Rouen - Asiago (Coupe Continentale, Superfinale, jour 1)

2012-01-13-Rouen-AsiagoRouen a choisi de commencer par l'adversaire le plus facile mais sait qu'il faut se méfier des a priori. C'est dans des circonstances similaires que les Dragons s'étaient inclinés voici trois ans contre Bolzano avant de battre les deux adversaires les plus forts. Le premier match est toujours le plus compliqué quand il s'agit de se mettre dans le bain européen, et le RHE se méfie beaucoup d'Asiago. Le double champion d'Italie en titre est à la peine en série A, mais compte d'autant plus sur cette Coupe Continentale pour lancer vraiment sa saison.

Asiago est tout de suite en action dans l'enclave rouennaise et pousse Guénette à la faute pour empêcher un Italien de prendre un rebond dès la deuxième minute. Mais cette pénalité précoce, loin de contrarier les plans normands, se révèle salutaire. En infériorité numérique, Desrosiers et Paré marquent un but venu de nulle part en zone offensive : le premier sort le palet de la bande du revers pour le second qui, toujours du revers, envoie un tir en angle qui surprend totalement Anthony Grieco (1-0, 03'20"). Un mauvais but pour le gardien italo-canadien, qui assume la charge de titulaire car son collègue et concurrent Jeff Lerg n'est pas encore à 100% après être rentré de blessure au dernier match de championnat.

2012-01-13-Rouen-Asiago2Ce genre de farce peut tourner dans l'autre sens : au sortir d'une supériorité numérique, Rouen se trouve piégé par un 2 contre 1 de Borrelli et Bentivoglio. Fabrice Lhenry parvient à sauver la baraque, mais Werenka a commis un cinglage sur l'action. La pénalité est compensée par une obstruction de Marchetti sur Desrosiers qui sortait de sa zone.

D'ailleurs, Stefano Marchetti ne passe qu'une minute hors de la prison avant d'y retourner. Au cours de cette nouvelle pénalité, les Italiens passent près de la correctionnelle et sauvent deux fois le palet sur la ligne ! Leur gardien dégage une rondelle qui roulait vers la terre promise, puis c'est le défenseur Michele Strazzabosco qui bloque du bras un tir de Jean-Philippe Paré.

Les ouvertures sont beaucoup plus nombreuses qu'au premier match de la journée. Pierre-François Guénette s'échappe ainsi en contre-attaque, mais il fait preuve d'un excès d'altruisme en servant trop en retrait Mulle. En infériorité, c'est au tour de Marc-André Thinel de partir seul, et il subit alors une faute de son coéquipier de l'an dernier Calle Bergström. Tir de pénalité ! Le public rouennais est inquiet de voir Thinel tirer le pénalty car il a connu beaucoup d'échecs dans cet exercice. Il échoue encore une fois sur le gardien (16'16").

2012-01-13-Rouen-Asiago5Par rapport au match de l'après-midi, les coups de sifflet sont aussi beaucoup plus nombreux. La dernière pénalité du premier tiers, contre Demen-Willaume qui a accroché Vigilante devant la cage rouennaise, Elle se termine pendant la période suivante... et ausssitôt Borrelli accroche alors Guénette lancé en contre-attaque. C'est un festival de power-play... en quantité, pas en qualité. C'est au moment où l'on revient à 5 contre 5 que Guénette place un second rebond dans le haut du filet (2-0, 24'13"). Trente secondes plus tard, Jean-Philippe Paré bute sur le gardien, seul face à la cage.

Rouen contrôle maintenant une avance solide en s'appuyant sur son gardien Fabrice Lhenry qui laisse peu de rebonds. Même une infériorité que Guénette aurait pu éviter est sans dommages : le trop lent Strazzabosco n'a d'autre choix que de faire grossièrement trébucher Desrosiers en zone neutre pour empêcher qu'il parte au but. À 4 contre 4, Paré signe une superbe passe de derrière la cage pour Mallette qui tire en l'air. Puis à 5 contre 4, Antonin Manavian décide d'effectuer lui-même une entrée en zone, contourne Bergström côté droit et remet entre les cercles à Jean-Philippe Paré qui sert Carl Mallette dans l'angle à gauche. Cette fois le capitaine a réglé la mire (3-0, 32'24").

2012-01-13-Rouen-Asiago6Layne Ulmer a déjà fait pas mal de gri-gri (rarement efficaces) ce soir, et pendant une nouvelle supériorité numérique, son tir en bonne position est détourné par l'épaule gauche de Lhenry. Mais c'est encore le jeu de puissance normand qui frappe après un coup de coude de Bentivoglio, par l'intermédaire de François-Pierre Guénette entre les cercles (4-0, 38'04").

Rouen commence le troisième tiers-temps en infériorité, mais Marc-André Thinel vole le palet à Bentivoglio à la ligne bleue italienne. Il se fait accrocher et obtient un nouveau tir de pénalité. Va-t-il retrouver la réussite ? Il prend toujours peu de vitesse mais semble effectuer une jolie feinte devant la cage. Son revers est cependant détourné par le gardien. Les échecs de Thinel dans les duels solitaires sont de toute façon anecdotiques ce soir.

Il suffit de quelques secondes d'avantage numérique pour qu'Antonin Manavian, placé à l'entrée du cercle gauche, mitraille le haut du filet (5-0, 43'46"). Les Dragons sont aux anges et Rodolphe Garnier fait rentrer tour à tour ses angelots Gutierrez, Berthon et Joly. Le premier nommé n'est pas loin de mettre un but sur un rebond.

