Épinal - Neuilly-sur-Marne (Ligue Magnus, 19e journée)

action epinl neuillyY a des claques qui se perdent !

En perte de vitesse, les Dauphins ont ramené de Caen samedi dernier la victoire (4-2) qu'il fallait pour ne pas voir l'écart se creuser irrémédiablement avec le haut du classement. Mais s'ils ont à cette occasion enrayé une spirale négative enclenchée fin décembre, les Spinaliens n'ont en rien tué leurs vieux démons... qui ont brutalement ressurgi ce mardi, à Chamonix (2-8). Et pourtant, ils ont rapidement mené avant que l'indiscipline et un certain laisser-aller ne profitent à des Chamois plus affûtés. Et autrement plus déterminés...

Décidément, il n'en faut pas beaucoup pour gripper les rouages d'une équipe nous ayant trop souvent habitué à inexplicablement s'effondrer. À tel point que Santino Pellegrino, qui se dit exaspéré par la nonchalance de certains, a menacé de redistribuer le temps de glace au profit des plus "méritants" pour remettre les siens dans le droit chemin. Et c'est Armando Scarlato, jugé insuffisamment performant, qui porte le chapeau... Une mise à l'écart surprenante compte tenu des absences de Slovák et Papelier (qui nécessitent le repositionnement en défense d'Agostini et Ganz)...

Deux mois d'insuccès à Poissompré interdisent toute défaite contre un mal classé qui ne leur avait posé aucune difficulté à l'aller (8-3). Des Bisons longtemps maudits (car souvent battus de peu), mais ragaillardis par la dérouillée infligée à Caen mercredi (10-2 avec un quadruplé de Cacciotti).

Une large victoire en forme de soulagement pour les hommes de Frank Spinozzi, qui attendaient cela depuis plus de trois mois. Soit douze défaites d'affilée, toutes plus frustrantes les unes que les autres pour un groupe retouché à l'automne par les arrivées des jokers Klepáč, Boháč et Čintala et le remplacement du gardien italo-américain Billy Blase, blessé à la main, par un portier slovaque ayant déjà "pigé" à Weißwasser (Bundesliga 2 allemande) cette saison. En l'occurrence Miroslav Hála, qui se distingue par sa silhouette élancée, son équipement tout blanc peu flashy… et ses déplacements de cage intempestifs !

Les fantômes de Poissompré

D'entrée, Neuilly met beaucoup d'intensité et ce patinage incessant suffit à surpasser des Spinaliens ne manifestant pas un enthousiasme débordant. Contrairement aux Bisons, qui ont rapidement pris le contrôle du palet et se montrent infiniment plus mordants. Et même s'ils peinent à entrer dans le match, les locaux parviennent à ouvrir score sur une obstruction d'Anthony Pittarelli (06'54") permettant à Ján Plch de décaler Stéphane Gervais pour un shoot rasant filant entre les bottes du gardien (1-0 à 08'06").

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Les Franciliens, nullement découragés, reprennent là où ils en étaient restés. Plus agressifs sur le porteur du palet, plus présents physiquement et surtout plus enclins à se projeter vers l'avant, ils raflent une majorité de duels et multiplient les récupérations. Michal Petrák prendra toutefois sur le meilleur sur Alexis Birolini avant de centrer vers Ján Plch, pour une reprise détournée du bouclier par Miroslav Hála (11'18").

Là-dessus, Petrák se voit pénalisé d'un retenir et laisse ses coéquipiers affronter un powerplay pressant. Puis gagnant, sur un lancer balayé de Peter Čintala transformé en palet flottant par la subtile déviation d'Andrej Kmeč (1-1 à 12'52").

Les Dauphins, malmenés, font pâle figure dans ce premier tiers à sens unique en terme d'engagement et de combativité. Hála, qui avait mal fermé ses jambières sur le premier but vosgien, serre bien les bottes sur deux tirs puissants d'Agostini et Plch. Une solidité partagée par un Loïc Lacasse brandissant sa mitaine pour frustrer l'échappée d'un Pittarelli mis sur orbite par Čintala (14'53"). Et surtout complètement oublié par la défense...

Soutenus par une poignée de partisans venus découvrir la nouvelle enceinte de Poissompré, les champions de France de division 1 sont comme prévu difficiles à manœuvrer. Très appliqués, ils défendent à l'unisson en infériorité et lisent bien le jeu adverse, mettant toujours une crosse en opposition pour couper chaque ligne de passe. Et quand un lancer est malgré tout déclenché, Miroslav Hála est là, en dernier recours.

