 novembre 2011 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Guillaume Gielly et David Courgeon
Pénalités : Grenoble 14' (6', 2', 6', 0'), Dijon 22' (4', 4'+10', 4', 0')
Tirs cadrés : Grenoble 45 (11, 10, 20, 4), Dijon 32 (7, 10, 10, 5)

Évolution du score :

0-1 à 04'18" : Kevorkian assisté de Borjesson et Decock
0-2 à 36'37" : Ritz assisté de Jarvis et Kevorkian
1-2 à 44'11" : Rouleau assisté de Avenel et Ouimet
2-2 à 44'38" : Arrossamena assisté de Tartari et Crossman
2-3 à 47'58" : Guttig assisté de Gascon (double sup. num.)
3-3 à 51'20" : Desrosiers assisté de Baylacq et Rouleau
3-4 à 66'19" : Hardy assisté de Guttig et Pain

 

Grenoble

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Baptiste Amar (A) - Kévin Dusseau ; Jason Crossman (A) - Sylvain Dufresne ; Alexandre Rouleau - Michael Steiner ; Rémi Colotti.

Attaquants : Graham Avenel - Christophe Tartari - Nicolas Arrossamena ; Mitja Sivic - Mathieu Le Blond - François Ouimet ; Joris Bedin - Loup Benoît [puis Desrosiers à 40'00"] - Julien Baylacq (C) ; Elie Raibon - Mathieu Briand - Francis Desrosiers ; Maxime Suzzarini.

Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absent : Anthony Aquino (épaule).

Dijon

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Benoît Quessandier - Rob Jarvis ; Kyle Hardy - Fredrik Borjesson ; Andrej Mrena - Cédric Custosse.

Attaquants : Anthony Guttig (A) - Martin Gascon (C) - Yannick Riendeau ; Thomas Decock (A) - Aram Kevorkian - Gabriel Da Costa ; Erwan Pain - Stephen Dugas - Mathias Arnaud ; Nicolas Ritz.

Remplaçant : Joffrey Pingrit (G).