Les supporters d'Asiago étaient motivés, mais ils ont rangé leurs drapeaux. Ils taisent leurs encouragements et invectivent leurs joueurs, absents de l'évènement. Certains applaudissent uniquement quand Desrosiers bloque un lancer de MacDonald pour mieux partir dans un breakaway, non concrétisé. Ils applaudiront aussi la victoire de Rouen. Le sixième but est finalement venu de Carl Mallette qui reprend au second poteau un centre de la gauche de Jimi Santala (6-0, 57'21").

2012-01-13-Rouen-Asiago7Asiago n'a fait illusion que trois minutes, jusqu'au but rouennais assassin en infériorité qui a peut-être brisé le moral des Italiens. Ensuite, ils ont replongé dans le doute. La vedette supposée Michael Henrich a été totalement transparente, la défense a été lente et fébrile, et les jeux de puissance ont été très mal gérés.

Pour Rouen, c'est la copie parfaite, avec un score plus large encore que lors de la précédente confrontation européenne contre cet adversaire (4-0 ici-même en octobre 2003), et qui aurait même pu être plus lourd. Parfois critiqués ces derniers temps, Werenka et Paré se sont régalés ce soir. Fabrice Lhenry, lui aussi mis en doute par moments, a été impeccable. Mais le style très différent des deux rencontres de la journée doit inciter à la prudence pour la suite. Après ce match ouvert et riche en pénalités, les Dragons devront affronter deux équipes de l'est au jeu technique, précis et discipliné. La rigueur sera la clé du match Rouen-Minsk demain.

Désignés joueurs du match : Fabrice Lhenry pour Rouen et David Borrelli pour Asiago.

Commentaires d'après-match

2012-01-13-Rouen-Asiago4Fabrice Lhenry (gardien de Rouen) : "C'est un très bon départ, on a joué sérieusement pendant soixante minutes. Je voyais bien tous les shoots, la défense m'a facilité les arrêts. Seul bémol, on a pris trop de pénalités. On avait bien étudié leurs tactiques aux face-offs et à 5 contre 4. Ça nous a bien aidés puisqu'on n'a pas pris de but en infériorité, alors qu'en championnat on en prend pas mal."

Rodolphe Garnier (entraîneur de Rouen) : "Il faut se méfier de l'impression que Rouen patinait plus vite qu'Asiago, car Donetsk et Minsk vont très vite. Avant de gagner, on a surtout fait un match solide, c'est ce que je retiens. En France, on sait qu'on n'est pas toujours obligés de faire tous les efforts pour gagner, ici on ne peut pas tricher. Dans le monde des Bisounours, j'aimerais qu'on fasse preuve du même esprit à chaque match, mais je sais que ce n'est pas possible. Les joueurs ont été concentrés. Paré a fait un grand match. Il est dans l'ombre, mais il met du trafic devant la cage, comme sur le but de Manavian, et il joue bien en infériorité. On est forcé d'être confiant après le match de ce soir. On ne pourra pas débuter demain comme on a fini le match car le jeu était très ouvert. Ce ne sera pas le cas contre Minsk, qui est peut-être moins fort individuellement que l'an passé, mais toujours aussi fort collectivement. Ils ont toujours un système défensif, ils sont passés de la trappe au 1-3-1."

 

Rouen - Asiago 6-0 (1-0, 3-0, 2-0)
Vendredi 13 janvier 2012 à 20h00 à l'île Lacroix. 2747 spectateurs.
Arbitrage de Jari Leppaalho (FIN) et Mikael Sjoqvist (SUE) assisté d'Artur Hylinski (POL) et Anton Semionov (EST).
Pénalités : Rouen 18' (8', 6', 4') ; Asiago 16' (8', 6', 2').
Tirs : Rouen 38 (14, 14, 10) ; Asiago 32 (12, 12, 8).

Évolution du score :
1-0 à 03'20" : Paré assisté de Desrosiers (inf. num.)
2-0 à 24'13" : Guénette assisté de Werenka
3-0 à 32'24" : Mallette assisté de Manavian et Paré (sup. num.)
4-0 à 38'04" : Guénette assisté de Thinel et Werenka (sup. num.)
5-0 à 43'46" : Manavian assisté de Santala (sup. num.)
6-0 à 57'21" : Mallette assisté de Santala


Rouen

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Jimi Santala (+1) - Juha Alen (+1) ; Richard Demén-Willaume (+1, 2') - Darcy Werenka (A, +1, 2') ; Antonin Manavian (+1) - Jonathan Janil (2').

Attaquants : Julien Desrosiers (+3) - Carl Mallette (C, +2, 2') - Anthony Rech (+1) ; Alexandre Mulle - François-Pierre Guénette (+1, 4') - Marc-André Thinel (A, +1, 2') ; Ilpo Salmivirta (2') - Jean-Philippe Paré (+1, 2') - Teemu Elomo ; Romain Gutierrez [à 48'], Quentin Berthon [à 48'], Maxime Joly [à 49'].

Remplaçants : Sebastian Ylönen (G), Raphaël Faure, Nicolas Lehericey, Maxime Joly. Absent : Loïc Lampérier (doigt cassé).

Asiago

Gardien : Anthony Grieco.

Défenseurs : Stefano Marchetti (-1, 6') - Matt MacDonald (-1) ; Calle Bergström (-2) - Drew Fata (-2) ; Enrico Miglioranzi - Michele Strazzabosco (A, 4').

Attaquants : Michael Henrich (-1) - Layne Ulmer (-1) - John Vigilante (2') ; Ralph Intranuovo (-1) - David Borrelli (C, -1, 2') - Sean Bentivoglio (2') ; Jason Pitton (-1) - Matteo Tessari - Mirko Presti (-1) ; [Presti] - Nicola Tessari (-1) - Federico Benetti (A, -2).

Remplaçants : Alessandro Tura (G), Vittorio Basso, Filippo Busa, Michele Stevan. Absent : Jeff Lerg (retour récent de blessure).