Épinal - Grenoble (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 3)

Stop ou encore ?

lafrance et bosiclair

Les Dauphins ont perdu deux batailles en Isère… mais ils n’ont pas encore perdu la guerre ! Pour autant, ils n’ont maintenant plus le droit à l’erreur. Une nouvelle défaite, ce soir, signifierait la fin de leur saison sans autre forme de procès.

Les Brûleurs de Loups ont peut-être fait le plus dur... mais il leur faut encore conclure face à des Spinaliens loin de s'avouer vaincus ! S’ils n’ont fait que souffler le chaud et le froid cette saison, se montrant parfois inquiétants, voire démissionnaires par moments (mais néanmoins capables de sursauts), les hommes de Santino Pellegrino ont toujours su rebondir quand la situation l’exigeait.

On le sait, dans un bon soir, les Dauphins peuvent battre n’importe qui. Mais quand rien ne va... bonjour les dégâts ! Autant dire que pour prolonger la série jusqu’à demain mercredi (et ainsi réaliser ce qu’aucune équipe spinalienne n’a fait à Poissompré depuis vingt longues années, à savoir battre Grenoble), tout le monde se devait de manifester un état d’esprit guerrier.

Un grand match de Loïc Lacasse était également espéré, d’autant que le Canadien a perdu ses deux premiers duels à distance avec l’étonnant Sébastien Raibon. Lui aussi capable du meilleur comme du pire, Lacasse a connu de sérieux passages à vide ce week-end à Pôle Sud, manquant de solidité dans les moments importants. Cette double confrontation en terre iséroise aura également partiellement redessiné l’alignement offensif spinalien. Santino Pellegrino a remanié ses deux premiers trios (qui assurent d’ailleurs l’essentiel du pointage cette saison) en permutant Chad Lacasse et Ján Šimko. Pour plus d’efficacité : les deux ailiers s’étant chacun signalés d'un doublé ce week-end.

Jean-François Dufour a de son côté remplacé Mitja Šivic par François Ouimet au centre de son premier trio, évidemment complété par Anthony Aquino et Francis Desrosiers. Deux fortes individualités qui vont peser sur les débats, par leur activité et leur technicité. Desrosiers est d’ailleurs le premier à véritablement se signaler, d’une accélération parachevée d’un essai bien capté par Lacasse (02’38’’).

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Raibon, de son côté, est peu inquiété. Surtout que l’imposant Sylvain Dufresne n’hésite pas à faire parler sa dimension physique pour repousser toute esquisse de danger. Sauf qu’un palet mal dégagé par la défense grenobloise profite à Ján Plch qui trouve un Yannick Offret complètement démarqué.

L’ex-Amiénois, peut-être surpris de se retrouver si bien placé, tire en plein dans les bottes du gardien. S’ensuit un cafouillage profitable à Ján Plch, qui s’arrache comme un beau diable pour arracher ce rebond (1-0 à 04'14").

Cela ne pouvait pas mieux commencer pour des Dauphins déterminés, mais toujours diminués défensivement par les forfaits de Slovák et Scarlato. Aussi Pellegrino a-t-il réactivé l’option Papelier pour allonger des rotations réduites à leur plus simple expression.

Combatifs au possible, les Leroy, Gervais, Mäntylä et autres Jortikka vont se dépenser sans compter, tout au long de la soirée. Mais tiendront-ils sur la durée, face au rythme effréné imprimé par des Grenoblois dangereux dès qu’ils élevent leur niveau de jeu ? 

Deux pénalités à trois minutes d’intervalle sonnent l'alerte. Si les Spinaliens concèdent un minimum de lancers au cours de leur première infériorité, la seconde est beaucoup plus délicate à tuer face à un jeu de puissance isérois beaucoup plus oppressant.

Un véritable temps fort, annonciateur d’une égalisation imminente. Un exploit individuel en fait : Alexandre Rouleau, qui avait hérité du palet en zone neutre, accélère pour se hisser jusqu’en zone offensive, utilisant ensuite Fabien Leroy comme écran pour adresser un magnifique tir des poignets filant dans la lucarne opposée (1-1 à 14'19"). Un but qui tombe à pic même si, peu après, Christophe Tartari s’en va accrocher Michal Petrák en zone offensive... concédant-là une pénalité lourde de conséquence (16’33’’).

Lafrance - Boisclair : une paire hors-pair !

Le powerplay lorrain, autrement plus inspiré, trouve effectivement l’ouverture sur une bonne temporisation de Toby Lafrance, qui se poste ligne de fond pour créer le décalage nécessaire à Maxime Boisclair, bien placé au second poteau (2-1 à 17'04"). Avec ses bonnes mains, le solide ailier canado-haïtien a pris son temps pour mystifier Raibon, côté plaque, d’un tir croisé embrassant le poteau droit.

À nouveau sanctionnés, les Brûleurs de Loups débutent le deuxième tiers comme ils terminé le premier. En infériorité... mais sans but encaissé, Petrák ratant une cage grande ouverte, au second poteau, sur un bon décalage de Lafrance (21e) ! Une bonne occasion de ratée, surtout que les BDL n’en mènent pas large dans ces premiers instants de l’acte médian...

