Slovaquie – Belarus (Österreich Cup, demi-finale 1)

Österreich CupLa Deutschland Cup a fait un bien énorme à la Slovaquie, vainqueur surprenant mais méritant de la compétition bavaroise en novembre. Le succès a eu le don d’inverser d’un coup d’un seul la tendance, la Double-Croix troquant la morosité d’un Mondial sabordé contre une confiance et des performances enfin retrouvées. Face à une concurrence qui semble à portée (dont la Suisse, déjà croisée à Munich), Vladimír Vůjtek, le nouvel entraîneur tchèque de la sélection, entend poursuivre en Autriche son heureuse invincibilité depuis sa prise de fonction cet été.

Pour ce faire, il a reconduit l’équipe lauréate le mois dernier, à quelques exceptions près. Dominík Graňák, capitaine en Allemagne, a dû renoncer dans la semaine à défendre les couleurs nationales. Le OHK Dinamo Moscou, son club, ne dispose plus que de six défenseurs en bonne santé et le coach Vůjtek l’a donc laissé à ses prérogatives moscovites. C’est surtout l’arrière qui pâtit des absences : Peter Podhradský (raisons familiales), Ivan Baranka, qui n’a pas joué les deux derniers matches avec le Spartak Moscou, et Denis Rehák, le remplaçant de Graňák (blessé) ont décliné l’invitation.

Vůjtek voulait également tester Rastislav Staňa dans les cages mais il a été contraint de revoir ses plans, le portier du CSKA Moscou étant cloué au lit par une bronchite. C’est Ján Laco (HC Lev) qui alterne la protection des filets avec le champion du monde 2002 Ján Lašák. Enfin, ni Tomáš Surový, à l’arrêt depuis six semaines, ni Tomáš Záborský, qui se plaint officiellement de l’épaule, ne figurent parmi les forces offensives en présence. Ce dernier, très productif en SM-liiga avec Ässät, n’a toutefois pas réussi à berner l’entraîneur tchèque qui voit en la recherche d’un meilleur contrat les vraies raisons de son désistement.

Revitalisés, les Slovaques sont ambitieux mais tout de même prudents au moment d’entamer la compétition à Klagenfurt. Leur premier adversaire, le Belarus, produit un jeu différent des trois équipes rencontrées et battues en Allemagne. Moins physique que la Mannschaft, la Nati ou les USA, la formation de Kari Heikkilä n’en est pas moins adroite techniquement et la Slovaquie devra donc s’adapter à sa glisse. Pour le reste, on retrouve des noms connus en sélection (quatorze mondialistes 2011) et, comme toujours, le Dinamo Minsk en est le plus gros pourvoyeur (onze éléments).

KALYUZHNY Alexei-100516-866L’entame de match est équilibrée. Dans les premières secondes, Marcel Hossa se montre menaçant dans le cercle droit mais l’attaquant du Spartak Moscou trouve les jambières d’Andrei Mezin. Sergei Demagin donne la réplique à la cinquième minute mais le récent transfuge du Yugra Khanty-Mansiisk trouve lui aussi Ján Lašák sur sa route. En infériorité après la sortie de Tomáš Starosta (accrocher, 5'25), les Slovaques sont sous pression et Juraj Mikúš repousse in extremis sur la ligne un palet bondissant. Les Biélorusses prennent alors l’initiative du jeu. Installés en zone adverse depuis quelques secondes déjà, ils font tourner le palet jusqu’à ce qu’Andrei Stepanov, au poteau droit, trompe Lašák, son camarade de club à l’Amur Khabarovsk, en plaçant la rondelle dans le dos du gardien (0-1, 9'08).

La seconde partie de ce tiers n’est qu’une succession d’actions peu dangereuses d’un côté comme de l’autre. Le jeu de puissance slovaque provoqué par la faute de Kostyuchenok (accrocher, 19'05) permet toutefois aux Bleus d’égaliser juste avant la première sirène. La frappe de Starosta, légèrement excentré vers la droite peu après la ligne bleue, est repoussée par Mezin mais Martin Cibák récupère derechef la rondelle et, d‘un revers de la palette qui passe entre les jambes de Nikolai Stasenko, dévie au poteau gauche pour Branko Radivojevič. L’ancien des Phoenix Coyotes, en fin de course, enfile sans soucis (1-1, 19'34). 

