Dunkerque - Reims (Division 1, 13e journée)

Les Phénix poursuivent leur envol

sabatierjeremy

Calmés par leur ancien mentor Karl Dewolf en toute fin de match à Toulouse et encore privés de leur capitaine François Rozenthal, touché au genou, les Corsaires retrouvent leur antre de Michel-Raffoux où ils alternent le chaud et le froid ces derniers temps. L'adversaire du soir n'offre a priori pas l'opposition idéale pour se refaire une santé. Les Rémois vainqueurs de trois rencontres de suite semblent avoir oublié la claque subie sur la Côte d'Azur il y a un mois et devancent leurs hôtes de deux places mais surtout cinq points.

De retour dans le Nord plusieurs mois après une demi-finale de Division 2 ratée avec les Dogs de Cholet, Juhamatti Yli-Junnila montre rapidement son vrai visage à des Corsaires poussés à la faute dès la deuxième minute sur un cinglage de Pelletier. Un gros tir de Blake Cosgrove est repoussé sur la ligne par Brachet, suppléant d'un gardien encore très gêné par le trafic sur le lancer suivant de Prochazka. Face à une reprise sans contrôle de Jens Eriksson sur un service d'Yli-Junnila, Marc-André Martel permet aux bleus de tuer la pénalité, mais le grand Finlandais transperce ensuite dans la défense pour venir ouvrir la marque de près (0-1 à 03'38").

Le jeu en mouvement des Phénix perturbe fortement les locaux, qui oublient Florian Sabatier au centre mais réagissent enfin par une percée de Guillaume Pelletier, reprise par Thomas en dehors du cadre. La faute de Vesely en zone offensive accule quelque peu les Rémois, qui se dégagent par trois fois, Maurice Rozenthal et Guillaume Pelletier se cassant les dents sur le rideau dressé à la ligne bleue. Juhamatti Yli-Junnila choisit ce moment pour placer une accélération côté droit, aux dépens de Martin Croguennec, et repiquer vers la cage pour doubler la mise (0-2 à 10'18").

Aidé d'Alexandre Lachance sur le retour à cinq, Pierre-Charles Hordelalay imite son équipier nordique, en accélération, pour asséner un troisième coup sur la tête des Corsaires (0-3 à 11'40"). Un tir au ras du poteau droit, sur un déboulé de Jan Rehor, suivi d'une méconduite à l'encontre de Clément Thomas n'augurent rien de bon pour les bleus. Entré en jeu à la place du fautif, Antoine Houque sonne la révolte, concluant une poussée de la deuxième ligne sur une fin de pénalité (1-3 à 17'00").

Les hommes de Marc Leroux retrouvent des couleurs dans cette fin de premier acte, et s'en remettent à Petr Zich, coutumier du genre, pour semer la pagaille dans les rangs adverses. À la faute, Tomas Fojtik cherche en vain le chemin de la prison, ignorant que l'une des particularités de la patinoire Michel-Raffoux est de regrouper les prisons du côté des bancs... Moins hésitant, Filip Kubis capte les lancers en force de Zich et Pelletier, et ses équipiers se montrent très dangereux en contre-attaque. Ainsi, le tir croisé de Jens Eriksson est repoussé par la botte de son ancien coéquipier mulhousien Martel, avec lequel il discutera longuement à l'issue de la rencontre, mais le deuxième contre est le bon pour le capitaine Vrielynck (1-4 à 18'08").

Ce déficit de trois buts, dont deux en infériorité numérique, ne semble pas rédhibitoire pour les hommes de Marc Leroux, entreprenants au retour sur la glace. Profitant d'un cinglage de Hordelalay sur leur dernier rempart, ils portent le danger avec plus d'insistance sur la cage de Kubis, en difficulté sur un lancer frappé de son compatriote Zich et finalement battu sur une action initiée derrière sa cage par Wikström et Becuwe. Le palet, d'abord repoussé, est repris de près par Grégory Dubois (2-4 à 20'49"). Un autre défenseur, Martin Tkac, défie à son tour Filip Kubis d'un essai vers le haut de la cage, augurant d'un deuxième tiers-temps indécis... Mais il s'agit d'une des rares interventions de ce dernier au cours d'une période à sens unique pour ses couleurs.

houqueantoineLa raison ? Une avalanche de pénalités subie par les Maritimes, plus ou moins justifiées, plus ou moins contestées... Une charge contre la bande de Zajac (22'36") et une obstruction de Maurice Rozenthal sur une contre-attaque dangereuse pour la défense champenoise (23'46") permettent aux visiteurs de reprendre le contrôle des opérations. Placé à la pointe, Blake Cosgrove est à l'origine d'une situation très chaude, écartée par Zich et Croguennec, avant d'envoyer en force, de volée, la passe de Loïc Sadoun vers le fond du filet (2-5 à 24'25").

