Norvège - France (EIHC, tournoi de Lørenskog)

T'as le look coco

FLEURY Damien-110429-075

Cela fait quelques mois que la France a vaincu son syndrome norvégien. Elle a enfin battu cet adversaire récalcitrant à Grenoble en novembre (4-3 en prolongation), et les A' se sont eux aussi imposés en décembre en Slovénie (3-1). Mais cette fois, il faut se rendre en terrain adverse, contre une Norvège riche de toutes ses vedettes. Même l'ex-capitaine Tommy Jakobsen (41 ans), héros local puisque natif de Lørenskog, a été sorti de sa retraite.

Pour ce dernier tournoi international avant les championnats du monde, c'est l'équipe de France officielle qui a été convoquée. Mais une sélection rénovée avec pas moins de cinq débutants : le Canadien naturalisé Alexandre Rouleau, les juniors, Anthony Rech et Nicolas Ritz, qui ont participé à la récente promotion de l'équipe de France des moins de 20 ans, et deux membres qui ont fait leurs preuves avec la France A'. Il devait s'agir de Grégory Béron et Robin Gaborit, mais ce dernier a déclaré forfait, ce qui profite à un autre A', Valentin Claireaux, lui aussi débutant en bleu avec les meilleurs.

L'attaque devait donc être rajeunie, mais la défense s'annonce expérimentée. La blessure aux adducteurs de Fabrice Lhenry a en revanche privé la France de son gardien habituel, et Florian Hardy a donc été rappelé chez les Bleus.

Hardy est le plus occupé des Français, dans un match qui peine à se lancer. On sait que les tricolores ont souvent des difficultés à se mettre dans le rythme international, et les Norvégiens sont dans le même cas. Le jeu est haché par les coups de sifflet, et globalement ennuyeux. Le réalisateur de la télévision norvégienne semble plus s'intéresser aux jolies filles dans les tribunes qu'au spectacle sur la glace.

La Norvège domine, surtout en deuxième période. Manavian et ses partenaires se bousculent sur le banc des prisons, surpeuplé. L'équipe locale multiplie les passes en supériorité numériques, mais n'aboutit qu'à des lancers en angle fermé qui ne trompent pas un solide Hardy.

TOLLEFSEN Ole_Kristian-110430-285

C'est à la dixième pénalité française, au troisième tiers-temps, que Lars Erik Spets finit par ouvrir enfin le score. Un avantage qui dure à peine trente secondes. Le capitaine norvégien Ole Kristian Tollefsen commet une erreur fatale, et Damien Fleury, le plus actif des attaquants français, égalise aussitôt. Tollefsen, qui avait parlé de "coco-hockey" au micro pour qualifier ce match à la pause, était lui-même en vacances sous les cocotiers sur cette action.

Le principal évènement du match est un incident involontaire. Alors que la France installe un de ses rares avantages numériques en fin de match, Alexandre Rouleau se déplace le long des bandes en regardant le jeu dans l'axe et heurte sans le voir l'arbitre danois Jacob Grumsen, dont la tête était à hauteur de l'épaule du grand défenseur franco-canadien. Monsieur Grumsen reste au sol et met plus d'une minute à se mettre à genoux puis à se relever.

La soirée se termine aux tirs au but, et Patrick Thoresen marque un pénalty de classe KHL pour solder l'affaire. Lars Haugen, qui a vu son rêve de KHL s'envoler pour sa part, arrête ensuite la tentative de Yorick Treille.

Largement dominée avec plus de cinquante tirs, la France peut se féliciter d'avoir tenu le score en dégageant proprement la vue de son gardien Florian Hardy, qui a paru en confiance pour son retour en sélection.

Désignés joueurs du match : Mathis Olimb pour la Norvège et Florian Hardy pour la France.

Commentaires d'après-match

Lars Haugen (gardien de la Norvège) : "Il me reste un an de contrat. Je suis allé au Bélarus pour jouer en KHL. J'ai passé trois mois de camp d'entraînement au Dynamo Minsk. Il y avait deux gardiens que les coaches estimaient meilleurs que moi. C'est évidemment décevant d'être envoyé en équipe-ferme dans le championnat du Bélarus. Soligorsk est une ville plus petite que Minsk, il n'y a pas grand chose à faire. J'ai beaucoup de temps pour penser au hockey. J'ai quelques problèmes de langage. Je suis souvent seul. Je parle beaucoup avec les mains, mais j'ai appris quelques mots qui font sourire. Je pense que cela fait progresser de devoir se battre pour du temps de jeu. Je me sens mieux préparé maintenant que l'an dernier."

Jacob Grumsen (arbitre) : "Je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé. La première chose que je me rappelle, c'est quand le docteur norvégien m'a demandé si je pouvais continuer. Et j'ai dit oui."

 

Norvège - France 1-1 (0-0, 0-0, 1-1, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Jeudi 9 février 2012 à 19h00 à la Lørenskog Ishall. 1870 spectateurs.
Arbitrage de Jacob Grumsen (DAN) et Robert Hallin (NOR) assistés d'Alexander Waldejer et Jon Kilian (NOR).
Pénalités : Norvège 10' (6', 2', 2', 0'), France 24' (6', 12', 4', 2').
Tirs : Norvège 54 (14, 16, 12, 12), France 25 (8, 6, 11, 0).

Évolution du score :
1-0 à 43'49" : Spets assisté de M. Olimb et Trygg
1-1 à 44'18" : Fleury assisté de Raux

Tirs au but :
Norvège : Skrøder (réussi), Olimb (manqué), Thoresen (réussi).
France : Hecquefeuille (réussi), Rouleau (manqué), Y. Treille (manqué).


Norvège

Gardien : Lars Haugen.

Défenseurs : Alexander Bonsaksen (-1) – Ole-Kristian Tollefsen (C, -1) ; Henrik Solberg (2') – Jonas Holøs ; Tommy Jakobsen - Mats Trygg (4') ; Henrik Odegaard.

Attaquants : Per-Åge Skrøder – Morten Ask - Patrick Thoresen ; Mathis Olimb – Anders Bastiansen (A) – Lars Erik Spets ; Ken Andre Olimb (-1) – Mads Hansen (A, -1) – Martin Røymark (-1) ; Andreas Martinsen – Kristian Forsberg (2') – Marius Holtet ; Martin Laumann Ylven (2'), Tommy Kristiansen.

Remplaçant : Lars Volden (G).

France (2' pour surnombre)

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Alexandre Rouleau - Antonin Manavian (6') ; Vincent Bachet (C) – Kevin Hecquefeuille (A) ; Yohann Auvitu (+1) – Thomas Roussel (+1, 2').

Attaquants : Anthony Guttig - Yorick Treille (A) - Anthony Rech (2') ; Brian Henderson (4') - Nicolas Ritz - Charles Bertrand (2') ; Loïc Lampérier (+1) – Damien Raux (+1, 4') – Damien Fleury (+1, 2') ; Jérémie Romand – Valentin Claireaux - Grégory Béron.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Lionel Tarantino.