États-Unis - Finlande (Mondial U20, Poule B)

C'est déjà un match charnière du premier tour. Les Américains ont remporté leur match d'ouverture avec un festival offensif (11 buts), alors que la Finlande, considérée comme un sérieux outsider, s'est lourdement inclinée 8-1 face au Canada. Il faut prendre des points rapidement pour viser au moins les quarts. Les Américains sont privés de Connor Brickley (victime d'une coupure à la jambe au premier match) et les Finlandais d'Olli Määttä (commotion). La Finlande, qui était très attendue compte tenu du nombre de joueurs draftés en NHL, doit rapidement rebondir après le non-match face au Canada.

Un tiers verrouillé

Les frères Granlund entament la partie avec un échec avant appuyé. Les Américains se posent un peu en retrait, au point qu'Adam Clendening est victime d'une charge dans le dos par Aleksander Barkov Jr, sans coup de sifflet. La partie peine à démarrer. Il faut attendre la 5e minute pour une tentative de tour de cage de Charlie Coyle. On assiste plutôt à un défi physique et à une bagarre féroce pour la possession du palet, les deux gardiens n'ayant que peu de travail. Petit à petit les Bleus se montrent plus dangereux. Kyle Rau tente lui aussi un tour de cage, puis Sami Aittokallio s'impose lors d'un 3 contre 2 américain. Les hommes de Dean Blais gagnent de plus en plus de duels dans les bandes et s'installent, testant le lancer de Kevin Gravel. Cette bonne présence, ponctuée par un tir de Clendening, envoie finalement Jani Hakanpää en prison (10e).

La possession est stérile et les Nordiques reviennent au complet mais subissent un peu (8 tirs à 5). Fort heureusement pour eux, Charlie Coyle est sanctionné à son tour et offre à la Finlande l'occasion de repartir vers l'avant. Teemu Pulkkinen et Rasmus Ristolainen se placent à la bleue et multiplient les tirs, hors cadre, jusqu'à ce que Markus Granlund vienne faire trébucher Jarred Tinordi dans le coin. Puis Jason Zucker sort lui aussi, coupable d'un cinglage en zone offensive. Le 4 contre 3 ouvre les espaces mais ne menace pas John Gibson. Tout le monde revient sur la glace sans dommage et les Américains reprennent le contrôle. En face, Konsta Mäkinen puis Teemu Pulkkinen accélèrent mais ne passent pas le rideau adverse. La période, complètement verrouillée, s'achève sur un 0-0.

Dominer n'est pas gagner

GRANLUND Mikael-110512-208La partie reprend par quelques banderilles des deux cotés, mais c'est Miikka Salomäki qui parvient à faire la différence. Il sort du coin pendant que son équipier Joel Armia occupe deux défenseurs et, du cercle, trouve la lucarne (0-1 à 21'21"). Réaction immédiate : Aittokallio doit s'employer après avoir laissé un rebond de Tinordi, volant le palet à Emerson Etem. Puis, c'est au tour de Gibson, homonyme du deuxième gardien finlandais, de sauver son camp. On file d'un but à l'autre : Aittokallio à nouveau s'impose alors que TJ Tynan tombe plus ou moins les gants contre Simo-Pekka Riikola. Les deux joueurs sont sanctionnés et c'est un quatre contre quatre, qui n'offre aucune occasion nette.

De retour à cinq, les Américains cherchent à faire la différence mais ne parviennent pas à se défaire du marquage. Ni JT Miller, ni Nick Bjugstad ne trouvent l'ouverture : on compte 14 tirs à 4 dans ce tiers, mais ce sont les Finlandais qui mènent, grâce à l'excellent et très physique Salomäki. Les Blancs jouent plutôt en contre et testent Gibson de loin, à l'image d'un lancer excentré de Mikael Kuronen. Le tiers temps est plus rythmé que le premier acte, avec des duels physiques, des accélérations intéressantes mais surtout deux gardiens vigilants et athlétiques, qui lisent bien le jeu en se déplaçant très vite pour bloquer les rares rebonds. Le tiers s'achève donc par un avantage conséquent au tir pour les États-Unis (23-8), mais c'est bien la Finlande qui mène 1-0.

Le réalisme à la finlandaise

Il ne faut que 19 secondes aux États-Unis pour trouver la faille à la reprise : une mise au jeu un peu confuse gagnée par Charlie Coyle, un tir depuis l'aile de Emerson Etem et Brandon Saad, oublié au deuxième poteau, trompe Sami Aittokallio de près (1-1 à 40'19"). Le gardien sort peu après de la jambière un tir de TJ Tynan, bien lancé dans la neutre. La réplique vient d'Alexander Ruutu, qui trouve Gibson sur sa route. Le match s'anime enfin, avec de bonnes accélérations ; Bill Arnold décolle et remet pour Tinordi, qui se heurte à Aittokallio. Puis, après un bon travail défensif de Jon Merrill, c'est le duo Bjugstad-Rau qui met le feu dans la défense. Même les défenseurs apportent leur écot : Jacob Trouba déborde sur l'aile gauche et le jeune arrière est mis au sol par Simo-Pekka Riikola, qui prend deux minutes. Le jeu de puissance des Bleus n'a pas le temps de se mettre en place que John Gibson commet une obstruction inutile sur Markus Granlund à l'échec avant : quatre contre quatre. Un petit pas de trop pour couper la route du Finlandais qui coûte cher ! Le tournant du match...

