Épinal - Grenoble (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 4)

Tous héroïques… devant Loïc !

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Les Brûleurs de Loups voulaient en finir au plus vite, pour ne pas laisser la série s’éterniser. Mais c’était sans compter sur la ténacité des Dauphins, valeureux vainqueurs d’un troisième acte haut en couleurs (4-3).

Un match épique qui a laissé des traces. L’épaule de Guillaume Papelier, déjà fragilisée, l’empêche de tenir sa place ce soir. D’où le temps de glace accordé à Nathan Ganz (l’autre attaquant "reconvertible" de l’ICE) et la présence sur le banc du réserviste Nicolas Ravel. Un gardien "déguisé" en joueur de champ pour respecter le quota de "joueurs formés localement" (JFL)...

Épinal ? Prêt pour la bataille !

Les Spinaliens ont-ils récupéré des efforts consentis la veille ? C’est la question que tout le monde s’est posé dans les travées de Poissompré. Et la réponse ne se fait pas attendre. Première mise au jeu, raflée par Christophe Tartari, première passe en retrait, vers un Baptiste Amar envoyant le puck loin devant, en dégagement interdit.

S’ensuit un premier engagement en zone défensive grenobloise, glané cette fois par un Petrák résistant  à Tartari pour s’essayer d’un revers excentré mal repoussé par Raibon. Un retour que Chad Lacasse, en embuscade, est le plus prompt à l’exploiter (1-0 à 00'10").

Il ne fallait pas arriver en retard à Poissompré surtout que Michal Petrák, dans la foulée, envoie une fusée dans la lucarne d’un Sébastien Raibon resté pantois. Un but invalidé par les référés, qui ont simultanément sifflé un hors-jeu de l’un de ses coéquipiers…

leroy2La riposte iséroise ne se fait pas attendre et après plusieurs tentatives infructueuses, Christophe Tartari va y aller d’un centre en retrait vers un Mathieu Le Blond complétement démarqué (1-1 à 02'06"). Oui, mieux ne valait pas être arrivé en retard à Poissompré !

Pas le temps de souffler qu’Amar se voit puni d’un accrocher (02'56"), laissant ses coéquipiers tuer tant bien que mal cette première pénalité. Faisant l’objet d’une attention toute particulière, Maxime Boisclair se voit durement chargé dans le dos par le très rugueux Kevin Dusseau (04'58"), ce qui vaut à l’ex-Briançonnais un petit séjour au frais.

De retour en supériorité numérique, les Dauphins mettent alors le feu dans la défense des Brûleurs, enchaînant les occasions franches à l’image de ce revers non cadré de Ján Plch (05'37"). Le box-play grenoblois, mis au supplice, n’a fait que patiner derrière la rondelle, accusant un temps de retard sur des Vosgiens pas passés très loin d’en remettre un...

Les défenses souffrent en ce début de partie mené tambour-battant des deux côtés. Le palet va d’une cage à l’autre, sans temps morts... ni véritables temps forts ! Tout juste une belle mêlée consécutive à une grosse occasion de Loup Benoît, qui génère un énorme cafouillage devant la cage (07'20"’).

Grenoble persiste dans son indiscipline. Maxime Boisclair est atteint au visage par la crosse de Julien Baylacq (09'47"), puis Alexandre Rouleau rate son dégagement, ce qui lui vaut deux minutes pour retard de jeu (10'03"’). Deux pénalités quasiment coup sur coup qui donnent, aux Dauphins, près d’une minute quarante-cinq de double supériorité numérique. Une chance qu’ils ne pouvaient décemment pas laisser passer, même s’il leur faudra plus d’une minute pour parvenir à leurs fins. Ján Plch redirige un rebond consécutif à un tir de Maxime Boisclair à sa droite, vers un Michal Petrák trop bien décalé pour mal viser (2-1 à 11'32").

Les hommes de Santino Pellegrino peuvent maintenant basculer vers une stratégie plus attentiste (et donc favorable aux contre-attaques) et laisser venir des Grenoblois pas toujours très inspirés. Il faut dire que les défenseurs spinaliens, exemplaires, veillent au grain, à l’image d’un Fabien Leroy sérieux et appliqué.

Non moins solide, Mikko Jortikka fait également le métier à l’instar d’un Niko Mäntylä égal à lui-même. Et n’hésitant pas à se jeter pour proprement repousser l’assaut d’Arrossamena (16’06’’). Lacasse se chargeant de préserver son filet malgré les lancers toujours menaçants d’un excellent Rouleau. Cette pression est accentuée par le premier powerplay isérois, arrivé très tard dans ce premier tiers-temps (18'43").

