Épinal - Gap (Ligue Magnus, 25e journée)

Le meilleur pour la fin !

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Afin d’alléger un calendrier "surchargé", l’ICE s’était proposée d’avancer la venue des Gapençais, initialement prévue dimanche 19 février. Cette modification a permis aux jeunes Gapençais d'économiser un aller-retour en restant dans le nord-est, ralliant la Cité des Images après Strasbourg le samedi et le match des U22 élite, dimanche à Reims (pour une victoire 7-4). Un privilège que n’ont pas eu leurs aînés, repartis sur Gap après avoir défait l’Étoile noire à l’Iceberg (4-2)…

Rouler, c’est devenu une habitude pour ces Rapaces contraints d’avaler les kilomètres, pour se déplacer ou même "recevoir " (à Marseille, à quelque 180 km de la Capitale douce). Des Haut-Alpins loin d’entrevoir les sommets cette saison, mais qui s’appuient sur une défense retrouvée pour engranger de précieux points. Huit depuis le début de l’année… soit autant, en un mois, que durant tout le premier trimestre de compétition. Leur présence en playoffs n’est pourtant pas encore totalement assurée et il ne manque qu'un succès pour éloigner définitivement le spectre des barrages.

Équipe de coups, capable de s’imposer à Morzine, Grenoble et Strasbourg, Gap a les moyens d'en inquiéter plus d'un avec son gardien américain. Un Mike Zacharias régulièrement cité parmi les tous meilleurs du championnat à son poste. Mais ce soir, les regards du public sont davantage tournés vers Anthony Rapenne et Martin Charpentier, deux enfants du pays partis, l’été dernier, tenter leur chance entre  Provence et Dauphiné…

Si Rapenne fait banquette chez les "grands" (évoluant surtout avec les U22 élite), Charpentier a lui fait son nid chez les Rapaces. Au point de faire la paire avec Milan Tekel, pierre angulaire de la défense et clé de voûte du powerplay. Le numéro 9 des Rapaces, doré en décembre avec les "bleuets", en avait le potentiel (même s’il manque encore de physique)  et côtoie le Slovaque jusqu’en désavantage numérique, preuve de la confiance que lui accorde Patrick Turcotte.

charpentier 1Terrasser Rouen n’a jamais rien d’anodin et la belle victoire acquise samedi est encore dans tous les esprits. En pleine confiance, les hommes de Pellegrino entendent poursuivre sur leur lancée face à des Rapaces accrocheurs et réputés difficiles à manœuvrer.

C’est donc un match-piège qui attend les Dauphins, vite en action devant Zacharias. Mais les visiteurs apparaissent rapidement plius fringants. Bien décidés à jouer le coup à fond, ils ne tardent pas à se montrer plus entreprenants, provoquant une première pénalité spinalienne (02’14’’). Le powerplay mettra toutefois plus d’une minute trente à s’installer, ne se procurant qu’une seule véritable opportunité. Jelen créant le décalage pour Gauthier, au second poteau, mais le Québécois manque de spontanéité… ce qui permet à Lacasse de bien se replacer (4e).

Gap est mieux rentré dans la partie et ne manque pas de le confirmer. Remplaçant, aux avant-postes, d’un Stanislav Lašček absent depuis de longues semaines, l’imposant Jakub Suchánek conclut sa montée de palet d’un boulet de canon mal bloqué par Loïc Lacasse. Une chance, pour ce dernier, que Mikko Palotie ne puisse exploiter ce rebond malvenu (5e)... 

Lacasse est en revanche plus inspiré sur ce tir en hauteur et légèrement excentré de Sébastien Gauthier, qu’il capte de la mitaine sans coup férir (06’19’’). Un arrêt d’autant plus important que ses coéquipiers, devant, peinent à sortir la tête de l’eau. Bien en place, les Rapaces font corps devant leur gardien et récupèrent beaucoup de palets. Ils cherchent à rapidement se projeter vers l’avant et flinguent à tout va. Un feu nourri qui va porter ses fruits : un slap dévié de MIlan Tekel, sur leur deuxième supériorité de la soirée, s'en allant mourir au fond des filets (0-1 à 09’52’’).

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Forcés de réagir, les Dauphins tentent d’inverser la tendance. Mais il leur est décidément bien difficile de prendre cette défense à défaut. Une arrière-garde solidaire de son gardien, impeccable sur une tentative de Ján Plch à bout portant (10’18’’). Un Zacharias se couchant efficacement devant Petrák, qui avait fait la différence (12’26’’). Sans parler de ce break de Niko Mäntylä, magistralement enrayé par l’Américain (13’32’’). Le natif du Minnesota était en revanche battu sur cette inspiration d’un Chad Lacasse offrant une cage grande ouverte à un Maxime Boisclair incapable d’y pousser le palet (15’21’’) ! 

