Brest - Reims (Division 1, 16e journée, match en retard)

Un réalisme impitoyable

Brestois et Rémois se recroisent enfin pour disputer cette rencontre initialement prévue le 23 décembre dernier et reportée à la demande du club breton. L’enjeu est simple, en cas de victoire des Albatros la 3e place au classement est acquise. Pour cela il faut affronter ce que beaucoup qualifient de meilleur effectif de la division (sur le papier). Pas de chance, pour y parvenir il faudra se passer d’une ligne d’attaque entière en moins. David Croteau, Alexandre Lefebvre et Jonathan Avenel manquent à l’appel. 

Ces absences permettent à Sébastien Oprandi d’aligner une troisième ligne extrêmement jeune (21,6 de moyenne d’âge) composée du bloc défensif Gaëtan Cannizzo - Aurélien Gréverend et de Clément Gonzales, Nicolas Motreff et William L’Arvor en attaque. Reims n’est pas épargné non plus avec l’absence de Martin Vesely dans ses lignes défensives.

 

Le public est tout heureux de voir à nouveau Loïc Sadoun fouler la glace du Rïnkla stadium (une première depuis près de huit ans et la fin de l’aventure brestoise en Super 16). Malheureusement l’ex-Brestois souffre du poignet droit et ne prend part qu’à l’échauffement (c’est d’ailleurs de la main gauche qu’il serrera la main de ses adversaires en fin de match). Il reçoit tout de même une ovation avant le coup d’envoi. Mais la vraie vedette du soir est Daniel Sevcik qui reçoit un maillot portant le numéro 370, soit le nombre total de points inscrits par le Slovaque en Division 1.

 

Pas de round d’observation pour le corps arbitral qui sanctionne David Poulin au bout de 15 petites secondes. Les Rémois vont vite justifier leur statut de meilleure attaque du championnat. Le jeu de puissance est immédiatement installé avec une circulation du palet fluide et précise. Un jeu en triangle imparable initié par Juhamatti Yli Junnila puis relayé par Valere Vrielynck est conclu par Jens Eriksson (0-1 à 1’59’’).

Les Albatros sont submergés de toute part et les pénalités s’accumulent. David Hennebert est sanctionné une première fois pour cinglage (4’48’’) puis pour charge contre la bande (7’05’’). Jaroslav Prosvic le rejoint pour crosse haute (7’14’’) et voilà les Albatros à 3 contre 5. C’est une véritable déferlante qui s’abat sur le but gardé par Landry Macrez. Les locaux, poussés par leur public, tiennent bon et tuent toutes ces pénalités.

 

Bien qu’outrageusement dominés, les Albatros sont revigorés par leur résistance et sur une de leur rare contre-attaque Tristan Lemoine trompe Filip Kubis du revers (1-1 à 10’15’’). Cependant ils sont loin d’être tirés d’affaire. Ils répondent par le physique pour compenser leur déficit technique en ce début de rencontre ce qui provoque à nouveau une pénalité de Prosvic (12’14’’). Jan Rehor se charge de concrétiser cet avantage d’un tir laser en pleine lucarne (1-2 à 13’30). Dommage pour lui, le but est attribué à Yli Junnila !

 

Jusque-là irréprochables, les Phénix finissent par être eux aussi sanctionnés de manière parfois bête comme ce retard de jeu qui réduit les Champenois à 3 contre 5. Fredrik Dratzen contre un tir de Nicholas Pard mais l’attaquant canadien poursuit son effort et parvient à décaler à gauche pour Mans Papaux qui adresse un centre précis repris victorieusement par Jaroslav Prosvic (2-2 à 18’39’’). La période se termine sur ce score inespéré pour les Bretons qui ont été dominés mais qui ont su faire le dos rond en défense.

 

Jens Eriksson semble avoir du mal à patiner à son retour sur la glace mais il tiendra finalement son poste pour le reste de la rencontre. Il ne peut cependant empêcher les siens de connaître une surprenante désillusion. Au vue de la physionomie du premier tiers-temps, on s’attendait à une fin de rencontre extrêmement difficile pour Brest. Il n’en est rien car Reims commet encore une faute stupide (surnombre à 22’01’’). Les Albatros passent devant au score grâce à Pard qui trompe Kubis d’une magnifique reprise croisée sur une passe de Vladimir Holik (3-2 à 22’30’’). À peine le temps de se rasseoir que « Supardman » a encore frappé en déviant un centre de Prosvic (4-2 à 22’42’’).

 

Quel réalisme des Albatros et quel manque de concentration pour les visiteurs ! François Dusseau demande son temps mort. Reims redémarre par l’intermédiaire de Jens Eriksson qui est l’auteur d’une brillante déviation mais il bute sur un Landry Macrez quasi infranchissable (24’03’’). La réussite n’est clairement pas du côté de Reims à l’image de ce palet capricieux dévié devant le but de Kubis qui revient sur un Prosvic tout heureux de marquer le 5è but des siens (5-2 à 27’10’’).

 

Les Albatros font preuve d’un effroyable réalisme mais ils doivent rester vigilant face à des Phénix qui tentent de renaître de leurs cendres. Après tout nous ne sommes même pas encore à mi-match. Yli Junnila gâche un duel face à Macrez en tirant au-dessus, il parvient néanmoins à récupérer le rebond sur le plexi et centre pour une déviation victorieuse d’Eriksson (5-3 à 28’24’’).