Quand Loïc Lacasse va, tout va !

Grenoble impose son rythme au retour des vestiaires et se fait toujours plus pressant. Mais Loïc Lacasse, pourtant mis à rude épreuve, répond présent en captant de la mitaine un tir puissant d’un Julien Baylacq très percutant (22'37") et en enchaînant les arrêts déterminants. Une chance, toutefois, que le slap d’Alexandre Rouleau file entre ses bottes… au ras de de son montant droit (25e).

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Comme la veille, les BDL n’arrivent pas à concrétiser leurs temps forts. Ils ne font que se casser les dents sur l’ultime rempart spinalien. Un Lacasse des grands soirs, qui s’érige en muraille infranchissable devant son filet. Au grand dam des Bedin, Baylacq, Šivic et autres Aquino, incapables d’en venir à bout !

Défendant plus qu’ils n’attaquent, les courageux Vosgiens s’en remettent aux prouesses de leur gardien, encore bien parti pour faire la différence dans cette rencontre. Et comme tout lui réussit, un palet dégagé avec l’aide de la balustrade longe tout le flanc gauche... pour finir dans la crosse d’un Petrák s’en allant nettoyer la lucarne opposée (3-1 à 36'09"). Le Tchèque, complétement excentré, marque contre le cours de jeu, enfonçant un peu plus Sébastien Raibon dans le doute.

Tous les ingrédients ayant fait défaut aux Dauphins vendredi et samedi semblent désormais réunis. En fait, il ne leur manquait qu’un grand gardien pour prendre la mesure d’un ensemble isérois ayant une nouvelle fois tout tenté pour marquer. Véritable baromètre des performances spinaliennes, Loïc Lacasse a retrouvé toute sa panoplie de grand gardien. Avec un dernier rempart aussi intraitable, que peut-il véritablement arriver aux Spinaliens ?

Pas grand-chose en fait, surtout que leurs visiteurs, très provocateurs, sentent le match leur échapper. Et se mettent à clairement durcir les débats. Fabien Leroy se fait d'ailleurs durement secouer contre la bande par un Sylvain Dufresne lancé à pleine vitesse (42'57").

Une vilaine charge dans le dos qui vaut au vétéran canadien dix minutes d’inactivité sur le banc des pénalités. Une méconduite assortie d’une pénalité mineure remettant le powerplay spinalien aux affaires. Un jeu de puissance dopé par la vista d’un Ján Plch libérant un Stéphane Gervais scorant d’un tir bas côté mitaine (4-1 à 43'26").

Ça sent le sapin pour les Isérois, surtout que le prolifique duo Lafrance-Boisclair, moins omniprésent que la veille, se réveille. Toby Lafrance, entré en zone offensive avec une facilité déconcertante, remisant en arrière vers Maxime Boisclair. Lequel tire à mi-distance, d’un revers appuyé finement dévié, de près, par Lafrance malgré l’opposition de Steiner (5-1 à 45'07"). Et si Yannick Offret, pourtant bien servi par Ján Plch, rate de peu une sixième réalisation (45'58"), un tir de Stéphane Gervais repoussé par Sébastien Raibon sur Ján Plch verra l’ICE corser un peu plus l’addition (6-1 à 49'35"). 6-1, on croit rêver !

steiner3Ce but est celui de trop pour Sébastien Raibon qui, conscient d’être passé à côté de son match, rejoint son banc sans parvenir à contenir sa frustration. Ronan Quemener, l’ancien titulaire, succède donc à celui qui l’a supplanté en début d’année avec, peut-être, l’espoir d’obtenir une dernière chance.

L’ancien Gapençais, lancé dans la fosse aux lions, s’en tirera bien en bloquant notamment un break de Ján Šimko (53'37"). Le Slovaque, imparablement décalé au second poteau par Boisclair, plaçant ensuite son revers à côté (56'17"’).

Les hommes de Jean-François Dufour n’y sont plus mais continuent néanmoins à "pourrir" le match en multipliant les accrochages pour mettre cette fin de partie sous tension. Et pendant que certains se cherchent (Colotti et Boisclair finissent même par se trouver), Anthony Aquino inscrit l’ultime but de cette soirée en contrant un mauvais dégagement de Loïc Lacasse, sorti au-devant de l’attaquant italo-canadien (6-2 à 56'30"). Pas de quoi refroidir un public euphorique et fervent, comme au bon vieux temps !