Les minutes défilent en cette fin de premier tiers-temps, avec toujours le même constat d’impuissance côté spinalien. Jusqu’à’ce que Toby Lafrance, du milieu de la glace, ne claque un shoot rasant filant entre les bottes de Mike Zacharias. Un tir déclenché au buzzer, ce qui pousse les référés à invalider ce but inespéré.

Du tac au tac

Le Tchèque Jiří Jelen (l’organisateur attitré du powerplay) et Milan Tekel (son relais à la bleue) ne trouvent pas de solutions, au retour des vestiaires, pour convertir une deuxième supériorité numérique. Un bon pressing de Rambousek aurait pu permettre à Gap de doubler la mise mais Campbell se voit contré in-extremis par Gervais. Lequel, dans la foulée, parvient à écarter loin devant. Vers Chad Lacasse qui renverse à sa droite pour un Toby Lafrance filant dans le dos de la défense. Et qui ne manque pas d'ajuster la lucarne opposée (1-1 à 22’16’’).

La joie spinalienne est de courte durée. Un palet égaré par Fabien Leroy profitant à Sébastien Gauthier, qui mène un deux-contre-un côté droit pour ensuite servir Jérémie Paradis, plein axe, qui parvient à glisser la rondelle sous la jambière gauche de Lacasse (1-2 à 23’04’’). Mais ce match n’est pas à un rebondissement près. Suchánek est aussitôt sanctionné (23’26’’). Et deux minutes, c’est plus de temps qu’il n’en faut à Lafrance, depuis l’arrière de la cage, pour trouver Chassard au premier poteau, dont le tir en coin finit entre les bottes du gardien (2-2 à 23’43’’).

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C’est alors le début d’une période difficile pour les Rapaces, encore pénalisés (25’14’’) et contraints de s’en remettre aux prouesses de Zacharias. Surtout lorsqu’Alexandre Cornaire, pris de vitesse, s’en vient faucher un Ján Šimko lancé à toute vitesse (27’32’’). Le penalty paraît indiscutable et Šimko se charge de la sentence mais tente un tir bas côté plaque, sans grand danger pour l’homme masqué. Un raté sans conséquence pour Épinal : Maxime Boisclair raflant l’engagement consécutif en donnant derrière lui, vers un Toby Lafrance décochant un tir sec à mi-hauteur, sous la mitaine d’un Zacharias resté pantois (3-2 à 27’36’’).

Piqués au vif, les Gapençais repassent aussitôt la marche avant, inquiétant Lacasse à plusieurs reprises sans parvenir à égaliser. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer mais rien n’y fait. Pas même cette accélération côté droit d’un Sébastien Gauthier décalant idéalement Jiří Jelen à l’opposé (33e). Le dernier rempart spinalien se dresse en muraille infranchissable pour des attaquants haut-alpins parfois maladroits dans le dernier geste, à l’image d’un Palotie écrasant trop souvent ses lancers. Le Finlandais n’a visiblement rien d’un finisseur, comme pouvait l’être un Carnegie l’an passé.

Avec un peu plus de réussite, les hommes de Patrick Turcotte auraient pu virer en tête à l’entame du dernier tiers. Mais la chance  tourne au retour des vestiaires, sur un débordement côté droit d’un Jean-Charles Charette parvenant à marquer malgré un angle de tir très fermé (3-3 à 40’49’’). Un but égalisateur sur lequel Loïc Lacasse n’est pas exempt de tous reproches…
 
Tout est à refaire pour l’ICE, qui se fait sérieusement bouger par de coriaces gapençais. Non sans se procurer de bonnes opportunités, à chaque fois stoppées par Zacharias (quand ce n’est pas un poteau ou une crosse…). Et sur l’un de ces temps forts, Boisclair voit sa passe interceptée par un Charette s’échappant sans demander son reste. Lacasse fait le premier arrêt en serrant les jambières… mais ce diable de Rambousek, qui avait bien suivi, est là pour passer la seconde couche (3-4 à 50’09’’).

Petites déviations… grands effets !

