Elitserien : décembre

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La Suède est en effervescence. Une bande de gamins, pas encore 20 ans, a ramené de son voyage au Canada de la joie et de la fierté dans tout le pays en se hissant sur le toit du monde. Ce sont des milliers de personnes qui ont acclamé à Stockholm, malgré les températures peu clémentes en cette saison, les Zibanejad, Friberg, Brodin et Cie.

À Linköping, c'est le genre d'évènement qui donne une bouffée d'air car les performances de l'équipe locale ne réjouissent pas grand monde, il faut bien le dire. Au jeu des pronostics, le Linköpings HC récoltait bon nombre de voix cet été. En dix ans, le LHC a débarqué en Elitserien, est parvenu deux fois en finale et est devenu une place-forte du hockey suédois. Seulement, si l'équipe faisait saliver il y a quelques mois, elle a déçu énormément depuis. Fredrik Norrena, toujours aussi solide devant sa cage, n'est sûrement pas à remettre en cause, la défense paraît satisfaisante, c'est plutôt l'attaque qui manque de magie. Et lorsque ça déraille, on se tourne d'emblée vers les meneurs en puissance que l'on tient pour responsables. Jokers de luxe ces dernières années, Jan Hlavac et Jaroslva Hlinka étaient critiqués pour leur manque de leadership en séries éliminatoires. Mais, si l'heure n'est pas encore aux playoffs, leur rendement tourne au ralenti depuis le début de la saison. Hlavac a d'ailleurs inscrit un but jeudi, chose qu'il n'avait plus faite depuis le 23 novembre ! Même le défenseur et capitaine Magnus Johansson, grand contributeur à l'offensive, semble avoir perdu en efficacité. Les Lions peinent à marquer des buts.

En fait, il y a bien une satisfaction du côté de Linköping. Carl Söderberg, dont il s'agit de la première année en Elitserien, s'est imposé dès le début comme l'un des meilleurs attaquants de la ligue. Quand celui-ci est devenu indisponible plusieurs semaines, la machine a commencé à tourner au ralenti, personne n'a pris le relais en attaque. Son retour n'a toutefois pas remis le LHC sur de bons rails puisque le train, à l'heure actuelle, s'enfonce dans la zone rouge. Dans le top 5 au 1er novembre, le bateau a coulé et se retrouve actuellement au 11e rang. Seulement 68 buts ont été marqués à ce jour. C'est le pire total, c'est treize de moins que Timrå, la lanterne rouge, c'est surtout inacceptable même si l'entraîneur Hans Särkijärvi, en poste depuis la saison dernière, n'est pas un architecte du tout offensif. Mais la situation est désormais insupportable pour les supporters, devenus incontrôlables. La démission de Särkijärvi est maintenant un refrain à la mode, entonné que ce soit durant un envahissement de conférence de presse ou durant les matches, comme ce fut le cas samedi contre Växjö (pourtant privé actuellement de Mike Iggulden, Tomi Kallio et Martin Gerber) pour une énième défaite ponctuée d'une importante mobilisation policière qui est finalement intervenue pour contenir l'agressivité des plus dissipés. Finalement, ceux-ci ont eu gain de cause puisqu'il a été démis de ses fonctions, de même que le défenseur Johan Åkerman.

En cette période noire, le 805e match en saison régulière de Mikael Håkanson (un record pour l'Elitserien) et le succès poussif lors du Winter Classic suédois (1-0 à Jönköping contre le HV71) ont largement été éclipsés par cette crise. Une des nouvelles recrues, Mark Hartigan, sûrement la plus attendue, sait ce qui lui reste à faire : marquer et faire marquer, tout simplement. La crise, elle a touché également le Timrå IK. Après un changement de directeur sportif, début novembre, c'est l'entraîneur qui a été éjecté, Per-Erik Johnsson. Ce dernier est remplacé par Anders Karlsson, le père de l'ancien capitaine Anton Lander, parti retrouver son ami Magnus Pääjärvi à Edmonton. La formation de Damien Fleury a subi un sixième revers consécutif samedi contre le HV71, elle a désormais 17 points de retard sur Växjö qui occupe pour le moment la huitième et dernière place disponible pour les playoffs. Un objectif qui semble de plus en plus inaccesible.

Ça se passe toujours pour le mieux pour Pierre-Édouard Bellemare, actuellement parmi les quinze meilleurs buteurs du pays, et son Skellefteå AIK qui continue de jouer les premiers rôles. Le SAIK, renforcé par Joakim Lindström qui est revenu du Colorado sans avoir obtenu une réelle chance en NHL, occupe toujours son fauteuil de leader qu'il n'a pas cédé depuis le 10 décembre, devançant d'un petit point le Luleå HF et le Brynäs IF.

 
Classement :
 
1.Skellefteå AIK 63 pts
2.Luleå HF 62 pts
3.Brynäs IF 62 pts
4.HV71 60 pts
5.Färjestads BK 57 pts
6.Frölunda HC 53 pts
7.Djurgårdens IF 52 pts
8.Växjö Lakers 51 pts
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9.MODO 49 pts
10.AIK 48 pts
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11.Linköpings HC 48 pts
12.Timrå IK 34 pts
 
 
Meneurs :
 
Nicklas Danielsson (MODO) 35 points
Richard Gynge (AIK) 17 buts
Mikael Johansson (Färjestad) 25 passes
Anton Hedman (MODO) 102 mises en échec
Jason Krog (HV71) 60,8 % d'efficacité aux mises en jeu
Daniel Tjärnqvist (Djurgården) 26'40" de temps de jeu moyen
Joacim Eriksson (Skellefteå) 93,6 % de moyenne d'arrêts 
Joacim Eriksson (Skellefteå) 1,77 de moyenne buts encaissés par match
Nicklas Danielsson (MODO) plus/minus de +20