Épinal - Villard-de-Lans (Ligue Magnus, 21e journée)

Après la pluie, le beau temps ?

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Cette fois, ils n’ont plus le choix ! Quatre défaites d’affilée à Poissompré, c’est bien assez pour des Spinaliens n’y ayant plus gagné depuis le 26 novembre dernier. Mais restant sur une victoire de choix à Briançon (6-4), là où personne ne les pensaient capables de s'imposer après leur déconvenue du samedi face à Neuilly (2-4). Comme quoi, ces Dauphins-là sont vraiment capables de tout !

Qui peut le plus peut le moins, dit-on. Mais comment diable cette équipe, valeureuse au possible à Briançon (avec notamment un Loïc Lacasse affaibli par une gastro), a-t-elle pu tomber si bas devant Cham’ et Neuilly ?  Faut-il voir, dans ce succès ramené de René-Froger, la réaction d’orgueil d’un collectif piqué au vif par les huées de son public samedi dernier ? Fabien Leroy, capitaine contesté après ses propos controversés (des réactions à chaud qui ont suscité une belle polémique sur le forum du club), et tous ses coéquipiers ont en tout cas surpris mardi. Et en bien... pour une fois !

Reste qu’un nouveau raté contre un mal classé, six jours après le désastre nocéen, ne serait pas pardonné par un public venu un peu moins nombreux qu’à l’accoutumée pour la venue de Villardiens engagés dans la course au maintien. Des Ours vainqueurs à Strasbourg samedi dernier (6-1) mais battus de peu, ce mardi, face à Caen (4-5 t.a.b.) à l’issue d’un match qu’il ne fallait pourtant pas perdre. Pour eux, le besoin de points se fait urgent et chaque journée non rentabilisée, à ce stade avancé de la saison, les rapproche un peu plus de ces barrages tant redoutés. Et ça, Rich Metro le sait…

Le jeune coach américain (36 ans), revenu cet été sur les terres de ses exploits passés, fut de tous les grands succès villardiens de 2001 à 2007. Des victoires qui se font rares aujourd’hui. Mais ne vous y trompez pas : les Ours ont à chaque fois puni ceux qui les ont pris de haut cette saison, comptant, au besoin, sur un excellent Pascal Favarin. Un vétéran titularisé pour la quatrième fois consécutive derrière une défense diminuée par l’absence de Pierre-Antoine Simonneau. Un forfait que Scott Thauwald (attaquant en principe, mais défenseur en pratique) ne peut pallier. Les ailiers Yann Diaferia et Thibaut Sage-Vallier étant toujours indisponibles, l’Américain doit encore piger aux avant-postes.

L’entame parfaite

En quête de rachat devant un public sevré de succès, les Spinaliens prennent rapidement le contrôle des opérations. On les sent déterminés à marquer, asphyxiant des Ours rapidement poussés dans leurs derniers retranchements. Les tirs s'enchaînent, repoussés tant bien que mal par un Favarin sauvé par son montant gauche sur le revers d'un Lafrance bien servi par Boisclair (01'35"). Autant d'alertes annonciatrices d'une ouverture du score imminente. Un lancer de Chassard, à mi-distance, est dévié par Lacasse jusqu'à frôler la mitaine de Favarin (1-0 à 02'34").

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Les Villardiens ne pèsent pas lourd… et ne voient toujours pas le jour ! Sur un palet de contre, Ján Plch parvient à lancer Ján Šimko en profondeur. L'ailier slovaque force le passage entre Stéphane Guillot-Diat et Sergejs Višegorodcevs... mais tire à côté (04'42") ! Une bonne occasion de ratée mais Guillot-Diat, pénalisé d'un cinglage sur cette action, donne aux Dauphins leur premier avantage numérique de la soirée.

