Bilan de mi- saison, NHL : la conférence Ouest

Après avoir fait un tour d'horizon de la conférence Est, nous nous intéresserons cette semaine à la conférence Ouest afin de tirer un bilan de mi-saison des différentes équipes qui la compose. Cette conférence est aussi d'un niveau très homogène puisque les équipes de la division centrale (mis à part Columbus) se livrent une lutte sans merci dans l'obtention de champion de division. Les Canucks de Vancouver montrent qu'ils sont toujours là et bien déterminés à revenir en finale. Les « cancres » de cette conférence sont toujours les mêmes (les Edmonton Oilers et les Blue Jackets de Columbus) rejoints cette saison par les Ducks d'Anaheim qui n'ont quasiment plus aucun espoir d'accrocher les play-offs au printemps prochain.

DATSYUK Pavel-100516-317La division Centrale s'impose comme la plus homogène de cette conférence avec trois équipes qui se tiennent à quelques points d'écart ; les Detroit Red Wings mènent pour l'instant la danse, la franchise du Michigan propose depuis le début de saison un jeu alléchant tout en passe et en vitesse, emmené par son centre russe Pavel Datsyuk (51 points en 47 parties), mais aussi par Johan Franzen (40 points) ; la seule déception vient de l'ailier Henrik Zetterberg qui est très hésitant dans son jeu depuis quelques temps, par ailleurs il ne totalise que 34 points. la défense tient quant à elle le coup et occupe le cinquième rang de la ligue dans ce secteur de jeu où on retrouve toujours l'inoxydable Nicklas Lidström aux commandes. La grande satisfaction et pour le moins surprise se trouve dans le filet avec les belles performances de Jimmy Howard ; longtemps les rumeurs l'envoyaient vers d'autres cieux à la place d'un gardien plus solide, mais le portier américain sort les arrêts qu'il faut avec des stats plus que convenables (1,98 buts encaissés par match et 92,6% de moyenne d'arrêts).

Le grand rival des Wings fait également un très bon début de saison. Les Chicago Blackhawks ont l'air de renaître de leurs cendres après une dernière saison jugée moyenne par bon nombres de fans. On retrouve en attaque les deux prodiges Jonathan Toews (possible futur MVP) et Patrick Kane, tous les deux derrière Marian Hossa, leader de la cinquième attaque de la ligue où le jeune Victor Stalberg est la révélation. Seul point noir, la défense (17e de la ligue) avec deux gardiens (Corey Crawford et Ray Emery) aux statistiques bien moyennes ; le coach Joel Quenneville doit absolument régler ce problème qui lui fait défaut depuis l'année dernière, et trouver son gardien titulaire, ce qu'il n'a jamais réussi depuis sa prise de fonction. Mais force est de constater que ces Blackhawks ont pas mal d'atouts pour retrouver la coupe Stanley après celle qu'ils ont gagnée en 2010.

Après un championnat du monde laborieux pour Ken Hitchcock avec la Team Canada et une élimination précoce en quarts de finale, le nouveau coach des Saint Louis Blues en surprend plus d'un avec une équipe qui bataille au même titre que ses deux rivaux de la division centre pour une place parmi les trois premiers. Hitchcock tire parfaitement toutes les qualités de ses joueurs pour en faire une équipe solide qu'on n'attendait pas forcément aussi haut. C'est l'une des meilleurs défenses de toute la ligue avec 91 buts encaissés en 47 matchs et un duo de gardiens qui excelle où Brian Eliott est en train de supplanter le Slovaque Jaroslav Halak avec de grosses performances récompensées par une sélection au All Star Game. Par ailleurs on notera l'excellent travail des jeunes défenseurs de Saint Louis comme Alex Pietrangelo et Kevin Shattenkirk avec de très bon plus-minus, respectivement à +16 et +14. L'attaque est par contre en retrait où seul David Backes sort du lot avec 37 points. Si cette équipe garde le même rythme, elle pourrait bien être la surprise de la saison et aller très loin en play-offs.