Devant tant d'impuissance, Santino Pellegrino a (déjà) remanié son alignement en permutant notamment Guillaume Chassard et Chad Lacasse. Ce dernier, qui n'a plus marqué depuis sept matchs, était de toute façon transparent. Mais cela ne change pas le fond du problème : les Spinaliens, très décevants, sont loin de briller. Aux Nocéens d'en profiter...

Des boulevards pour Neuilly

Deux minutes ne se sont pas encore écoulées, au retour des vestiaires, qu'une passe de Fabien Leroy contrée par Étienne Bellavance-Martin se transforme en offrande pour Philippe Bolduc. Le centre québécois se fait la malle - avec Leroy lancé à ses trousses - et s’essaye d’un revers bien repoussé par Lacasse (21'07").

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Bis repetita sur un puck récupéré dans sa zone par Jesse Lebreton, qui aperçoit au loin un Steven Cacciotti totalement démarqué. D'une longue ouverture, l'Italo-canadien est envoyé vers un duel singulier remporté par le gardien canadien des Dauphins, bien sur ses appuis et impeccable sur ce tir bas coté plaque (23'02").

Seul obstacle à une véritable démonstration nocéenne, Loïc Lacasse s’évertue à rattraper les boulettes de ses coéquipiers. Ceux-ci se procurent bien quelques occasions mais ils n’arrivent toujours pas à les mettre au fond. Un mal récurrent ces derniers temps, comme le sont ces approximations répétitives aux abords de la zone défensive.

Et notamment cette mauvaise inspiration de Michal Petrák qui manque de profiter à Lukáš Pék. Mais une fois encore, Loïc Lacasse retarde l'échéance (28e). Reste qu'à force d'essayer, Neuilly finit par y arriver. Steven Cacciotti dégageant le palet loin devant, en direction d'un Lukáš Pék s'y reprenant à deux fois pour glisser la rondelle entre les bottes du gardien (1-2 à 32'53").

Au fond du trou...

C'est amplement mérité pour des Bisons gavés d'espaces jusqu'à plus soif. Des Franciliens très remuants, qui n'auront pas manqué de profiter des largesses de leurs hôtes. Mais qui vont perdre Louis-Étienne Leblanc sur blessure (33e) avant d'en remettre un troisième. Philippe Bolduc, parti côté droit, voyant son centre malencontreusement contré par Niko Mäntylä au premier poteau (1-3 à 34'21").

Les "bleu et rose" n'y sont plus et en prennent un quatrième aussi sec. Lukáš Pék, lancé dans le dos d'une défense aux abonnés absents, décalant un Steven Cacciotti n'ayant plus qu'à nettoyer le haut du filet (1-4 à 34'41"). Le tout sous les huées d’un public ulcéré par l'état de démobilisation avancé de ses protégés...

Un trou dans la glace, apparu à hauteur du banc spinalien, précipite le retour aux vestiaires (35'30") et engendre le report de ces minutes au début d'un troisième tiers s'apparentant à une simple formalité pour les ouailles de Frank Spinozzi. Rivalisant de maladresse, sinon de médiocrité, les Spinaliens sont rachetés par quelques individualités se démenant vainement pour sortir du marasme ambiant.

On pense notamment à Ján Plch, toujours aussi exemplaire (et dangereux dans son tour de cage à 41'35") ou à ces "sans grades" qui bataillent sur la troisième ligne sans toutefois parvenir à exister face au trio Appel-Boháč-Pittarelli. L'association Cacciotti-Bolduc-Pék (bien soutenue par un Čintala particulièrement d'attaque) étant la plus en vue côté nocéen, sur la lancée de son excellent match de mercredi.

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Les absences de Miroslav Kečka et Martin Malát (qui poussent Arnaud Bougaran sur le banc, faute de quatrième ligne) passent inaperçues. Un peu comme les présences d'Eliezer Sherbatov, le "petit génie" israélien aux rêves de KHL qui s'était fait connaître, sur la toile, avec ses buts ébouriffants. Lui qui sait à peu près tout faire avec un palet n'a ce soir rien montré... et même raté une cage vide en toute fin de partie, au plus fort de la domination spinalienne.

Trop tardif le réveil !

Car oui, les Dauphins vont se décider à passer la surmultipliée. Eux qui ont régulièrement tenu Hála en haleine ce soir profitent d'une supériorité numérique pour réduire le score sur un one-timer de Chassard dévié par Boisclair (2-4 à 42'15"). Puis Čintala (43'19") succède à Klepáč (41'44") dans le rôle du prisonnier. Mais Fabien Leroy, bien trop sûr de lui, rate tout ce qu'il entreprend et nuit clairement à l’épanouissement du powerplay.

