Amiens - Strasbourg (Ligue Magnus, play-offs, 1er tour, match 5)

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La Guerre des Étoiles (Noires)
Épisode V : L’empire amiénois contre-attaque

On les avait laissé partir à Strasbourg avec deux victoires en poche, les Gothiques remettent le couvert sur la glace du Coliséum pour un cinquième match qui départagera les deux équipes afin d’en envoyer une rejoindre Rouen en quarts de finale dès mardi. En effet, dos au mur, les Strasbourgeois ont surpris et correctement négocié le revirement de situation sur leur patinoire de l’Iceberg, pour revenir à égalité dans la série des huitièmes.

Deux partout donc, palet au centre pour jouer la belle à Amiens. Une dernière manche qui va sans doute tenir toutes ses promesses, donnant déjà un léger avantage aux Amiénois qui s’apprêtent à évoluer sur leur glace, et devant leur public : de quoi faire, peut-être, pencher la balance de la confiance de leur côté.

Pour ce match dans une arène picarde quasiment bondée, l’Etoile Noire enregistre le retour de Jan Cibula après sa suspension de deux matchs.

Deux formations mais une seule place au bout de la rencontre. Les rouges et noirs le savent, s’ils veulent décrocher leur ticket pour les quarts, ils n’ont pas le droit à l’erreur ce soir : « ça passe ou ça casse » comme dirait l’autre. Et en ce début de partie, ça passe plutôt bien pour des Amiénois qui prennent déjà une courte avance grâce à un bon travail contre la bande de Valentin Claireaux qui s’en sort et troue Hiadlovsky à mi-distance (1-0 ; 1’43’’).

L’enceinte de l’Enfer du Nord ne pouvait pas rêver mieux en termes de commencement. Et sous les yeux de leurs supporters donnant de la voix, les Gothiques continuent leur pression sur la cage strasbourgeoise par Aziz Baazzi dont le tir croisé frôle le poteau et par Grégory Béron repris par Cruchandeau (5’).

2012-03-03-amiens-strasbourg-po5-3Les visiteurs tentent de réagir par Édouard Dufournet devant Thompson, et le palet farceur échappe à tous, obligeant Amiens à commettre une faute. Privés d’un joueur de champ, les Samariens se dégagent quand leur portier détourne chaque tentative.
Non loin de la mi-tiers, Kevin Young est sanctionné mais l’Étoile Noire joue bien le coup à son tour en offrant même une opportunité de contre à Jan Cibula.

Il s’avère qu’à cinq contre cinq, les Gothiques dominent clairement cette première période et ne laissent pas à leurs adversaires le loisir de contrôler le puck assez longtemps pour pouvoir se montrer dangereux en attaque. Les locaux développent un pressing haut et convoitent chaque palet. Rzeszutko, du revers, est contré par Julien Burgert, puis le rebond de Timo Kuuluvainen voit la rondelle échapper fort heureusement à la crosse alsacienne au second poteau qui avait toute la cage ouverte.

Les blancs ont sans doute manqué là leur occasion d’égaliser car dans la foulée, voilà que Jake Morissette accélère, entre en zone offensive le long de la bande et feinte une première fois le tir avant de slaper proprement, droit dans les filets strasbourgeois face à un Vladimir Hiadlovsky médusé (2-0 ; 17’12’’).

Le jeu reprend après l’échange de quelques civilités, et la dernière action revient à Édouard Dufournet lançant de la bleue pour un arrêt sans difficulté de Thompson.

Dans l’acte II de cette partie, les Amiénois n’ont rien perdu du bon rythme qu’ils tenaient dans la première période et Bergin repart à l’attaque rapidement en tentant de placer son puck entre les jambes du portier slovaque.

2012-03-03-amiens-strasbourg-po5-4Une nouvelle supériorité numérique donne aux locaux l’occasion de s’installer un peu plus dans leur zone offensive sans toutefois trouver la solution. Pourtant, quelques secondes après le retour du capitaine strasbourgeois sur la glace, Kevin Bergin s’en retourne en zone offensive avec Béron en soutien mais choisit de laisser Hiadlovsky s’approcher avant de trouver un angle fermé remarquable pour y loger sa rondelle (3-0 ; 24’38’’).

Burgert a juste le temps de s’essayer au lancer sur la droite de Thompson que les locaux remontent le palet à l’autre bout de la patinoire, et Jaroslaw Rzeszutko est à la concrétisation d’un quatrième but (4-0 ; 25’51’’).

Qui aurait parié sur cette grande avance amiénoise avant même la moitié du match alors que Strasbourg, avec la confiance de ses deux victoires à domicile, avait mis le couteau sous la gorge des Picards ?

Certainement pas l’entraîneur alsacien Daniel Bourdages, en tout cas, qui demande alors son temps mort pour recadrer ses troupes.

Pourtant, ces trente secondes de remobilisation ne vont pas porter leurs fruits tout de suite. Forts de leur avance, les Gothiques tentent encore : la troisième ligne se trouve parfaitement cependant Marius Serer ne peut ajuster sa déviation dans une cage laissée vide par un Hiadlovsky battu.

Une crosse haute sévère handicape les locaux pour quatre minutes quand Blake Gallagher touché au nez peut se relever. Amiens tue magistralement cette longue infériorité en contraignant ses adversaires à faire tourner le puck, empêchant chaque tentative de tir et comptant sur un Billy Thompson décisif devant ses filets qui repousse de l’épaule le shoot de Young de la bleue puis cueille dans sa mitaine le lancer de David Stritz.

