Grenoble - Dijon (Ligue Magnus, quart de finale, match 4)

Ouimet... c'est pas fini !

2012-03-10-Grenoble-Dijon2Les Brûleurs de Loups se sont relancés dans cette série en remportant hier soir le troisième match sur leur glace (3-2). La victoire grenobloise s'est dessinée au deuxième tiers-temps et malgré un baroud d'honneur au troisième tiers, les Ducs n'ont pu recoller au score. Ils ont donc dû rester une journée supplémentaire en Isère et ont ce soir une deuxième chance de décrocher une troisième victoire synonyme de qualification pour les demi-finales.

Les Grenoblois sont pour leur part dans la même situation qu'hier : gagner pour rester en vie et ne pas partir prématurément en vacances. Et surtout pousser Dijon à disputer un cinquième match décisif sur sa glace. Leur première victoire face à Dijon cette saison après quatre défaites devrait leur donner des raisons d'y croire... À condition de ne pas trembler comme au troisième tiers hier soir...

2012-03-10-Grenoble-Dijon3Le début de match est équilibré, la première ligne dijonnaise donne le tournis à la défense grenobloise autour du slot mais Sébastien Raibon reste vigilant. Grenoble réagit par contres sans s'approcher vraiment de la cage. Mitja Sivic parvient tout de même à forcer le passage dans la défense dijonnaise mais il est accroché par Aram Kevorkian qui reçoit la première pénalité. En supériorité numérique, Grenoble se fait peur sur une sortie hasardeuse de Raibon mais parvient à s'installer en zone offensive. Au final, Sopko ne sera vraiment sollicité que par un tir lointain de Dufresne. De retour à cinq contre cinq, Dijon retrouve le chemin de l'offensive avec Kevorkian. Mais Amar montre le chemin à suivre en filant vers la cage puis en centrant pour Ouimet dont le tir est bloqué par Sopko. Le jeu s'accélère subitement avec le palet qui va d'une cage à l'autre et les occasions se multiplient : Jarvis, seul face à Raibon, voit son tir arrêté, et sur la contre-attaque, c'est Ouimet qui bute sur Sopko.

Les Brûleurs pensent même avoir marqué sur une action confuse menée par Sivic et Avenel mais le palet s'est arrêté derrière Sopko sans franchir la ligne de but. Thomas Decock est sanctionné sur l'action pour avoir bousculé Steiner après le coup de sifflet. Les Grenoblois installent le jeu de puissance et se procurent de nouveau une occasion sur un palet que Sopko n'arrive pas à contrôler. Mais les Brûleurs de Loups n'arrivent pas à s'organiser et Raibon doit même faire une sortie en catastrophe devant Arnaud. Dijon profite de ce moment de doute grenoblois pour se porter à l'offensive, et sur une accélération de Kevorkian, Steiner est poussé à la faute. À leur tour en supériorité numérique, les Ducs s'installent mais ne trouvent pas de bonne position de tir. Ils obtiennent une deuxième chance lorsque Desrosiers est à son tour sanctionné pour un retard de jeu. Mais le box play grenoblois parvient bien à contenir le jeu de puissance dijonnais pourtant bien installé. Grenoble manque d'ouvrir le score sur un 2 contre 1 Ouimet-Avenel mais la période s'achève sur un score vierge.

2012-03-10-Grenoble-Dijon4Grenoble commence le deuxième tiers sur les chapeaux de roue et Kyle Hardy se fait pénaliser d'entrée pour avoir accroché Christophe Tartari qui filait à la cage. Mais les Brûleurs de Loups n'arrivent pas à installer le jeu de puissance et ne rentrent que rarement dans la zone dijonnaise. À cinq contre cinq, le jeu s'équilibre et les deux équipes mettent beaucoup de vitesse pour déborder la défense. Desrosiers en échappée est tout près de marquer, mais Sopko le contre au dernier moment avec un bon "poke check". De l'autre côté de la glace, Raibon est vigilant sur les contres dijonnais. Malgré des débats vifs et engagés, aucune des deux équipes ne parvient à faire la différence jusqu'à une pénalité de Baptiste Amar faisant suite à une bonne période dijonnaise. Et malgré des débuts poussifs, ce troisième power-play sera le bon pour Dijon qui finit pas trouver le bon décalage grâce à Anthony Guttig qui décale parfaitement Thomas Decock, lequel surprend Raibon d'un tir soudain en lucarne opposée (0-1, 30'52").