Gap vend chèrement sa peu et le jeu se durcit. Mikko Jortikka goûte à la médecine de Milan Tekel à hauteur du banc gapençais (51’05’’) et les accrochages commencent à foisonner. Un faire trébucher envoie Cody Campbell au "trou" (51’29’’), ce qui contraint les Rapaces à défendre bec et ongles leur maigre butin. Des blancs et bleus bien regroupés devant leur gardien, sauvé par son montant sur un essai de Petrák à bout portant (54e). Mais Zacharias ne pourra rien sur ce slap puissant de Fabien Leroy victorieusement dévié par… Armando Scarlato (4-4 à 53’55’’) !

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Le rugueux défenseur canado-italien ne pouvait trouver meilleur moment pour inscrire son tout premier but spinalien, lui qui en était passé tout près, plus tôt dans le match, en héritant, à sa sortie de prison, d’un breakaway trop beau pour être vrai. Tout surpris de se retrouver en si bonne situation, Scarlato avait alors tiré sans grande conviction, dans la mitaine de Zacharias (33’46’’).

À nouveau pénalisés, sur un retard de jeu de Kudrna cette fois, les Haut-Alpins font corps devant leur portier. Et frisent la correctionnelle sur un shoot de Fabien Leroy freiné dans l’enclave et laissant à Maxime Boisclair une nouvelle cage grande ouverte. Mais le Canadien d’origine haïtienne est encore petit bras (57e) ! Puis c’est Martin Charpentier qui sauve un cinquième but spinalien, sur sa ligne, après un lancer de Stéphane Gervais mal dégagé (58e).

Le K-O est proche et les Gapençais, sous pression, concèdent une nouvelle pénalité "stupide" (59’03’’). Un deuxième retard de jeu à trois minutes d’intervalle. Celui de trop : Stéphane Gervais, à la pointe, décochant un slap dévié par Niko Mäntylä dans le haut du filet (5-4 à 59’42’’). Cette fois, les joueurs de la région PACA ne reviendront pas…

Les Rapaces auraient mérité au moins un point de leur déplacement vosgien, au terme d’un match à rebondissement. Une rencontre ouverte à tous vents, qui est montée en intensité pour finir en apothéose côté spinalien. C’est une troisième victoire d’affilée à Poissompré pour des Dauphins défensivement perfectibles, mais qui n’ont malgré tout jamais lâché prise. Et bien leur en a pris : cette obstination leur permet de provisoirement revenir au huitième rang. En attendant la suite des événements…

Commentaires d'après-match (dans Vosges-Matin) :

Patrick Turcotte (entraîneur de Gap) : " On a donné le match à Épinal sur les engagements et sur les supériorités avec des pénalités qu'on aurait pu éviter. C'est dommage car il nous manquait un point pour aller en playoffs."

 

Épinal - Gap 5-4 (0-1, 3-1, 2-2).
Mardi 7 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 207 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de David Courgeon et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 10’ (6’, 2’, 2’) ; Gap 14’ (2, 6’, 6’).
Tirs : Épinal 39 (11, 15, 13) ; Gap 46 (18, 15, 11).

Évolution du score :
0-1 à 09'52" : Jelen assisté de Tekel et Luciak (sup. num.)
1-1 à 22'16" : Lafrance assisté de C. Lacasse et Gervais
1-2 à 23'04" : Paradis assisté de Gauthier et André
2-2 à 23'43" : Chassard assisté de Lafrance et C. Lacasse (sup. num.)
3-2 à 27'36" : Lafrance assisté de Boisclair et C. Lacasse
3-3 à 40'49" : Charette assisté de Tekel
3-4 à 50'09" : Rambousek assisté de Charette
4-4 à 53'55" : Scarlato assisté de Leroy et Lafrance
5-4 à 59'42" : Mäntylä assisté de Gervais et Petrák (sup. num.)

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Nathan Ganz - Armando Scarlato.

Attaquants : Ján Šimko - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Chad Lacasse (puis Chassard à 50’] - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Kévin Benchabane - Yannick Offret - Guillaume Chassard [puis Lacasse à 50’].

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Guillaume Papelier. Absents : Peter Slovák (péroné), Erwan Agostini (genou).

Gap

Gardien : Michael Zacharias.

Défenseurs : Matúš Luciak - Jan Kudrna ; Martin Charpentier - Milan Tekel (A) ; Justin Vienneau - Alexandre Cornaire (A).

Attaquants : Jiří Rambousek - Cody Campbell - Jean-Charles Charrette (C)  ; Jérémie Paradis - Sébastien Gauthier - Mathieu André ; Jakub Suchánek - Jiří Jelen - Mikko Palotie .

Remplaçants : Julien Barrier-Heyligen (G), Bertrand Fribault, Anthony Rapenne, Yoann Lacheny. Absent : Stanislav Lašček.