Brest - Nice (Division 1, 18e journée)

Brest paie son inconstance

Slaninak, Papaux, Rusnak, SevcikC’est un programme de reprise plutôt lourd pour cette année 2012. Après avoir fait chuter le leader Mulhousien dans son antre de l’Illberg la semaine dernière (3-2 après prolongation), les Albatros accueillent les dauphins des Scorpions au classement : les Aigles de Nice. En cas de victoire, Brest récupèrerait la deuxième place perdue fin décembre pour cause de match reporté face à Reims. En face l’opposition est belle avec les techniciens Slovaques Stefan Majernik, Jozef Slaninak, Stefan Rusnak et surtout l’ancien Brestois Michal Dian. Les spectateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés avec une affluence remarquable de 1462 spectateurs.

Une absence de taille est à signaler pour l’équipe locale puisque l’entraîneur Sébastien Oprandi est suspendu pour une rencontre suite à une fin de match houleuse la semaine passée. L’intérim est assuré par Daniel Diverrez. Comme on pouvait s’y attendre ce sont deux équipes affûtées qui commencent ce match tambour battant. Les deux gardiens Landry Macrez et Jimmy Lundberg sont sollicités sur des actions chaudes de part et d’autres.

Les Aigles bénéficient du seul jeu de puissance de la période. Michal Dian est tout près d’ouvrir la marque mais son tir passe à côté (8’20’’) et la prison est tuée. Le premier bloc brestois Avenel-Prosvic-Lefebvre se démarque nettement et est à l’origine de la plupart des actions chaudes sur le but de Lundberg. Jonathan Avenel reprend de volée une passe de Jaroslav Prosvic suite à un face-off remporté en zone offensive par l’attaquant Slovaque. Le palet glisse lentement sous les jambières de Lundberg est fini par franchir la ligne (1-0 à 10’02’’).

Brest continue de pousser. Benjamin Rubin, de plus en plus à l’aise sous son nouveau maillot, intercepte une mauvaise relance défensive visiteuse. Le Franco-Canadien envoie la rondelle dans l’enclave où est posté Daniel Sevcik qui parvient à marquer du revers (2-0 à 13’18’’). Une belle avance conservée jusqu’à la fin de cette première période. Voilà un match bien amorcé !

Les choses se gâtent

Le public, aux anges jusqu’à présent, déchante assez rapidement en observant l’entame catastrophique des Albatros dans le deuxième tiers. Les Niçois donnent le tournis aux locaux par un jeu de passe qui semblent avoir trouvé le bon tempo. Jan Babic sert d’un centre millimétré Karri Koivu qui détourne le palet dans le but et marque de manière imparable (2-1 à 22’16’’).

Brest a l’occasion de reprendre son avance sur un faire trébucher de Jozef Slaninak (25’22’’) mais les Albatros connaissent un passage à vide. À 4 contre 5, Michal Dian se retrouve étrangement seul face à Macrez. L’ancien Brestois ne fait pas de sentiment et ne laisse aucune chance au gardien (2-2 à 26’49’’).

Le cauchemar continue pour des Albatros méconnaissables par rapport aux premier tiers temps. Stefan Rusnak reprend un rebond laissé par Macrez sur un tir de Michal Dian (2-3 à 29’20’’). Les Niçois prennent pour la première fois la tête au niveau du score. Face à une si belle avance dilapidée en l’espace de dix minutes, Brest prend son temps mort.

Bernier et LefebvreLa meilleure preuve du manque de constance des Albatros intervient avec la réaction d’orgueil dont ils vont faire preuve dans la deuxième moitié du tiers. 17 secondes après le temps mort, Jaroslav Prosvic loge le palet sous la barre pour l’égalisation à 3-3 (29’37’’). Le premier bloc niçois Rusnak-Slaninak-Dian met le feu sur Macrez mais les joueurs finissent par s’épuiser. En fin de shift ils ne peuvent rien face à un Nicholas Pard tout frais qui remonte la patinoire comme une fusée avant de crucifier Lundberg d’un puissant lancer du poignet (4-3 à 30’59’’). Les pendules ont été remises à l’heure pensent-on à ce moment là.