Très bon dans l’aspect purement défensif du jeu, Fabien Leroy est en revanche beaucoup moins inspiré dès qu’il s’agit de relancer. Impossible de comptabiliser ses ratés depuis vendredi, mais ce grand spécialiste des palets (bêtement) rendus à l’adversaire se rachète avec quelques interventions décisives. Comme ce repli salvateur au-devant d’un Francis Desrosiers parti dans un de ces déboulés dont il a le secret (22’12’’). Dommage, toutefois, que le capitaine spinalien ne parvienne pas à couper l'offrande d'Anthony Aquino, monté côté gauche. Un centre au timing parfait, terminant pile-poil dans la palette d’un François Ouimet n’ayant qu’à ouvrir ses poignets pour glisser la rondelle au ras du montant droit (2-2 à 24'09").

Tout est à refaire pour l’ICE, qui n’entend toutefois pas lâcher le morceau. Même si ses ressources physiques déclinent lentement, mais sûrement. Impérial, même au plus fort de la domination grenobloise, Loïc Lacasse sort le grand jeu, repoussant tout, de près comme de loin. Des arrêts propres et rassurants, de la mitaine, comme pour mieux frustrer les coéquipiers du très remuant Anthony Aquino, dans tous les bons coups ce soir. Ce qui n’est pas le cas de Sébastien Raibon, pourtant pas mauvais jusqu’alors. Mais étonnement surpris par un tir complètement excentré de Toby Lafrance. Un lancer d’une précision chirurgicale, sous la barre d’un gardien couvrant de toute évidence mal son coin gauche (3-2 à 32'55"). Un but chanceux du petit Canadien, dans un angle impossible... car frisant les 180° !

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Touchés, les BDL sont tout près d’être coulés sur une belle ouverture d’un Maxime Boisclair lançant Niko Mäntylä dans l’intervalle. Mais l'excellent défenseur finlandais ne parvient pas à se jouer d’un Raibon complétement remis de ses émotions (34’27’’). Ratant de ce fait le K-O, contrairement à ce diable de Boisclair, qui ira d’un mémorable coup de génie au retour des vestiaires...

Une action d’éclat que Ján Plch, dans ses belles années, n'aurait assurément pas renié. Une belle démonstration d'habileté du Canadien qui parvient à passer le palet dans son dos pour ridiculiser les défenseurs et finir son action, dans le même mouvement, en glissant le puck entre la jambière et le poteau gauche de Raibon (4-2 à 43'27"). Du grand art ! Peut-être, même, la plus belle réalisation vue à Poissompré cette saison...

L’heure des braves

Reste maintenant à tenir et à résister aux assauts répétés d'Isérois tentant par tous les moyens d'égaliser. Les tirs pleuvent sur Lacasse, qui essuie l'averse sans coup férir, bien secondé par une défense tenace à souhait. Jusqu'à ce slap de Sylvain Dufresne, en supériorité numérique, subtilement dévié par Julien Baylacq (4-3 à 49'38"). Poissompré pouvait trembler : dix minutes restant à jouer. Beaucoup de temps à tuer... et un si petit acquis à préserver !

Mais les hommes de Santino Pellegrino, malgré la fatigue, tiendront bon jusqu'au bout. Sans parvenir à enfoncer le clou dans une cage vidée de son occupant, mais en résistant vaillamment à ce forcing finalement infructueux.

Leur combativité ne s’est jamais démentie ce soir. Même au plus fort de l’adversité et malgré l’usure physique généralisée, tout le monde à répondu présent dans les moments importants.  À commencer par Loïc Lacasse, infaillible dans les derniers instants face au feu nourri des Brûleurs.

N'oublions pas Maxime Boisclair qui, comme tout bon joueur nord-américain, monte traditionnellement en puissance en play-offs et restera comme le grand bonhomme de cette troisième manche, avec un doublé et beaucoup d’intensité des deux côtés.

Les Dauphins ont donc gagné au courage le match à ne pas perdre, s'octroyant un sursis dans cette série. Si l’aventure devait s’arrêter mercredi, ils auront en tout cas livré, ce soir, un bien beau baroud d’honneur...

Épinal - Grenoble 4-3 (2-1, 1-1, 1-1)
Mardi 28 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 568 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté d’Anne-Sophie Boniface et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 10' (4, 2, 2) ; Grenoble 10' (6', 2', 2').
Tirs : Épinal 30 (10, 13, 7) ; Grenoble 45 (16, 12, 17).

Évolution du score :
1-0 à 04'14" : Plch assisté d'Offret et Gervais
1-1 à 14'19" : Rouleau
2-1 à 17'04" : Boisclair assisté de Lafrance et Chassard (sup. num.)
2-2 à 24'09" : Ouimet assisté d'Aquino
3-2 à 32'55" : Lafrance assisté de Boisclair et Šimko
4-2 à 43'27" : Boisclair assisté de Lafrance et Gervais
4-3 à 49'38" : Baylacq assisté de Dufresne et Rouleau (sup. num.)

 Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Guillaume Papelier.

Attaquants : Chad Lacasse - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Ján Šimko - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Kévin Benchabane - Yannick Offret - Guillaume Chassard..

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Nathan Ganz. Absents : Peter Slovák (péroné), Erwan Agostini (genou), Armando Scarlato (fracture de la mâchoire).

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon [sorti de sa cage à 58'44"].

Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) - Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) - Michael Steiner ; Kévin Dusseau.

Attaquants : Francis Desrosiers - François Ouimet - Anthony Aquino ; Julien Baylacq (C) - Mitja Šivic  - Nicolas Arrossamena ; Graham Avenel - Christophe Tartari - Mathieu Le Blond ; Élie Raibon - Loup Benoît - Joris Bedin.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Maxime Suzzarini. Absent : Jason Crossman (épaule).