Grenoble - Rouen (Ligue Magnus, 19e journée)

Grenoble saisit sa chance

2012-01-21-Grenoble-Rouen1Après une belle série de quatre victoires consécutives, les Brûleurs de Loups ont subi un sérieux coup d'arrêt à Dijon. Une défaite sévère 5-2 (après avoir été mené 5-0) venue comme un rappel à l'ordre : les maux grenoblois n'ont pas tous disparu avec la nouvelle année et l'obstacle dijonnais s'est avéré bien plus difficile à franchir qu'Epinal, Neuilly ou Villard. Du coup, Dufour a décidé de remodeler ses lignes de A à Z, préférant dissoudre sa première ligne productive Aquino-Sivic-Desrosiers pour trouver plus d'homogénité d'une ligne à l'autre et surtout pour privilégier le sens collectif et la responsabilité défensive aux prestations individuelles. Ce nouvel alignement profite à Baylacq, qui se retrouve sur la deuxième ligne aux côtés de Sivic et Aquino, et à Bedin, titularisé aux côtés de Desrosiers et Ouimet, désormais moins isolé. En revanche, Arrossamena est rétrogradé en quatrième ligne. À noter également la titularisation de Sébastien Raibon dans les cages grenobloises au détriment de Ronan Quemener, en difficulté mardi à Dijon.

De son côté, Rouen se présente à Pôle Sud tout auréolé de sa récente victoire en finale de la Coupe Continentale. C'est donc peu dire que les Dragons baignent dans l'euphorie depuis ce succès majeur le week-end dernier, un des objectifs de la saison des hommes de Rodolphe Garnier. Mais ces derniers n'ont pas eu beaucoup de temps pour célébrer puisqu'ils ont dû rapidement replonger dans le quotidien de la Ligue Magnus avec la réception de Morzine mardi. Une courte victoire 4-3, suffisante pour garder ses distances en tête du classement. Reste à savoir où en sont les Rouennais physiquement après cet enchaînement de matchs et avant une semaine tout aussi difficile qui les verra recevoir le dauphin Angers avant de se déplacer à Strasbourg jeudi puis de disputer dimanche la finale de la coupe de France à Bercy. Pour ce match, ils devront se priver de Loïc Lamperier et Jonathan Janil. À noter que ce match sera arbitré, une fois n'est pas coutume, par un arbitre principal et un assistant venus de Suisse.

2012-01-21-Grenoble-Rouen2Le match commence difficilement pour Grenoble avec une pénalité sifflée contre Mitja Sivic dès la première minute pour avoir accroché Marc-André Thinel. Raibon sort d'entrée un gros arrêt devant Carl Mallette idéalement placé au second poteau. Mais après quelques secondes délicates, les Brûleurs de Loups parviennent à se dégager. De retour à cinq contre cinq, le jeu s'équilibre avec des Rouennais qui tentent de construire mais qui se font souvent contrer par les Grenoblois qui coupent bien les lignes de passe. Mulle se procure une grosse occasion en bonne position devant la cage mais ne cadre pas son tir. Quelques secondes plus tard, François Ouimet profite d'une mésentente rouennaise pour récupérer le palet à sa ligne bleue et partir en contre-attaque : seul face à Lhenry, il déjoue le portier rouennais en glissant le palet dans un trou de souris, profitant du fait que Lhenry avait déplacé sa cage au moment où le palet franchissait la ligne. Malgré les protestations du portier de l'équipe de France qui estimait que le palet était passé sous la cage, l'arbitre valide tout de même le but (1-0, 07'00").

Après cette ouverture du score, la pression rouennaise se fait plus forte sur la cage grenobloise : tir de Werenka de la bleue détourné par Raibon, retour in extremis de Dusseau sur Rech puis Guénette et Thinel mettent le feu autour de la cage de Sébastien Raibon, très sollicité en ce début de match. Les Dragons ratent même un 2 contre 1 entre Desrosiers et Mallette lorsque ce dernier ne parvient pas à reprendre le palet dans de bonnes conditions pour faire un bon tir sur la cage grenobloise.

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Le palet va assez rapidement d'une cage à l'autre, les occasions les plus dangereuses sont rouennaises mais les Dragons ne font pas toujours les bons choix devant la cage à l'image de Mallette qui ne profite pas d'une cage grande ouverte. Et sur une contre-attaque rapidement menée, Aquino décale sur la gauche Sivic qui remet au centre pour l'attaquant canadien dont la déviation est repoussé par Lhenry mais Baylacq avait bien suivi et conclut au rebond (2-0, 17'53"). Dans la dernière minute, Werenka est pénalisé pour avoir accroché Tartari. Grenoble bénéficie de sa première supériorité du match et installe le power-play : le palet parvient à Alexandre Rouleau à la ligne bleue qui tire instantanément : Lhenry, masqué, ne voit pas arriver le palet qui traverse une forêt de joueurs et franchit la ligne de but (3-0, 19'29"). Un bon moyen pour Rouleau de fêter sa première convocation avec l'équipe de France le jour même ! Les trente dernières secondes sont difficiles pour Rouen alors qu'Avenel est tout près d'ajouter un quatrième but en profitant du flottement de la défense rouennaise.