Dunkerque récupère son cinquième homme à la suite d'une belle intervention de son gardien, de la plaque, face à Valère Vrielynck, lui-même à l'affût d'un numéro de Florian Sabatier... Pour 17 secondes car le trio arbitral sanctionne tour à tour Arnaud Péan, coupable d'une faute en zone offensive (26'03"), et Martin Tkac, tout surpris d'être envoyé en geôle (27'18"). Dans un premier temps, les paires Sadoun - Cosgrove et Yli-Junnila - Eriksson ne parviennent pas à trouver la solution, mais une charge de Folcke sur Lachance offre une nouvelle séquence en double supériorité. Celle de trop car Yli-Junnila trouve facilement Eriksson devant la cage ouverte (2-6 à 28'59").

Un accrocher de N'Guyen au centre du glaçon (30'15") met le feu aux poudres. Las, Petr Zich conteste la décision auprès du corps arbitral, n'ayant pour réponse qu'une méconduite alors que son équipe vient de récupérer Clément Thomas. C'en est trop aussi pour le public, de plus en plus véhément à l'encontre des coupables désignés. Plusieurs projectiles atterrissent sur l'aire de jeu, retardant la reprise de la rencontre. La tension demeure lorsque Grégory Dubois, à la récupération de la rondelle dans le coin, percute l'un des arbitres, incident à l'origine de son exclusion (31'19").

Un poteau de Rehor plus loin, Eriksson rend la pareille à Yli-Junnila, isolé face à la cage grande ouverte (2-7 à 33'52") et le sort de la rencontre est scellé. Les Corsaires, à leur tour en avantage numérique suite à un 2'+2' infligé à Vesely et à un surnombre champenois à l'issue de la première de ces deux prisons, relèvent la tête dans un dernier vingt où l'intensité baisse sensiblement, et où chaque formation riposte tour à tour. Suite à une mise au jeu remportée par Hordelalay en zone offensive, Vrielynck loge le palet entre Martel et son poteau droit (2-8 à 42'49"). De retour de blessure, Loïc Destoop répond d'une action superbe, sur laquelle il s'empare de la rondelle, perce la défense rémoise et trompe Filip Kubis en fin de course (3-8 à 43'40").

cosgroveblakePressé par Thomas derrière la cage, Dratzen perd le contrôle du palet, qui revient sur Martin Croguennec. L'ancien Rouennais contraint Kubis à lâcher un rebond à Houque, auteur d'un doublé face à ses anciennes couleurs (4-8 à 47'19"). L'espoir d'un hypothétique retour s'envole vite sur une erreur défensive, le palet perdu dans leur zone par les Dunkerquois face à Rehor permettant à Yli-Junnila de clore la marque (4-9 à 49'38").

La clairvoyance d'Yli-Junnila et les qualités de buteur de Jens Eriksson ont donc fait très mal aux Corsaires, mais réduire le potentiel offensif du RCH à ces deux hommes omettrait injustement le travail effectué tout au long de la rencontre par Hordelalay ou le capitaine Vrielynck, offrant une profondeur appréciable à un effectif encore en attente des débuts de Miroslav Pazak... Pour Dunkerque, il conviendra de vite oublier ces deux dernières sorties à l'issue difficile, alors que pointe à l'horizon la venue du leader mulhousien.

Commentaires d'après-match

Loïc Destoop (attaquant de Dunkerque) : "Un sentiment d'injustice prédomine car nous avons l'impression que l'arbitre nous a mis des bâtons dans les roues. Notre première période fut assez difficile mais nous revenons bien, puis c'est pénalité sur pénalité... C'est difficile de jouer tout le temps en infériorité numérique, notamment pour l'organisme alors que Reims prend le large. Je me suis plutôt bien senti physiquement. Cette semaine, les équipiers ne m'ont pas trop chargé, mais j'avais une certaine appréhension dont j'ai parlé à Marc Leroux. Sur le troisième but, je suis chanceux d'arriver jusqu'à la cage, alors que je voulais aller le plus loin possible. J'aurais toutefois préféré d'autres circonstances pour marquer."

