Neuilly-sur-Marne - Strasbourg (Ligue Magnus, 10e journée)

Changement de gardien titulaire en perspective ?

BOURDAGESdaniel111022033Rencontre entre deux entraîneurs canadiens qui s'apprécient et se respectent. Frank Spinozzi connaît l'école montréalaise de techniciens à laquelle appartient Daniel Bourdages, constituée de formateurs reconnus pour leur science du jeu. Le coach strasbourgeois, quant à lui, voit en son homologue une personne qui peut s'installer à long terme et construire une équipe intéressante, comme il l'avait lui-même fait en Alsace.

Des amabilités qui n'occultent pas un match important. Avant-dernier pour les résultats à domicile, Strasbourg veut conserver son invincibilité à l'extérieur en championnat. L'Étoile Noire a gagné y compris à l'île Lacroix, en infligeant leur seule défaite aux Dragons, mais elle se méfie de la "patinoire traître" de Neuilly-sur-Marne. Selon Daniel Bourdages, les rebonds dans les bandes y imposent une vigilance de tous les instants et engendrent souvent des scores enflés.

Le 0-0 en 70 minutes des Bisons à Caen tendrait à accréditer cette thèse. Le fait qu'ils aient la moins bonne défense de Magnus ne serait donc pas lié à leur valeur intrinsèque, mais aux caractéristiques de leur patinoire. La principale urgence pour Neuilly-sur-Marne est de trouver l'efficacité offensive qui fait défaut. C'est pourquoi Frank Spinozzi a remanié ses quatre trios offensifs, tout en conservant les paires défensives qui avaient livré une très bonne prestation. Strasbourg, pour sa part, ne présente que cinq défenseurs vu que Petriläinen est malade et que les jeunes réservistes potentiels sont blessés.

Ce déclic offensif tant attendu, il ne mettra que 88 secondes à se produire, grâce au capitaine Steven Cacciotti qui montre la voie. Le problème, c'est que vingt secondes plus tôt, c'est Strasbourg qui avait marqué le premier but, Blake Gallagher visant la cage ouverte après un mauvais dégagement du gardien Billy Blase droit sur David Cayer.

L'important pour les Nocéens est d'avoir su réagir vite car les buts encaissés tôt les précipitent souvent sur la mauvaise pente. Mais malheureusement pour eux, cela ne suffira pas. Un centre du coin gauche de Gallagher est dévié dans le slot par la crosse de Timo Kuuluvainen dont le tir raté pousse en fait le palet entre les jambières du gardien. De buteur, le Finlandais se mue en passeur en trouvant David Cayer, laissé tout seul devant la cage par Leblanc. Le capitaine strasbourgeois met tranquillement le palet sur son revers pour le glisser à côté du gardien (1-3, 04'43"). Frank Spinozzi demande son temps mort, mais sans changer de gardien pour le moment.

MARCOSelie111022030

Neuilly-sur-Marne peut rebondir grâce à une pénalité aussitôt concédée par Kevin Young. Le jeu de puissance est bien exécuté, et en insistant un peu au rebond, Lukas Pek finit par marquer (2-3, 07'09"). Les Bisons peuvent y croire si leur gardien ne leur fait pas de nouvelle frayeur. Blase sort à contretemps sur un palet passant trop vite derrière la cage pour qu'il puisse le prendre, mais cette fois il revient à temps à son poste pour repousser un tior de Kuuluvainen dans la cage vide.

Mais en matière de supériorité numérique, Strasbourg est redoutable. Et pour prouver que ce jeu de puissance ne dépend pas que de quelques éléments, c'est la troisième ligne qui le transforme : Julien Correia centre au second poteau pour une belle déviation dans le mouvement d'Elie Marcos. Deux minutes plus tard, la quatrième ligne défensive locale se retrouve face au premier trio adverse : Timo Kuuluvainen dribble d'abord Alexis Besson en entrée de zone puis feinte joliment le gardien pour placer le palet entre ses bottes. Et pour enfoncer le clou, la seconde pénalité de Peter Klepac se traduit par un second but alsacien en powerplay : un lancer précis de la ligne bleue de Michal Cesnek décroche la toile d'araignée en lucarne (2-6, 18'47"). Les joueurs de Neuilly-sur-Marne se plaignent que leur gardien a été touché et gêné, ce à quoi M. Bergamelli répond qu'il était sorti à deux-trois mètres de sa zone.

Au deuxième tiers-temps, Landry Labat remplace Billy Blase dans la cage locale. Neuilly-sur-Marne met en place du forechecking et prend le jeu à son compte. Hiadlovsky connaît une première alerte quand il ne voit pas que sa mitaine a relâché le palet derrière lui sur un lancer puissant de Juho Appel (24'). L'ouverture arrive quand Andrej Kmec qui fait écran se retire de la trajectoire d'un tir de la bleue de Miroslav Kecka (3-6, 29'01"). Le joker défensif Cintala monte à l'offensive et dribble Cruchandeau qui l'accroche en entrée de zone (30'55"). Mais la supériorité numérique sera mal employée, notamment parce que Birolini tire à côté du palet.