On s'attend à une grosse réaction rouennaise au début de la seconde période mais celle-ci se fait attendre. Grenoble gère tranquillement en zone neutre sans se découvrir et se contente de couper les passes rouennaises à l'affût d'une contre-attaque. Joris Bedin s'en donne à cœur joie sur quelques contres aux côté de Desrosiers et Ouimet mais Lhenry reste vigilant pour éviter un quatrième but. Dufour en profite même pour reposer ses premiers blocs en donnant du temps de jeu à sa quatrième ligne alors que Rouen continue d'évoluer à trois blocs. Le jeu s'arrête quelques instants lorsque Steiner reste au sol suite à une charge de Paré le long de la bande. Sonné, le défenseur américain des Brûleurs de Loups doit quitter ses partenaires pour le reste du match. Ce coup dur ne ralentit pas le rythme grenoblois et les attaques rouennaises continuent à se briser inlassablement sur la défense iséroise pour une fois particulièrement bien organisée.

2012-01-21-Grenoble-Rouen4Les Dragons se rabattent sur des tirs lointains mais ils n'arrivent pas même suffisamment de trafic devant la cage pour gêner Sébastien Raibon. Sur une contre-attaque à trois contre deux, Grenoble joue parfaitement le coup : Aquino centre pour Sivic qui profite du travail d'Elie Raibon qui attire les défenseurs pour ajuster Fabrice Lhenry d'un tir à ras de glace (4-0, 35'40").

L'addition commence à être salée pour Rouen et les premiers signes de tension apparaissent avec une petite friction entre Elie Raibon et Antonin Manavian envoyés tous deux en prison. À quatre contre quatre, les espaces sont plus nombreux ce dont profite Rouen pour porter le danger dans la zone grenobloise : Demén-Willaume s'avance et tire, le palet passe au-dessus de la cage et heurte le plexi avant de revenir... devant le but. Jean-Philippe Paré profite de l'effet de surprise pour envoyer le palet et dans la cage grande ouverte au grand désarroi de Sébastien Raibon et sa défense (4-1, 36'53"). Après ce but un peu gag, Avenel rate une belle occasion de marquer de près mais il bute sur Lhenry. Les deux équipes regagnent donc les vestiaires avec le même écart de trois buts.

La troisième période débute comme la deuxième : une équipe grenobloise bien organisée en défense et qui ne se livre pas face à une équipe rouennaise qui tente de s'approcher des cages sans arriver à mettre le coup de rein nécessaire pour esquisser une remontée au score. Les Dragons s'épuisent à tourner autour de la cage mais la défense grenobloise, bien qu’amoindrie par la perte de Steiner, parvient toujours à dégager par Rouleau, Amar et Dufresne, très actifs ce soir autour du slot. Et comme Raibon réalise une prestation très solide dans les cages en laissant peu de rebonds, Rouen ne trouve pas de solution. Ouimet gâche même une belle opportunité en contre-attaque en oubliant de servir Joris Bedin pourtant en très bonne position. Le même Ouimet est accroché par Guénette quelques instants plus tard alors qu'il va droit à la cage de Lhenry. Deuxième supériorité numérique pour Grenoble qui se contente de faire tourner le palet en zone offensive avec un épatant Joris Bedin à la distribution du jeu.

Les minutes défilent rapidement sans que Rouen n'arrive à exercer un pressing constant dans la zone grenobloise. Lhenry doit même s'imposer une nouvelle fois devant Avenel alors que les Dragons laissent de plus en plus d'espace derrière, ce dont profite Ouimet et Desrosiers pour s'échapper à deux contre un. Même si la pression rouennaise se fait plus forte dans les deux dernières minutes avec notamment une pénalité d'Amar qui permet à Rouen d'évoluer une nouvelle fois en supériorité numérique, plus rien ne sera marqué dans cette partie parfaitement contrôlée par les Brûleurs de Loups.

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Rouen a sans doute souffert ce soir de l'accumulation des efforts consentis pendant la Coupe Continentale et le match de mardi face à Morzine. Quatre matchs en cinq jours, cela fait beaucoup pour les organismes, même pour une équipe aussi talentueuse que Rouen. Malgré un bon début, les Dragons n'ont pas pu faire la différence et se sont fait surprendre par les contres grenoblois au premier tiers-temps. Par la suite, ils ont semble-t-il manqué de jus pour rattraper le lourd handicap de trois buts concédé tôt dans le match, semblant parfois sans solution face à une défense grenobloise bien organisée et un Sébastien Raibon très inspiré. Les conséquences sont limitées pour Rouen qui s'incline tout de même pour la première fois de la saison à l'extérieur et voit revenir Angers sur ses talons... avant de recevoir les Ducs mardi en championnat. Prélude à une semaine chargée pour les Dragons qui vont devoir avant tout privilégier la récupération s'ils veulent se présenter dans les meilleurs dispositions dimanche prochain à Bercy pour la finale de la coupe de France.