Ce powerplay s'apparente à un festival de lancers loupés. Un tir raté d'un Fabien Leroy toujours aussi approximatif profite à Michal Beran, qui mène un 2 contre 1 défavorable à Danick Bouchard (05'22"). Guillaume Chassard et Stéphane Gervais se trouent à leur tour jusqu'à ce que Ján Šimko, idéalement servi dans le slot, ne vienne nettoyer le haut du filet (2-0 à 06'34").

Nouvelle pénalité, une obstruction de Kevyn Richard (06'50")... et nouveau tir de Leroy, contré cette fois par Bouchard. Ni une ni deux, le Québécois s'échappe, débordant Leroy sur la gauche avant de buter sur un Lacasse veillant au grain (07'18"). Contrairement à Favarin, surpris dans la foulée par une montée latérale d'un Petrák adressant un lancer complètement excentré. Un tir normalement sans danger pour un gardien couvrant son premier poteau… ce qui n’était vraiment pas le cas de Favarin sur cette action (3-0 à 07'30") !

Desservis par un portier chancelant, les Villardiens sont lourdement menés. Mais l'ICE relâche la pression, ne pouvant continuer sur un rythme aussi élevé. Et les Ours s’enhardissent… sans jamais être à l’abri d’une accélération spinalienne. Démonstration sur ce slalom d'un Chassard parvenant à se faufiler, puis à repiquer vers la cage pour placer son revers hors de portée du gardien (4-0 à 14'25"). Les hommes de Santino Pellegrino se sont définitivement mis à l’abri, tuant définitivement ce match…

Jusque-là, la partition spinalienne est sans fausses notes. Ou presque car Niko Mäntylä doit intervenir à deux reprises, en coupant notamment la passe de Thauwald vers Couture (17'13"). Mais le Finlandais, imprenable en un-contre-un, n'existe qu'en un seul et unique exemplaire. S'il s'était occupé du "cas" de Bouchard, remuant au possible, le Canadien ne serait peut-être pas parvenu à crocheter vers l'intérieur pour adresser un tir des poignets filant dans le petit filet de Lacasse (4-1 à 19'00")...

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Ce but est toutefois mérité au vu des efforts déployés par Villard pour ne pas sombrer et faire vivre la rondelle en zone offensive. Mais chaque récupération spinalienne est une bonne rampe de lancement pour les contre-attaques. L’une d’entre elles voit Plch, Petrák et Šimko, décidément dans tous les bons coups, s’amener aux avant-postes. Avant que le premier nommé, posté ligne de fond, ne serve un véritable caviar à Šimko, au second poteau. En retard dans son déplacement latéral, Favarin voit le puck lui glisser entre les jambières (5-1 à 22’47’’).

Le temps mort aussitôt demandé par Rich Metro ne change rien à l’affaire. Couture rejoint le grand défenseur Višegorodcevs au cachot, offrant 37 secondes de double supériorité numérique aux locaux. Mais voilà, la machine à marquer est enrayée et Toby Lafrance voit son tir des poignets repoussé par le montant d’un Pascal Favarin que l’on a connu plus solide dans le passé (24e).

Les Dauphins ont toujours autant d’aisance à se projeter vers l’avant. Mais attention à ne pas tomber dans la facilité. Un palet égaré par Scarlato, en sortie de zone défensive, profite à Szabó. Un 2 contre 1 se dessine et le Slovaque, côté gauche, trouve Couture démarqué à l’opposé (5-2 à 27’32’’). Une bonne piqûre de rappel, suivie de quelques alertes dans une arrière-garde subitement dépassée. Des tirs non cadrés à bout portant, pour la plupart, hormis ce slap dégainé par le vétéran letton Sergejs Višegorodcevs… et bien capté, de la mitaine, par Loïc Lacasse (28’15’’).

