Toulouse-Blagnac – Dunkerque (Division 1, 12e journée)

Quel beau match !

En cette 12e journée de championnat les Corsaires se lancent à l'abordage des Bélougas. Seulement quatre points séparent les deux équipes mais les visiteurs sont dans une spirale positive. Leur victoire face à Courbevoie leur a permis de se maintenir dans la première partie de tableau. Les locaux en revanche reviennent d'une défaite cinglante face à Anglet et peinent à garder la tête hors de l'eau au classement et à éviter la zone de relégation. Au-delà de la lutte serrée au classement, ce match est aussi la confrontation attendue entre Karl Dewolf, le très expérimenté défenseur des Bélougas qui a quitté Dunkerque dans des conditions difficiles, et Maurice Rozenthal, l'ancien attaquant vedette des Bélougas.

Ce match s'annonce comme une affiche de toute beauté.

À couteaux tirés

PELLETIER Guillaume-111008-055Le public toulousain a répondu présent et s'est rendu en nombre à la patinoire Jacques Raynaud. C'est devant 1425 spectateurs que les Bélougirl's aux couleurs de la ville rose mettent le feu à la patinoire juste avant le coup d'envoi.

Le match débute sur les chapeaux de roues. Dès la première minute Christophe Ribanelli se présente face à Marc-André Martel, contrôle, tire et manque de peu le cadre. Le ton est donné, aucune phase d'observation, le match est lancé. Les deux équipes enchaînent alors des phases d'attaques, contre-attaques sans toutefois réussir à déjouer la vigilance des deux gardiens. C'est à 7'49 que le match bascule. Suite à une mêlée générale devant les cages des Bélougas, le palet passe au milieu d'une forêt de patins et flirte avec la ligne de but de Niklas Lehti. Les Corsaires lèvent les bras mais le but est refusé. La frustration se lit sur leurs visages, et dès que le jeu reprend, on comprend que cette action a décuplé la hargne des attaquants dunkerquois. À 8'18 Karl Dewolf s'en va seul au but et suite à un choc avec un défenseur, vient percuter le gardien des Corsaires. On en vient aux mains. Le ton monte et moins de 20 secondes plus tard Martin Tkac vient percuter volontairement Niklas Lehti pour venger son équipe. La tension est à son comble et c'est dans ce climat d'énervement que Guillaume Pelletier réussit à tromper le portier des locaux en supériorité numérique. 1-0 pour Dunkerque qui prend l'avantage.

Le fair-play n'est pas forcément de mise dans cette deuxième moitié de tiers et à ce petit jeu ce sont les Bélougas qui sont en difficultés et seul un Lehti des grands soirs leur permet de tuer deux infériorités consécutives. À 15'16 but refusé pour les Blagnaco-Toulousains. Le palet a-t-il franchi la ligne ? Marc André Martel repousse le palet sur sa ligne avec sa mitaine. Dedans ? Dehors ? En tout cas on reste à 1-0. Comme lors du but refusé pour Dunkerque, les Bélougas reprennent le jeu le couteau entre les dents et il leur faut à peine une minute pour remetre les compteurs à zéro. Après trois tirs consécutifs repoussés par Martel, Kirk Golden réussit à faire trembler les filets. Le public est en délire. Le tiers se termine sur un 1-1 entièrement mérité et laisse présager un suspense de folie pour la suite.

Sur le fil

Il ne fallait pas être en retard à l'entame de cette deuxième période car dès la dix-septième seconde Jimi Palanto étrangement seul devant le but des Corsaires a le temps d'ajuster son tir et de tromper Martel. 2-1 pour les Bélougas qui ont réussi à cueillir à froid leurs adversaires. En dépit de ce but, le match reprend sur un rythme moins enlevé qu'au premier tiers. Le jeu est équilibré mais la hargne a disparu. Les deux équipes laissent parler leur jeu technique. Du côté des Corsaires, ce sont des attaques structurées avec un jeu de passe développé qui permet des débordements collectifs. Du côté des Bélougas, on mise plutôt sur des attaques lancées basées sur des percées individuelles.

THOMAS Clement-111008-011

En tout cas, des deux côtés, les gardiens font le métier et gardent leurs cages inviolées. Alors qu'on s'acheminait vers la fin du tiers, et alors qu'ils sont en infériorité numérique, les Dunkerquois réussissent à remettre leur équipe sur les rails. Petr Zich de la bleue réussit à loger un tir sous la barre. Un but de toute beauté qui permet de rattraper à la dernière minute le but encaissé lors de la première. Les deux équipes sont de nouveau dos à dos.