À Briançon, les Brûleurs de Loups avaient réalisé un match référence à l'extérieur. Ce soir, c'est à domicile qu'ils ont enfin marqué les esprits avec un match plein de bout en bout. Certes ce ne fut pas un feu d'artifice offensif, mais pour la première fois de la saison, ils ont semblé avoir un plan de jeu et ils l'ont respecté à la lettre. Solidaires et appliqués en défense tout au long des soixante minutes, ils se sont appliqués à neutraliser le jeu rouennais en coupant systématiquement les passes adverses en zone neutre, évitant de trop subir devant leur propre cage. Offensivement, les Brûleurs de Loups n'ont pas fait le jeu mais ils ont joué le moindre contre à fond, ce qui a permis de creuser un écart conséquent dès la première période. Ensuite les minutes ont défilé sans que l'on sente les Grenoblois réellement en danger. Le mérite en revient à Sébastien Raibon, auteur d'une excellente prestation du même ordre que lors du trophée des champions, mais aussi à sa défense avec un match exceptionnel du trio Amar-Rouleau-Dufresne qui a évolué ce soir enfin au niveau qu'on attendait d'eux depuis le début de la saison.

Devant, le changement des lignes n'a pas trop perturbé l'animation basée essentiellement sur des contres mais certains ont tiré leur épingle du jeu à l'image de Bedin, très actif et bien entouré par Desrosiers et Ouimet qui revit aux côtés de son compatriote. La deuxième ligne n'est pas en reste avec deux buts de Baylacq et Sivic, à chaque fois bien préparés par Aquino. Au-delà de cette victoire de prestige face au leader de la Ligue Magnus, Grenoble donne enfin des signes d'assurance dans le jeu et semble en mesure de continuer sa remontée au classement, matérialisée ce soir par une septième place grâce à la victoire de Villard à Strasbourg. De bon augure en vue des play-offs qui se rapprochent à grand pas.

Désignés meilleurs joueurs du match : Sylvain Dufresne (Grenoble) et Anthony Rech (Rouen)

(photos www.hockey-passion.com)

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : "On commence à se préparer pour les play-offs. On veut un rythme supérieur et c'est pour cela qu'en ce moment, on joue avec plus d'intensité."

Matthieu Le Blond (attaquant de Grenoble) : "Il fallait s'aider les uns les autres. Et derrière, les contres arrivent automatiquement car ils attaquent à trois ou quatre. On ne voulait pas retomber dans un cycle de défaites après Dijon."

François Ouimet (attaquant de Grenoble) : "C'est probablement notre plus beau match."

 

Grenoble - Rouen 4-1 (3-0, 1-1, 0-0)

Samedi 21 janvier 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs.
Arbitrage de Ken Mollard (SUI) assisté de François Micheli (SUI) et Gwilherm Margry.
Pénalités : Grenoble 6' (2', 2', 2'), Rouen 4' (2', 0', 2').
Tirs cadrés : Grenoble 27 (9, 11, 7), Rouen 26 (10, 7, 9).

Évolution du score :

1-0 à 07'00" : Ouimet
2-0 à 17'53" : Baylacq assisté Aquino et Sivic
3-0 à 19'29" : Rouleau assisté de Dufresne et Aquino (sup. num.)
4-0 à 35'40" : Sivic assisté de Aquino et E.Raibon
4-1 à 36'53" : Paré assisté de Demén-Willaume et Desrosiers

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon

Défenseurs : Alexandre Rouleau - Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) - Michael Steiner ; Jason Crossman (A) - Kévin Dusseau.

Attaquants : Joris Bedin - François Ouimet - Francis Desrosiers ; Anthony Aquino - Mitja Sivic - Julien Baylacq (C) ; Graham Avenel - Christophe Tartari - Mathieu Le Blond ; Elie Raibon - Loup Benoît - Nicolas Arrossamena.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Rémi Colotti, Maxime Suzzarini.

Rouen

Gardien : Fabrice Lhenry

Défenseurs : Jimi Santala - Juha Alen ; Richard Demén-Willaume - Darcy Werenka (A) ; Antonin Manavian - Nicolas Lehericey.

Attaquants : Julien Desrosiers - Carl Mallette (C) - Teemu Elomo ; Alexandre Mulle - François-Pierre Guénette - Marc-André Thinel (A) ; Ilpo Salmivirta - Jean-Philippe Paré - Anthony Rech.

Remplaçants : Sebastian Ylönen (G), Quentin Berthon. Absents : Loïc Lampérier (doigt cassé), Jonathan Janil.