Grenoble réagit tout de suite et obtient une pénalité de Mathias Arnaud pour un cinglage sur Sébastien Raibon. Cette fois le jeu de puissance grenoblois est bien installé mais la défense dijonnaise tient le choc. Matthieu Le Blond parvient quand même à partir dans le dos des défenseurs sur une bonne passe de Michael Steiner, mais il rate son tir et bute sur Sopko. De retour à cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups continuent à faire le forcing pour égaliser. Rouleau oblige Sopko à un arrêt difficile mais obtient tout de même une pénalité d'Arnaud qui le fait trébucher. Mais l'avantage numérique sera de courte durée pour Grenoble puisque Rouleau regagne à son tour la prison quelques secondes plus tard, empêchant son équipe de finir le tiers en trombe.

2012-03-10-Grenoble-Dijon1Dans cette rencontre serrée, les Dijonnais ont marqué les premiers et n'ont plus que vingt minutes à tenir pour se qualifier en demi-finales. Pourtant les Ducs ne se contentent pas d'attendre et pressent sur la cage dès le coup d'envoi. Guttig trouve même le fond des filets en étant présent au rebond suite à un tir de Riendeau. Mais le but n'est pas accordé alors que Guttig, bousculé par Steiner, tombe sur Raibon au moment où le palet franchit la ligne. Passée cette frayeur initiale, les Brûleurs de Loups repartent à l'assaut des cages de Sopko et livrent toutes leurs forces dans la bataille. Le Blond récupère un palet en l'air mais le rabat seulement sur le poteau. La tension montre en Baylacq et Arnaud et chaque attaque semble pouvoir faire basculer la rencontre. Gascon sur un contre se trouve face à Raibon, mais ce dernier fait bien l'arrêt. Puis c'est Desrosiers qui sollicite Sopko.

Les deux gardiens se montrent très solides et les minutes défilent en faveur des visiteurs. Les Brûleurs de Loups essaient d'accélérer le jeu mais se heurtent à la muraille Sopko. Une muraille qui finit par céder sur une énième attaque grenobloise : gros travail de Sivic et Benoît dans les bandes, le palet ressort à la ligne bleue pour Kévin Dusseau dont le tir est dévié victorieusement par Amar en embuscade devant la cage (1-1, 52'49"). Les compteurs sont remis à zéro et les deux équipes se livrent désormais sans compter pour chercher le KO avant la prolongation. Sur une bonne dynamique, les Brûleurs de Loups sont les plus entreprenants mais Dijon semble capable de marquer à tout moment à l'image de Ritz seul face à Raibon mais qui manque sa reprise de volée. Finalement les deux équipes terminent le troisième tiers dos-à-dos et devront se départager en mort subite

2012-03-10-Grenoble-Dijon6Paradoxalement les deux équipes se montreront plus prudentes pendant la prolongation, ne se livrant pas complètement offensivement de peur de commettre une erreur qui offrirait la victoire à l'adversaire. Sopko et Raibon assurent sur des tirs lointains sans laisser de rebond. Il faut attendre six minutes de prolongation pour voir la première échappée signée François Ouimet qui parvient à prendre la défense dijonnaise à revers. L'attaquant québécois échoue sur Sopko mais obtient une pénalité de Kevorkian, obligé de commettre un cinglage pour le freiner. La fin de match s'emballe avec la supériorité grenobloise, Dijon manque un 2 contre 1 arrêté par Raibon avant que Rouleau ne rate une reprise du revers devant une cage grande ouverte. Un "one timer" d'Amar est magistralement arrêté par Sopko et Dijon parvient à résister jusqu'au retour sur la glace de Kevorkian. Et alors que l'on semble se diriger tout droit vers les tirs au but, François Ouimet libère Pôle Sud lorsqu'il s'échappe sur la gauche, repique vers la cage et bat Sopko d'un tir croisé en ras de glace au second poteau (2-1, 69'26").

Jusqu'à huit minutes de la fin, Dijon a bien cru tenir sa qualification pour les demi-finales. Mais les Ducs, malgré un Sopko des grands soirs, ont finalement cédé devant la fougue grenobloise. En prolongation, il leur a manqué un soupçon d'énergie pour repartir à l'offensive et ils ont dû subir en fin de match. Encore une fois, la ligne Guttig-Gascon-Riendeau a bien été muselée par la ligne défensive de Grenoble Desrosiers-Tartari-Le Blond et n'a pas eu sa production habituelle. Après deux échecs dans l'Isère, les hommes de Jarmo Tolvanen sont désormais contraints de retourner disputer une cinquième rencontre décisive sur leur glace avec cette fois toute la pression sur leurs épaules. Pas simple.

