Épinal - Angers (Ligue Magnus, 12e journée)

Avec Bélanger... pour gagner

Bélanger Marc1

Qui arrêtera les Dauphins, invaincus depuis plus d'un mois en championnat ? Peut-être Angers, qu'Épinal avait battu l'an passé au prix d'une folle remontée...

Pareil scénario ne serait pas pour déplaire au nombreux public de Poissompré, qui n'espère rien de moins qu'un nouvel exploit de ses protégés. Il faut dire que les hommes de Santino Pellegrino, récents vainqueurs à Strasbourg d'un derby aussi disputé qu'engagé (4-3), n'en finissent plus de gagner... et restent sur quatre succès d'affilée. Réussir la passe de cinq en battant les Ducs d'Angers dans le temps réglementaire reviendrait même, "cerise sur le sundae", à rejoindre leur adversaire du soir au classement.

Mais voilà, s'ils se montrent parfois poussifs sur leur petite glace du Haras, les Angevins semblent particulièrement bien voyager. Revenus gagnants de Strasbourg, Morzine, Dijon et Briançon, ils ne se sont jusqu'alors inclinés qu'au Coliséum. Et encore, après prolongation...

Il y a donc de quoi s'attendre à forte adversité, d'autant qu'Angers affiche presque complet. Si l'absence prolongée du vétéran Simon Lacroix était annoncée, l'incertitude planait quant à la participation de Marc Bélanger, touché au pied. L'ailier franco-canadien, qui est aussi le meilleur compteur angevin, est bel et bien présent… mais ne paraît pas à 100% au vu de son échauffement.

bellemare jonathan 1Ce n’est visiblement pas le cas de Jonathan Bellemare, toujours en quête de son 120e but en saison régulière. Le diablotin québécois n'y était pas parvenu samedi face aux Bisons de Neuilly (3-1) et pourrait ce soir égaler la marque établie par Sylvain Beauchamp, recordman des buts marqués sous les couleurs d'Angers (si l'on décompte du total de Beauchamp les buts de la poule finale 1994 en les assimilant aux play-offs, ce qui est discutable). Mais encore lui faut t-il venir à bout d'un Loïc Lacasse enchaînant les performances de choix depuis deux mois...

Bellemare, le maître à jouer des Ducs d'Angers, ne tarde pas à distiller de bons palets, faisant fi de son petit gabarit avec sa technique affûtée et sa vision du jeu aiguisée. Julien Albert est tout près d'en profiter mais Lacasse est sur la trajectoire de sa reprise de volée (04'09").

Après un petit round d’observation, les visiteurs se font terriblement pressants. C'est qu'ils ne lésinent pas sur l'échec-avant les attaquants angevins, qui pressent à un ou deux joueurs pour optimiser les récupérations et garder la défense adverse sous pression. Ce forecheking s'avère suffisamment contrariant pour gêner les dégagements, amplifiant la mainmise d'Angers. Valentin Michel, la grande révélation du début de saison, passe même tout près d'ouvrir le score mais son tir, qui file entre les bottes de Loïc Lacasse, ne fait que longer sa ligne de but (9e).

Réduite à jouer les contres, l'ICE s'en remet notamment au duo Plch-Chassard (Petrák, encore très loin de son meilleur niveau, n'étant toujours pas dans le coup). Bien servi par le Slovaque, Guillaume Chassard voit sa reprise flirter au ras du poteau droit d'Hočevar (09'39") pour la seule véritable opportunité spinalienne de ce premier tiers verrouillé, où le mot d'ordre, côté Angers, était décidément "défense d'entrer" !

Zéro pointé en supériorité !

Défensivement, les Ducs maîtrisent leur sujet. Bien en place, ils s'appuient sur une arrière-garde éprouvée qui n'offrira aucun lancer (!) à ses deux premières infériorités. Andrej Hočevar, l'homme masqué, est donc bien secondé par les Carlsson, David, Mihálik et autres Lahesalu. Autant d'arrières expérimentés, qui font le métier et multiplient les prises à deux pour récupérer un nombre incalculable de palets.