2012-03-03-amiens-strasbourg-po5Les Samariens ont laissé quelques forces dans ce désavantage numérique et en oublient Elie Marcos devant leur cage, qui surprend Thompson en récupérant la passe de Pierre-Antoine Devin (4-1 ; 34’19’’). Si les Strasbourgeois entrevoient une éclaircie, ils vont vite se frustrer à nouveau en échouant pendant presque deux minutes à cinq contre trois.

Après la présentation de l’équipe Cadet élite pendant la pause, les deux formations font leur retour sur le glaçon pour les utimes vingt minutes de la rencontre. Jusqu’ici étouffée et condamnée à subir la pression amiénoise, l’Étoile Noire va-t-elle parvenir à se remettre à briller dans ce dernier tiers ?

La minute de supériorité qui reste aux rouges et noirs ne donnera rien et ils choisissent de jouer finement cette période en évitant de se découvrir. La zone défensive locale semble donc verrouillée quand Strasbourg, même en avantage numérique, se retrouve impuissant devant les filets amiénois.

Le temps défile rapidement mais finalement la tension recommence à se faire sentir lorsque Hugues Cruchandeau profite que le gardien canadien soit masqué pour shooter (4-2 ; 49’47’’).

Cette réduction du score redonne de l’espoir au banc des visiteurs et aux partisans strasbourgeois ayant fait le déplacement. De ce fait, revigorés, ils se procurent un break qu’Angel Nikolov est obligé d’empêcher en accrochant l’attaquant blanc, évitant ainsi une réalisation qui aurait totalement relancé la partie.

Les Amiénois sont encore contrains de tenir à quatre quand soudain, rôdant à la bleue, Jake Morissette contre une passe adverse. Plus prompt à récupérer le palet, son accélération sèche les défenseurs partis à sa poursuite. Dans son élan, le palet échappe à son contrôle devant Hiadlovsky mais pourtant, du bout de la crosse, il arrive à le pousser au fond et faire se soulever le Coliséum (5-2 ; 52’22’’).

2012-03-03-amiens-strasbourg-po5-2La réaction gothique est tombée à point nommé, et dans les dernières minutes, Amiens maîtrise le puck sans laisser à Strasbourg la moindre chance, la moindre illusion de retour.

Hiadlovsky doit même encore s’employer sur un lancer de Trabichet dans son plastron et peut souffler lorsque la déviation de Béron est trop haute.

Quand la sirène des soixante minutes résonne enfin dans l’arène picarde, le Coliséum exulte d’avoir arraché au bout du suspens une qualification en quarts tant convoitée.

À peine déconcentré par quelques provocations des blancs, Amiens n’a pas cédé dans cette rencontre que les Gothiques ont contrôlée du début à la fin, obligeant Strasbourg à toujours leur courir après.

Au terme d’une série bien disputée par deux belles équipes du milieu de tableau à la fin de la saison régulière, les Amiénois continuent donc leur route dans ces play-offs et prendront le chemin de l’Île Lacroix mardi 6 et mercredi 7 mars pour disputer les deux premiers matchs des quarts de finale chez ces bons vieux meilleurs ennemis rouennais.

Le capitaine des Dragons, Carl Mallette, repéré dans les tribunes amiénoises, a d’ailleurs dit attendre de pied ferme les Gothiques. Ces derniers, sans doute remontés à bloc, n’auront pas d'autre objectif que celui d’aller chercher au moins une victoire à l’extérieur. Compliqué mais pas impossible alors que l’équipe semble se révéler et monter en puissance dans ces play-offs. Après tout, le célèbre adage picard dit bien « Impossible n’est pas Gothique »...

Émilie Énault / Photos : Pascal Énault

 

Amiens – Strasbourg 5-2 (2-0 ; 2-1 ; 1-1)
Samedi 3 mars 2012 au Coliséum d’Amiens. 3000 spectateurs.
Arbitrage d’Alexandre Bourreau assisté de Yann Furet et Mathieu Loos.
Pénalités : Amiens 14’ (2’, 8’, 4’), Strasbourg 6’ (2’, 4’, 0’).

Évolution du score :
1-0 à 1’43’’ : Claireaux assisté de Serer
2-0 à 17’12’’ : Morissette
3-0 à 24’38’’ : Bergin assisté de Mortas et Béron
4-0 à 25’51’’ : Rzeszutko assisté de Baazzi et Basic
4-1 à 34’19’’ : Marcos assisté de Devin et Correia
4-2 à 49’47’’ : Cruchandeau assisté de Marcos et Correia
5-2 à 52’22’’ : Morrissette assisté de Trabichet (inf. num.)


Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Angel Nikolov (A) – Aziz Baazzi ; Vincent Bachet (C) – Teddy Trabichet ; Thomas Roussel – Romain Bault.

Attaquants : Martin Tomasek – Jaroslaw Rzeszutko – Luka Basic ; Grégory Béron – Anthony Mortas – Kévin Bergin (A) ; Marius Serer – Valentin Claireaux – Jake Morissette.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Aina Rambelo, Mickaël Bardet. Absent : Antoine Vanwormhoudt.

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Kevin Young – Michal Cesnek ; Hugues Cruchandeau (A) – David Stritz ; Julien Burgert – Maxime Mallette.

Attaquants : Timo Kuuluvainen – Jan Cibula (A) – David Cayer ; Julien Correia – Elie Marcos (C) – Pierre Antoine Devin ; Blake Gallagher – Edouard Dufournet – Lionel Tarantino.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Timothée Franck, Pierre Bougé.