Car le contre finlandais qui suit une bonne présence de Coyle et Zucker est terrible. Tinordi est contré à la bleue offensive et Armia se retrouve bien lancé en profondeur par Markus Granlund. Il résiste au retour du défenseur et trompe Gibson entre les jambières en ratant à moitié son tir, alors qu'un défenseur se jetait crosse en avant (1-2 à 50'53"). Une minute plus tard, la Finlande creuse l'écart lorsque la passe à travers l'enclave de Mikael Granlund trouve le patin de Jon Merrill (1-3 à 51'22"). Dean Blais demande un temps mort immédiatement.

Les Nordiques sont en feu et Joonas Donskoi frôle le cadre sur un tir du cercle gauche. Puis, c'est Teemu Pulkkinen qui tente un lancer excentré sur Gibson. Les Américains ont pris un sérieux coup sur la tête et ne parviennent plus à créer grand chose face à une équipe en pleine confiance. La seule bonne occasion revient à Tynan, servi plein axe dans une forêt de joueurs, mais il se heurte à Aittokallio. Dans la foulée, les Finlandais mettent la pression. Gibson relance à la crosse, Derek Forbort, au duel, pert le palet contre la bande, Donskoi remet pour Armia qui traine dans l'enclave et le sniper glisse le disque au fond des filets du revers (1-4 à 56'27"). L'agressivité finlandaise paie une nouvelle fois : plus réalistes les hommes de Helminen ont su attendre leur heure, patiemment regroupés devant Aittokallio pendant une bonne partie du match, avant d'exploiter la moindre occasion en fin de match. La dernière minute voit les Américains pousser devant le but, mais s'exposer aussi : Mikael Granlund transperce la défense plein axe et Gibson doit sortir un arrêt très difficile. Un surnombre américain est appelé dans les dernières secondes, mais le score est acquis : victoire finlandaise qui relance complètement la poule B.

La Finlande a su se montrer très solide défensivement, cantonnant son adversaire à l'extérieur. Les États-Unis n'ont jamais réussi à s'imposer dans le slot, se contentant de tirs excentrés peu dangereux. Sami Aittokallio a fait la différence pendant l'essentiel du match, avant que ses attaquants jusqu'alors très discrets ne sortent de leur boîte après l'égalisation américaine pour un ultime acte débridé. Les deuxième et troisième but en une minute ont totalement assomé les hommes de Dean Blais, incapables de se relancer. Cela faisait six ans que la Finlande n'avait pas battu les Américains.

Désignés joueurs du match : Jarred Tinordi (États-Unis) et Sami Aittokallio (Finlande).

Commentaires d'après-match :

Dean Blais (entraîneur des États-Unis) : "Parfois, quand on voit un score de 8-1, on pense qu'on va faire la même chose. Mais les Canadiens avaient très bien joué en zone offensive pour récupérer des palets. Les Finlandais sont allés au filet, et pas nous, contrairement aux Canadiens. Le gardien adverse a bien joué. Nous avions trop de gars qui se comportaient en passagers ce soir."

Raimo Helminen (entraîneur de la Finlande) : "Le match contre le Canada a mis mes joueurs dans une mauvaise situation, et aujourd'hui ils voulaient montrer qu'ils savent jouer au hockey. Ils n'ont pas perdu leur confiance, et ils ont bien joué durant tout le match. Nous ne sommes pas une grosse équipe, mais nous avons faim et nous travaillons fort."

Sami Aittokallio (gardien de la Finlande) : "Je suis très content de ma performance. On devait oublier ce premier match et rebondir, et on l'a très bien fait."

 

États-Unis - Finlande 1-4 (0-0, 0-1, 1-3)
Mercredi 28 décembre 2011, 13h30, Rexall Place d'Edmonton. 14000 spectateurs.
Arbitrage de Devin Klein (CAN) et Brent Reiber (SUI) assistés de Kiel Murchison (CAN) et Milan Novak (SVK).
Pénalités : États-Unis 10' (4', 2',4'), Finlande 8' (4', 2', 2').
Tirs : États-Unis 39 (8, 16, 15), Finlande 27 (4, 5, 18).

Évolution du score
0-1 à 21'21" : Salomäki assisté de Armia
1-1 à 40'19" : Saad assisté de Etem et Coyle
1-2 à 50'53" : Armia assisté de Ma. Granlund et Ristolainen
1-3 à 51'22" : Mi. Granlund assisté de Hakanpää et Pulkkinen
1-4 à 56'27" : Armia assisté de Donskoi

 

États-Unis

Gardien : John Gibson

Défenseurs : Jon Merrill - Jarred Tinordi (A) ; Adam Clendening - Stephen Johns ; Derek Forbort - Jacob Trouba ; Kevin Gravel.

Attaquants : Jason Zucker - Charlie Coyle - Brandon Saad ; Josh Archibald - Austin Czarnik - Kyle Rau ; JT Miller - Nick Bjugstad - Emerson Etem ; Bill Arnold - Austin Watson - TJ Tynan.

Remplaçant : Jack Campbell (G). Blessé : Connor Brickley (coupure à la jambe)

Finlande

Gardien : Sami Aittokallio

Défenseurs : Konsta Mäkinen - Jani Hakanpää (A) ; Miro Hovinen - Ville Pokka ; Simo-Pekka Riikola - Rasmus Ristolainen.

Attaquants : Markus Granlund - Mikael Granlund (C) - Teemu Pulkkinen ; Joonas Donskoi - Miika Salomäki - Joel Armia ; Miro Aaltonen - Aleksander Barkov - Alexander Ruuttu ; Markus Hännikäinen - Otto Paajanen - Mikael Kuronen ; Roope Hämäläinen.

Remplaçant : Christopher Gibson (G). Blessé : Olli Määttä (commotion).