Réalignement des divisions en NHL

Dès le transfert des Thrashers d’Atlanta à Winnipeg au printemps dernier, il apparaissait évident qu’un réalignement des divisions s’imposait. En effet, comme la vente de la franchise s’est faite tardivement, la ville canadienne s’est retrouvée temporairement dans la division Sud-Est avec comme « rivaux locaux », entre autres, les équipes de la Floride. La première idée de réalignement était plutôt simple : il s’agissait juste d’échanger Winnipeg avec une équipe de la conférence Ouest souhaitant passer à celle de l’Est, comme par exemple Detroit ou Columbus. Mais une autre idée est rapidement apparue entraînant plus de changements dans la composition des divisions et du système pour les playoffs. Finalement, c’est l’option radicale qui a été choisie par les managers généraux au début du mois pour une mise en place dès 2012-13.

Le principal moteur du changement concerne la question géographique. Ainsi, quand la ligue a avancé l’idée d’un simple échange entre Winnipeg et Detroit, plusieurs franchises de l'ouest ont fait part de leurs griefs concernant le système actuel. Par exemple, Dallas a rappelé que sa présence dans la division Pacifique occasionnait beaucoup de voyages vers la Californie avec des matchs difficiles à suivre pour les fans à cause du décalage horaire. Idem pour Columbus, qui figure dans la division Centrale de la conférence Ouest mais dans le fuseau horaire de l’Est. Or, c’est une question d’importance pour des franchises qui peinent à remplir leurs patinoires et à fidéliser leur public. De plus, avec le nouveau système de programmation de matchs, chaque équipe rencontrera les autres au moins deux fois, à domicile et à l’extérieur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Cela permettra aux fans de voir chaque équipe de la ligue au moins une fois et aux équipes avec des difficultés de fréquentation d’accueillir des « bons clients » comme Montréal, Detroit ou les Rangers de New York.

Techniquement les six divisions actuelles vont laisser place à quatre nouvelles divisions (qui font en partie penser aux divisions historiques de la période 1974-1993 : Norris, Smythe, Patrick et Adams) et les conférences vont disparaître ce qui répond aux attentes de la plupart des franchises en termes de trajet et d’horaires de diffusion audiovisuelle. Il y a évidemment toujours des étrangetés géographiques comme la présence des deux équipes floridiennes dans la division de Boston et Montréal mais cela ne devrait pas déranger ces équipes du sud qui seront sans doute ravies de remplir leurs patinoires avec les fans nombreux de leurs adversaires.

L’autre principal changement concerne les playoffs. Depuis 1993, ils fonctionnaient par conférence et deux groupes de huit avec une finale entre les deux champions de conférence. Ici, ce seront quatre équipes par division qui disputeront deux premiers tours entre elles avant une confrontation entre les quatre champions de division. Ce n’est pas vraiment une nouveauté mais en grande partie le système utilisé entre 1974 et 1993 (mis à part la disparition des conférences), ce qui signifie par exemple qu’une finale de coupe Stanley Boston – Philadelphie serait maintenant possible. Le principal effet de ce système est le développement de nouvelles rivalités ou l’exacerbation des rivalités existantes. Il y aurait ainsi quasiment tous les ans une série Montréal – Boston ou Philadelphie – Pittsburgh, au risque d’avoir une certaine répétition dans les matchs. Dans ces conditions, une rivalité de playoffs aussi acrimonieuse et exotique que celle née l’an dernier entre Nashville et Anaheim ne pourrait pas naître.

L’une des raisons du changement en 1993 était que certaines équipes se trouvaient dans des divisions au niveau si relevé qu’elles ne passaient jamais le deuxième tour. Par exemple, les Jets de Winnipeg (version 1.0) sont arrivés dans la ligue en 1979 avec les Oilers d’Edmonton dans la division Smythe. Or, ces années furent dominées par les Edmonton et Calgary (6 coupes Stanley dans l’Alberta entre 1979 et 1990) et les Jets n’ont jamais remporté leur division. Winnipeg est d’ailleurs un des perdants de ce réalignement au niveau des rivalités puisque la franchise ne retrouvera pas les équipes de l’Alberta et Vancouver mais les équipes de l’ancienne division Norris (dont Chicago et Detroit). Néanmoins, le salary cap institué en 2005 a eu pour effet de réduire une partie des disparités entre les équipes, ce qui devrait permettre à toutes les équipes d’avoir une chance de remporter leur division.

Le changement semble donc sur le papier plutôt bénéfique même si certains pourraient regretter leur choix. Ainsi, lors d’une première version des quatre divisions, les rivaux de Pennsylvanie, Pittsburgh et Philadelphie, étaient séparés. Cela n’a pas plu aux dirigeants des deux franchises, dont la rivalité est un moteur important pour les fans. La ligue a donc revue sa copie en conséquence mais des fans des Flyers de Philadelphie n’étaient pas forcément mécontents de se séparer du frère ennemi. En effet, la perspective fort probable de retrouver tous les ans Sidney Crosby, Evgeni Malkin et le reste de la redoutable équipe des Penguins lors des playoffs n’est pas de nature à rassurer les fans des Flyers.

La compositions des divisions :

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La composition géographique (tirée du site tomfulery.com) :

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