 

Malgré ce but encaissé, les Brestois continuent d’être sérieux et solidaires. Nicholas Pard dribble magistralement Tomas Fojtik qui commet un vulgaire accrocher qui n’arrête pas pour autant l’attaquant brestois. Bien qu’à genoux, il n’est pas loin de tromper Filip Kubis ! Fojtik est logiquement sanctionné (29’34’’). Jusqu’à présent, la moitié des buts ont été marqués en supériorité numérique et cette tendance se poursuit. Daniel Sevcik fait sortir prématurément Fojtik du cachot d’un lancer sur réception ras glace (6-3 à 30’52’’).

 

Les Rémois accusent le coup. Cela se ressent dans la mauvaise gestion de certaines actions. Un 2 contre 1 mené par Eriksson et Rehor n’aboutit pas, tout simplement car les passes ne sont pas bonnes. Maladresse ? Malchance ? Toujours est-il que la frustration grandit chez eux. Rehor finit la période au cachot pour un coup de coude sur Pard (39’19’’).

 

Le dernier tiers se poursuit sur la même tendance. Une offensive visiteuse de feu qui n’arrive pas à concrétiser et des trous de plus en plus béants en défense dans lesquels Pard s’engouffre mais sans réussite cette fois (40’20’’ et 48’20’’). Landry Macrez continue son show d’un lancer de bottes sur Yli Junnila et en papillon sur Blake Gosgrove (47’40’’). Pierre-Charles Hordelalay a beau semer la panique dans la défense des bleus c’est encore et toujours Macrez qui a le dernier mot (49’12’’). Idem pour Florian Sabatier dont la série de dribbles se termine par une mitaine sûre (52’35’’).

 

Brest fait défiler le chrono et y parvient plutôt bien grâce à une grande réussite dans la conservation du palet. Les Albatros se paient même le luxe d’alourdir le score. Sur une contre attaque menée par Benjamin Rubin, Armand Coustenoble hésite avant de finalement se décider à faire le pressing sur le porteur du palet. Le défenseur champenois paie cash son hésitation en se faisant facilement déborder. Rubin trouve Daniel Sevcik en retrait qui fonce vers le but et ajuste Kubis en lucarne (7-3 à 54’23’’).

 

Le tableau de marque final prend l’allure trompeuse d’une véritable leçon infligée aux Rémois. Si leçon il y a c’est celle du réalisme. Oui les Brestois ont été dominés une bonne partie du match mais ils ont fait un effort constant pour défendre et profiter de la moindre occasion. Une performance d’autant plus remarquable quand on voit la liste des absents du côté de Brest. Il est à noter d’ailleurs que le jeune troisième bloc a parfaitement tenu son rang.

 

La troisième place (au minimum) est donc dans la poche pour Brest et ils ont marqué les esprits par ce match extrêmement sérieux. Pour Reims la défaite n’a pas de grave conséquence mais la manière à de quoi inquiéter. S’il y a un potentiel offensif incontestable, l’ensemble manque de rigueur notamment en défense à l’image d’un Filip Kubis qu’on a connu bien plus impérial. Mais nul doute qu’à pleine puissance ces Phénix sont redoutables.

 

 

Brest – Reims 7-3 (2-2, 4-1, 1-0)
Samedi 10 mars 2012 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 902 spectateurs.
Arbitrage de Jeremy Rauline, assisté de Joffrey Yssembourg et Charlotte Girard.
Pénalités : Brest 14' (10', 0', 4'), Reims 22' (4', 6', 2’+10’).

 

Évolution du score :

0-1 à 01'59'' : Eriksson assisté de Vrielynck et Yli Junnila (sup. num)

1-1 à 10’15’’ : Lemoine assisté de Prosvic et Pard

1-2 à 13’30’’ : Yli Junnila assisté de Vrielynck (sup. num)

2-2 à 18’39’’ : Prosvic assisté de Pard et Papaux (sup. num)

3-2 à 22’30’’ : Pard assisté de Holik et Prosvic (sup. num)

4-2 à 22’42’’ : Pard assisté de Prosvic et Holik

5-2 à 27’10’’ : Prosvic assisté de Lemoine et Greverend

5-3 à 28’24’’ : Eriksson assisté de Yli Junnila

6-3 à 30’52’’ : Sevcik assisté de Papaux et Rubin (sup. num)

7-3 à 54’23’’ : Sevcik assisté de Rubin

 

 

Brest

Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Vladimir Holik – David Poulin – David Poulin ; David Hennebert – Francis Ballet (C) ; Aurélien Gréverend – Gaëtan Cannizzo.

Attaquants : Tristan Lemoine – Jaroslav Prosvic – Nicholas Pard ; Daniel Sevcik – Mans Papaux – Benjamin Rubin ; Clément Gonzales – Nicolas Motreff – William L’Arvor. 

Remplaçant : Arnaud Goetz (G). Absents : Alexandre Lefebvre, David Croteau, Jonathan Avenel.

Reims

Gardien : Filip Kubis.

Défenseurs : Fredrik Dratzen – Blake Cosgrove ; Tomas Fojtik – Filip Prochazka ; Tristant Lohou – Armand Coustenoble.

Attaquants : Jérémy Sabatier (A) – Florian Sabatier – Jan Rehor ; Valere Vrielynck (C) – Pierre-Charles Hordelalay – Miroslav Pazak ; Juhamatti Yli Junnila – Jens Eriksson – Thybaud Rouillard.

Remplaçants : Steve Catelin (G), Loïc Sadoun. Absent : Martin Vesely.