2012-03-10-Grenoble-Dijon7Les Brûleurs de Loups sont allés chercher ce cinquième match à Dijon avec les tripes. Même s'ils ont, comme souvent, vendangé beaucoup d'occasions de but et se sont montrés très timorés en supériorité numérique, ils ont fait preuve d'une hargne et d'une combativité exemplaires pour rester dans cette série de quart-de-finale. Ils ne se sont pas démobilisés après l'ouverture du score de Decock et leur troisième tiers plein d'enthousiasme leur a permis de décrocher une égalisation méritée après avoir très longtemps buté sur un Sopko au sommet de son art. Dominateurs en prolongation, ils pourront regretter seulement ce manque d'efficacité offensive avec de nombreux breaks manqués et ce power-play inefficace qui a failli leur coûter cher lors de la prolongation. Heureusement François Ouimet est sorti de sa boîte après un début de play-offs plutôt discret et il est venu surprendre Sopko au moment où on l'attendait le moins.

Voilà maintenant Grenoble revenu à égalité dans la série après avoir remporté ses deux matchs à domicile, restant ainsi invaincus à Pôle Sud en play-offs. Les Brûleurs de Loups n'auront pas la faveur des pronostics en Bourgogne mais la dynamique est de leur côté alors que l'avantage de la glace sera du côté de Dijon... une situation qui n'est pas sans rappeler le premier tour des play-offs contre Epinal... avec les rôles cette fois inversés ! Aux Grenoblois de faire en sorte que l'issue soit différente...

Désigné meilleur joueur du match : Baptiste Amar (Grenoble)

(photos www.ipernity.com/doc/182273/album)

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Jean-François Dufour (entraîneur de Grenoble) : "C'est loin d'être fini. On a fait durer la série mais si on veut que ce soit vraiment beau, il faut la conclure. On doit persévérer. Continuons à aller vers l'avant. Et il faudra être encore plus fort là-bas dans l'intensité.

Kévin Dusseau (défenseur de Grenoble) : "On était comme des fous. Mentalement, le groupe sait se ressouder. Et si on veut s'en sortir, cela passe par l'équipe et non les individualités. Mardi, ça va être un match d'une grosse intensité, ça va frapper.

Matthieu Le Blond (attaquant de Grenoble) : "C'est énorme. On y croit de plus en plus. Désormais, c'est la guerre."

 

Grenoble - Dijon 2-1 après prolongation (0-0, 0-1, 1-0, 1-0)

Samedi 10 mars 2012 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2800 spectateurs
Arbitrage de Alexandre Bourreau assisté de David Courgeon et Gwilherm Margry
Pénalités : Grenoble 10' (4', 4', 2', 0'), Dijon 14' (4', 6', 2', 2')
Tirs cadrés : Grenoble 31 (9, 11, 11, XX), Dijon 26 (7, 10, 9, XX)

Évolution du score :

0-1 à 30'52" : Decock assisté de Guttig et Gascon (sup. num.)
1-1 à 52'49" : Amar assisté de Dusseau et Sivic
2-1 à 69'26" : Ouimet assisté de Rouleau et Sivic

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon

Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) - Sylvain Dufresne ; Baptiste Amar (A) - Michael Steiner ; Kévin Dusseau.

Attaquants : Francis Desrosiers - Christophe Tartari - Mathieu Le Blond ; Julien Baylacq (C) - François Ouimet - Anthony Aquino ; Graham Avenel - Mitja Sivic - Nicolas Arrossamena ; Joris Bedin - Loup Benoît - Elie Raibon.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Maxime Suzzarini, Rémi Colotti, Jason Crossman.

Dijon

Gardien : Ramon Sopko

Défenseurs : Benoît Quessandier - Kyle Shearer-Hardy ; Cédric Custosse - Robert Jarvis ; Andrej Mrena - Fredrik Börjesson.

Attaquants : Anthony Guttig (A) - Martin Gascon (C) - Yannick Riendeau ; Gabriel Da Costa - Stephen Dugas - Aram Kevorkian ; Thomas Decock (A) - Nicolas Ritz - Mathias Arnaud.

Remplaçants : Joffrey Pingrit (G), Erwan Pain.