Rarement pris à défaut, ils profitent également des maladresses adverses. Des passes mal assurées, imprécises ou à contre temps. Sans parler des ratés à la ligne bleue offensive. Les grandes spécialités d'un Fabien Leroy sauvant toutefois la mise à ses coéquipiers en court-circuitant, devant Jonathan Bellemare, un deux-contre-un mené par Éric Fortier (15'37").

PlchJan1

Au retour des vestiaires, Toby Lafrance, Maxime Boisclair et compagnie paraissent décidés à bouger le bloc angevin. Ils assiègent la zone offensive, mais toujours sans parvenir à inquiéter Hočevar. L'ICE obtient toutefois une pénalité (21'55"), synonyme de troisième avantage numérique de la partie. Mais là encore, l'efficacité n'est pas au rendez-vous. Un retard de jeu de Mihálik (23'46"), puni pour avoir dégagé le palet par-dessus le plexi, n'est pas non plus exploité. Le box-play angevin ne laissant il est vrai que très peu de solutions à un ensemble spinalien en mal d'inspiration...

Le jeu de puissance angevin entre en piste sur une obstruction de Jortikka (27'06"). L'occasion pour Bélanger de retrouver Bellemare et Fortier, impliqués dans l'énorme occasion aboutissant à l'incarcération d'Armando Scarlato. Tout part d'un tir dévié de Lauri Lahesalu, freiné dans le slot et se retrouvant à disposition de Damien Raux. L'éphémère grenoblois est en bonne position mais Lacasse s'interpose pour fermer l'angle de tir. Avant que Scarlato, sous la pression, ne sorte la cage de ses gonds (28'34").

La pénalité n'est pas inutile mais laisse tout de même trente-deux secondes de double avantage numérique aux coéquipiers de Jonathan Bellemare, qui parviennent à leurs fins sur un décalage orchestré par le lutin canadien. Posté à hauteur de son banc, Bellemare parvient à renverser le jeu vers un Bélanger marquant, à mi-distance, d'une merveille de tir croisé dans le petit filet (0-1 à 29'52").

Battant le fer tant qu'il est chaud, les Ducs ne laissent pas le temps à Loïc Lacasse de refroidir. Le gardien canadien des Dauphins répond présent sur plusieurs centres coupés à bout portant témoignant de la vitesse d'exécution des meilleures individualités angevines, réunies sur quatre lignes travaillant d'arrache-pied. Notamment les Raux, Michel, Poudrier et autres Henderson, qui patinent sans relâche dans les deux sens et participent activement à l'effort collectif en désavantage numérique.

Défendant plus qu'ils n'attaquent depuis de longues minutes, les locaux vont bénéficier d'une nouvelle supériorité numérique après que Tomáš Balúch ait accroché Fabien Leroy (33'40"). Une sentence doublée par un cinglage de Carlsson (34'36") offrant, à l'ICE, plus d'une minute à cinq contre trois. À ce petit jeu, c'est l'éternel Ján Plch qui se montre le plus dangereux. Mais rien n'y fait. Le powerplay spinalien, gangrené par l'imprécision et la précipitation, est une proie trop facile pour un box-play de cette qualité...

Hočevar superstar !

hocevar andrej1À trop gâcher, l'ICE risque de le regretter. Surtout qu'Angers est encore à sa portée. Malgré leur assise défensive, les hommes de Jay Varady subissent plusieurs alertes, laissant Hočevar intervenir devant Chad Lacasse (41e), Stéphane Gervais et Mikko Jortikka (42'45"). Le Slovène laisse même un rebond brûlant en repoussant, de l'épaule, une reprise de Maxime Boisclair à bout portant (44'25").

La menace se précise mais il suffit d'un palet mal contrôlé par Niko Mäntylä, monté appuyer ses attaquants, pour que Marc Bélanger file à toute berzingue en break-away. Traînant le Finlandais sur le porte-bagage, le Franco-canadien résiste au retour de Mäntylä pour faire trembler les filets (0-2 à 47'57").

Veni, vidi... mais pas encore vici Mister Varady ! Car l'ICE n'a pas encore abdiqué, bien aidée il est vrai par l'indiscipline récurrente des Ducs d'Angers. Cette fois, c'est Pavol Mihálik qui est pris par la patrouille (48'36")... pour la septième pénalité angevine de la soirée.