La chance est passée. Un surnombre et une charge contre la bande de Lebreton laissent Neuilly à 3 contre 5. Le quatrième joueur est à peine rentré sur la glace que Kevin Young prend un tir axial de la bleue. Stanislas Aubert ne dégage pas ce rebond dont s'empare l'éternel rôdeur Timo Kuuluvainen pour son triplé personnel (3-7, 37'48"). Labat aura attendu le seizième tir pour s'incliner.

LabatLandry2

Jan Bohac, le dernier renfort offensif de Neuilly, rate la cage ouverte sur un palet favorable ressorti de derrière la cage. Il finira quand même par ouvrir son compteur au troisième tiers-temps sur un scénario similaire au précédent but strasbourgeois : les visiteurs sont à 3 après un surnombre et un cinglage de Kuuluvainen, et à l'instant où le quatrième joueur rentre, Bohac tire du cercle gauche (4-7, 50'16"). Le dernier mot revient cependant aux Alsaciens. Aubert est en prison pour une crosse haute sur Gallagher. Julien Correia dribble un défenseur dans l'enclave et voit sa première tentative détournée mais retente sa chance dans un angle impossible et marque (4-8, 59'04").

Commentaires d'après-match

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On peut dire merci à notre début de match. Notre première ligne, qui était la deuxième ce soir, a mis trois buts sur ses trois premières présences. Je suis content pour eux car cela fait quelque temps qu'elle n'allait pas trop bien. C'est bien de voir qu'elle marque quand l'autre ligne, qui était plus en forme, ne marque plus. Par moments, le match ressemblait un peu à du hourra-hockey, je n'aime pas ce manque de rigueur et d'analyse. On a eu des revirements à la ligne bleue où l'ailier revenait dans le milieu au lieu de passer par la balustrade. [...] On joue sur une grande glace, peut-être la plus grande de France. Ici, la glace est petite, le palet revient vite comme dans une salle de billard. C'est intéressant, car tactiquement c'est différent. Je m'en méfie toujours beaucoup."

Frank Spinozzi (entraîneur de Neuilly-sur-Marne) : "Le match se joue sur la performance d'un gardien en début de match. Cela fait deux fois de suite à domicile. On prend 5 mauvais buts sur 8, dont 4 sur 6 pour Billy. Après, on était nerveux, c'est du rattrapage, mais le mal est fait. C'est sûr que Birolini n'a pas fait un bon match et que Leblanc a été atroce. Mais on parle de deux-trois joueurs, je ne suis donc pas déçu de notre match. La vraie question, c'est d'évaluer si on envoie Landry Labat pour quelques matchs de suite. C'est le seul qui n'a pas encore eu sa chance dans cette équipe."

 

Neuilly-sur-Marne - Strasbourg 4-8 (2-6, 1-1, 1-1)
Samedi 26 novembre 2011 à 18h30 à la patinoire municipale de Neuilly-sur-Marne. 385 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Maxime Durand et Aurélien Smeeckaert.
Pénalités : Neuilly 12' (4', 4', 4'), Strasbourg 14' (4', 4', 6').
Tirs : Neuilly 33 (10, 10, 13), Strasbourg 50 (19, 16, 15).

Évolution du score :
0-1 à 01'06" : Gallagher assisté de Cayer
1-1 à 01'28" : Cacciotti assisté de Sherbatov
1-2 à 02'58" : Kuuluvainen assisté de Gallagher et Striz
1-3 à 04'43" : Cayer assisté de Kuuluvainen et Gallagher
2-3 à 07'09" : Pek assisté de Kmec et Leblanc (sup. num.)
2-4 à 12'55" : Marcos assisté de Correia et Devin (sup. num.)
2-5 à 14'24" : Kuuluvainen assisté de Gallagher et Young
2-6 à 18'47" : Cesnek assisté de Dufournet et Cibula (sup. num.)
3-6 à 29'01" : Kecka assisté de Pek et Kmec
3-7 à 37'48" : Kuuluvainen assisté de Young et Mallette (sup. num.)
4-7 à 50'16" : Bohac assisté de Lebreton et Cacciotti (sup. num.)
4-8 à 59'04" : Correia assisté de Franck et Devin (sup. num.)


Neuilly-sur-Marne

Gardien : Billy Blase puis Landry Labat à 20'00".

Défenseurs : Peter Klepac - Stanislas Aubert ; Peter Cintala - Jesse Gauthier Lebreton (A) ; Alexis Birolini - Louis-Étienne Leblanc ; Jules Breton - Alexis Besson.

Attaquants : Andrej Kmec - Miroslav Kecka (A) - Lukas Pek ; Juho Tuomas Appel - Jan Bohac - Clément Rey ; Martin Malat - Steven Cacciotti (C) - Eliezer Sherbatov ; Arnaud Bougaran - Philippe Bolduc - Étienne Bellavance-Martin.

Absents : Martin Zajac (fracture de la jambe), Anthony Pittarelli (tendinite au poignet).

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs :  Michal Česnek - Kevin Young ; Hugues Cruchandeau (A) - David Stříž ; Maxime Mallette.

Attaquants : Lionel Tarantino - Édouard Dufournet - Ján Cibuľa (A) ; Timo Kuuluvainen - Blake Gallagher - David Cayer ; Julien Correia - Élie Marcos (C) - Timothée Franck ou Pierre-Antoine Devin en alternance.

Remplaçant : Gilles Beck (G). Absents : Pasi Petriläinen (malade), Julien Burgert (élongation), Pierre Bougé (genou).