Elitserien : janvier

On ne vous a jamais dit qu'il fallait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ? C'est ce qu'aurait dû faire Nicklas Czarnecki. Cet homme de quarante-six ans avait annoncé cet été qu'il allait entraîner pour la première fois une équipe capable de gagner le titre : le Färjestads BK. On peut discuter sur la maladresse des propos, sur le fait que ce sont peut-être des mots sortis de leur contexte mais ils ont profondément touché le Brynäs IF (son ancienne organisation), l'entraîneur Tommy Jonsson (son ancien assistant) et tous les adorateurs du club de Gävle. Rira bien qui rira le dernier... 

Exclu un gros mois de la zone de qualification, le FBK avait finalement retrouvé des couleurs en automne. La tempête semblait s'être calmée pour Czarnecki, mais ce ne fut que la première, la seconde l'a finalement emporté alors que tout se passe pour le mieux pour la jeune troupe de Brynäs. Car en ce début d'année, le club de Karlstad a subi trois revers consécutifs, une mauvaise série, certes courte, qui a poussé le président Håkan Loob et le directeur sportif Thomas Rundqvist à prendre une mesure radicale. Le champion en titre a essuyé beaucoup de pluie cette saison et la patience a des limites : Nicklas Czarnecki a été remercié. Ce genre d'initiative, au-delà de révolutionner un plan de jeu, doit servir d'électrochoc. Seulement, malgré la nomination de Leif Carlsson, le temps était toujours à l'orage. Färjestad a finalement brisé une séquence de six défaites en battant vendredi le Luleå HF, la meilleure défense du championnat, 3-1 mais il faudra batailler jusqu'au bout pour s'assurer une place en séries éliminatoires.

Pour le Linköpings HC, également en petite forme, le déclic est venu un peu plus tôt. Le 16 janvier, le nouvel entraîneur Harald Luckner, arrivé dans le comté d'Östergötland une semaine avant, a pris confiance, son équipe s'est offert un feu d'artifice offensif : 7-2 contre le MODO avec six points du duo tchèque Jan Hlavac - Jaroslav Hlinka, fortement critiqué depuis leur retour au LHC. Une véritable libération pour une formation devenue stérile en attaque. Pour preuve, la dernière fois que les Lions avaient inscrit au moins cinq buts en Elitserien, ce fut le 26 septembre ! Trois jours plus tard, ce sont les Stockholmois du Djurgårdens IF qui ont galéré : succès du LHC 5-0. Le match suivant, le Färjestads BK était au menu, une rencontre très particulière, histoire de voir dans quel camp est désormais la confiance. Celle-ci est définitivement du côté de la troupe de Luckner qui, pourtant menée 2-0, s'est imposée en prolongation par Carl Söderberg. 24 buts marqués au cours des six dernières rencontres, ça peut paraître banal mais c'est un signe évident de confiance à Linköping !

Les playoffs, Djurgården n'est pas sûr de pouvoir y goûter. Le populaire Hardy Nilsson, beaucoup moins ces dernières semaines, a également été démis de ses fonctions alors qu'il avait annoncé que cette saison serait sa dernière derrière le banc du DIF. Il est remplacé pour le reste de l'exercice par Tony Zabel, coach de la section U20, alors que Challe Berglund officiera dès l'intersaison. Pour ne rien arranger, cinq éléments majeurs manquent ou vont manquer cruellement au club de la capitale : Daniel Tjärnqvist (dont la carrière semble en jeu après une énième commotion cérébrale), son frère Mathias Tjärnqvist, Jimmie Ölvestad, Mika Zibanejad et Jonas Almtorp. Mardi soir, leur portier Gustaf Wesslau a encaissé le seul but de la rencontre contre le MODO à... une seconde de la fin. Quand ça veut pas...

Le trio de tête est toujours le même : Skellefteå AIK, Luleå HF et Brynäs IF se bagarrent continuellement. Mais deux autres larrons sont à prendre au sérieux : le Frölunda HC et le HV71. Samedi, le FHC a infligé une belle claque, 6 à 1, contre le SAIK. Quant au HV71, il a pu rapatrier le défenseur David Petrasek, un peu perdu ces derniers mois, à plus forte raison depuis la disparition de son grand ami Stefan Liv, disparu lors de la tragédie aérienne du Lokomotiv Yaroslavl et dont le maillot a été hissé en haut de la Kinnarps Arena au cours d'une cérémonie très émouvante le 10 janvier dernier.

Après un an et demi en KHL, le retour aux sources de Petrasek semble avoir donné un coup de fouet, de même que l'étonnante série de Daniel Grillfors. En six ans avec la formation de Jönköping, ce défenseur de 29 ans n'avait pas mieux fait que 16 points. Alors que les deux premiers tiers de la saison laissaient entrevoir un total équivalent, Grillfors a amassé 9 points à ses 10 derniers matchs dont 7 buts ! L'autre belle série, tout aussi étonnante, concerne Nicklas Danielsson, sérieux candidat pour le Guldpucken (le "palet d'or" récompensant le meilleur joueur du pays). L'attaquant du MODO a connu une séquence de 15 joutes consécutives avec au moins 1 point ce mois-ci. 

 
Classement :
 
1.Skellefteå AIK 77 pts
2.Luleå HF 76 pts
3.Brynäs IF 76 pts
4.Frölunda 71 pts
5.HV71 68 pts
6.Färjestads 65 pts
7.MODO 64 pts
8.AIK 63 pts
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9.Växjö Lakers 61 pts
10.Linköpings HC 59 pts
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11.Djurgårdens IF 59 pts
12.Timrå IK 41 pts
 
 
Les Français en chiffres :
 
Pierre-Edouard Bellemare (Skellefteå) : 43 parties, 16 buts, 13 passes, 29 points, 46 mises en échec, +13.
Damien Fleury (Timrå) : 41 parties, 9 buts, 3 passes, 12 points, 21 mises en échec, -3.
 
 
Meneurs :
 
Nicklas Danielsson (MODO) 44 points
Richard Gynge (AIK) 22 buts
Nicklas Danielsson (MODO) 26 passes
Anton Hedman (MODO) 118 mises en échec
Jason Krog (HV71) 60,19 % d'efficacité aux mises en jeu
Daniel Tjärnqvist (Djurgården) 26'18" de temps de jeu moyen
Joacim Eriksson (Skellefteå) 94,23 % de moyenne d'arrêts 
Joacim Eriksson (Skellefteå) 1,58 de moyenne buts encaissés par match
Nicklas Danielsson (MODO) plus/minus de +27