Le Belarus est beaucoup moins à l’aise en deuxième période. Les Slovaques multiplient les raids mais se montrent incapables de fructifier leurs incessantes entreprises. Štefan Ružička, Mikúš, Starosta, Ján Tabaček, Marek Ďaloga et Hossa, dans l’ordre, se cassent tous les dents contre la dextérité de Mezin. De nouveau en situation de supériorié après la faute de Kalyuzhny (accrocher, 38'24), ils sont même à deux doigts de se faire mener lorsque Vladimir Denisov, qui touche le poteau, puis Alexander Kitarov, par deux fois, échouent dans leurs tentatives.

Le slap de Richard Stehlík sur la « bleue » embrasse la barre transversale biélorusse à la 44e minute. C’est malheureusement tout ce qu’il y a à se mettre en bouche pendant l’essentiel du troisième acte. La charge contre la bande de Martin Cibák, sanctionnée de deux minutes (55'39), rompt cette monotonie. Dès les premiers instants du power-play, Alexei Kaluyzhny se défait de la surveillance de la défense locale mais son tir ne fait mieux que de terminer dans le petit filet. Deux minutes plus tard, une partie de flipper s’improvise devant les filets de Lašák mais ni Andrei Bashkov ni Sergei Demagin ne tirent profit de cet échange de palets incontrôlé.

Il suffit de vingt-secondes de prolongation pour décider du sort de la rencontre. Après avoir conquis l’Allemagne, la Slovaquie ne doublera pas la mise en Autriche puisque Demagin, au poteau gauche, envoie son équipe en finale après avoir obligé Lašák à se coucher. C’est, en quatre sorties, la première défaite de Vladimír Vůjtek à la tête de la Double-Croix.

Commentaires d’après-match

Vladimír Vůjtek (entraîneur de la Slovaquie) : « On s’est cherchés dans le premier tiers, notre jeu était très brouillon, on n’a pas réussi à développer nos combinaisons. Ça s’est progressivement amélioré en deuxième période, c’était même la meilleure de la rencontre pour nous. En prolongation, le Belarus a été l’équipe la plus chanceuse. »

Branko Radivojevič (attaquant de la Slovaquie) : « On ne peut pas gagner en ne marquant qu’un seul but. On a eu beaucoup de bonnes occasions mais Mezin a été le meilleur joueur de son équipe. Dommage que nous n’ayons pas trouvé la bonne recette pour le tromper, malgré notre but. »

 

Slovaquie – Belarus 1-2 a.p. (1-1, 0-0, 0-0, 0-1)
Vendredi 16 décembre 2011 à 16h45 à la Klagenfurter Stadthalle. 650 spectateurs.
Arbitrage de Robert Falkner assisté de Gerald Podlesnik et Roman Trattnig (tous AUT).
Pénalités : Slovaquie 8' (2', 2', 4', 0') ; Belarus 8' (4', 4', 0', 0')
Tirs : Slovaquie 43 (19, 11, 13, 0) ; Bélarus 38 (12, 12, 13, 1)

Evolution du score :

0-1 à 09'08'' : Stepanov assisté de Meleshko et Denisov
1-1 à 19'34'' : Radivojevič assisté de Cibák et Starosta (sup. num.)
1-2 à 60'25'' : Demagin assisté de Denisov et Kalyuzhny

 

Slovaquie

Gardien : Ján Lašák.

Défenseurs : Richard Stehlík – Tomáš Starosta (2'+2') ; Michal Sersen – Kristián Kudroč ; Vladimír Mihálik – Ján Tabaček ; Ivan Švarný (2') – Marek Ďaloga.

Attaquants : Marcel Hossa – Martin Cibák (2') – Branko Radivojevič ; Štefan Ružička – Mário Bližňák – Milan Bartovič ; Marcel Haščák – Juraj Mikúš – Michel Miklík ; Martin Bakoš – Patrik Lušňák – Vladimír Dravecký.

Remplaçant : Ján Laco (G). Non-utilisé : Radoslav Tybor (A).

Belarus

Gardien : Andrei Mezin.

Défenseurs : Vladimir Denisov – Nikolai Stasenko ; Andrei Kostyuchenok (2') – Oleg Goroshko (2') ; Andrei Bashkov – Andrei Antonov ; Pavel Chernok – Sergei Dudko.

Attaquants : Sergei Demagin – Alexei Kalyuzhny (2') – Konstantin Koltsov ; Aleksandr Kulakov – Yevgeni Kovyrshin – Andrei Mikhalyov ; Dmitry Meleshko – Andrei Stas – Andrei Stepanov ; Alexander Pavlovich (2') – Alexander Kitarov – Sergei Drozd.

Remplaçant : Stepan Goriachevskikh (G).