Épinal - Caen (Ligue Magnus, 10e journée)

PoLafrance Toby1ur Chad, Toby et compagnie, un tiers aura suffi !

S'il est un match piège, c'est bien celui-là. Sous ses faux airs de mal-classé, Caen n'est qu'à deux petits points des Dauphins... et reste sur trois victoires d'affilée. Des succès étriqués, avec peu de buts marqués de chaque côté, ce qui contraste avec les raclées reçues le mois dernier face à Rouen (0-11) et Dijon (1-11). Vu comme ça, on comprend mieux pourquoi la pire attaque du championnat est aussi l'antépénultième défense de Ligue Magnus !

Si l'attaque - qui a dernièrement récupéré ses deux blessés Pierre Bennett et Jérémie Romand - garde un faible rendement, la défense, elle, a visiblement serré les rangs, portée par un gardien d'avenir qui se conjugue au présent. Un Clément Fouquerel très solide depuis le début de la saison et qui est pour beaucoup dans l'actuelle dynamique d'un HCC relancé après un début de saison compliqué.

Avec seulement deux petits buts encaissés à ses trois dernières sorties, Fouquerel est sans conteste l'homme en forme du moment côté normand. Et par la même l'homme à battre pour des Spinaliens jamais si prolifiques depuis que Chad Lacasse, Toby Lafrance et Maxime Boisclair font cause commune sur la première ligne. Ces trois-là se trouvent facilement sur la glace et font actuellement preuve d'une efficacité désarmante. Ce trio québécois, qui a encore fait parler la poudre samedi (contre Chamonix), a en effet scoré sept fois en deux matchs. Et n'entendait pas s'arrêter en si bon chemin...

Un Caen sans défense

La preuve d'entrée de jeu, sur une supériorité numérique vite exploitée les locaux, qui se sont exceptionnellement parés de leur maillot blanc (où la chaîne de casinos qui parraine ce match - et sponsorise les Dauphins - apparaît en évidence). Le palet tourne jusqu'à finir dans la palette de Toby Lafrance, à hauteur du banc normand. Ne se voyant pas attaqué, le Québécois s'avance dans le rond d'engagement et, d'un bon tir des poignets, ne se fait pas prier pour expédier le palet dans le haut du filet (1-0 à 01'18").

Fouquerel Clément 3

L'action en dit long sur les largesses d'une arrière-garde caennaise beaucoup trop permissive, en ces premiers instants, pour freiner l'élan des attaquants vosgiens. Parmi lesquels Guillaume Chassard, maintenu aux côtés de Michal Petrák et Ján Plch malgré le retour de Ján Šimko (après trois bonnes semaines passées à soigner des adducteurs récalcitrants, Šimko doit se contenter d'un faible temps de glace sur une quatrième ligne expérimentale). Un Chassard lancé plein axe, à vive allure et trouvant le relais du Tchèque, qui parvient à recentrer aussitôt vers Ján Plch au second poteau, qui n'a plus qu'à pousser le palet au fond des filets (2-0 à 07'24").

Un "accrocher" d'Erwan Agostini (08'11"), suivi d'un retard de jeu de Loïc Lacasse (09'25"; une sanction purgée par son frère Chad) offre quarante-sept secondes de double avantage numérique au plus mauvais powerplay du championnat, fidèle à sa réputation, ce soir, avec zéro réussite en six tentatives. Et encore, il s'en est fallu de peu (un lancer de bottes salvateur de Fouquerel) pour que Boisclair triple la mise (10'01"). Une action malencontreusement initiée par Jeremiah Cunningham à la ligne bleue offensive qui, à force de temporiser, a vu sa passe interceptée par Maxime Boisclair. Le Canadien d'origine haïtienne mettant les voiles, même pas rattrapé par le repli désespéré de Panu Hyyppä, à qui la passe de Cunningham était destinée.

Même en supériorité numérique, les Caennais font pâle figure. Ils peinent à se montrer dangereux, freinés par des Spinaliens appliqués et respectueux des consignes. Si Pellegrino, l'entraîneur italo-canadien des Dauphins, n'était pas là samedi dernier, quand ses protégés ont fait tomber le leader chamoniard à Poissompré (6-3), il sait que trop d'espaces et d'opportunités furent laissés aux Chamois. Ce qui aurait pu leur être fatal sans Loïc Lacasse pour limiter les dégâts. Ce soir, le HCC est dans ce cas mais Fouquerel, lui, n'y est pas. Comme sur cette montée latérale d'un Chad Lacasse prenant un lancer filant sous le bras droit d'un Clément Fouquerel clairement pas à son affaire (3-0 à 15'20").

Caen, desservi par un gardien chancelant et une défense aux abonnés absents, peut-il revenir dans ce match ? À vrai dire, c'est très mal engagé pour les coéquipiers d'Antti Urpo, incapables d'aller porter le danger aux avant-postes. Pas simple il est vrai de prendre à défaut les Jortikka, Leroy, Mäntylä et autres Scarlato, qui ne laissent rien passer. Pas même les incursions des remuants Charles Geslain et Joe Buicko. Seulement une percée, en toute fin de tiers, de Jean-Christophe Gauthier, petit par la taille mais grand par le talent (selon l'expression consacrée). Et surnageant LeroyFabien3difficilement grâce à sa vivacité.