Le club de la Cité des Images, qui n’avait plus battu Grenoble à domicile depuis vingt ans, vient de se payer les BDL deux fois en vingt-quatre heures !

Ils l’ont fait !

Les Dauphins sont allés au bout d’eux-mêmes, puisant au plus profond de leurs ressources, tant physiques que morales, pour refaire surface dans cette série. Santino Pellegrino, jamais défaitiste, y a toujours cru dur comme fer et aura su trouver les mots pour tirer le meilleur de ses troupes. Un groupe sorti exténué d’une double confrontation à Poissompré que l’on est assurément pas prêt d’oublier !

Les Spinaliens ont indéniablement les moyens de se qualifier. Mais pour revenir en deuxième semaine (ce qui serait une grande première sous l'ère Pellegrino), il faudra que tout le monde réponde présent. Comme ce soir, où tous ont joué à l’unisson, faisant fi d'une usure physique prononcée pour livrer leur meilleure prestation de la saison.

Portés par un Loïc Lacasse redevenu impressionnant, une attaque efficace et une vaillance à toute épreuve, les coéquipiers de Stéphane Gervais ont bien mérité d’aller défier une dernière fois les Brûleurs de Loups à Pôle Sud. Là où l’ICE était à chaque fois passée tout près de l’exploit le week-end dernier.

Au vu de ses deux dernières prestations à la maison, tous les espoirs sont permis. Surtout que la confiance a maintenant changé de camp : Grenoble, qui a grillé ses deux jokers à Poissompré, a peut-être laissé passer sa chance et devra jouer sa saison sur un cinquième match à couteaux tirés. Avec quel gardien ? Conforter un Raibon appparu chancelant ou relancer un Quemener décevant ? Jean-François Dufour devra en tout cas faire le bon choix. Surtout qu'en face se dressera un Loïc Lacasse enchaînant les performances de choix...

Réactions d’après-match (dans Vosges-Matin)

Santino Pellegrino (entraîneur d’Épinal) : "Je savais que cette série allait être longue. Je ne suis pas surpris de ce que l’on a fait. Quand on se présente et que l’on a envie de manger des coups de bâton, on peut battre tout le monde, les joueurs doivent le comprendre. On a concrétisé nos chances et on a très bien joué défensivement."

Épinal - Grenoble 6-2 (2-1, 1-0, 3-1)
Mardi 28 février à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1 317 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Hauchart assisté de David Courgeon et Yann Furet.
Pénalités : Épinal 10’ (2’, 4’, 4’) ; Grenoble 28’ (8’, 0’, 10’+10’).
Tirs : Épinal 34 (16, 3, 15) ; Grenoble 36 (13, 16, 7).

Évolution du score :
1-0 à 00'10" : C. Lacasse assisté de Petrák
1-1 à 02'06" : Le Blond assisté de Dufresne et Tartari
2-1 à 11'32" : Petrák assisté de Plch et Boisclair (double sup. num.)
3-1 à 36'09" : Petrák assisté de L. Lacasse
4-1 à 43'26" : Gervais assisté de Plch (sup. num.)
5-1 à 45'07": Lafrance assisté de Boisclair et Leroy
6-1 à 49'35" : Plch assisté de Gervais et Petrák
6-2 à 56'30" : Aquino assisté de Baylacq et Colotti

 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy (C) ; Mikko Jortikka - Stéphane Gervais ; Nathan Ganz.

Attaquants : Chad Lacasse - Michal Petrák - Ján Plch (A) ; Ján Šimko - Toby Lafrance - Maxime Boisclair (A) ; Kévin Benchabane [puis Ganz] - Yannick Offret - Guillaume Chassard.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Nicolas Ravel. Absents : Peter Slovák (péroné), Erwan Agostini (genou), Armando Scarlato (fracture de la mâchoire), Guillaume Papelier (épaule).

Grenoble

Gardiens : Sébastien Raibon puis Ronan Quemener à 49’35’’.

Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) - Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) - Michael Steiner ; Kévin Dusseau ; Rémi Colotti.

Attaquants : Francis Desrosiers - François Ouimet - Anthony Aquino ; Julien Baylacq (C) - Mitja Šivic  - Nicolas Arrossamena ; Graham Avenel - Christophe Tartari - Mathieu Le Blond ; Élie Raibon - Loup Benoît - Joris Bedin.

Remplaçant : Maxime Suzzarini. Absent : Jason Crossman (épaule).