Au bout du suspense

Les deux formations sortent du vestiaire avec une envie décuplée. Le jeu est très tendu, souvent limite. Au milieu des irrégularités il est difficile de mettre en place un jeu construit. Les pénalités s'enchainent et le trio arbitral doit s'employer pour tenir le match. À 47'55 une charge de Clément Thomas sur Kirk Golden alors que l'arbitre avait sifflé provoque un début de bagarre générale. Pendant les minutes qui vont suivre, les deux joueurs vont se chercher, petits gestes, charges, invectives. Ils sont tous les deux priés d'aller se calmer avec une méconduite. Il ne reste que 10 minutes de jeu et ce match sent le chaos. Les attaques sont tranchantes et les gardiens sont souvent chahutés devant leurs cages.

Le temps passe et le public pousse. Il reste moins de 5 minutes et il est clair que l'équipe qui marquera assommera la rencontre. Les deux gardiens enchaînent les exploits et à 3 minutes de la fin on entend prononcer le mot « prolongation » dans les travées de la patinoire. L'histoire en décidera autrement. C'est Karl Dewolf qui va faire basculer la rencontre. À deux minutes de la fin, il réussit à pousser le palet au fond des filets de Marc-André Martel. Le public est en délire, la patinoire Jacques Raynaud est en feu. Il reste une minute de jeu, Dunkerque va abattre sa dernière carte. Après un temps mort et la sortie de leur gardien, ils jettent toutes leurs forces dans la bataille mais cela ne suffira pas. À 9 secondes de la fin Jimi Palanto intercepte le palet et marque en cage vide. Les Corsaires sont vaincus.

Conclusion

On a assisté à une rencontre de toute beauté. Tous les ingrédients étaient réunis pour un match de hockey de folie. Deux belles équipes, des joueurs très techniques, de l'engagement, de la tension, du suspense et un dénouement dans les dernières minutes. Ce match était parfaitement équilibré avec deux équipes qui présentaient certes un jeu différent mais qui avaient toutes les deux une véritable envie de gagner. Le match aurait très bien pu basculer en faveur des Corsaires mais ce soir ce sont les Bélougas qui ont réussi la bonne opération. Au classement les locaux restent 10e mais réussissent à tenir la cadence et à ne pas se faire distancer par le groupe de 7 équipes qui luttent en milieu de tableau. Les Dunkerquois, eux, sont toujours sixièmes mais ont raté l'occasion de se mettre à l'abri et de sécuriser leur place en play off.

 

Toulouse-Blagnac - Dunkerque 4-2 (1-1, 1-1, 2-0)
Samedi 26 novembre 2011 à la patinoire Jacques Raynaud. 1425 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo assisté de Frederic Hemmery et Olivier Salicio.
Pénalités : TBHC 30' (10',0',20'), Dunkerque 30' (4',6',20').

Évolution du score :
0-1 à 08'40" : Pelletier assisté de Rousseau (sup. num.)
1-1 à 16'23" : Golden assisté de Michaud et A. Pelisse) [5-4]
2-1 à 20'17" : Palanto assisté de Golden et A. Pelisse
2-2 à 39'46" : Zich assisté de M. Rozenthal (inf. num.)
3-2 à 58'09" : Dewolf assisté de Gadiot et Gillardin
4-2 à 59'51" : Palanto assisté de A. Pelisse et Peronnard (cage vide)

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois, Petr Zich, Maxime Brachet, Ghislain Folcke, Martin Croguennec, Martin Tkac.

Attaquants : Benjamin Nguyen Van, Aurélien Zajac, Eric Rousseau, Clément Thomas, Arnaud Pean, Maurice Rozenthal, Matthieu Becuwe, Kim Wikstrom, Antoine Houque, Guillaume Pelletier.

Toulouse-Blagnac

Gardien : Niklas Lehti

Défenseurs : Damien Gadiot, Benoit Pourtanel, Karl Dewolf, Terry Prunier, Maxime Michaud, Harold Ten Braak, Robin Drogue

Attaquants : Jérémy Pradel, Augustin Gillardin, Alexis Codevelle, Remi Peronnard, Christophe Ribanelli, Kirk Golden, David Gaydon, Jimi Palanto, Antoine Pelisse