Grand spécialiste des palets rendus à l'adversaire, l'ex-Amiénois est ce soir au meilleur de sa forme. Lui qui n'a pas du tout apprécié la bronca du public dispose toujours d'un temps de glace disproportionné. Une sur-utilisation rendue inévitable, ce soir, par la sortie de Mikko Jortikka, séché contre la bande par Philippe Bolduc (47e). L'arrière-garde spinalienne, déjà décimée, perd-là un troisième défenseur de métier...

Ce match n'en finit pas et les efforts spinaliens pour recoller au score apparaissent désordonnés. Miroslav Hála doit toutefois endiguer un flot conséquent de lancers sans être inquiété par les incursions d'un Ján Šimko comme toujours très individualiste... et systématiquement "cueilli" dans ses approches. Ce forcing est louable mais le réveil sonne trop tard. La victoire séquano-dyonisienne n'est pas volée car celui qui en voulait le plus l'a logiquement emporté.

Cette semaine à deux victoires a complètement relancé Neuilly dans la course au maintien. Frank Spinozzi avait raison d'y croire, même lorsque les défaites s'enchaînaient, car les jours meilleurs sont enfin arrivés. Voilà un bel état d’esprit dont les hockeyeurs spinaliens feraient bien de s'inspirer !

En avant doute...

On croyait qu'Épinal avait touché le fond mardi à Chamonix. Et pourtant, les hommes de Pellegrino ont encore réussi à creuser plus profond ! Cette quatrième défaite d'affilée à Poissompré est celle de trop et il y a fort à parier qu'une crise va bientôt pointer le bout de son nez. À moins, bien sûr, que joueurs, entraîneurs et dirigeants ne fuient encore leurs responsabilités…

En tout cas, beaucoup dans les gradins ne reviendront pas de sitôt après une prestation aussi lamentable (sans rien enlever au mérite de Neuilly). Le tardif sursaut d'orgueil en fin de partie n'effacera pas l'impression laissée par une équipe ayant encore évolué largement en deçà de ses possibilités.

Une raclée à Briançon se profile à l'horizon avant la réception, vendredi, de Villardiens eux-aussi relancés dans la course au maintien. Dans un climat, on l'espère, un peu moins délétère...

Commentaires d'après-match (dans Vosges-Matin) :

Fabien Leroy (défenseur et capitaine d'Épinal) : "Au lieu de nous chier dessus et de nous en mettre plein la gueule, le public ferait mieux de jouer son rôle de sixième homme et de nous aider."

 

Épinal - Neuilly-sur-Marne 2-4 (1-1, 0-3, 1-0)
Samedi 21 janvier à 18h00 à la patinoire de Poissompré. 1 100 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté d'Anne-Sophie Boniface et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 6' (4', 2', 0') ; Neuilly-sur-Marne 18' (4', 8', 6').
Tirs : Épinal 34 (7, 12, 15) ; Neuilly-sur-Marne 35 (13, 15, 7).

Évolution du score :
1-0 à 08'06" : Gervais assisté de Plch et Mäntylä (sup. num.)
1-1 à 12'52" : Kmeč assisté de Boháč et Čintala (sup. num.)
1-2 à 32'53" : Pék assisté de Pittarelli et Klepáč
1-3 à 34'21" : Bolduc assisté de Lebreton et Klepáč
1-4 à 34'41" : Cacciotti assisté de Pék et Bolduc
2-4 à 42'15" : Boisclair assisté de Chassard et Leroy (sup. num.)

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse [sorti de sa cage de 57'18" à 58'11" et de 58'23" à 60'00"].

Défenseurs : Niko Mäntylä ; Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka ; Erwan Agostini ; Stéphane Gervais ; Nathan Ganz.

Attaquants : Chad Lacasse [puis Chassard] - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Ján Šimko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane - Yannick Offret - Guillaume Chassard [puis C. Lacasse].

Remplaçant : Mathieu Perrin (G). Absents : Peter Slovák (péroné, un mois d‘arrêt), Guillaume Papelier (épaule), Armando Scarlato (choix du coach).

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Miroslav Hála.

Défenseurs : Peter Čintala - Jesse Lebreton (A) ; Peter Klepáč - Alexis Birolini ; Stanislas Aubert - Louis-Étienne Leblanc ; Jules Breton.

Attaquants : Steven Cacciotti (C) - Philippe Bolduc - Lukáš Pék (A) ; Eliezer Sherbatov - Étienne Bellavance-Martin - Andrej Kmeč ; Juho-Tuomas Appel - Jan Boháč - Anthony Pittarelli.

Remplaçants : Landry Labat (G), Arnaud Bougaran, Clément Rey, Alexis Besson. Absents : Martin Malát (épaule), Miroslav Kečka, Billy Blase (fracture de la main, saison terminée), Martin Zajac (phlébite, saison terminée).