Ce semblant d’orage passé, les Vosgiens reprennent leur marche en avant. Et en remettent une couche sur une triangulation amorcée par Boisclair, relayée par Plch au premier poteau et conclue, avec le décalage, par Leroy dans une cage vide (6-2 à 29’51’’). Le capitaine spinalien, toujours aussi peu inspiré dans ses relances, se voit ovationné par des supporters visiblement pas rancuniers…

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Un "tacle glissé" de Kévin Benchabane vaut à Cédric Guillot-Diat une belle culbute pour l’éviter… et deux minutes de pénalité à celui qui l’a initié (31’30’’). Le powerplay isérois cherche le lourd lancer de Višegorodcevs mais le box-play local résiste, parvenant plus d’une à écarter le danger grâce à de nombreux duels gagnés. Rarement pris à défaut, Niko Mäntylä s’érige une muraille infranchissable pour quiconque viendrait le défier, confirmant son statut de maillon-fort de la défense.

Offensivement en revanche, le Finlandais n’est pas aussi impressionnant et un contrôle raté aux avant-postes profite à Bouchard. L’ex-Ajoulot pique un sprint et remonte tout le flanc droit, suivi de près par un Mäntylä qu’il élimine d’un joli contrôle orienté pour trouver Richard, démarqué. Mais Fabien Leroy signe un retour salvateur (38e). Une minute auparavant, Cédric Guillot-Diat, bien démarqué par Dimitri Thillet, touchait du bois (37e). Comme Ján Plch avant lui (35’35’’)…

La menace villardienne se précise en toute de période, sur une pénalité de Scarlato (38’34’’) et une dernière grosse poussée sur la cage d’un Loïc Lacasse déterminant en repoussant, de la botte, le tir d’un Vincent Couture imparablement décalé par Nick Canzanello (39e). Que d’occasions !

La prestation spinalienne est convaincante… mais loin d’être parfaite ! Trop d’espaces sont laissés à disposition des Ours, sans que ceux-ci n’en profitent véritablement. Il faut dire que ce soir, la réussite a choisi son camp. Puni d’un accrocher (40’51’’), Peter Szabó est à son tour envoyé au banc des pénalités. Mais deux minutes, c’est plus qu’il n’en faut à Stéphane Gervais pour adresser, de la pointe, un lancer peu appuyé cafouillé par Favarin. Un rebond que Michal Petrák est le plus prompt à exploiter (7-2 à 41’06’’).

C’en est trop pour Pascal Favarin, pas dans un grand soir. Et en l’absence du "numéro un bis", Romain Farruggia (toujours blessé), c’est Anthony Koren qui s’y colle devant le filet. L’ancien junior grenoblois, troisième gardien dans la hiérarchie villardienne, n’aura même pas le temps de rejoindre son banc. Kevyn Richard, esseulé dans l’enclave, déviant la passe de Sergejs Višegorodcevs pour abréger la pénalité différée (7-3 à 44’51’’).

Tantôt dominateurs, tantôt ronronnants, les Spinaliens continuent à s'exposer. Vincent Couture, bien servi par Scott Thauwald, manque d'un mettre un quatrième mais Loïc Lacasse intervient (45'31"). Une montée rageuse de son frère Chad, repositionné à temps plein sur le troisième trio, met en lumière un Benchabane retenu, dans son approche, par Thauwald (49'06"). L'Américain est sanctionné mais le jeu de puissance vosgien n'est cette fois pas en mesure de concrétiser. Aucun lancer sur Koren n'ayant été recensé... depuis son entrée en jeu ! Sa première intervention consistant à bloquer un tir de la bleue de Jortikka (51'55").

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Šimko a eu le triplé au bout de la crosse mais il s’est refusé à lui. Le Briançonnais Dimitri Thillet ne rate pas, pour sa part, l’occasion d'inscrire son premier but en Ligue Magnus (7-4 à 56'23") en profitant d'un de ces trop nombreux relâchements ayant émaillé ce troisième tiers. De loin le moins abouti de Spinaliens ayant fait le plus dur en assommant d'entrée des Villardiens combatifs mais limités malgré quelques bonnes individualités (Danick Bouchard notamment). Le spectre des barrages se rapproche pour les Ours et la venue prochaine de Neuilly, à Ravix, leur en donnera un petit avant-goût...

