Des débuts humiliants comme sélectionneur

DROZD Sergei-110503-490Après avoir été envoyé en poule de relégation par la France aux derniers Mondiaux, le Bélarus a ouvert un nouveau cycle avec un entraîneur nordique, Kari Heikkilä. Le Finlandais dispose d'un contrat de trois ans jusqu'aux Mondiaux à domicile de 2014, mais cette durée ne tient que si les objectifs fixés sont remplis au fur et à mesure. Le plus important d'entre eux est la qualification olympique qui se décidera en février 2013.

Le contrat, lucratif, est à plein temps et interdit explicitement que le nouveau sélectionneur ait un emploi parallèle en club. Après 16 ans à la tête de clubs, Heikkilä découvre donc un travail différent sans la gestion d'un groupe au quotidien. Et le Bélarus change de style après les Nord-Américains et les entraîneurs russes ou locaux. Le Finlandais est en quelque sorte un compromis : il amène une culture extérieure, mais, avec plusieurs années d'expérience en Russie, il dit ne plus avoir besoin de traducteur permanent - une barrière souvement problématique pour les coachs étrangers en KHL - et s'exprime en russe avec son équipe et en conférences de presse.

Le dernier match en date du Bélarus était le 7-1 contre la Slovénie dans un match-couperet pour le maintien dans l'élite. Ironie du sort, le premier match du nouveau sélectionneur l'oppose exactement au même adversaire. Les compositions sont cependant différentes : les Biélorusses ont rajeuni leur effectif, alors que les Slovènes, qui n'ont pas la même profondeur, ont conservé une bonne moitié de titulaires.

L'autre différence tient dans le contexte : à l'époque, l'équipe slovène, qui avait beaucoup donné au cours du Mondial, avait fini sur les rotules et n'avait plus de force pour renverser un match qui prenait mauvaise tournure. Aujourd'hui, elle résiste, bien que le jeu prenne une forme semblable : elle doit faire le plus souvent corps devant son gardien Andrej Hocevar, solidement positionné, pendant que le Bélarus passe l'essentiel du temps en zone offensive.

Une domination qui ne se concrétise absolument pas au tableau d'affichage. Au contraire, Sergei Yanovsky, un des rares débutants en équipe nationale, prend la première pénalité du match, et Sabahudin Kovacevic conclut un jeu de puissance classique. Le Bélarus a ensuite 43 secondes de 5 contre 3 mais bafouille complètement son hockey. Les visiteurs prennent l'avantage 2-0 sur un but de Ziga Pance que le gardien Dmitri Milchakov aurait dû arrêter.

Le scénario est exactement le même en deuxième période : un bon décalage pour Kovacevic en supériorité numérique, et un mauvais but pour le gardien. Cela fait 4-0, et si le public de Gomel applaudit, c'est pour saluer la rentrée du gardien remplaçant Igor Brikun, qui jouait pour le club local il n'y a pas si longtemps. Brikun n'a qu'une attaque dangereuse à arrêter jusqu'à la pause suivante, celle de Rok Ticar. Ses coéquipiers mènent 31 tirs à 14 mais ont quatre buts de retard...

Le troisième tiers-temps peut-il réserver quelque chose de pire ? Réponse : oui. D'abord deux pénalités simultanées de Pavlovich et Goroshko laissent la Slovénie à 5 contre 3, offrant un but au Briançonnais Edo Terglav.  Mais le plus "beau" reste à venir. Le gardien local sort pendant une pénalité différée... et Razdavovsky manque sa passe qui traverse la glace et aboutit dans sa cage vide. Aucun joueur adverse n'ayant touché le palet, c'est le gardien d'Angers, Andrej Hocevar, qui se verra accorder le but !

Désignés joueurs du match : Andrej Hocevar pour la Slovénie et Sergei Drozd pour le Bélarus.

Commentaires d'après-match

Matjaz Kopitar (entraîneur de la Slovénie) : "Un match étrange. Je pense que Kari Heikkilä sera d'accord avec moi pour dire que les pénalités ont largement influencé le cours du match. Notre équipe a bien joué en infériorité et marqué en supériorité. En général, je suis content du résultat, mais j'aurais bien aimé échanger cette victoire contre le match que nous avons perdu aux championnats du monde en Slovaquie."

Kari Heikkilä (entraîneur du Bélarus) : "Pas le meilleur départ. Je n'étais pas très content du début de match, mais en regardant les statisques j'ai vu que nous nous sommes créé des occasions. En deuxième période, il y a eu beaucoup de pénalités qui ont tué le match. Nous avons pris 3-4 buts stupides. Il faudra faire plus attention à la défense et surtout de ne pas se faire pénaliser. Demain sera un nouveau jour. Nous travaillons ensemble pour le futur, ce match a été une bonne expérience pour les joueurs."

 

Slovénie - Bélarus 6-0 (2-0, 2-0, 2-0)
Jeudi 10 novembre 2011 à 19h00 au palais de glace de Gomel. 2800 spectateurs.
Arbitrage de Jacob Grumsen (DAN) et Maksim Manin (RUS) assisté de Dmitri Golyak et Ivan Dedyulya (BLR).
Pénalités : Slovénie 28' (4', 6', 18'), Bélarus 38' (8', 10'+10', 10').
Tirs : Slovénie 23 (8, 6, 9), Bélarus 39 (15, 16, 8).

Évolution du score :
1-0 à 12'20" : Kovacevic assisté de Razingar et Terglav (sup. num.)
2-0 à 19'22" : Z. Pance assisté d'Ankerst
3-0 à 24'46" : Kovacevic assisté de Razingar et Tavzelj (sup. num.)
4-0 à 27'11" : Cvetek assisté de Dervaric
5-0 à 44'01" : Terglav assisté de Kovacevic et Razingar (double sup. num.)
6-0 à 50'13" : A. Hocevar


Slovénie

Gardien : Andrej Hocevar.

Défenseurs : Ales Kranjc (2') - Sabahudin Kovacevic ; Andrej Tavzelj (+2, 4') - Ziga Grahut (+1, 2') ; Damjan Dervaric (+2) - Igor Cvetek (+2, 2') ; Luka Tosic (2') - Maks Selan.

Attaquants : Tomaz Razingar (C, 4') - Rok Ticar (2') - Edo Terglav ; Anze Ropret (2') - Jaka Ankerst (+1, 2') - Ziga Pance (+1) ; Erik Pance (+2) - Matej Hocevar (+2, 2') - Ken Ograjensek (+1) ; Andrej Zidan - Anze Kuralt (4'+10') - Marjan Manfreda.

Remplaçant : Gasper Kroselj (G).

Bélarus

Gardien : Dmitri Milchakov puis à 27'11" Igor Brikun [sorti de 49'56" à 50'13"].

Défenseurs : Andrei Bashko (C, 2') – Oleg Goroshko (6') ; Andrei Antonov (-1) - Sergei Kolosov (-1, 2') ; Ivan Usenko (A, -2) - Ilya Kaznadeï (-2, 2') ; Oleg Misyul (4') - Andrei Filichkin.

Attaquants : Aleksandr Pavlovich (-1, 2') - Sergei Drozd (A, -1, 2') - Mikhaïl Stefanovich (-1) ; Artem Kisly (2') - Sergei Kukushkin (-1) - Evgeni Nikolaev ; Sergei Yanovsky (-1, 2') - Pavel Razvadovsky (-2) - Aleksei Efimenko (-2) ; Aleksandr Kashan (2') - Nikita Osipov - Sergei Dudko (2').

En réserve : Maksim Samankov (G), Sergei Sheleg, Igor Revenko.