Ligue Magnus : Rouen rêve de triplé

Après 230 parties jouées, 1 506 buts inscrits et 7 453 minutes de pénalité sifflées, la Ligue Magnus approche de son terme. Douze équipes sont déjà en vacances. Seuls restent Rouen et Grenoble qui se disputent, à partir de ce soir et au meilleur des sept matchs, le titre de champion de France. Double tenant de la coupe, vainqueur de la saison régulière, le groupe normand, forcément, fait figure de favori. Mais leur triplé, le premier depuis 1995, les Dragons vont devoir aller le chercher face à des Alpins bien décidés à résister. Des Alpins qui viennent d'éliminer coup sur coup Dijon et Chamonix, deux formations au jeu tourné vers l'offensive, un peu à l'image de Rouen...

Finalistes surprises, les Brûleurs de loups reviennent de loin. Car la saison était partie sous de tristes auspices. Les Isérois, sortis dès la phase préliminaire en Coupe de la Ligue, éliminés par une D1 en Coupe de France et septièmes de la saison régulière en championnat, ont été longtemps en-deçà de leurs objectifs. Les joueurs de Jean-François Dufour ont en fait attendu janvier pour monter en puissance. Une fois leurs leaders Anthony Aquino, Francis Desrosiers et Baptiste Amar, tous blessés, aptes à reprendre la glace. Une fois sa hiérarchie des gardiens stabilisée, Sébastien Raibon supplantant devant la cage Ronan Quemener.

On a bien cru les Grenoblois retombés dans leurs travers, à l’aube des play-offs, quand ils ont frôlé l’élimination en huitièmes de finale, ne se débarrassant d'Épinal qu’aux tirs au but au bout du cinquième match de la série. Ou quand ils ont attaqué les quarts par deux défaites à Dijon. Mais à chaque fois, les BDL s’en sont sortis. Par une énorme débauche d’énergie. Par une combattivité et une intensité de chaque instant. Par des attaquants défensifs (Julien Baylacq, Christophe Tartari, Matthieu Le Blond…) capables de contrer les meilleures lignes de la ligue. Et par des buteurs, de François Ouimet à Mitja Sivic, enfin réalistes.

Quelques imperfections demeurent, malgré tout. Grenoble pèche toujours par son manque de jeu collectif, ses buts venant souvent d’actions individuelles, de palets récupérés devant le slot, sur des rebonds ou des erreurs adverses. Les Brûleurs de loups sont souvent dans le dur en supériorité numérique. La défense a une fâcheuse tendance à se relâcher. Et sa jeunesse (l'effectif a une moyenne d'âge de 23 ans) prend parfois quelques pénalités inutiles.

Reste une inconnue majeure dans l’équation iséroise. Quid de leur état de forme ? Après quatorze matchs de play-offs déjà disputés, les Grenoblois sont forcément un peu émoussés.

Les Rouennais tenteront-ils de profiter de cet avantage physique ? Sans doute, même si comme l'affirme Antonin Manavian sur le site du RHE, à ce stade de la compétition, "la fatigue ne compte pas vraiment". Quoi qu'il en soit, les champions de France vont surtout devoir faire preuve de calme et de sang froid, eux qui tombent un peu trop souvent dans le piège des provocations adverses. Et être, de nouveau, efficaces en power-play s'ils veulent gagner à Pôle Sud, là où Grenoble reste invaincu depuis le terme de la saison régulière.

Mais gérer une finale, Rouen sait faire. C'est là, sans doute, le principal atout du jeu normand. Son expérience. Sa faculté à ne jamais rater les grands rendez-vous. De Fabrice Lhenry (incertain car touché aux adducteurs) à Marc-André Thinel, de Darcy Werenka à Jean-Philippe Paré, les Dragons ont du métier. Des lignes homogènes. Et des joueurs capables de marquer n'importe quand, en pleine confiance après deux gros succès contre Angers.

Présentation écrite avec les correspondants locaux de Hockey Archives Thierry Fréchon (Rouen) et Christophe Laparra (Grenoble).

Rouen - Grenoble. Début de la série ce soir à 20 heures. Prochains matchs : demain à Rouen (20 heures), vendredi à Grenoble (21 heures), samedi à Grenoble (20 heures), mardi 3 avril à Rouen (20 heures) si nécessaire, samedi 7 avril à Grenoble (20 h 30) si nécessaire, mardi 10 avril à Rouen (20 heures) si nécessaire. La cote : Rouen 60 % / Grenoble 40 %.

Rouen : 1er de la saison régulière (41 points). 20 victoires dont 2 après prolongation, 6 défaites dont 1 après prolongation. 129 buts marqués, 75 buts encaissés. 1/4 de finale : élimine Amiens 3 victoires à 2 (4-5, 5-3, 1-0 a.p., 5-1, 5-3). 1/2 finale : élimine Angers 3 victoires à 1 (2-1, 1-2, 7-1, 3-1). Meilleurs pointeurs en saison régulière : Marc-André Thinel 44 (18+26), Carl Mallette 42 (16+26), Julien Desrosiers 34 (16+18), Jean-Philippe Paré 33 (9+24), François-Pierre Guénette 29 (10+19). Meilleurs pointeurs en play-offs : Carl Mallette 11 (4+7), Marc-André Thinel 10 (6+4), François-Pierre Guénette 8 (5+3), Julien Desrosiers 8 (2+6), Antonin Manavian 7 (1+6).

Grenoble : 7e de la saison régulière (32 points). 15 victoires dont 1 après prolongation, 11 défaites dont 2 après prolongation. 90 buts marqués, 75 buts encaissés. 1/8e de finale : élimine Épinal 3 victoires à 2 (5-3, 5-3, 3-4, 2-6, 3-2 t.a.b.). 1/4 de finale : élimine Dijon 3 victoires à 2 (0-3, 2-3, 3-2, 2-1 a.p., 5-2). 1/2 finale : élimine Chamonix 3 victoires à 1 (4-3 a.p., 2-5, 7-4, 7-1). Meilleurs pointeurs en saison régulière : François Ouimet 28 (17+11), Mitja Sivic 27 (11+16), Anthony Aquino 23 (8+15), Francis Desrosiers 22 (12+10), Christophe Tartari 20 (7+13). Meilleurs pointeurs en play-offs : Francis Desrosiers 14 (5+9), Alexandre Rouleau 14 (5+9), Anthony Aquino 13 (9+4), Matthieu Le Blond 13 (6+7), Francis Ouimet 12 (7+5).

Cette saison en championnat : à Rouen, Rouen bat Grenoble 5-3 (5 novembre) ; à Grenoble, Grenoble bat Rouen 4-1 (21 janvier). Match des champions : à Chambéry, Grenoble bat Rouen 6-1 (10 septembre).