Ainsi s'achève une première période où les Drakkars n'ont pas soutenu la comparaison, laissant notamment une trop grande marge de manœuvre à leurs opposants. Qui n'en demandaient pas tant.

Mais la soirée "portes ouvertes" s'arrête après le quatrième but maison. Un palet traînant dans le slot et profitant à l'inévitable Toby Lafrance, pour un revers qui fait mouche (4-0 à 20'31").

Dans la foulée, une passe mal assurée de Fabien Leroy vers Niko Mäntylä, derrière la cage de Loïc Lacasse, est récupérée par Charles Geslain qui trouve Jean-Christophe Gauthier, sur la droite du gardien, pour un but à bout portant du lutin canadien (4-1 à 21'14").

Circulez, y'a plus rien à voir...

Ensuite, rideau. Plus rien, plus de jeu ni d'un côté, ni de l'autre. Tout juste quelques occasions, par ci par là, mais rien de bien emballant. Les deux équipes se neutralisant, laissant s'installer un faux rythme persistant. Il faut dire que Fouquerel s’est bien ressaisi et que ses partenaires ne donnent plus autant de facilités aux Spinaliens qu'en début de partie. D'un autre côté, à 4-1, ce n'est plus aux Lorrains de faire le jeu. Ni de se découvrir exagérément...

Le public, encore venu nombreux ce soir, n'a donc plus grand chose à se mettre sous la dent et doit se contenter des miettes. Comme cette altercation consécutive à une action de jeu où Joe Buicko envoie valdinguer Peter Slovák le long de la bande et prend un lancer tandis qu'est sifflé un hors-jeu (30'02"). Slovák veut se faire justice mais il ne pourra en venir aux mains. Laissant les Nathan Ganz, Yannick Offret et autres Charles Geslain en découdre avec entrain, dans une empoignade réprimée à grand coup de pénalités. Dont une méconduite de match pour le "revenant" Jérémie Romand, puni pour avoir quitté son banc durant l'échauffourée...

Romand Jérémie3

Ce n'est évidemment pas du goût de Bertrand Pousse qui, de palabres en discussions avec les "zébrés", cause de longues, très longues minutes d'interruption. Avant - enfin ! - une grosse occasion. Tout part d'une bonne couverture de Jean-Philippe Paquet, qui poke-checke Toby Lafrance. La rondelle revient aussitôt en zone neutre, sur un Geslain alertant Buicko. Parti dans le dos de la défense, l'Américain se présente seul face au gardien et feinte sans parvenir à se jouer de Lacasse (38'00"). Un poteau de Tuominen plus tard (38'30") et c'est la fin d'une insipide deuxième période qui aura surtout vu Caen retrouver son assise défensive. Et ainsi stopper l'hémorragie...

L'ICE, au retour des vestiaires, tente d'offrir un meilleur visage à ses supporters. Elle s'en remet à ses meilleures individualités, et notamment un Toby Lafrance omniprésent. Chad Lacasse n'a pas non plus manqué de faire apprécier toute sa technicité tandis que son frère Loïc, encore irréprochable de bout en bout, s'est illustré en fin de partie, face au feu nourri du powerplay caennais.

Les Drakkars peuvent regretter leur entame ratée, qui fut rédhibitoire face à un ensemble spinalien déterminé à remporter une troisième victoire d'affilée. Des Vosgiens n'ayant plus forcé leur talent après avoir tué le match en un quart d'heure seulement...

Réactions d'après-match (sportacaen.fr)

Charles Geslain (attaquant de Caen) : "On a des regrets. Si on avait fait une autre entame, le match n'aurait pas été pareil. Ils ont démarré très fort mais après ils ne nous ont pas dominés. Ça se joue finalement à peu de choses. C'est un coup d'arrêt, surtout que c'était un match accessible."

 

Épinal - Caen 4-1 (3-0, 1-1, 0-0).
Samedi 26 novembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 400 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Nicolas Crégut et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 20' (4', 8', 8') ; Caen 44' (12', 30', 2').
Tirs : Épinal 30 (10, 8, 12) ; Caen 28 (6, 8, 14).

Évolution du score :
1-0 à 01'18" : Lafrance assisté de Mäntylä et Boisclair (sup. num.)
2-0 à 07'24" : Plch assisté de Petrák et Chassard
3-0 à 15'20" : C. Lacasse assisté de Lafrance et Boisclair
4-0 à 20'31" : Lafrance assisté de Plch et Petrák (sup. num.)
4-1 à 21'14" : Gauthier assisté de Geslain


Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Armando Scarlato ; Guillaume Papelier.

Attaquants : Chad Lacasse - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Ján Plch (A) - Michal Petrák - Guillaume Chassard ; Erwan Agostini - Yannick Offret -  Nathan Ganz ; Ján Šimko - [Lafrance ou Petrák] - Kévin Benchabane.

Remplaçant : Mathieu Perrin (G).

Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Jean-Philippe Paquet (C) - Numa Besson ; Dušan Brincko - Udo Marie ; Panu Hyyppä - Alexis Gomane (A).

Attaquants : Charles Geslain - Joe Buicko - Jean-Christophe Gauthier ; Antti Urpo - Jeremiah Cunningham - Martin Tuominen ; Kevin Da Costa - Thibault Geffroy [Romand de 00'53" à 10'53"] - Pierre Bennett (A) ; Jérémie Romand.

Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absent : Antoine Vigier.