Opération rachat réussie !

Cette large victoire d'Épinal, amplifiée par une cage vide ajustée par Boisclair (8-4 à 57'59"), officialise les réconciliations de l'équipe avec son public. Tout n'a pas été parfait dans ce match débridé, qui n’a pas mis les défenses en valeur, mais dix minutes ont suffit à s'assurer une victoire plus importante qu’il n’y paraît. Ce succès relance en effet les Dauphins dans la course au top 8 (synonyme d’avantage de la glace au premier tour des playoffs) et gonfle leur moral avant de s’en aller défier le Dijon de Benoît Quessandier à Trimolet. 

Mardi face aux Sopko, Riendeau, Guttig et autres Gascon, ils ne partiront pas favoris. Et bien souvent, ça leur réussit. Reste à tirer profit d’une fraîcheur physique bien entamée, à n’en pas douter, chez le finaliste de la Coupe de France, qui jouera contre Épinal son troisième match en cinq jours…

Commentaires d’après-match (dans Vosges-Matin) :

Ján Šimko (attaquant d’Épinal, auteur d’un doublé) : « C’est vraiment super. Après Neuilly, cela n’a pas été facile mais on n’a pas perdu confiance. On a marqué beaucoup de buts même si on a connu quelques problèmes défensifs. Je suis vraiment content pour le public. »

 

Épinal - Villard-de-Lans 8-4 (4-1,2-1, 2-2)
Vendredi 27 janvier à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 086 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Bourreau assisté de Sueva Torribio et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 8’ (2’, 4’, 2’) ; Villard-de-Lans 12’ (4’, 4’, 4’).
Tirs : Épinal 42 (16, 13, 13) ; Villard-de-Lans 38 (19, 9, 10).

Évolution du score :
1-0 à 02’34’’ : C. Lacasse assisté de Chassard et Lafrance
2-0 à 06’34’’ : Šimko assisté de Petrák et Gervais (sup. num.)
3-0 à 07’30’’ : Petrák assisté de Plch et Gervais
4-0 à 14’25’’ : Chassard assisté de Lafrance et Boisclair
4-1 à 19’00’’ : Bouchard
5-1 à 22’47’’ : Šimko assisté de Plch et Offret
5-2 à 27’32’’ : Couture assisté de Szabó
6-2 à 29’51’’ : Leroy assisté de Plch et Boisclair
7-2 à 41’06’’ : Petrák assisté de Gervais et Plch (sup. num.)
7-3 à 44’51’’ : Richard assisté de Višegorodcevs et Bouchard
7-4 à 56’23‘’ : Thillet assisté de Višegorodcevs
8-4 à 57’59’’ : Boisclair assisté de Mäntylä (cage vide)

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Nathan Ganz - Armando Scarlato.

Attaquants : Maxime Boisclair (A) - Toby Lafrance - Guillaume Chassard ; Ján Šimko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Chad Lacasse - Yannick Offret - Kévin Benchabane.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Guillaume Papelier. Absents : Peter Slovák (péroné), Erwan Agostini (genou).

Villard-de-Lans

Gardien : Pascal Favarin puis à 41’06’’ Anthony Koren [sorti de sa cage de 57’10’’ à 57’59’’].

Défenseurs : Daniel Sedlák (A) - Nicolas Favarin (C) ; Stéphane Guillot-Diat - Nick Canzanello ; Sergejs Višegorodcevs.

Attaquants : Kevyn Richard - Michal Beran - Danick Bouchard ; Vincent Couture - Peter Szabó - Scott Thauwald ; Cédric Guillot-Diat (A) - Quentin Jacquier - Dimitri Thillet.

Remplaçant : Kenny Martin. Absents : Yann Diaferia (adducteurs), Romain Farruggia (hanche), Thibaut Sage-Vallier (genou), Pierre-Antoine Simonneau, Victor Vitton-Mea, Francky Sadani.