Les Aigles niçois ne sont nullement déstabilisés par ce nouveau retournement de situation. Michal Dian ajuste un puissant tir que Macrez détourne sur le poteau (33’59’’). Toujours aussi chaud, le portier local déboute ensuite Jozef Slaninak en un contre un (34’30’’). Les arrêts se multiplient notamment face aux lancers de Lucas Cvejn de la bleue (37’38’’ et 38’42’’).

En tête d’un petit but malgré plusieurs frayeurs, les Albatros ne doivent en aucun cas réitérer l’entame catastrophique entrevue au dans le deuxième tiers pour amorcer cette dernière période. Hélas, trois fois hélas les choses se répètent… en pire ! Le passage à vide avait duré dix minutes au tiers précédent, l’ultime période sera un trou d’air de vingt minutes.

On joue depuis trente secondes lorsque Stefan Rusnak se fait pénaliser pour une mauvaise charge contre la bande sur Vladimir Holik qui est sonné (40’30’’). Souvenez-vous, Dian avait égalisé alors que les Aigles évoluaient en infériorité numérique. La leçon ne semble pas avoir été retenue par les Albatros puisque la même situation se reproduit. Karri Koivu se retrouve absolument seul et marque en lucarne face à Macrez complètement abandonné par sa défense (4-4 à 41’06’’).

Le jeu de puissance brestois se poursuit malgré tout mais les Bretons n’en profitent pas du tout. On approche de la mi-tiers et sur un palet qui semblait rattrapable, mais non contrôlé par Rubin, une contre-attaque fulgurante de Nice est concrétisée par Babic (4-5 à 47’23’’). Les Aigles mènent à nouveau après un énième rebondissement dans ce match un peu fou.

À 49’17’’ Andrej Brejka est envoyé en prison. Pas de quoi rassurer les spectateurs Brestois qui sont à la limite d’être plus inquiets lorsque leur équipe évolue en supériorité numérique au vu des antécédents dans le match ! Le jeu de puissance est enfin installé et les Brestois multiplient les occasions pendant une bonne minute mais Lundberg ne craque pas.

Prosvic et DianDe retour à cinq (mais pas au complet car Dian purge une méconduite pour avoir réclamé des sanctions suite à une charge sur Majernik) les Niçois alertent Landry Macrez. Stefan Majernik tape la barre transversale (52’30’’) puis Alexandre Lefebvre est coupable d’une charge incorrecte à 53’39’’. Sur le jeu de puissance Jan Babic dévie un tir de Majernik et scelle l’issue de la rencontre (4-6 à 54’50’’). Un ultime but en infériorité numérique sera marqué en cage vide par Stefan Majernik, décidément omniprésent en cette fin de rencontre (4-7 à 59’43’’). Brest avait terminé l’année 2011 sur une mauvaise note, l’année 2012 ne commence pas mieux à domicile.

Les Albatros semblaient avoir les choses en main avant un dernier tiers complètement loupé. Des signaux d’alerte avaient pu être observés dans le deuxième tiers mais les Bretons avaient su réagir par la suite. La défaite est méritée mais laisse malgré tout des regrets car Brest a été ponctuellement convaincant sur quelques séquences (le premier tiers-temps notamment). Il est dommage que ce visage n’ait pas été affiché constamment tout au long de la rencontre.

Le bloc emmené par Croteau a été en-dessous de son rendement habituel avec un ratio de -3 pour les joueurs qui le composent (-4 pour Francis Ballet et Tristan Lemoine) malgré un joli but de Nicholas Pard. Il faut néanmoins souligner la bonne performance du premier bloc Avenel-Prosvic-Lefebvre-Holik-Hennebert qui a été plus à son aise. L’équipe a malgré tout trop cherché à faire la différence par des exploits individuels, à l’image des multiples dribles de David Croteau, qui ont rarement fait mouche.

