Russie - République Tchèque (Euro Hockey Tour 3)

Certains boivent pour oublier. Les Tchèques, eux, veulent tenter une autre méthode : gagner pour oublier.

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Quand on vient de vivre la pire débâcle de son histoire (0-7 la veille contre les Finlandais), on n'a d'autre choix que de vaincre avec la manière pour faire passer la pilule. L'adversaire a pour cela été observé avec application : Evgeni Kuznetsov, éblouissant jeudi avec un but de rêve, a ensuite été consciencieusement neutralisé par les Suédois. L'entraîneur tchèque Alois Hadamczik applique donc strictement la même tactique en chargeant Kreps et Netik de mettre la première ligne russe sous l'éteignoir. Alors que ses adversaires ont changé toutes leurs lignes, Bilyaletdinov, lui, a gardé strictement la même composition, sauf le gardien. Ezhov, qui est passé à côté de ses débuts internationaux, a cédé sa place à Biryukov.

Il s'agit de Mikhaïl Biryukov, le gardien, à ne pas confondre avec Evgeni Biryukov, le défenseur. Les deux homonymes partagent toutefois un sort commun après deux minutes de jeu : l'un fait une faute de marquage, l'autre encaisse. L'arrière tchèque Jakub Nakladal réclame le palet, Petr Koukal le lui donne en retrait, et ça fait déjà 1-0.

La Russie ne réagit quasiment pas, puisque ses seules actions dangereuses du premier tiers-temps viendront de la quatrième ligne et plus précisément de deux des champions du monde juniors 2011, Sergei Kalinin et Anton Burdasov. Ce dernier prend cependant aussi une pénalité coûteuse. Ryazantsev laisse trop d'espace au vétéran Petr Nedved, qui se fait alors une spécialité de viser la lucarne (2-0).

La Russie est hors de ses patins et ne remonte toujours pas sur les rails en deuxième période. Le troisième élément de la quatrième ligne, Kokarev, a une chance à son tour mais se rate totalement en un contre un face au gardien. Offensivement désespérants, les Russes se retranchent dans leur nouveau système de jeu : ils défendent. Mais pas sans commettre de fautes. Vishnevski est en prison, et Kamil Kreps marque son premier but en équipe nationale en déviant une passe de Tomas Kaspar. Le score de 3-0 aurait même pu être plus lourd : Netik a tiré sur la transversale, puis Biryukov a détourné du bouclier une tentative de Prucha.

C'est au troisième tiers-temps que les Russes retrouvent enfin de la volonté et de la vitesse. Kuznetsov se signale soudain par une passe en or vers Shipachev, qui manque la cible d'un bon mètre. Et même lorsque ses coéquipiers trouvent le cadre, ils se heurtent à un Koval trop content de préserver le blanchissage qui lui tend les bras. La Russie finit par baisser les siens en fin de match, et Koukal clôt la marque après un long tir de Nakladal, qui lui rend la pareille du premier but. La boucle est bouclée (4-0).

La République Tchèque n'est plus en crise. Sa recette ? Elle y a enfoncé les Russes à sa place. Les résultats de Bilyaletdinov dans l'Euro Hockey Tour déclinent de plus en plus, et sa volonté de préparer l'avenir se heurte à l'urgence de résultat qu'on exigeait de son prédécesseur Bykov. Les vétérans vont-ils être rappelés au secours de la patrie ? Ou l'entraîneur tatar suivra-t-il sans remords sa politique de rajeunissement des troupes ?

Commentaires d'après-match

Zinetula Bilyaletdinov (entraîneur de la Russie) : "On a l'impression que les informations tactiques données par le staff sont pour beaucoup de joueurs une révélation absolue. Je ne veux pas dire que mes collègues de KHL travaillent mal, c'est juste qu'ils sont très différents. Certains sont des étrangers, d'autres demandent à jouer un hockey sans contact physique pour ne pas perdre d'énergie. Je ne diras pas que les gars ne nous écoutent pas. Les erreurs viennent principalement d'un manque d'expérience. Nous avons la plus jeune équipe de l'Euro Hockey Tour avec les Finlandais. Bon, on a perdu deux matches, et alors ? Si vous n'aimez pas ça, si vous préférez vous souvenir de Bykov, rappelez-le ! [...] Je reconnais que la tendance est alarmante. Ce n'est pas seulement la victoire manquée. Mais c'est que nous jouons plus mal qu'en décembre à Moscou. Cela m'inquiète. Que puis-je dire, excepté que nous avons en tirer les conclusions et travailler nos erreurs ?"

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "C'est bien que l'équipe ait réagi à la défaote de samedi pour suivre le système et gagner. Nous n'avons pas pris de pénalités inutiles, nous avons converti nos supériorité numérique, et notre gardien Kovar a été excellent. Ça a l'air facile, ça ne l'était pas. Je suis un peu surpris que même à 0-2 les Russes soient restés en défense sans ouvrir le jeu."

 

Russie - République Tchèque 0-4 (0-2, 0-1, 0-1)
Dimanche 12 février 2012 à 12h00 à l'Ericsson Globe de Stockholm. 1157 spectateurs.
Arbitrage de Patrik Sjöberg et Morgan Johansson (SUE) assistés de Tobias Haster et Emil Yletyinen (SUE).
Pénalités : Russie 10' (2', 6', 2'), République Tchèque 6' (2', 4', 0').
Tirs : Russie 19 (7, 5, 7), République Tchèque 29 (11, 9, 9).

Évolution du score
0-1 à 02'02" : Nakladal assisté de Koukal
0-2 à 15'08" : Nedved assisté d'Irgl (sup. num.)
0-3 à 33'06" : Kreps assisté de Kaspar (sup. num.)
0-4 à 55'03" : Koukal assisté de Nakladal et Kolar [att] (sup. num.)

 
Russie

Gardien : Mikhaïl Biryukov.

Défenseurs : Maksim Chudinov - Ilya Nikulin (C) ; Nikolai Belov - Aleksandr Ryazantsev ; Ivan Vishnevski (-1, 2') - Evgeny Biryukov (A, -1, 2') ; Andrei Zubarev - Anton Belov.

Attaquants : Sergei Shirokov - Ilya Zubov - Evgeny Artyukhin (A) ; Nikolai Zherdev - Evgeny Kuznetsov (2') - Stanislav Chistov ; Vladimir Tarasenko (-1) - Vadim Shipachev (-1) - Viktor Tikhonov (-1, 2') ; Denis Kokarev - Sergei Kalinin - Anton Burdasov (2').

Remplaçant : Ilya Yezhov (G).

République Tchèque

Gardien : Jakub Kovar.

Défenseurs : Michal Barinka (2') - Zdenek Kutlak (2') ; Tomas Mojzis - Ondrej Nemec ; Jakub Krejcik (+1) - Jakub Nakladal (+1) ; Jan Kolar.

Attaquants : Petr Prucha - Petr Nedved (A) - Jakub Klepis ; Lukas Kaspar (2') - Jiri Novotny (A, -1) - Zbynek Irgl ; Tomas Rolinek (C) - Petr Koukal (+1) - Jan Kolar ; Kamil Kreps (+1) - Jan Kovar - Tomas Netik (+1).

Remplaçants : Tomas Pöpperle (G), Michal Vondrka, Petr Hubacek.