Les champions de l'Ouest et malheureux finalistes de l'an passé font aussi une excellente première moitié de saison puisque les Vancouver Canucks sont leaders de leur division. Si on remarque plus les bourdes de Roberto Luongo que ses arrêts du côté des partisans, le cerbère québécois reste solide devant le filet ; en attaque ce sont encore et toujours les jumeaux Sedin qui trustent les premières places au rang des compteurs de la NHL. Avec une bonne défense et une excellente attaque, il ne serait pas impossible d'avoir un remake de la finale de l'an passé face à Boston ; par ailleurs l'unique match entre les deux équipes avait un air de revanche avec plusieurs bagarres et une grande animosité entre les deux formations qui aimeraient bien se retrouver en juin prochain pour en découdre.

Les années se suivent et se ressemblent pour les San José Sharks qui sont toujours leaders de la division Pacifique. Malgré quelques changement dans leur effectif, la troupe dirigée par Todd McLellan continue d'occuper les premiers place de l'association de l'ouest ; avec une excellente défense (6e de la ligue) grossie par l'arrivée de l'impressionnant Brent Burns qui forme avec le vétéran Dan Boyle une solide base pour l'arrière-garde devant un Antti Niemi qui fait pour l'instant une saison correcte. Malgré les bonnes performances de Logan Couture, Joe Thorton (meilleur pointeur) et Patrick Marleau, l'attaque ne fait pas forte impression (13e de la ligue). La perte de Dany Heatley lors de l'intersaison peut en être la cause, de plus Martin Havlat est blessé depuis la mi-décembre. Les Sharks devront donc faire mieux devant pour enfin rêver d'un titre qui leur échappe depuis trop longtemps.

Certes distancé par ses concurrents de la division centrale, les Nashville Predators font pour le moins un bon début de saison avec une place parmi les huit premiers. Toujours emmené par leur portier finlandais Pekka Rinne (qui a fait sauter la banque avec un contrat de 49 millions de dollars pour une durée de sept ans) toujours aussi solide mais de plus en plus talonné par le jeune Anders Lindback. Les deux leaders de l'équipe sont le Tchèque Martin Erat en attaque et le Canadien Shea Weber en défense, tous deux meilleurs compteurs de leur équipe qui devra tenir le plus longtemps possible et compter sur le talent de son gardien pour accrocher pour une seconde année consécutive une place en séries éliminatoires.

Avec un important recrutement durant l'été, on attendait mieux des Los Angeles Kings même si le changement d'entraîneur semble avoir changé la donne avec l'arrivée de Darryl Sutter qui pour l'instant fait son job avec une remontée au classement. Cependant les Kings ont tout simplement la plus mauvaise attaque du championnat, ce qui fait tache pour une franchise possédant de gros canons. En effet, si Simon Gagné est actuellement blessé, ses prestations sont loin de son niveau, tout comme la recrue Mike Richards qui ne compte que 26 points en 41 matchs, la seule satisfaction en attaque vient du franchise player Anze Kopitar. Ceci dit nous avons une défense solide (quatrième de la ligue) avec un Drew Doughty qui fait son travail et deux portiers (Jonathan Quick et Jonathan Bernier) efficaces dans leurs cages ; mais il en faudra sûrement plus pour tenir une place en play-offs, objectif largement à la portée des Kings à la vue de leur effectif.

Une autre bataille se déroule au sein des cette conférence, entre trois équipes de la division nord-ouest pour une place en play-offs. Après un parcours quasi parfait pour les Minnesota Wild lors des premiers mois avec la place de leader à la clé, la franchise de St. Paul a logiquement chuté à une place plus conforme à son rang. Avec plusieurs blessures à tous les postes, la fatigue a cédé le pas sur l'excitation des premiers mois avec bon nombres de défaites au cours de décembre et janvier. Les satisfactions sont Josh Harding au poste de gardien et Dany Heatley qui est pour l'instant le leader d'une attaque bien faiblarde. Du côté des Colorado Avalanche, on est sur une pente plus positive, longtemps dans les bas-fonds du classement les Avs semblent avoir trouvé le bon chemin pour une place en play-offs. Avec deux très bons gardiens (Jean-Sébastien Giguère et Semion Varlamov) et même si l'attaque ne suit pas toujours (24e de NHL) où c'est Ryan O'Reilly qui est le meilleur pointeur avec seulement 36 points en 50 matchs, suivi par le rookie Gabriel Landeskog qui fait de bons débuts. Cette franchise devra hausser son niveau de jeu pour décrocher le précieux ticket pour accéder aux play-offs.