À quatre contre trois, les joueurs de la Cité des Images font tourner le palet, cherchant le décalage. Michal Petrák, d'une bonne passe dans le dos, trouve finalement un Toby Lafrance étrangement seul, entre les deux cercles d'engagement. Le Québécois ne se pose pas de questions et décoche un lancer frappé, que tente vainement de contrer Jean-François David. Un slap magistralement capté de la mitaine par ce diable d'Hočevar (49'17") !

BaluchTomas1

Engagés dans une véritable course contre la montre, les hommes de Santino Pellegrino jettent leurs dernières forces dans la bataille. "Movember" est terminé mais Toby Lafrance n'a rien perdu de sa pilosité. Ni de sa combativité. Pour l'efficacité en revanche, c'est à se le demander après cette cage ouverte ratée de peu sur un centre de Chad Lacasse (56'05"). Hočevar était battu...

L'international slovène finira pourtant par s'incliner. Non sans avoir frustré Guillaume Chassard, qui se présentait à lui (57'57"). Ce filou de Toby Lafrance, à la conclusion d'un revers de Ján Plch, ravivant le fol espoir d’une égalisation (1-2 à 59'10"). Mais il n'en sera rien, en dépit d'un forcing spinalien amenant une ultime mise au jeu en zone offensive...

Il reste alors moins de deux secondes à jouer. Juste assez pour que Fabien Leroy prenne un tout dernier lancer. Mais au lieu d'assurer sa frappe, le capitaine des Dauphins, fidèle à lui-même, tire en force. Et ne cadre pas. Cette fois, c'est plié.

Au vu de leur troisième tiers, plus consistant que les précédents, les Spinaliens peuvent nourrir certains regrets. Mais pour gagner, pas de secret : il faut marquer. Et surtout concrétiser ses powerplay.

Chaque série qui s'allonge se rapproche fatalement de son terme et la dynamique victorieuse des Lorrains s'est estompée face à de solides angevins. Les matchs se suivent et ne se ressemblent donc pas, surtout qu'Épinal a loupé l'occasion d'effectuer un beau rapproché au classement.

L'écart s'est creusé avec le quatuor de tête et la double confrontation grenobloise à venir déterminera la suite des événements. Pellegrino & co ont toute la trêve pour s'y préparer...


Épinal - Angers 1-2 (0-0, 0-1, 1-1).
Samedi 10 décembre à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 475 spectateurs.
Arbitres : Bruno Colléoni assisté de Gwilherm Margry et Anne-Sophie Boniface.
Pénalités : Épinal 8' (0', 6', 2') ; Angers 18' (4', 10', 4')
Tirs : Épinal 23 (3, 5, 16) ; Angers 28 (5, 11, 12)

Évolution du score :
0-1 à 29'59" : Bélanger assisté de Bellemare et Lahesalu (sup. num.)
0-2 à 47'57" : Bélanger assisté de Bellemare
1-2 à 59'10" : Lafrance assisté de Plch et Boisclair


Épinal

Gardien : Loïc Lacasse [sorti de sa cage de 58'00" à 59'10" et de 59'30" à 60'00"].

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Armando Scarlato ; Guillaume Papelier.

Attaquants : Chad Lacasse - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Ján Plch (A) - Michal Petrák - Guillaume Chassard ; Nathan Ganz - Yannick Offret -  Ján Šimko.

Remplaçants : Matthieu Perrin (G), Kévin Benchabane. Absent : Erwan Agostini (genou).

Angers

Gardien : Andrej Hočevar.

Défenseurs : Daniel Carlsson - Jean-François David ; Lauri Lahesalu - Pavol Mihálik ; Kévin Igier ; Charlie Doyle.

Attaquants : Julien Albert - Jonathan Bellemare (C) - Éric Fortier ; Damien Raux - Brian Henderson - Valentin Michel ; Marc Bélanger - Thiery Poudrier - Juho Jokinen (A) ; Brice Chauvel - Nicholas Romano - Tomáš Balúch (A).

Remplaçant : Lucas Normandon (G). Absent : Simon Lacroix (reprise).