François Dusseau (entraîneur de Reims) : "On savait que Dunkerque était difficile à manoeuvrer sur sa petite glace. L'équipe fait un bon premier tiers, en étant rapidement dans le coup, et enchaîne les lancers. En deuxième période il y eut beaucoup de pénalités, mais Dunkerque, poussé par son public, a voulu revenir. Reims a su être solidaire dans un contexte particulier face à un promu dont le parcours est bon. Nous accusons un retard par rapport à l'an dernier où nous n'avions connu que six défaites. Cette année nous souhaitons aller en finale. Simplement viser l'une des huit premières places ne serait pas correct vis-à-vis des partenaires et des gens qui nous suivent, comme les supporters venus ce soir. Les regrets viennent de matchs à domicile, comme contre Lyon et Brest, que nous avons dominé avec une soixantaine de lancers. Par contre, les matchs face à Bordeaux et Mulhouse se sont traduits par de très bonnes opérations. La différence par rapport à la saison dernière est qu'il faut travailler chaque week-end. Concernant Miroslav Pazak, il s'agit d'un cadeau de Noël de la part de mon Président. Il se remet en forme, c'est un compétiteur qui ne voulait pas s'arrêter là et va nous aider. On va y aller progressivement, après l'accident qui l'a arrêté plusieurs mois, mais il s'agit d'un joueur supplémentaire avec lequel nos adversaires devront compter."


Dunkerque - Reims 4-9 (1-4, 1-3, 2-2).
Samedi 3 décembre 2011 à 18h30 à la patinoire Michel Raffoux. 920 spectateurs.
Arbitrage de Thibaud Juret assisté de Jérémie Douchy et Jérémy Metais.
Pénalités : Dunkerque 67' (4'+10', 14'+5'+10'+20', 4'), Reims 14' (6', 8', 2').
Tirs : Dunkerque 37 (14, 10, 13), Reims 49 (21, 16, 12).

Évolution du score :
0-1 à 03'38" : J. Sabatier assisté de Rehor
0-2 à 10'18" : Yli-Junnila assisté de Eriksson et Cosgrove (inf. num.)
0-3 à 11'40" : Hordelalay assisté de Lachance et Fojtik
1-3 à 17'00" : Houque assisté de Rousseau et Pelletier
1-4 à 18'08" : Vrielynck assisté de Vesely (inf. num.)
2-4 à 20'49" : Dubois (sup. num.)
2-5 à 24'25" : Cosgrove assisté de Sadoun et F. Sabatier (double sup. num.)
2-6 à 28'59" : Eriksson assisté de J. Sabatier et Yli-Junnila (double sup. num.)
2-7 à 33'52" : Yli-Junnila assisté de Eriksson et J. Sabatier (sup. num.)
2-8 à 42'49" : Vrielynck assisté de Lachance et Hordelalay
3-8 à 43'40" : Destoop assisté de Rousseau et Brachet
4-8 à 47'19" : Houque assisté de Croguennec et Thomas
4-9 à 49'38" : Yli-Junnila assisté de Eriksson et Rehor

 

Dunkerque

Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Petr Zich ; Martin Croguennec - Martin Tkac ; Maxime Brachet - Ghislain Folcke.

Attaquants : Maurice Rozenthal (C) - Kim Wikström - Matthieu Becuwe ; Clément Thomas (A) - Éric Rousseau - Guillaume Pelletier ; Aurélien Zajac - Benjamin N’Guyen - Arnaud Péan ; Antoine Houque, Loïc Destoop à 40'00".

Remplaçant : Pierrick Boudot (G). Absent : François Rozenthal (genou).

Reims

Gardien : Filip Kubis.

Défenseurs : Blake Cosgrove - Filip Prochazka ; Fredrik Dratzen - Martin Vesely (A) ; Tomas Fojtik - Tristant Lohou.

Attaquants : Jérémy Sabatier (A) - Florian Sabatier - Loïc Sadoun ; Juhamatti Yli Junnila - Jens Eriksson - Jan Rehor ; Valère Vrielynck (C) - Pierre-Charles Hordelalay - Alexandre Lachance.

Remplaçants : Steven Catelin (G), Damien Morel, Armand Coustenoble, Thybaud Rouillard.