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On est dans le même cas de figure du côté des Calgary Flames, après un début de saison ratée, la franchise de l'Alberta semble avoir retrouvé le chemin de la victoire ; après de grosses déconvenues en novembre (9-0 contre Boston), les Flames recollent peu à peu à leurs concurrents dans la course aux play-offs. On attend beaucoup du retour de Mike Cammalleri (en échange de René Bourque) pour doper une attaque bien moribonde où l'all-star Jarome Iginla (39 points) est toujours isolé. Mais la grande force réside devant le filet avec encore et toujours le gardien finlandais Miikka Kiprusoff avec des statistiques très flatteuses qui permettent aux Flames de combler certaines lacunes en défense (aucun des défenseurs réguliers à Calgary n'a de ratio positif).

Pour les Dallas Stars et les Phœnix Coyotes, deux franchises de la division Pacifique, la saison n'avait pas si mal débuté avec une place de leader pendant plusieurs semaines pour Dallas et une place dans les huit premiers pour Phœnix. Si ces deux équipes s'appuient sur deux bons gardiens, à savoir Kari Lethonen (malgré une longue blessure au cours de l'automne) et Mike Smith (qui s'impose enfin comme un gardien numéro 1), on ne peut pas dire autant des autres secteurs de jeu. Au Texas, notons les bonnes prestations du jeune Jamie Benn (42 points) avec un possible trophée Calder récompensant le meilleur rookie et du prodige suédois Loui Eriksson, leader de l'attaque texane. Du côtéde Glendale en Arizona c'est le vétéran canadien Ray Whitney qui domine l'attaque des Coyotes avec 41 points, par ailleurs notons la bonne contribution offensive du défenseur américain Keith Yandle (28 points).

Cette saison les Ducks d'Anaheim déçoivent ; si les performances de Teemu Selänne sont toujours aussi impressionnantes, on ne pas en dire autant du reste de son équipe ; avec un gardien (Jonas Hiller) qui n'apporte pas toutes les garanties (malgré l'espoir porté par les fans pour son retour à la compétition) de même que la défense et l'attaque à l'image de Bobby Ryan qui était totalement inefficace en début de saison mais qui s'est repris par la suite. L'arrivée de Bruce Boudreau ne semble guère changer la donne, les Ducks se sont déjà fait à l'idée qu'une qualification aux play-offs était mission impossible, on attend plus un important ménage dans l'effectif lors des périodes de transferts, seuls Selänne et Koivu ayant été déclarés intransférables par la direction.

Cela devient désormais une habitude à chaque année. En effet on n'est nullement étonné de retrouver ces deux équipes dans les bas-fonds du classement. Si pour autant un espoir résidait au vue des recrutements et drafts de cet été, force est de constater que ceci ne change pas la situation des Edmonton Oilers et des Columbus Blue Jackets. En Alberta les Oilers dispose encore d'un banc peu garni et assez inexpérimenté pour pouvoir faire mieux ; si Taylor Hall et Rugent Nyan-Hopkins semble démontré tout leur talents, ce n'est par contre pas le cas de Magnus Pääjäavi qui est la grosse déception pour sa deuxième saison et se ressourcera en AHL après avoir été privé de temps de jeu. L'espoir tient encore dans la draft dans le but de reconstruire une équipe capable de faire mieux. Chez les Blue Jackets il n'y a rien à en tirer, avec la deuxième plus mauvaise défense de la ligue (où Steve Mason enchaîne les mauvaises sorties dans les cages) et la troisième plus mauvaise attaque où même Rick Nash ne score plus autant et où Jeff Carter espère au plus vite quitter l'Ohio pour retrouver un challenge plus intéressant. Cette équipe est d'ores déjà éliminée et on ne voit pas comment elle pourrait quitter la dernière place qui lui colle à la peau depuis de trop nombreuses années.