Dans ses buts Macrez n’a rien à se reprocher tant il a sauvé la mise à plusieurs reprises. Les interrogations devront plutôt porter sur le travail défensif des joueurs de champ quand on constate que trois buts (certes un est en cage vide) ont été concédés alors que l’équipe évoluait en supériorité numérique… L’absence de coach sur le banc s’est elle fait ressentir ?

Nice réalise une superbe opération. Leur poursuivant est maintenant relégué à 4 points et c’est une belle victoire obtenue sur une glace qui ne leur avait jamais souri auparavant (on ne compte plus les nombreuses raclées encaissées du temps de la D2 et de la D1). Le Rïnkla Stadium n’est décidément plus l’endroit où il est rare de voir chuter les Albatros. L’équipe de Nice a su rester calme et ne jamais paniquer avant de terminer la rencontre de manière tonitruante. Cette équipe peut compter sur de redoutables attaquants (Majernik, Dian …) et aura son mot à dire en play-off.

Commentaire d'après match (dans le Télégramme de Brest) :

Sébastien Oprandi (entraineur de Brest) : "C'est la première fois depuis le début de la saison que je nous vois ainsi complètement hagards sur la glace. Je pense qu'il y a eu un manque de concentration, un manque d'implication, un manque de communication entre les joueurs. Je vais rebrasser le tout."

 

Brest – Nice 4-7 (2-0, 2-3, 0-4)
Samedi 14 janvier 2012 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1462 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Peronnin, assisté de Jérémie Douchy et Joffrey Yssembourg.
Pénalités : Brest 12' (2', 4', 6'), Nice 20' (0', 4', 16’).

 

Évolution du score :

1-0 à 10'02'' : Avenel assisté de Prosvic

2-0 à 13’18’’ : Sevcik assisté de Rubin et Papaux

2-1 à 22’16’’ : Koivu assisté de Babic et Majernik

2-2 à 26’49’’ : Dian assisté de Rusnak et Brejka (inf. num)

2-3 à 29’20’’ : Rusnak assisté de Slaninak et Dian

3-3 à 29’37’’ : Prosvic

4-3 à 30’59’’ : Pard assisté de Holik

4-4 à 41’06’’ : Koivu assisté de Majernik et Tomaska (inf. num)

4-5 à 43’13’’ : Babic assisté de Majernik

4-6 à 54’50’’ : Babic assisté de Majernik et Koivu (sup. num)

4-7 à 59’53’’ : Slaninak assisté de Dian et Tomaska (inf. num, cage vide)

 

 

Brest

Gardien : Landry Macrez [sorti de 59’28 à 59’53’’].

Défenseurs : Vladimir Holik – David Hennebert ; David Poulin – Francis Ballet (C) ; Nicolas Motreff (A) – Aurélien Gréverend.

Attaquants : Jonathan Avenel – Jaroslav Prosvic – Alexandre Lefebvre (A) ; Tristan Lemoine– David Croteau – Nicholas Pard ; Benjamin Rubin – Mans Papaux – Daniel Sevcik. 

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Clément Gonzales.

Nice

Gardien : Jimmy Lundberg.

Défenseurs : Sylvain Roy (C) – Andrej Brejka ; Jan Tomaska – Lukas Cvejn ; Joni Raikkonen – Roope Rautanen.

Attaquants : Stefan Rusnak – Jozef Slaninak (A) – Michal Dian ; Karri Koivu – Jan Babic – Stefan Majernik ; Aurélien Macon (A) – Joonas Saari – Nathan Bernier.

Remplaçants : Kevin Fouassier (G), Alexis Dicharry, Nathan Bernier, Franck Fulop, Pierre Balbiano.